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instants philosophie

La catalysation de l'abîme

14 Mai 2014, 09:38am

Publié par pascal doyelle

La logique du devenir

A partir de la dé-couverte de notre être par les grecs, ce qui vient au jour, ce qui nait, est ce qui s’apparait à soi-même comme entièrement dépourvu de toute qualification, permettant que cette inqualification pure et simple (dont on n’a pas encore exposé la pureté et la simplicité fondamentale) puisse exposer l’intégralité de tous les contenus.

L’acculturation et l’a-culturation (tous prolétaires)

Tous les contenus de conscience sont exposables et déposées « là ». Ce que notre pensée a mené bon train, dépliant toutes les cultures et toutes les civilisations, toutes les humanisations et ce en cet immense recollection qu’est l’acculturation (rappelons qu’acculturation ‘entend en de directions ; d’une part a-cculturation qui est une absence de culture, une a-civilisation, une non civilisation (intégralement positive) et pour cela mondiale, qui ne tient à aucune terre, peuple, localisation, temporalité. D’autre part en tant acculturation, volontaire, voulue, partie de rien, du vide formel, pur et simple et qui s’élabore à et pour et par ce vide formel ; les philosophes grecs créent la pensée hors du langage, hors du groupe, et élabore le réseau intentionnel, l’architecture d’idées qui sont des rapports, institués et créés par et dans l’intention vers l’être, pure surface vide et neutre.

C’est l’idée -rapport de l’être comme surface vide qui maintient les grecs dans la pensée, de même que ce sera l’idée sujet, purement décrit, cartésien qui portera tout le possible succédant.

La dévoration de ce qui est

Ces deux-là dressent les formes ontologiques uniques du saisissement par notre être vide de lui-même et de « là » où il est ». on est posé sur une surface « là » et on est un être qui n’en a d’autre que son rapport à cette surface vide, étant lui-même purement formel, sans rien, expulsant tous les contenus, mais d’une manière effarante ; en les dévorant.

Il dévorera les grecs comme le christianisme comme l’humanisation par la personnalisation et la personnalisation se dévorant elle-même ; la structure de réflexivité (qui est le sujet pur et simple, cad retors, difficile, impossible, aberrant, distordu, qui ne peut pas se penser ou se saisir mais qui pense et veut se saisir) est ce qui travaille, torture, accélère, produit indéfiniment les mondes et les personnalisations.

L’intentionnalité vide

Pour éviter les quiproquos, Husserl a tort de présupposer que l’intentionnalité va vers, se dirige, élabore un contenu intentionnel, un idéalisme ; ça n’élabore rien du tout, ça crée sa propre dimension vide. L’intentionnalité est un système formel sans rien, qui épuise les mondes, les personnalisations, mais aussi qui épuise le sens. Ça n’a pas de sens, c’est le sens ; de produire, de démultiplier les significations, pour rien, comme ça, c’est son boulot, son travail formel pur et simple.

L’a-civilisation

Ce qui s’apparait à soi-même c’est le mécanisme de conscience (débarrassé de tout contenu, de tout groupe humain, de tout langage, de toute immédiateté ou localisation et donc mondes particuliers humains).

Ce qui s’impose, pourtant, n’est pas la raison ou on ne sait quelle civilisation spéciale ; puisque cela qui fut créé, a été repris incessamment par quantité de possibilités, non grecques, de même que la réflexivité fut produite purement par le christianisme et outrepassât ce christianisme lui-même.

De sorte que l’on ne joue plus civilisation contre civilisation, mais que l’on s’existe de la même identique a-civilisation mondiale hors des localisations particulières, et au fondement de laquelle il est l’être vide acquérant sa formulation même d’une part (elle ne sait encore « ce que elle est ») et dépouillant les mondes et les personnes d’autre part.

Et ce qui se crée est le système formel d’un tel saut périlleux, hors de tout donné, de tout monde, de toute personnalisation, qui vise à explorer l’articulation par delà les civilisations dans l’a-civilisation, la première, de notre être, de notre être vide qui n’est pas « rien » mais qui est formellement existant.

La cohérence et son attraction

Si ça n’est pas la raison qui se lance dans la réalité (en se représentant elle-même comme réflexivité, les grecs savent parfaitement que « ça réfléchit » et que la philosophie est la pensée, la théorisation que ça se réfléchisse, en esthétique, éthique, politique, hors des groupes resserrés humains, et que la philosophie d’une part théorise ce mouvement, qui existe hors d'elle, et en même temps prend sur soi sa propre part de réflexivité et enfin accélère de ce fait considérablement que « ça pense » architecturalement une intentionnalisation généralisée).

Si ça n’est pas la raison, c’est quoi ? On nomme cela la réflexivité en tant que ça n’est pas un être qui se réfléchit, (qui serait préexistant à la réflexion), mais c’est la réflexivité qui est cet être. De même que le sujet est la réflexivité qui se sait soit implicitement, soit ayant extrait son être au-devant d’elle-même, se sait explicitement, comme pensée grecque ou sujet cartésien.

Soit donc à partir du mécanisme minimum qu’est la conscience-de, il se re-présente, à lui-même (se nomme pour les grecs non pas « raison » mais pensée, idées de rapports via la surface vide l’être), et commence d’élaborer la machinerie de ce mécanisme et que l’on nomme intentionnalisation ou tout aussi bien intensité, intensionnalité .

L’intensité, l’intensionnalité de l’intentionnalité

Puisque cet être, se produisant à ses propres yeux, rend absolument intense et furieuse la conscience qu’il a de lui-même. La conscience qu’il a, il l’est. Et si le mécanisme formel s’impose instantanément et commence de courir le monde, le donné et les vécus ; c’est qu’il est « ce qui refuse de se laisser faire ».

Ce qui refuse d’admettre quoi que ce soit, sinon lors qu’accepté dans la surface vide et formelle de l’être et donc selon la cohérence fondamentale vide qui énonce en idées ; par des rapports qui existeront tous « là », au-devant et en saisie au-devant de cet être lui-même.

Celle qui outrepasse les synthèses hâtives (de tel ou tel monde particulier humain, de tel groupe ou langage, de telle personnalisation ou de telle perception ; esthétique, éthique ou politique engagent le combat pour leur propre compte et leur propre ligne de devenir soi, cohérence réflexive libre). Saisie en conscience qui précipite cet être lui-même au devant de lui-même, et ce non dans la réplique de lui-même (il n’est pas, n’est rien, que pourrait-il dupliquer ?), saisie qui l’écartèle et le transporte de là où il pense vers ce qu’il ne pense pas, mais qu'il "voit", parce que cela tient au corps même, là dans le donné monde des grecs, là dans le sujet invraisemblable cartésien, là dans le surgissement nietzschéen du "je suis un poitn c'est tout" (et qu'il ne connait pas ; puisque c’est un rapport et qu’il connait un peu ce dont il part, mais ne sait pas à quoi ça aboutit, il le subodore plus ou moins sans rien voir du tout ) ; ce basculement ne le déporte pas hors de lui-même, mais est ce par quoi il précède son être et par quoi il tente, veut son être le ressaisir ; par son être même il refuse de se laisser faire ; il ne se constate pas « là » comme grec ou chrétien ou René Descartes, il est dans la précipitation de catalyser son être dans le mouvement d’y devenir, parce que de se nommer grec ou chrétien ou Descartes, il est déjà passer à autre chose, ailleurs.

Si l’on se tient dans le conscient, la chose nommée est la chose dite, mais si l’on se tient en réflexivité toute nomination renvoie à son mouvement et par exemple, il est impossible de comprendre Descartes sans l’interpréter ; ça réclame un autre surcroit de conscience ; on ne sait pas où cela, tout cela, aboutit ; ça avance et c’est tout. Il faut se méfier de telle compréhension de Descartes, parce que réflexivement rien n’est clos ; les grecs ne sont pas connus, ça devient encore. Ça reporte dans et vers le rapport surplombant toutes les réflexivités qui avancent vers leurs possibilités.

De par soi-même

De ce fait la philosophie n’a jamais dévié de son trajet dans le réel. Puisque ce devenir est libre instantanément il y eut évidemment quantité de possibilités explorées, mais ce n’est pas le système « vrai » qui devient, c’est cet être de réflexivité et donc peu importe les systèmes ; c’est toujours le même être structurel qui se veut. Il les use, les épuise, les utilise et se conclut finalement de ceci : pensez !

Acquérez vous-même cet être, qui ne peut pas être dupliqué d’en haut, transversalement copié collé ou imposé d’un autre point ; il est votre être. De là, que la difficulté de la philosophie modifie cet être même et ne peut pas s’objectiver. C’est en tant que vous produisez cet être en-plus que la structure, réelle et « solide », se produit.

Le report invisible de l’être réel

Ce qui n’est pas prévisible. Ça se produit, mais ça ne prévient pas. De sorte que l’on peut même supposer une influence, ce serait la déesse ou l’inspiration ou le langage ou l’inconscient, ou ce que l’on voudra. Parce que ça ne démarre pas du conscient mais de la conscience.

Ça se déclenche et commence de happer ce qui est, ou alors ça travaille en sourdine dans les humanisations ou les personnalisations, de toute manière « cela » existe. Cet être en plus qui n’appartient à rien, qui veut tout et se veut intégralement.

Si il fut dé-couvert par les grecs, ou les chrétiens (parce que le christianisme fait retour vers le dieu mono, est ce retour réflexif vers, et ce retour modifie tout, toute la logique antérieure du « vers-dieu » , c’est tout autre chose qui advient là, qui est fondamentalement réflexivité ardue et difficile, qui reprendra aisément les grecs, la pensée, etc), si il fut dé-couvert par les grecs, on ne sait toujours pas ce qui est apparu, effleurant là le sol réel. Cet être.

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Husserl - Nietzsche -Heidegger

10 Mai 2014, 12:51pm

Publié par pascal doyelle

(Il fut donc exploré par les grands sujets mais aussi par les petits sujets (nous autres en tant que mois), et enfin par le sujet absent de la science le possible de cet être bizarre qu’est la réflexivité constituée (sur son vide structurel de conscience de la conscience, de cet être étrange) la possibilité qui lui est ouverte.)

Les grands sujets

Outre que Husserl discerne enfin ce que c’est que l’activisme de notre être, de cette simplement conscience qui est, c’est ce foyer incontournable que situe Heidegger en le désignant « là », parallèlement Nietzsche s’en saisit au plus haut de sa performance en tant que survolonté ; volonté de la volonté ; ce qui n’est pas une absurdité ; ni un trait idéomaniaque (qui montrerait en épingle une propension par illustration d’un vitalisme bas de gamme). C’est le creuset de notre situation et de notre situation ontologique.

Il faut bien utiliser les paramètres de la philosophie pour définir ce qui est en jeu. Ce qui parait description d’un « là » ou d’un « être » que finalement on cernerait comme contingent (un corps animal qui croit se « penser », quelle fatuité sirai-on), doit à l’inverse s’admettre comme réellement le descriptif de son être dans le réel. Autrement dit Husserl détoure et isole l’activisme efficace, l’effectivité, cad ce qui porte à conséquences et effets bel et bien réels et agissants. Heidegger approche réellement ce que nous sommes en un tel « lieu », Nietzsche pousse cet être au plus loin de lui-même et manifeste, exprime, et nous foudroie de notre possibilité (ce qui est extatique de la moindre ligne nietzschéenne, il transporte notre être sur un plan in-connu, inconnu par essence).

Ce qui semble par ailleurs la constatation d’une déréliction, d’un non sens, d’une perte idéaliste intentionnelle (Husserl ne récupère jamais l’idéalisme des contenus de conscience ; il croit que le sens est ce qui se réfléchit dans l’activité de conscience, mais en réalité c’est la réflexivité même qui se travaille et qui se produit comme réseau de faisceaux intentionnels, dont les contenus sont les tremplins, les moyens et non l’inverse). Ce qui parait un contrecoup mortel qui met à bas la pensée philosophique et anciennement universelle, est en réalité sa plus extraordinaire percée ; parce que la logique de la pensée philosophique n’est pas l’universel qui est un de ses effets, mais que cette logique est bien plus proche de celle de Nietzsche (qui pressent qu’il représente absolument la pensée même, qu’il le sache ou non et est la plus formidable reprise de la réflexivité philosophique, mais l’ignorait-il qui affirmait tant et plus qu’il inversait la philosophie même ?).

La volonté sans raison

A savoir que la réflexivité, en quoi consiste notre être, se veut. Et se voulant, et n’étant rien, elle pousse à être. Notre être est l’activisme, quant bien même désespère-t-il ici ou là de sa potentialité, il est la puissance même. Nietzsche a parfaitement raison de signifier son innocence d’une part (aucun contenu ne préside sur la conscience, elle est nue, la force est immédiatement « se voulant ») et absolument raison de lui accorder que dans le plus grand drame, le plus désespéré, le plus douloureux, elle se réjouit ; parce que c’est à sa mesure, et qu’elle se garde elle-même et maintient les contenus en dessous d’elle. Il a raison de proposer que la volonté est redoutablement complexe, et ça n’est pas le plus démonstratif de force et de puissance au sens commun qui vaut ; la valeur est cachée dans les tours et détours de ce que veut la volonté, (ce qui est aveuglant si l'on remplace volonté par conscience outre le conscient) et qui est rien moins qu’évident ; la conscience se véhicule dans des contenus retors et qui réclament une interprétation, qu’ils ne se livrent pas tels quels, puisque la volonté comme la conscience est finalement le plus irrégulier, fragile parce que subtil, et de plus non apparente telle quelle, etc.

La volonté de la volonté, cette absurdité qui parait ne rien signifier, porte au contraire la réjouissance majeure de ce qui ne rend compte de rien parce que cela tient le compte le plus radical. Le compte impossible. Celui qui ne peut pas être calculé consciemment, (selon la raison ou la raisonnabilité ou l’objectivité, des sciences ou l’objectivité simulée de la philosophie égarée), mais parce que ce compte est l’activisme même de conscience (qui n’est pas le conscient).

Il fallait que Nietzsche inscrive cette performance radicale en tant que « volonté qui ne sait pas », qui veut seulement, qui s’existe antérieurement à toute considération. Il le fallait parce que cette figure seule montre que nous surexistons, oui, mais que l’on n’en sait rien du tout…

D’où la tentation de disposer Nietzsche comme pensée magique ; elle ne sait pas, mais elle réalise. De où ? En réalité Nietzsche est la remontée dans la conscience de soi (de la conscience) de son mécanisme même ; il exprime, met en représentation le potentiel pur et comprend bien que ça n’est pas le conscient. Ça n’est pas une pensée mystique mais la description de ce mécanisme retors. Certes qui se figure comme « volonté », mais qu’est-ce que cela la volonté nietzschéenne ?

Sans doute est-il dans l’erreur de ne pas voir que cette volonté (vitaliste ? non pas, elle est ontologiquement définie, Nietzsche est un philosophe et il ne parle pas autrement que selon et par la philosophie même) est ce qui est nommé « conscience ».

De même que Husserl ne voit pas que l’intentionnalité tourne à vide et pour rien, parce qu’elle est telle qu’elle est, une forme élaborée à partir de la conscience. Ses contenus sont des moyens et non pas à la pêche de vérité. L'intentionnalité est le réseau tissé de conscience. La conscience est le mécanisme, dont intentionnalité devient dans son élaboration au travers de contenus spécifiques, la machinerie.

L’étrangeté de notre être

Comparativement on pourrait juger que les explorations de la structure de conscience sur son être, (que Heidegger transformera en observation sur cet être dans son « là », objectivement décanté), aboutissent à un monde qui n’est plus un monde, mais un univers insensé. Que l’on est loin de la raisonnabilité et de la pacification généralisée que réclame l’universalité, l’humanisation (qui existe sur et par cette fondation universelle). Mais en réalité c’est un approfondissement réflexif fondamental ; l’être réflexif (la réflexivité comme étant cet être et non pas comme étant un « être » se réfléchissant, lequel ? L’animal langagier, l’animal raisonnable ?) acquiert la conscience de sa position ; ce qui se cherchait depuis Descartes. Depuis que Descartes nous pose là, sur l’étendue du monde universel, planté comme un clou.

La position de cet-être (cette singularité qui ne ressemble à rien, au sens strict) est cela même qu’Heidegger veut saisir, décrire ; son être « là ».

Il faut donc comprendre ceci ; lorsque Husserl et Nietzsche s’emploient à accélérer la description de notre être, ce dont on prend conscience, on en prend distance ; dans cette distance notre être est, pour les suivants (Heidegger, Sartre et Lacan), posé « là ». C’est le « là » en lequel se refond cet être qui pose question ; c’est le là qui doit être élaboré, reconstruit et ce ontologiquement, cad pensé. Puisque la philosophie seule peut produire une représentation de l’impensable. C’est en ce point là qu’elle se situe, se condense.

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L’objectivité et au-delà

8 Mai 2014, 08:30am

Publié par pascal doyelle

Il est par ailleurs impossible, comme dit, de laisser ces devenirs pluriels à une contingence quelconque ; une sorte de conglomérat de déterminations arrangées de tel ordre arbitraire ou négligeable. Parce que la compréhension consiste à placer l’intellectivité de ce qui est, au niveau où cela s’existe ; si notre être est indéterminé (il absorbe de fait toute détermination à sa portée et celles qui lui manque il les invente), on ne peut pas lui substituer une prédétermination que l’on situera qui dans la nature, qui dans le langage, ou dans la logique des groupes, ou dans le corps, etc.

C’est à partir du rien, mais du rien structurel, que les réalités sont pensables adéquatement ; on remarquera alors que les pensées suffisantes, adéquates, sont celles qui ne se précipitent pas à définir « ce par quoi l’on pense ». on se référera à l’idée du bien de Platon, au un de Plotin, à l’esprit sujet de Hegel (qu’est ce que cela peut bien être ??), à la volonté toute formelle de Nietzsche , etc.

Dans ces unités super éminentes on serait peut-être tenté d’y placer le mana ou quelque formule éthérée, mais réellement le bien ou l’esprit hégélien sont cela même qui structure la pensabilité. Ici encore l’activisme de réflexivité ne se place pas comme une unité béate antérieure, mais comme le bout du bout de l’architecture intentionnelle ou donc inversement comme ce qui rend possible, origine, si absurdement en un retour effarant, les développements accumulés en dessous ; que le bien surexiste implique que les idées soient (soient l’augmentation de la visibilité du monde rendu à lui-même, à sa forte distinctivité par essences, qui hors les idées n’apparaitrait pas).

Il est absurde de réduire le bien (ou toute faitière architecturale semblable) à une figure dissimulant l’être ; c’est cela même qui permet qu’il y ait une visibilité de ce qui est, qui autrement se perd dans une détermination qui sacrifie, inadéquate, des pans entiers de réalités en plus d’ignorer l’unification plurielle mais une parce que formelle, qu’opère notre être sur tout le donné gigantesque.

Or si l’on suit le procédé général qui consiste à placer au-delà de la pensabilité cela qui rend possible cette pensabilité, on aboutit toujours à une tautologie (apparente donc comme vu) ou à un blanc sans visiblité, par quoi l’on invoque l’œil qui perçoit mais ne se voit pas lui-même. Ou encore on s’épuise à croire être en mesure de déduire la pensée, de transformer donc la lumière en tracé objectif, alors que hors de la lumière tenue telle il n’est plus que l’obscurité, divers aveuglements limités.

Cette prédétermination qui parait intrinsèque à la raison, la rationalité, l’objectivité, les mathématiques, continue de tenir l’objet ou l’objectivisation ou l’objectalité comme le summum de l’apogée définitive. Elle voudrait se saisir là devant de ce qui est. C’est qu’un tel principe admet implicitement ou clairement que la raison ou la pensée froide, nait (on ne sait comment) dans un sous être, une sorte d’animal humain doué d’un peu de raison, bien que l’on ne sache pas trop ce que cela signifie, qui doit s’élever, s’efforcer de ressembler à ses pensées, à sa pensée, ou une espèce d’animal contraint sous le rouleau de l’universel qui n’existe pas du tout comme individualité singulière, laquelle décrète-t-on est impensable et donc non existante selon ce critère abstrait, ou encore un être psychologique, animal parlant, parlêtre, et la vérité toute extérieure l’abreuverait comme un tel animal, cqfd.

On ne voit pas ce qu’il y a de démontrer de la parousie la Vérité (mathématique, universelle roide, universalité inerte et abstraite, objectivité).

On voit plutôt que la vérité est énoncée d’un point qui se sait, et qu’aucune vérité énoncée n’est susceptible de convaincre ce point individué, sinon d’une arme sur la tempe ou d’avaler un antidépresseur, ce qui est de la triche flagrante, ou de longues très longues séances de psychanalyse qui vous convainc que votre sujet inconscient vaut bien mieux que votre petit moi étriqué (ce qui par ailleurs mais autrement est peut-être à demi vrai). On remarquera que la Révolution cet idéal en sautoir, qui prétend annuler la révolution unique réelle (qui eut lieu partout, ou s’y simule affreusement souvent), est équivalente à la Vérité, objective, remplaçant le pauvre animal éberlué, par la chose aliénée, et pour qui la dite révolution pseudo universelle ressemblera aux abattoirs.

(La révolution unique est celle réelle qui ne fut pas voulu décrétée, mais s’est imposée réellement dans l’historicité réfléchissante et dont on ne peut pas y substituer une pseudo réflexivité).

Puisque l’on pose au préalable le pauvre animal tronqué qui n’est rien sans la clarté éblouissante de la raison, des mathématiques ou des objectivités, il est clair que l’on ne songera pas ramener la Vérité à un être plus demeuré, plus misérable qu’elle.

Le problème est que la raison vérité ne peut pas se fonder, et que le sujet n’est pas l’animal langagier (ou variante). Ce qui s’est imposé ça n’est pas la raison, mais la réflexivité ; soit donc à la fois la pensée digne de ce nom et le libre pur d’un sujet qui est autrement consenti et performant que toute dérivée théorique ou abstraite et surtout qui dénote totalement d’un être psycho-physiologique. Quelle aberration si l’on ajoute que le sujet n’est rien que le corps lui-même, mais qu’il est entièrement sujet et absolument corps, qu’il est donc une assomption fondamentale qui transmute le corps lui-même.

Mais un corps tout autre.

Et donc la réflexivité n’est pas la réflexivité d’un être sur lui-même, mais la réflexivité est l’être lui-même ; notre être n’est pas autrement qu’en suspend indéfini. Mais cet être en suspend est. Il relève d’une certaine nature de ce qui est, d’un mode d’être de l’être (ce qui plus incline à devoir penser l’être lui-même selon cette révision ; si il est au moins un être, très bizarre, qui est supporté par l’être en général, quel est la logique de cet être général, qui est au moins aussi étrange).

Si il est un être bizarre dans l’être étrange, et que cette bizarrerie et plus loin étrangeté, ne cède absolument pas sur la cohérence, (c’en est même l’originel, tout purement), cet être bizarre est ce qui a tramé sous couvert de notions, d’idées, de systèmes, de constructions, une visibilité de sa structure mais qui également a élaboré ses ramifications intentionnelles (vides, sans contenus, par delà le idéalismes ou les matérialismes, les subjectivismes ou les objectivismes, les domaines tels l’esthétique ou la politique, par-dessus l’humanisation à fondement universel ou la personnalisation à fondation du libre pur), et ce système est lui-le réel.

Puisque l’arc réflexe interne à la cervelle donne sur la réalité « là », est l’accrochage de cette cervelle à l’externe, au grand dehors. De même non attaché essentiellement à la raison, ni même à la pensée (bien que pensée rende bien mieux compte de ce que grec signifie), ce qu’il manie est une structuration du donné ; ça tombe dans le « là », la conscience. Ça débouche dessus. Et il devient impossible de lire même les dérives apparentes vers dieu ou vers le ciel de l’idéalisme ou l’éprouvant engouffrement idéaliste allemand autrement que comme une telle exploration rigoureuse et précise de cette articulation même ; ça ne parle pas de contenus mais de mouvements vers, vers la saisie impeccable de notre être en son mouvement même.

Pareillement il est rendu à rien de croire constater le drame de la cohérence en Nietzsche ou Heidegger ou structuralisme divers, dont finalement la neurobiologie ou autres sont des variantes ; Nietzsche ou Heidegger maintiennent la cohérence et c’est uniquement que celle-ci ayant atteint l’être là de notre structure, cherche en fouillant sa pesanteur (H) ou lance fondamentalement une fusée au travers de tous les donnés (N).

Si notre être est la réflexivité telle quelle (sans qu’elle soit la réflexivité d’un « être » sur lui-même, la réflexivité "est" cet être), ça n’indique pas platement du tout une raison ou un corpus d’idées, mais un attelage forcené.

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Le devenir pointu de notre être

7 Mai 2014, 17:50pm

Publié par pascal doyelle

Il faut donc placer d’emblée qu’il y eut l’émergence de notre être.

Ce qui s’impose au travers des deux modes (grecs et chrétiens et affiliés) et indépendamment de ceux-ci (qui en sont les effets), c’est l’être réflexif ; autrement dit notre être en tant qu’il se sait purement et simplement face à face, et qu’alors de cette représentation, il s’accélère.

Il existait auparavant mais cette fois il se rencontre et se veut.

Déroulant toute sa capacité il crée une acculturation gigantesque, hors de tout monde particulier, ayant accès au monde unique, de même qu’il se sait tel quel en tant que l’être de toute humanisation, quelle qu’elle soit et quel que soit son monde, et ayant affleuré, cet os, au centre de l’historicité, sur quoi il devint possible de prendre appui. Acculturation qui au travers de déploiements continués, se cristallise comme universalisation et humanisation, puis comme libre pur et personnalisation.

Ceci repose en somme sur l’hypothèse que ce qui se parle en tant que réflexivité, n’est pas une idée ou une représentation (et donc ne dispose d'aucune intériorité ou contenu ou essence ou idéalité ou raison ou esprit ou logos, laissons tout cela), mais qu’il s’agit de notre être même comme structure, arc boutée sur le réel. Il se parle et se figure lui-même comme pensée ou comme dieu du retour vers-nous, et ce en un arc réflexe aigu qui empêche que l’on réduise cette pensée ou cette singularité christique à de simples énoncés. Mais à rebours qui pousse à les comprendre comme signe et orientation vers la structure dont l’un et l’autre sont des effets, ses développements, que ni les grecs, ni le christianisme ne figent(ce qui se voit suffisament de tout le devenir ultérieur, et qui vaut ontologiquement).

Si c‘est notre être qui apparait en s’apparaissant (son expression, sa représentation dans la pensée, accélère et précise et augmente et amplifie sa capacité même, puisqu’étant réflexivement, lorsqu’il se sait, il se démultiplie indéfiniment), tout ce qui suivra cette apparition ne cherchera pas la vérité ou le sens des choses, mais épuisera vérités et significations, en les redoublant ; autrement dit l’apparition de notre être (réflexivement face à soi) dépasse toute vérité et toute signification, car puisque cet être est, c’est sa structure qui se dénude, se dépouille au fur et à mesure. C’est son déroulement même qui est « ce qui est » ou le sens de notre existence.

Cela implique donc que nous nous vivons non plus par telle vérité ou par telle personnalité, mais en tant que principe de vérité ou principe de l’être libre, et que tous les contenus ou tous les choix postérieurs ou conséquentiels sont seconds ; principe de vérité (ce qui n’est pas la détention de la « vérité ») et principe de liberté (ce qui ne commande aucune autre morale ou éthique ou politique ou inventivité que celle du principe de respect du libre pur de chaque conscience) sont l’épaisseur transcendante, non existante (qui n’existe pas comme le monde ou la détermination), incompréhensible, insituable, impossible, l’épaisseur même, le poids, l’exigence, la possibilité de ce qui est vécu, pensé, organisé, inventé, créé.

En quoi donc vérité formelle et liberté formelle s'augmentent de leur possible réel (le formel est le réel).

Ou donc nous sommes déjà existants du pur système formel général. Ce système général est la méta organisation qui s’est mise en place. Les contradictions philosophiques ou ses impossibilités apparentes ou les devenirs politiques (en exemple il est clair que se jouera pour nous la qualification politique de l'économie tôt ou tard), ou les acceptions éthiques ou les explosions esthétiques dessinent une conscience vide structurelle valant en et par elle-même, un corps supplémentaire, un devenir fulgurant, puisque toute fulgurance de conscience se dresse et remodèle, renouvelle constamment par ses précédences la structure elle-même.

Puisque notre être apparait (en se faisant face dans la représentation de la pensée ou du sujet), ce qui s’élabore travaille la densité matérielle et déterminée réelle (l’esthétique fait voir, sentir la performance du réel lui-même, par exemple), parce que dans ce travail à même « ce qui est », s’élabore l’architecture intentionnelle par laquelle notre être émergent tricote son être intentionnel vide et formel. Chaque élaboration trame le tissu intentionnel et plante des points d’attirance de conscience sur la surface du réel. Ceci produisant ce que nous nommons œuvres ou vérités ou libertés et décisions ou politique ou personnalisations concrètes (le moi est une production réflexive en plein).

La représentation de notre être par lui-même (étant réflexivité et se tenant auparavant de tel monde ou tel groupe humain, étant réflexivité donc il n’est pas étonnant que tôt ou tard il se prenne pour cible et visée et organise sa propre visualité de son être), soit comme pensée soit comme réflexivité en singularité (chrétienne et affiliés), produit donc non seulement quantité de vérités et de libertés (tout cela se multiplie sous la puissance de la structure), mais également est cette flèche lancée qui crée sa propre architecture intentionnelle. dont on ne reçoit que les résultats, mais résultats qui en réalité ne tiennent que des points d'attirance.

L’ensemble formalisant un système en acte, ce qui vaut pour l’esthétique, éthique, politique, idéel (connaissance), mais tout autant pour la philosophie ; ses plus extrêmes pointes, aussi éloignés paraissent-elles de la « raison », la rigidité caricaturale dont on la recouvre, sont effectuatrices. Ce sont ces tracés obtenant les plus fines avancées dans le réel, qui réévaluent et remodèlent le tissage qu’est cet être de conscience, d’architecture arcboutée sur les performances dans la réalité même.

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Le moi par le bon bout de la conscience

4 Mai 2014, 13:07pm

Publié par pascal doyelle

La dynamique intérieure et interne à la personnalisation.

Dans la mesure où le langage est ce qui balise la cervelle, et comme le langage est extérieur, il est reçu de l’autre, le langage est dans la cervelle ce qui monte tel ou tel data stocké dans la cervelle ; en attirance à l’extériorité. Ce que la cervelle ignore ; elle est dans son milieu, dans son monde et il n’en est pas d’autre pour elle ; elle rêve, et même ce que l’on retient du rêve est probablement autre chose (de balisé par des mots, signes, traits, etc) que ce qui est « visualisé » par la cervelle.

Mais le langage n’est pas tout ; le langage est lui-même un rapport, au donné là, à l’actualité des réalités qui arrivent, et c’est plus qu’essentiel, crucial ; que « ce qui arrive, le danger, la difficulté » s’imposent au-delà du langage. C’est fait pour cela ; le langage ordonne l’action commune (des autres) mais face au danger, sinon ça n’aurait aucune raison d’être et de toute manière ça ne survivrait pas. Ça n’est donc pas le langage qui structure, enfin pas uniquement.

Ce qui prévaut sur le langage, le conscient organisé, l’inconscient, la cervelle, c’est l’articulation perceptive du danger (cad de l’altérité, ce que l’on ignore d’une part mais aussi ce que l’on ignore radicalement ; la cervelle, où nous sommes à l’état rêveur, est prise de panique à la vue d’un réel externe, elle ne sait absolument pas du tout « ce que c’est », ça ne rentre pas dans son stock immense d’informations). Et cela ne se réalisant pas comme une organisation (on ne sait pas ce qui va se pointer et nous menacer), ce nomme la conscience de, qui est seulement formelle, cad attentive. Attentive à ce que la visualité du donné corresponde ou non à la mémorisation de cette visibilité. Et d’une manière générale, l’articulation de conscience n’est pas « noté », mémorisée, elle joue évidemment de quantité de repérages (dans les mémoires, la cervelle, les gestes du corps, le langage, les autres et l’organisation de l’action commune, etc) ; sauf que la conscience ça jette un regard, un pont vers le donné là, dangereux, autre, non connu, inattendu, c’est son travail, sa fonction même ; qu’elle soit disponible pour, n’importe quoi.

De fait elle puisera toujours dans le connu ; où irait-elle rechercher des repères, des cartes, des schémas de réalités ? Mais qu’elle les rassemble ou que cela se rassemble, lui marque bien qu’ici ou là, ça dénote, ça ne colle pas ; elle se doit alors de rassembler autrement.

Cette pure fonction vide (condition de notre survie, de notre mouvement, de tout devenir) est articulée au réel donné là. On ne sait pas ce que c’est. De sorte qu’elle prend effectivement des tas de formules ; une conscience peut bien devenir, s’emplir de l’autre conscience ; de ces possibilités là signalées par tel mot, tel geste, tel ce que l’on voudra ; preuve que ça ne passe pas uniquement par le langage.

Là où le langage joue, c’est que balisant les masses, les mers intérieures de la cervelle, il est concrétion ; dans un mot ça se concrétise. Mais comme il n’est pas tout (toute l’organisation des dispositifs), il y a un moi.

Le moi se tient du langage mais comme d’un outil (et non comme si cet outil était son essence, le langage est une fonction, absolument essentielle comme on voit, balisant, mais lui-même repris dans un mouvement ; comme si la réalisation humaine si complexe se limitait à un seul tenant ; c’est un ensemble de dispositifs, dont l’articulation de conscience dit « je suis du côté du réel là » non connu, toujours non connu, l’externe est autre radicalement, on ne sait pas ce qui va se passer, arriver).

Le moi est une identification dans la conscience (en tant que la conscience qui est externe et dispose d’un point dans le réel, un autre aimé ou détesté, un objet complexe, une conduite, un mot, une couleur, etc, un objet, a, en général qui fait office de réalité ; par quoi la conscience produit la dynamique du moi, que le moi est un processus, non un « être », et la personnalité est une personnalisation), mais rien de plus ; ce dont le moi est une identification (qui pourrait être tout à fait autre, puisque un-tel dispose d’une autre personnalité, il n’en est pas moins conscience-de), est une synthèse immédiate (qui prend l’immédiat, mais qui est absolument complexe et tordue et retordue, c’est le vécu qu’elle, cette synthèse admet, le vécu, la réalité, qu’elle soit traumatique ou non, peu importe, mais la réalité en tant qu’articulée par la conscience à un « là » spécial, un point externe attirant qui met en branle tout le système des dispositifs).

Cette identification se croit être « ceci », cad un-tel ; ça se noue là en cet être que je suis pour moi ; mais cet identité est immergé dans tout le reste. Elle fait fonction de synthèse localisée vers un point externe (articulé comme conscience de, ce point), et lie ensemble la cervelle, le langage, le corps, qui sont synthétisés (il faut bien que le moi s’en incorpore une nomination ; « je suis moi » provoque la montée vague ou précise de son identité, et ce moi il le placera dans des phrases, des gestes, du corps, des projets, etc, ça fonctionnera comme une … fonction).

Cette identité fonctionne ; elle est dynamique ; son articulation au réel est la conscience, fonctionnelle, relativement à un moi qui synthétise l’ensemble des dispositifs (afin d’en produire un idée-image représentative mais très limitée ; elle ne comporte évidemment pas tous les tours et détours de langage, d’inconscient, de conscient, de corps, etc ; ce serait ingérable). Cette synthèse limitée (par nature non par manque), laisse ouvert qu’il y ait un sujet ; cad une conscience qui de sa fonction simple (de jeu entre les dispositifs) se prend pour Une … c’est un pari, on ne sait pas ... on ne sait pas où ça mène ; c’est ouvert et demi existant par définition (et non par manque), et ça vise on ne sait pas quoi, mais au moins ça agit, ça accélère, ça élabore même (la philosophie est l’élaboration en conscience et non pas consciente (on peut être conscient de tas de choses, mais on n’est pas forcément conscience de la conscience … ça, ça déborde, de la fonction simple à la volonté d’y être en conscience).

La psychanalyse à toujours cru que la philosophie pensait à partir et vers le conscient ; mais c’est faux, la philosophie est l’articulation de conscience par la conscience, non du conscient vers le conscient. On a donc ; corps, cervelle, inconscient, langage, conscient, conscience ; la conscience est une articulation autre dans l’altérité radicale du « là », du réel. Le moi est à mi chemin de tout mais essentiellement de l’inconscient, du langage-conscient, de la conscience là dans le là du monde ; il en symbolise, subsume, réduit, ramène les dispositifs à une identité.

Ce qui donne l’impression à la psychanalyse (et aux critiques ou analyses caricaturales ou systématiques de la philosophie) est la fascination du résultat, d’un « résultat » ; Platon ce sont les Idées, etc. mais dans le texte même ça passe, ça se meut, ça bouge et ça pousse vers ; il n’est pas de résultat philosophique, mais il est la monstration, la monstration du mouvement lui-même ; voila ce que c’est que « penser », si vous voulez comprendre, faites de même ! On ne peut pas penser à la place de. De ne pas voir comme ça se meut, la pensée ou la réflexivité ou la réflexion sur la réflexivité, ou le sujet comme articulation réflexive et non pas « substantielle » (le sujet de Descartes est absolument insituable, mais il est, il le dit et le montre).

C’est que la psychanalyse pense le moi, non le sujet (il est toujours un moi avant le sujet, et le sujet est bien peu stable, évidemment, et il est impossible de remplacer le moi par son sujet, qui existe à la périphérie du possible de structure formelle, il n’y a réellement que des mois, et pas de sujet ; sauf que si… il est et travaille, torture la cervelle et le moi vers le réel seul).

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Histoire philosophique du Réel

1 Mai 2014, 09:16am

Publié par pascal doyelle

L’activisme de conscience (ce en quoi nous sommes attelés, en tant que mois, en tant que personnalisation mais également comme processus collectif qui a nom de démocratie) se situe à la périphérie de notre réalité, et constitue notre être.

C’est en tant que nous intentionnalisons que nous réalisons, par cette fine pointe qui doit s’élaborer un corps perceptif plus grand que le moi, que la réalité se tisse d’un réel.

La pensée come intentionnalisation hors langage

Le début se dénomme lui-même philosophie et commence par la pensée, comme mise sous tensions non pas des idées ou des pensées, habituellement conçues, mais en tant que penser cela revient à élaborer l’intentionnalisation, le tissage réflexif qui tient par de petits bouts par-ci par-là et attire les réalités (extérieures ou intérieures) afin de les désengager du groupe, du langage, du conscient ou de l’inconscient, des mondes particuliers ou des corps immédiats, puis ensuite, par Descartes de passer outre l’acquis lui-même et de subvertir tout ce qui fut conquis par les grecs et le christianisme et affiliés d’autre part.

Les grecs ne produisent pas seulement la pensée plate et objective, mais la réflexion sur le mot, sa mise en jeu dans un système intentionnel vide et formel. Inaugurant le grand système formel de la réflexivité, de la réflexivité sans contenu, qui exporte et expose tout au devant, dans l’être précisément, comme surface neutre. Que l’être soit la pensée (intentionnalisation extrême qui reporte le langage et le groupe et la perception et le corps, etc) veut dire que c’est par la reconnaissance de la réflexivité par elle-même (il faut se formuler des idées qui s’éclairent entre elles et portent au jour notre possibilité intentionnelle qui n’était compris ni dans le groupe humain, ni dans le langage), que celle-ci s’engage à produire sa propre dimension ; qui n’existe que dans l’effort de l’accomplir, (et ainsi de parfaire la réalité dans la compréhension vivante, cela se donne pour telle pour les grecs) et qui se situe au bord, à l’extrémité de la réalité et se nomme le réel, cad l’être. Ça n’existe, n’apparait que de la pensée tendue qui crée les passages, les idées (qui sont rapports hors sol, hors localité).

Le redoublement intentionnel pur de Descartes

Avec Descartes le monde bascule doublement ; il valide tout le précédent, toute la pensée précédente, (ce qui se reverra avec Hegel) mais dans le même mouvement il renouvelle ce qui formait l’essence de la pensée métaphysique (grecque et chrétienne, qui voulait construire le discours parfait de « ce qui se concrétise réellement « là », dans le monde unique universel et pour tous), en recommençant à neuf la réflexivité.

On passe donc de la pensée métaphysique, à la réflexivité sur notre être ; ayant découvert l’intentionnalisation dense de la pensée, il est un retour du réflexif qui fonde notre être (et non plus seulement l’être) tel que « là » (expérience existentielle du cogito, ça en déborde de partout). Le réflexif n’ayant pas encore suffisamment de concrétisation dans la pensée métaphysique, creuse sa propre présence «là », cad réelle. C’est notre-être qui entreprend de se rendre à lui-même sa structure ; comme quoi il n’appartient à rien et n’est que le regard suspendu, mais surtout il se prouve qu’il est un Réel et non pas une sorte d’idée (le cogito n’est pas un « argument », c’est un fait).

La réflexivité (le dépassement du donné et de l’acquis humain par et dans un rendez-vous intentionnel, qui tisse son intentionnalité sur littéralement sur la peau des mondes ou des personnes données tels quels) n’est pas, plus seulement la recherche de la vérité (cad de la cohérence intentionnelle) mais l’exploration de l’être libre, de l’intentionnalité libérée et délibérée, ; en tant que notre être suspendu, autre que tout, est qu’il commande une architecture métaphysique (les grecs qui ne pense pas la « raison » mais organise l’intentionnalité comme pensée) tout comme il perce ontologiquement par Descartes, qui transperce la réalité (d’où la réduction par Descartes du monde à l’étendue et à la mathématisation, la volonté occupant un autre plan, une autre dimension).

Le réel comme correspondance à notre être de conscience

Par Descartes quelque chose de plus grand que la réalité s’élève par delà les mondes humains ; le réel pur et simple. A la fois surfacé comme mathématisation mais aussi en instrumentalisant la volonté par elle-même, en diffractant l’intentionnalité sur l’intentionnalité (après tout c’est la Méthode même, qui présente, rend présente la suspension de notre être).

On suivra donc ensuite les devenirs explorateurs par les sujets d’un tel monde unique universel, universel mais tout parcouru de lignes structurelles individuées valant en et par elles-mêmes ; de Kant à Nietzsche, de Stirner à Lacan, en passant par Husserl et Heidegger ou Sartre, etc. puisque ce qui s’explosait dans la réflexivité de la pensée grecque devient la réflexivité sur elle-même du sujet individué (qui n’est pas subjectif pas plus qu’il n’est idées ou systèmes d’idées équivalent à n’importe quel autre système d’idées, il est le Réel même que nous sommes). Cet os réel ici même.

L’objectivisme et l’objectalité

Dans le même temps l’intentionnalité peut, puisqu’elle est découplée de tout contenu, se miroiter comme objectivités ; il n’est aucune contradiction entre l’objectivité et la réflexivité des sujets ; parce que les sujets manient en virtuoses la cohérence (ils expriment , montrent, décrivent, argumentent leur réflexivité en formulant des systèmes intentionnels performants) et que l’objectivité est constituée du sujet absent, du sujet qui fait semblant de ne pas exister ; c’est donc dans les deux cas la distanciation et l’investissement qui exposent, parcourent, explorent le monde unique. Puisque dans les deux cas, c’est la réflexivité pure, cad l‘intentionnalité sans fond, sans contenu, dotée d’elle seule, armée en sa structure même, qui inventorie le monde et son être, la détermination en général (aussi bien naturelle qu’humaine) et ses devenirs (ses raisons d’être ou ses motivations ou démotivations d’exister).

La dimension structurelle hors sol

Tout ce qui est présenté par la philosophie (et en cela elle balise le devenir général des consciences, cad des réflexivités, selon les éthiques, esthétiques, politiques, humanisations et personnalisations, mais aussi en tant qu’elle est son propre terrain de l’expérimentation métaphysique, de la pensée intentionnelle qui définit ses ob-jets non immédiats, hors langage) et ontologique (qui se produit soi en son être comme réflexivité cartésienne réelle effectivement là) est l’élaboration dans un monde unique universel donné là du dépassement constant opéré par la réflexivité, comme structure architecturale de l’intentionnalisation, qui grimpe au fur et à mesure sur les intentionnalisations précédentes et devient sa dimension.

L’orientation de l’intentionnalisation hors sol

Ce qui se lit existe par-dessus les énoncés, les contenus ; lorsque la pensée se définit des contenus, ils sont interprétables. Les contenus sont les signes d’orientation de l’intentionnalité. La pensée grecque reprise par les scolastiques pourvoit un schéma réflexif précis, le redémarrage cartésien, la libération hégélienne de tout contenu, l’affirmation pure nietzschéenne de la structure, le déplacement heideggérien de notre-être dans le donné « là » monstrueux, etc.

Toutes les élaborations formulent (dans leur texte même, comme équations) les Possibilités de notre être, posé là absurdement dans le monde unique universel. Si la cohérence était seulement objective ou objectale, elle ne remonterait pas dans cette articulation qui n’est accessible que du dedans de sa structure (il est clair que sa structure n’a pas d’intériorité, c’est un dedans « dehors », le jeu non de l’intériorité et l’extériorité, qui se conjoignent, ni de la subjectivité et de l’objectivité qui se rapportent, mais le jeu de l’interne structurel dans l’externe structurel, le « là » gigantesque du monde donné affronté à notre-être strictement un et formel).

L’intentionnalité vide et formelle

L’intentionnalisation n’est pas à se définir comme intentionnalisation-de-contenus ; auquel cas elle signifierait quelque chose, elle formerait un Sens. L’intentionnalisation est une pure machine intentionnelle, vide et formelle, et ne comporte rien ; elle prend par contre en charge le donné, n’importe quel donné, et le pousse à être ; elle est le possible même qui non pas se déroule ou déroulerait un programme, mais qui explore, qui devient en explorant et en tournant et retournant alentour de son être propre et de l’être-qui-est, là devant ; elle ne sait pas même ce qu’elle est, elle n’est pas un conscient, un contenu, elle est une forme qui avance.

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