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instants philosophie

L'inhumain chaotique

6 Avril 2014, 09:34am

Publié par pascal doyelle

Si notre être est structurel, il n’a pas de sens ; toute signification est employée en d’autres fins qu’elle-même, elle sert de faire valoir, de motivation, d’équilibre ou de déséquilibre par rapport à des réalités qui sont en cours. Si il n’y a pas de sens, si ça ne va nulle part, c’est parce qu’ici même cela se joue. Ça n’est donc pas un non sens, mais le réel. Et le réel est « ce qui se suffit à lui-même ».

La philosophie mais aussi l’humanisation ou la personnalisation cherchent à retrouver le donné, la réalité telle qu’elle est ; il apparait qu’elle n’est pas du tout ce que l’on croyait, espérait, désirait, attendait, qu’il est une totale inhumanité de ce qui est. Que le chaos règne.

Or pourtant aussi loin nous enfonçons nous dans la réalité, il y demeure une certitude de conformité ; notre être puisqu’il fait partie de la réalité, ne peut ne pas être en et de cette réalité. Il se trouve donc que la philosophie depuis Descartes mais aussi depuis les grecs, a tenté de pousser notre être au plus loin ; si l’on y songe et si l’on écarte les mésinterprétations la pensée nous emporte furieusement loin ; bien au-delà de ce qui est humain, on nommait cela divin à ce moment, un éclaboussement instantané et éternel de ce qui est pris, surpris par la pensée.

C’est depuis le début que la philosophie explose notre être et elle n’est pas le discours plat et mytho-métaphysique ; ce qui a lieu par Platon ou Plotin est l’architecture exhibée, montrée, là devant, de l’explosion de notre être lorsqu’il s’augmente, s’étend ou s’intensifie au plus haut devenir de sa possibilité.

Du reste on dit que la raison s’est accomplie, mais Hegel dresse un spectacle sanglant et violent, on n’en est plus à une sagesse étale et raisonnable. Les grands sujets qui suivirent Descartes, sont entièrement de chocs et de contournements difficiles. Les facilités qu’offrent les connaissances (qui relèvent de la définition de l’homme comme connaissant, ce que l’on doit à la philosophie) augmentent le désordre et la brutalité. L’histoire déborde d’exploitations et de massacres. Ce que nous déchainons n’est pas plus le bien que la folie et la destruction, puisque notre être n’est pas, pas du tout humain. Il faut le constater tel quel.

L’inhumanité est soit celle du contingent, dans un désordre général (aucun sens ne préside ; il est ici et là un peu d’ordre), soit celle du divin ou de la dimension si radicalement autre de la pensée même qu’elle ne nous est pas supportable ou que l’on y tient à peine. Que l’on n’y existe pas, parce que ça n’est pas durable, c’est parfois et de temps en temps qu’il est une perdurance de la vérité ou du libre pur. Une illumination éthique ou une révolution possible, une science qui grandit repoussant un moment les limites, une œuvre qui outrepasse.

L’inhumanité est, depuis le début, exposée ; le divin des grecs, la pensée divine devient l’effarement existentiel « ça existe ». La monstruosité existe, et il n’est rien que de l’exceptionnel et du chaos. Et notre être est en conformité avec cet être-là déraisonnable.

Or donc depuis le début la philosophie affronte soit en plein soleil soit dans le repli puissant du dedans de l’être (que l’on nomme ici structure), qu’il y ait de par notre être un accès à ce qui est. Et si elle dépasse la seule raison, l’objectivité (des sciences) ou l’objectalité (l’objectivisme comme idéologie ou marketing ou idéologies), la pensée articule au sens propre notre être à ce qui est dans le mouvement vers l’inhumain, le super réel. La pensée s’est organisée à partir du vivant, mais hors du vivant et de son monde réglé, s’est dévoilé l’empirique nu et désordonné, matière ou énergie, intotalisation, hors sens, il est manifeste que « ce qui est » suit son chemin produisant ici ou là de la réalité réglée ayant un ordre et une stabilité, mais l’ordre ou le sens sont des ilots, des possibilité du donné « là ». Cela a eut comme effet notre humanité, mais cela peut tout autant en obtenir quantité d’autres effets, productions, possibilités.

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Sartre et Lacan

5 Avril 2014, 08:19am

Publié par pascal doyelle

Lacan et Sartre
Somme toute Lacan part de Sartre. Il reprend le sujet sartrien, ce qui veut dire le pur regard sans rien ; tout est dans le monde. Le moi est donc une construction, un agrégat ou une détermination pour le pour-soi qui n’est rien. Sartre conserve non pas le sujet mais tout cela se joue de comprendre la conscience en elle-même, et Sartre se satisfait de mettre à jour qu’elle n’est pas ; elle est néantisation et donc action et donc histoire qui se fait.
Lacan sent bien qu’il y a une brèche ; c’est le néant qui aspire notre réalité, qui est notre être et il veut le déduire d’une complexité de dispositifs ; dispositifs entourant l'être vide de conscience. Et tous les dispositifs lacaniens existent ; il décrit parfaitement (autant qu’il se peut évidemment) l’ensemble de ce qui précède une conscience, sauf que cette conscience lui parait un trou, un inexplicable, une insondable décision (de telle ou telle bifurcation, en ceci donc la décision d’être tel ou tel est apparemment purement contingente, indécidable, et bien sur ne peut pas être décidé librement).
Mais c’est que Lacan décrit adéquatement la conscience en un Moi. Pour un Moi tous les dispositifs et les substitutions inconscientes existent ; mais une conscience n’est pas un Moi. Ou plus exactement elle est conditionnée en un moi, mais étant conscience extraite et autre, ayant affaire au donné « là » externe (qui lui n’obéit pas au conscient, inconscient, langage, autrui, etc), cette conscience de fait Autre que tout, ouvre toujours déjà son propre règne. Le sujet cartésien n’est pas touché par le moi, parce que ça n’est pas sa fonction, du tout ; le sujet cartésien s’joute à quelque état du moi que ce soit (étant entendu que statistiquement un tel doit au minimum être doté d’un conscient, inconscient, acculturation, etc, qui lui rende possible d’être une conscience à peu près stable).
Parce qu’il est clair que si la conscience une fois atteinte, est apte à l’universel ou au libre, par contre elle vient en plus des dispositifs, qui doivent acquérir une relative stabilisation ; une psychose entame qu’il puisse se produire le rond-point neutre et à peu près réel d’une conscience apte à se consacrer à son être de conscience. Une conscience ne peut pas être traitée, améliorée extérieurement (si elle ne s’y accorde pas, de même qu’elle ne va pas philosopher si elle ne le veut pas), mais il est toujours impératif de repérer, de cartographier, d’observer objectivement les dispositifs qui précédent telle conscience ; en quel état est la cervelle, le conscient, le moi, l’inconscient de cette personne ?
Pour Sartre la conscience est une structure forte, et non pas une structure faiblarde et irrégulière. Mais c’est parce qu’elle est une structure faible et pauvre qu’elle survit ; elle n’a rien à défendre, elle est. Aussi magnifie –t-il soit le courage d’être soit la déchéance ou la culpabilité d’être. Mais ça en se rencontre pas tous les jours … La plupart des gens et du temps, on emploie la conscience à tout autre chose que l’exemplarisme. En réalité l’être de conscience échappe absolument à toute morale ou raison et aucun contenu ne le retient ; pour cela il transforme ce qui lui tombe sous les yeux, la main, et ceci hiératiquement ; il n’a pas un programme installé (il n’a pas de contenu) mais, il est structurellement un programme. Et il n'est pas producteur d'un sens, mais est la possibilité d'un travail, d'une torture de ce qui est.

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Esthétique de la conscience III

2 Avril 2014, 08:39am

Publié par pascal doyelle

(Rappel, la « conscience » n’est ici en aucune manière la conscience idéaliste, le sujet idéaliste ou le moi, ou une entité mystique ou spirituelle ; elle est admise comme pur mécanisme de conscience vide fonctionnelle, qui s’est soudainement émancipée et a développé sa propre puissance. De même elle ne déploie aucun sens, mais elle crée ici et là ; sens et signification qui sont eux-mêmes pris dans la puissance, la potentialité de l’acte de conscience, qui avance et dévore les mondes humains ou les personnalisations, les systèmes d’idées ou les idéologies. L’acte de conscience est pure articulation au réel).

Esthétique de la conscience III

On a donc ; la conscience, le conscient, l’inconscient. Ou donc : la perception unilatérale (mais on ne sait où elle va ; l'aperception est entièrement déversée dans le donné « là » dont le caractère est l’imprévisibilité) unilatérale du là du monde indéfiniment réel ; le moi dans le conscient ; la cervelle dans son organisation complexe, marquée par le langage qui attire vers le donné « là » du donné monde (à la fois comme signe posé extérieurement, perçu, et de ce qu’il est énoncé par l’autre, cad le langage, par l’autre qui entraîne une similitude de miroir, ce dont est constitué le moi, de cette conscience en elle-même ; mais il faut se fondre dans la conscience de l’autre pour simplement comprendre ce qu’il dit ou inversement ce que je dis, ce qui porte plus loin qu'une compréhension de significations).

Il se trouve que cette activité a finalement pris conscience d’elle-même comme telle ; comme intentionnalité, ce qui philosophiquement se nomme « idée ». L’idée est ce par quoi la conscience commence d’architecturer son possible ; aucune idée n’est définitive, mais balise l’exploration de ce qui est, étant entendu que ce qui est pensé, c’est à la fois l’être et notre-être ; la pensée et l’être pour les grecs, le sujet et le monde pour Descartes, etc.

La pensée est en ce sens autre chose que la raison (qui est telle une disposition objective que l’on peut aborder sans modifier notre être ; un discours extérieur, une technologie, ou l’œuvre esthétique qui serait seulement « belle », cad sans possibilités).

Ce qui est la pensée est l’architecture non pas d’idées inertes mais d’intentionnalités qui orientent et désorientent la direction du corps. Et donc ce qui augmente le corps lui-même, cad tout ce que l’on est. Il n’est rien d’autre au bout du compte que le corps, ce qui ne signifie pas qu’il soit impossible de complexifier le corps lui-même, mais le contraire ; le corps est ou devient plus complexe par l’articulation que l’intentionnel pur lance incessamment sur le monde et sur lui-même et sur sa réalisation sur le monde. Mais en définitive, au bout du compte, cela revient au corps.

Le déplacement du corps sur le monde là-inconnu, est la réflexivité même (la réflexivité tombe instantanément sur l'idée grecque : l'être, le réel). Ce qui suppose donc que le dit corps perceptif est structuré ou structural ; le corps renouvelé. Ce qui n’est pas le corps illimité, mais l’inverse ; le corps structural n'apparait que si l’ensemble (conscience, conscient, inconscient, langage, etc) est respecté et activé. Que si le conscient, le langage, autrui, l’inconscient, la personnalisation dans l’humanisation, la pensée et la cohérence proposent un « ob-jet ». C’est par le marquage du réel par un ob-jet que le corps est projeté dans l’horizon, l’horizon n’apparait que dans la mesure de l’hyper détermination orchestrée dans l’intentionnelle conscience qui assume tous les dispositifs qui la précédent (le corps, le langage, la cervelle, etc) et conscience qui pousse au maximum la précision de la cohérence (dans la circonvolution externe du « réel », la non-cervelle qu'est le réel).

Pour cette raison le scientifique prend son pied (la définition objectale de la réalité humaine, le marketing, comme l’idéologie, et tout autant les images, les Images, la projection objectale de ce qui n’est pas, de ce que nous ne sommes pas ; il n’y a pas plus d’image de soi qu’il n’existe à ce niveau de « moi ») ; le marquage selon son sujet absent, imagine un objet délimité, mais comme il n’a pas ou plus la conscience-même, sa jouissance est frustration et ce qu’il impose aux autres est frustrant. La science est une partie non le tout, parce que le tout n’est pas. Il n’y a pas de tout, le seul accès au « tout » est la conscience de chacun ; qui est-elle-même, mais qui ne s’appartient pas elle-même.

Il n’y a pas d’elle-même dans son être, sinon second et aucune conscience seconde ne peut remonter vers la conscience première ; il n’y a pas d’elle-même à quoi elle appartiendrait ; la conscience (à rebours du conscient qui est en écho, en double, le moi et l’autre par ex) n’a pas de pendant ; c’est pour cela qu’elle est libre. Elle ne se connait pas et donc elle est libre ; elle ne se connait pas mais elle se-sait (ce qui définit le rapport structurel vide) ; elle gravite par ce qui arrive dans le grand Là du donné monde. Elle est saisie du corps qui perçoit, et n'étant pas sans puissance, elle pousse à être le corps, elle en crée des renouvellements.

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La conscience comme corps (esthétique II)

1 Avril 2014, 13:51pm

Publié par pascal doyelle

L’activité de conscience est donc l’intentionnalité purement fonctionnelle qui déploie, développe, engendre sa propre architecture. Comme ce déploiement est celui de rapports, ils ne sont saisis qu’en acte, et la philosophie ne peut être atteinte sans s’y investir, y investir son être (le lieu, l‘identité de cet être étant suspendue, on ne connait pas ce qu’il est, et étant en acte c’est son possible qui devient, rendant impossible sa définition). Autrement dit notre être ne rentre en aucun discours « objectif », tout discours objectif est mis à sa disposition et tout discours objectif est lui-même un effet, et entre dans l’intentionnalisation générale.
On a cru pouvoir détourner la philosophie en restreignant sa capacité en une identité, nommée, la caricaturant en l’établissement d’un discours normé, qui définirait ses objets, mais ce sont des ob-jets, des possibilités ; les idées sont des rapports (engageant notre être ; la scientificité est un sujet absent de ce fait, qui pose des objets tout court). Mais il est clair que l’on ne lit pas la philosophie sans y être ; ceci modifiant notre être, et par cela seul il est en devenir. Au contraire du sujet absent, cad du moi scientiste ou technologique qui s’en sort sans une égratignure, et les fameuses crises narcissiques, Galilée, Darwin, Freud, aboutissent finalement à conformer ou ensuite conforter un moi laissé à son seul être-là immédiat, construction bricolée, tandis que depuis le début la philosophie impose que l’on n’est pas le moi que l’on croit être ; on est la pensée pour les grecs ou la réflexivité sujet pour Descartes et bien plus ces sujets étranges qui suivirent Descartes jusqu'à Nietzsche ou Lacan.
Les textes philosophiques sont indéfinis ; ils ouvrent la possibilité (il n’en est qu’une seule structurelle , celle qui, vide, rend possibles toutes les autres possibilités lorsqu’elles en valent la peine, et reçoivent valeur de leur potentiel structurel) et cela d’autant que par les grecs (et Descartes et suite) ce qui est exposé, ce ne sont pas des idées ou des systèmes mais c’est notre être même ; au sortir des mondes particuliers (monde local-langage-groupe) l’articulation au réel, qui se rend réelle de par son être (elle est réflexivité formelle), l’articulation est unique dans un monde unique, autrement dit universelle.
Il n’est donc pas de contradictions entre les systèmes, mais chaque fois l’avancée vers la résolution potentielle, et ce non dans l’imaginaire ou la fuite, mais dans la remontée de cet être qui est (recouvert par les mondes particuliers ou plus exactement se cherchant au travers de ces mondes jusqu’à émerger et se dire, se représenter lui-même, comme pensée grecque et comme réflexivité cartésienne). Aussi la philosophie, qui exprime cet être qui se désigne enfin tel quel, résiste de fait à toute contradiction ; elle n’y est pas essentiellement mise en cause ; ça n’est pas son problème que d’établir un discours raisonnable tout plat, ça n'est pas son ob-jet (dynamique, en devenir, qui grimpe constamment sur ses précédentes réflexivités pour avancer).
Croire qu’il existe un discours objectif et que c’est ce qui est visé, c’est croire imposer un discours de « raison » aux animaux humains (et donc par ailleurs croire que la distinction animal-homme est une rupture). Alors que si notre être est ce qui a surgi, chacun est déjà cet être ; de fait (et les animaux sont déjà perception réelle). Toute conscience est à elle-même dans son désordre. L’ontologie plonge en et par chaque conscience. Il ne sert à rien d’imposer la « raison » (qui n’est pas la pensée) à une conscience ; ça n’a rigoureusement aucun sens. De fait la philosophie réclame pour être lu, d’être investie en tant que sujet. Sinon c’est peine perdue.

La conscience formelle de l'être formel
La philosophie avance sur le sol même de ce qui est ; là où notre être est posé (figuré par ex comme l’étendue cartésienne et le sujet suspendu). Aussi lorsque la pensée s’est conclue comme réflexivité individuée (chaque conscience est cartésienne, de fait, inutile de se battre contre), chaque conscience a commencée de dépouiller et explorer son donné « là ». Chaque conscience est devenue romantique, existentielle, ontologique, ou donc pour les mois dépressives, psychotique, névrotique, perverse, etc, ou entre autres amoureuse. C’est la même avancée qui « avance ». Et qui avance en et par chacun.
Etant purement fonctionnelle, mécanisme effarant, l’activité de conscience réflexive pousse à être ; elle fait être puisque la conscience est l’articulation d’une cervelle avec le donné là.

C’est donc au final le corps qui avance, la reconsidération du corps investi d’une conscience qui augmente sa surface, sa perception, sa possibilité ; elle est le levier qui (admettant tout de la cervelle, conscient langage, inconscient, etc) vise le « là ». Ainsi c’est notre corps qui devient en tant que l’activité de conscience le métabolise ; de même que le langage est devenu sous la puissance, le potentiel de l’intentionnalité qui l’a repris au groupe-monde local-langage).
On veut traiter les corps, mais en réalité ce qui se joue c’est l’architecture de chaque conscience. De même on croit qu’il s’agit dans un corps, du moi, de cette identité psychologique, animal-langage-inconscient (etc, cervelle, comportementalisme), alors qu’il est le sujet.
Esthétique cela doit donc être pris au sens entier ; ça se perçoit. Notre être est ce qui, impossiblement représentable, use tous les discours (les systèmes, les mondes, les personnalités) et perçoit par-dessus. En ce sens est esthétique toute la pensée et la philosophie ; qui veut manifester et exposer notre être en acte, le montrer et agir par la disposition de telle sorte que cet être s’oriente vers son expression, sa modification du donné et conséquemment sa modification de soi, de son corps percevant.
Ça n’est pas une idée qui est atteinte, mais l’augmentation de notre être en sa plus grande ampleur ; à partir du corps lui-même (et nous ne possédons rien d’autre que ce corps).

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