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instants philosophie

Extensivité de la pensée, intensité du sujet, densité du moi

5 Octobre 2014, 09:55am

Publié par pascal doyelle

Le propre du moi est donc qu’il ignore le sujet. Il n sait pas du tout qu’il est en réalité un sujet ; à cela rein d’étonnant parce que le sujet en peut pas exister. Une conscience-de ne peut pas remonter dans son être et le ramener à elle-même ; la conscience de départ se tend en un contenu, et tente de reporter ce contenu sur la conscience de départ mais ce report est toujours bifurqué et puisque la conscience-de surgit constamment nue de la cervelle, elle zappe quelque contenu que ce soit.

Or pourtant le moi se sait lui-même (en quoi il est sujet) mais se sait dans le dit contenu que donc il n’est jamais ; il s’y croit être. De sorte qu’il est, ce contenu, toujours déjà repris par la conscience de départ qui relance incessamment les dès.

Remarquons que de ce fait la conscience ontologique (de départ, qui est inscrite en dur dans et par le surgissement dans la cervelle) est imprenable. Aucun contenu ne prédispose la conscience, pour la raison qu’elle n’est rien, purement vide. Cependant il n’est aucune conscience sans représentation ; n’ayant aucun contenu elle ne se représente pas en son état même, et donc emprunte toujours une apparence.

Cependant par ailleurs bien qu’empruntant une apparence, elle se-sait, mécaniquement pour le dire (mais ce mécanisme est absolu, ce qui Est rapport à soi, n’a rapport qu’avec ce (soi), qu’avec et dans cette formule nue) ; elle est instantanément le savoir de soi comme conscience ; le se-sait est absolument vide et est uniquement le rapport à (soi). Littéralement n’importe quoi pourrait prendre ce (soi) ; une identité du moi, un objet, une chose là, un signe, etc. Si le moi est fixé en son identité, les quelques éléments par lesquels il se définit, par contre la conscience-de est instable et étant instituée, elle est insituable, ce qui veut dire que sa forme prend la forme d’un contenu potentiel.

La formule de se-savoir, ne connait évidement rien ; mais la dite formule est à elle-même sa propre certitude que rien ne peut entamer. Sauf qu’elle ne sait pas du tout où et comment se situer (et que par ailleurs aucune conscience ne peut, heureusement, se remonter elle-même ; sinon elle ne serait pas libre et se tiendrait d’un contenu quelconque, tout contenu étant pour la structure quelconque).

L’illusion qui consiste à croire que la conscience agitée par la philosophie serait un connaitre ne voit pas qu’elle est un se-savoir et que cela suffit, qui revient sans cesse radicalement, instantanément, unilatéralement, afin, activiste, de remuer à nouveau les contenus. Toutes les formulations philosophiques échappent et s’échappent à elles-mêmes ; elles renvoient ; sauf bien sur les dogmatismes et les redites, et donc les caricatures et la philosophie telle que fantasmée d’en dehors de la philosophie même, qui use d’un artefact afin de penser croire la décortiquer.

La philosophie ne se tient pas dans l’idée ou le système mais use des systèmes et des idées afin de pousser au bout ce dont nous sommes saisis, à savoir la réflexivité ; de fait la propédeutique au savoir-de ce (soi) est extensive, intensive et dense (selon la pensé, le sujet, et le moi), et donc bien technique (puisque le mécanisme de conscience-de est une technologie inventée par le donné là et même le là du donné). Et puisque ce mécanisme est le dernier venu, (il s’ajoute au monde-langage-immédiateté de tout groupe et donc entre parenthèses divise et sépare les groupes qu’il réunit par une médiation élevée, la pensée, la raison, dieu, le moi, l’universel, etc, qui sont ajoutés et forment les architectures attirantes), de le soutenir cela implique de porter toute l’antériorité à bout de bras ; exemplairement il est catastrophique, tenant la liberté, d’abandonner l’universel qui pourtant s’écrit dans une étape antérieure au libre lui-même ; la réflexivité dans ses acquisitions est cumulative et non dans le remplacement. De même le moi bien qu’acquisition inestimable, doit conserver encore en plus en lui le sujet. C’est d’être dans l’incapacité de porter à la fois l’universel et la liberté que la liberté peut aller se dégradant.

La réflexivité qui s’est créée par la pensée et l’universel, se continue par la liberté et le sujet, tout comme ensuite le moi se constitue du sujet et de la liberté, et risque de s’effondrer en ce qui le caractérise ; la densité. La densité est la confrontation d’un sujet au centre de la matérialité, ce qu’il faut entendre comme « matérialisation ». Non pas la matérialité seulement donnée là, comme monde, corps, langage, etc, mais la matérialisation ; la densité du moi (qui lui revient comme revient à la pensée l’extensivité, et au sujet l’intensité) se repère elle-même comme incorporation ; comment un moi peut-il se rendre un corps capable du sujet et capable de la pensée et capable donc de la réflexivité. C’est la question-même.

Pour cette raison d’accumulation, nous comprenons encore ce qui réflexivement fut inventé, créé, découvert antérieurement ; la réflexivité va même chercher dans les mondes particuliers humains qui sont pourtant élaborés dans une synthèse immédiate, tous les éléments réflexifs (esthétiques, éthiques, politiques, idéels, etc) qui s’engendraient en ces mondes (l’articulation synthétique des mondes particuliers, chaque fois un par un, n’est évidement désignée telle, synthétique et immédiate, que par effet de caractérisation ; l’élaboration synthétique d’un monde est réflexive, mais non de la même technique).

Et de sorte que si l’on veut comprendre ce que l’on est, « cela que l’on est », il est une potentialité dans le retour et la re-compréhension de tout cela qui fut créé réflexivement, hors des mondes humains particuliers, et surtout c’est uniquement ce retour qui permet de sortir de notre propre monde particulier, puisque sans cesse les mondes se referment et se referment sur leur propre déterminations, s’offrant comme synthèse à chaque fois. Le réflexif est toujours en plus et autre que tout monde et le synthétique est ce qui se produit spontanément de par soi. Ainsi tous les mois sont eux-mêmes élaboration synthétique, bricolage du donné là, du vécu, du hasardeux. Ça voudrait former Sens, mais ça ne fait jamais sens, parce que c’est seulement une recollection, formant systèmes clos.

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Se tenir sur le bord

4 Octobre 2014, 09:34am

Publié par pascal doyelle

Notre être est donc apparu en une fois par les grecs ; ce qu’ils ont inventé, la pensée, peut être redéfinie non comme maniement d’idées mais en tant que les idées sont spécifiquement des rapports et que ces rapports sont des pensées actualisées, par des agents (que plus tard on nommera sujets), lesquels s’adressent radicalement au réel, ce qui se dit rapport à « ce qui est », nommant par là l’être.

C’est à tort que l’on présente la philosophie comme détentrice dans sa volonté de la vérité ou de l’être tel un fétiche ; c’est justement de nommer cela « l’être » ou la « vérité » que précisément l’être et la vérité sont interrogés et non pas imposés. Ne plus se référer à ces formules, parce que ce sont des formules, ce sera redescendre d’un niveau et recommencer de les déterminer et non plus les maintenir comme formulations exclusives.

Mais c’est à tort tout autant que l’on présente ce qui supervise la philosophie comme système d’idées par une irrationalité ou une non rationalité ou une détermination mondaine ou un conglomérat de pouvoirs, etc ; ce qui prédomine par la philosophie est une rationalité ou qui n’a plus nom de rationalité mais de cohérence, une cohérence littéralement ontologique.

De maintenir l’être et la vérité implique alors d’en rechercher les conditions, et tout aussi bien les conditions de la pensée, tout comme ensuite seront bien autrement ardues les conditions du sujet (parce qu’engageant notre être au plus près, au plus près de ce corps, de ce moi, qui lui-même sera paramétré en ses conditions de moi, on n’est pas un « moi » naturellement, c’est une élaboration, et ça ne se cloue pas sur la paillasse d’une objectivisation, bien que toutes les objectivités soient requises, elles ne donnent pas la clôture, parce que clôture il n’y en a pas. Et donc pas de vérité, pas de vérité qui supplanterait le sujet, la structure, le « ce qui entre en rapport ».

Parce que ce qui s’invente, se découvre et se dé-couvre (qui était recouvert par des mondes particuliers, par ses contenus chaque fois synthétiques), se déploie, est bien plus conséquent qu’une « vérité », et par conditions il faut entendre toutes les conditions ; non seulement pour les grecs ce que signifie penser mais aussi que faut-il se prédisposer pour penser, pour devenir, pour acter la pensée ?

C’est donc en ce sens un système formel de toutes les conditions qui prédisposent à être. Etant entendu que l’on n’est pas. Ou plus exactement que notre être, la forme, la structure, la conscience-de, est un être réel mais impossible, qui ne tient en aucune détermination, aussi s’élabore-il en augmentant sa structure, en en formulant au fur et à mesure son architecture. Et cette architecture qui tient à partir de presque rien (sinon ce ne serait pas une structure de par elle-même et serait empêchée par quelque contenu que ce soit et ne penserait pas en termes d’élaborations de machines intentionnalisatrices, une structure de par soi signifie seulement n’ayant pas de rapport avec rien d’autre que soi, et donc susceptible de tous les autres, parce que le rapport à soi ne se dit que tel ; vide, rapport-à et non rapport à quelque soi déterminé), a imposé non une vérité mais le système antérieur à toutes les vérités. Système qui non pas fait office de vérité, mais est la vérité ou la vérité en tant qu’elle est le réel, l’être.

Il est donc inutile de refuser à la philosophique ce à quoi elle introduit puisqu’il n’est qu’elle, étant en charge de rendre compte de l’articulation au réel, qui s’avance sur ce terrain là, lequel est l’unique.

Or ce système puisqu’il s’agit non d’un système d’idées mais structurel, se réalise non comme théorie mais comme réel. Il est réel en ceci qu’il faut commencer de prédisposer la réalité en la rabattant sur le structurel ; dieu par exemple est un fait réel en ceci qu’il attire à lui les consciences une par une et les réunit en esprit (dieu cette hypothèse sort littéralement du monde, de tout monde, et réaccède ou accède à l’architecture, cad l’archi-tecture). La démocratie est un fait réel qui atomise l’humain mais permet la ré-articulation de chacun (l’articulation selon dieu se transforme en accès à (soi) ). On comprend bien que la réunification n’est plus du tout la même une fois que l’atomisme ou la séparation des consciences est passée par là. L’acculturation monumentale n’a plus à voir avec une synthèse, celle qui a régné des millénaires en particularités, en formant chaque monde-groupe-langage. C’est une ré-articulation de l’humain au donné là (devenu l’unique donné monde pour chaque unique être-conscience) qui s’est imposée.

La philosophie crut un temps que la réarticulation proposait elle-même une vérité, ce qui est vrai ; de même que chaque moi est absolument valide là ù il est (ce qui ne l’empêche pas d’être selon son sujet ignoré). Mais la vérité ainsi énoncée est constamment traversée par l’articulation ; la pensée oblige à (se) penser, et non à penser tout court (ce qui formerait des synthèses sans plus). Pour cela les énoncés philosophiques ne sont pas simples du tout mais surtout tordus, réorientent vers le structurel ; on ne peut pas penser sans y être. En cela il ne s’agit ni de se confondre avec l’absolu, ni de l’étaler à plat (objectivement), mais de concevoir que le monde se plie et se replie ; et que le sujet ou la pensée se tiennent précisément sur le bord du (même) monde ; on ne change pas de monde, mais il lui existe un bord, et l’atteinte de ce bord lui confère, l’augmente, le démultiplie (en vérités et libertés et personnalisations), et provoque extensivité, intensité et densité. Parce qu’il a un bord et que l’on se tient dessus.

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Le jeu de dupes universel

1 Octobre 2014, 14:27pm

Publié par pascal doyelle

La tempête d’interprétations s’est déchainée qui voudrait comprendre la réalité selon l’aune de la scientificité ou selon la proximité du moi ; la science absente le sujet, le moi ignore le sujet (qu’il est). De sorte que l’on se occupe par là des racines d’une part métaphysiques (grecs et chrétiennes) et d’autre par ontologiques (chrétiennes et cartésiennes) ; renvoyant prétendument tout cela à un âge perdu ou dénigré, ou plus raisonnablement à une incompréhension foncière (puisque nous sommes tellement lucides n’est-ce pas …).

Privés de ces racines (qui sont non du terroir, hypothèse heideggerienne, mais de l’architecture intentionnelle, celle qui a outrepassé tous les mondes particuliers), privés de cette ampleur nous retombons bien évidemment en quelques mondes à nouveau particuliers ; bordés par la scientificité et par les psychologies du moi (cad les sciences humaines).

Par ailleurs il est mille tentations de rechercher en d’autres civilisations d’autres interprétations, présupposant que celle-ci ne nous suffit plus, que nous sommes trop vastes pour nous contenir en cet « occident » (qui n’est qu’un nom, ou donc ; ça aurait tomber sur d’autres que les grecs, mais ils se sont nommés « les grecs », voila tout, inutile d’un faire tout un plat). Et cette démarche est tout à fait légitime ; si ce qui est arrivé à l’humain est la réflexivité pure et nue, (cad sans aucun contenu, outrepassant tous les contenus et se dirigeant vers le système formel global et pointilliste, cad atomisé) et la réflexivité si elle se veut (enfin) par les grecs (toute nue et sans rien d’autre), la réflexivité existe depuis le début des débuts ; sauf qu’elle s’emmaillotaient dans ses contenus (chaque monde particulier antérieur) mais parvenant ici et là à des révélations esthétiques (évidemment on n’a pas attendu que l’on nomme esthétique l’esthétique pour qu’elle soit), ou éthiques ou politiques, ou idéelles (les mathématiques existent avant les grecs, c’est clair, mais les grecs systématisent).

Et donc il est en quantité de mondes humains particuliers des pointes réflexives tout à fait formidables. Il se trouve (seulement mais cela suffit) que c’est par les grecs que « ça se veut », tel quel, nommément (ça se dit à soi-même « ceci est la réflexivité même » ; puisqu’elle est la réflexivité, elle ne peut pas ne pas se nommer elle-même, et se saisir comme certitude radicale, cad absolue ; il n’y en a pas d’autre ; n’étant pas un système d’idées mais un être structurel qui surgit, commun de fait à tous).

La bordure du monde par les sciences et les mois, rend impossible que l’ampleur qui nous a lancé dans l’historicité se continue. On aboutit à l’état stagnant de notre être, tel qu’on le constate partout et constamment ; la rigidité cadavérique de ce monde çi humain. Autrement dit tandis que la structure depuis 2500 ans tendait à se déployer elle-même comme telle, dans son architecture fondée sur le mécanisme de base de conscience-de, s’élaborant en machineries intentionnalisatrices, qui contiennent les universalités (le vrai, le bine, le beau, le un, les totalisations de cet Un) et les universalisations (éthique, esthétique, politique, idéel, etc), créant à la fois l’humanisation fondée sur l’universel et la personnalisation fondée sur le sujet,

A la place de tout cela, c’est un monde donné là humanisé et personnalisé mais sans possibilité de survie qui écrase la réalité et qui s’effondre par-dessous lui-même. L’humanisation et la personnalisation privés de l’universel et privés du sujet, tournent en rond dans leur cage. Ça se mord la queue parce que ça croit que ça repose sur soi … ça forme un semblable monde particularisé qui n’obtient plus du tout d’oxygène puisqu’il s’est défini lui-même comme naturel et tel un « état de choses » données là puisant dans cette fondation naturaliste ses ressources s’amenant nécessairement jusqu’à l’épuisement ; en tous les sens du terme.

Épuisement des ressources naturelles évidemment mais aussi épuisement des ressources humaines ; ce qui signifie en un mot ; gaspillage. Dépense inconsidérée parce que le retour sur (soi) qu’est notre être se croit en un état de chose donné là qui de fait ne possède en rien la capacité de se renouveler.

Ou pour mieux dire de se re-renouveler. Cela signifiant que la réflexivité native qui a relancer l’humanisation par sa révolution anthropologique, en outrepassant les mondes particuliers, retombe derechef dans une particularisation et ceci puisqu’elle ne se conçoit (pas, en fait elle ne se conçoit pas) comme nature humaine, naturalisme de l’économie, inertie du moi qui se croit destinalement lui-même (qui croit que tout moi est non pas un processus, une personnalisation, mais un état, une essence fixiste d’identité de soi à soi), inertie de la compréhension intellectuelle qui ne se sait pas avant tout intellective. Perdant la racine et la réflexivité, croyant que cette réflexivité est seulement le retour sur lui-même d’un donné là (nature humaine, identité du moi), elle ne voit pas, plus que cette réflexivité était en vérité le déploiement de la structure seule.

Parce que au fil du temps, ce que l’on a nommé « raison » ou rationalité » ne possédait plus le gout ni l’odeur de quoi que ce soit ; on a cru que la raison se stabilisait comme réflexivité oui, mais réflexivité de notre réalité humaine sur elle-même ; un simple moyen. Or réflexivité s’entend tout autrement ; c’est la réflexivité même qui est actrice du réel. La réalité humaine en est l’effet. Le vrai, le bien, le beau étaient des effets d’un ressort plus interne et vide mais structurel. Acculturation humanisation et universel, personnalisation et sujet, objectivité et subjectivité sont des effets et non des finalités ; la seule finalité est structurelle. Il n’y a rien d’autre. Rien d’autre, à strictement parler, n’existe. Seul existe ce qui traverse (puisque la réalité, le réel est « ce qui devient, tout le reste étant épuisé et absorbé, dévoré) ; ce qui demeure est la structure.

Lorsque l’on a posé la pensée, grecque, le dieu, chrétien, le sujet cartésien (qui coure jusqu’à Hegel, Kant compte tenu, et s’est poursuivie par les grand sujets désespérés et perdus pour le monde, la vie, le moi, l’humain, il y en eut des tas), la tension était maintenue ; elle dirigeait les pas. Mais lorsque l’on a renié tout cela, se concentrant sur la version tronquée de la réalité à disposition de la seule science et du seul moi, la réalité s’est refermée sous nos pas, et nous sommes entrés dans un monde donné là clos (aussi complexe soit-il, il est clos et s’emplit de noirceurs). Le souffle n’y est plus et il ne possède plus la capacité de se re-renouveler. L’humain se dévore et les mois se déglutissent.

Ceci parce que la structure doit être relancée et réorganisée, qu’il doit se recomposer la trame architecturale, ce qui est impossible tant que l’on se conçoit selon le donné là d’une nature humaine fixiste. Or les sciences et les discours du moi, absentant le sujet ou l’ignorant (se prenant pour « soi » ou prenant la réalité comme donné-là inerte) n’obtiennent aucune perspective qui puisse entrainer le re-nouvellement.

Il faut remarquer en ceci que les sciences ne se disposent pas autrement que selon et par le sujet cartésien, mais l’absente ; elles pensent le monde comme donné là, leur objet comme figé, objet de sciences, et jamais n’entreprennent de le vouloir. De même le moi n’ayant aucun sujet (il ‘ignore) est soumis à l’objectalité comme les sciences à l’objectivité ; du moi on peut dire qu’il ne sait jamais où est sa conscience…

De sorte que le moi peut très bien être lui-même seulement l’objet sous une autre conscience (puisqu’il ne sait pas où est la sienne), c’est même ce qui arrive toujours.

Ce qui ne signifie pas qu’il y ait un moyen pour être la conscience que l’on est ; il n’y en a pas, aucun, jamais. Mais on peut savoir qu’on ne la possède pas. Ce qui change tout. Parce que dès lors elle n’appartient plus à rien ni à personne ni à quoi que ce soit. Ce qui est un tourment mais divin.

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Le mécanisme qui nous joue

1 Octobre 2014, 08:07am

Publié par pascal doyelle

Que ça n’a pas de sens, parce que "ça" est le sens.

Ce qui est apparu, par les grecs et les chrétiens, s’existe donc comme articulation au réel. Il est hors de question d’annuler ce qui s’est écrit comme raison ou rationalité, mais d’être saisi de ce qui a produit l’ensemble de l’acculturation (qui est une culturation hors sol, pour ainsi dire, à la fois la culturation universelle d’un monde unique fondé sur notre-être, unique en tout et partout, et une acculturation, la privation de toute culture localisée en un monde particulier humain, en une immédiateté donnée là, au profit de l’unique monde réel).

Il y eut une telle saisie antérieure à l’humain par Heidegger ; qui a su percevoir comme notre-être n’est pas le nôtre mais que nous lui appartenons, que nous en sommes les effets, qu’il est un décalage ontologique fondamental. Mais d’interpréter que cette dimension ontologique outrepassait l’humain, et la personnalisation, l’a fourvoyé dans une non rationalité, voir une irrationalité (bien que comme tout philosophe, il soit tenu de par sa structure même à rendre compte objectivement de l’établissement ontologique, que l’écriture l’astreigne à une exposition, une exhibition, une re-présentation de cet-être dans son « là », son lieu, le lieu ontologique qui se prédispose à accueillir notre-être).

Cela revient à dire que si ce qui apparait par les grecs et les chrétiens est la réflexivité, l’installation de la forme vide mais qui n’est pas rien, qui est en sa nature un être spécifique (la conscience-de débarrassée de tout contenu, qui ne se connait plus comme contenu mais se sait comme structure, qui se-sait), si ce qui apparait est la réflexivité, celle-ci n’est ni rationnelle ni irrationnelle ; raison et pensée sont des effets de sa potentialité, de même que l’humain et la personnalisation sont des effets, des résultats de l’articulation au réel, de notre-être.

Dénommer notre-être par un tiret, c’est à la fois avancer que c’est le nôtre et qu’il est existe en nous ou par nous (comme un être spécifique qui n'est pas "nous", il se-tient par le tiret). Mais ne nous ressemble pas. Pour la raison qu’il ne ressemble à rien. La réflexivité est ce qui a un rapport vide à (soi) ; un tel être est et n’est que ce rapport qui exclut tout les autres. Ce rapport supporte les sus dits effets, l’humain et la personnalisation, la pensée ou l’acculturation, etc, mais il est et n’est que le rapport à (soi). Le soi est entre parenthèses, puisque l’on ne sait pas ce qu’est ce (soi). On peut le nommer esprit ou âme ou sens ou sens de la vie, ou identité du moi, ou sujet au sens caricatural (qui n’a rein à voir avec son sens réel, qui est impossible), mais ce sera du remplissage de la formule vide de notre être.

Rappelons que « vide » signifie vide de contenus (aucun contenu n’est égal à son origine, n’est plus grand que sa cause), mais que ce vide est une structure, un être réel (qui ne parvient pas, ne peut pas s’écrire, se dire, se représenter ou se satisfaire en quoi que ce soit, et pour cela notre-être épuise toutes réalités, naturelles ou humains ou personnelles, le moi , de chacun, étant lui aussi travaillé, torturé par cet-être).

On peut supposer qu’il existe un contenu ou qu’il existe une « conscience » qui soit comblée. On peut même l’imaginer (en réalité on en peut que cela ; l’imaginer). Mais tout contenu imaginé est pris entre la conscience et "elle-même" ; or il n’y a pas de cet "elle-même", de seconde conscience qui double la première. Il n’est que la première. Ce mouvement revient sur le contenu ; en réalité il n’est qu’un seul départ, toujours le même, et le retour n’est jamais accompli ; aucun contenu ne se referme sur lui-même, la conscience traverse constamment tout contenu. Elle surgit dans la cervelle s’englobe d’un contenu, et croit ce contenu ; en réalité elle revient toujours identique et vide en son départ (qu’elle ne quitte, en vérité et en réalité, jamais). Elle est uniquement une source, qui tente de se supporter (au deux sens) en s’imaginant être.

Par « conscience » on entend habituellement un contenu (conscience morale, pensée, conscience de soi, et non de (soi), signification ou sens de la vie, etc, mais aussi un contenu subjectif ou objectif), mais c’est uniquement un mécanisme. Ce que l’on nomme sens, esprit, âme, etc, est seulement la même conscience supposée par devant elle-même, mais en réalité elle suppose et exclusivement du même point premier ; il n’y a qu’un. Ce qu’elle forme dans le retour vers ce point originel elle se le prête comme sens (d’une manière générale) mais il ne se substitue jamais à l’originel.

Et cette structure originelle est ce en quoi avance la philosophie.

Tout ce que l’on va se prêter comme sens (de manière générique et ce qui dénomme tout, littéralement, tout contenu, qui ne remonte jamais jusqu’à la structure) est imaginaire (ce qui veut dire reconstitué à partir de déterminations), mais le mouvement qui distribue et crée ou réoriente ces significations, est lui-même « ce qui est atteint » par la philosophie, soit donc le système formel tel que s’épurant au fur et à mesure de systèmes qui avancent non dans les contenus mais dans l’architecture du mouvement, le système formel est par la philosophie ce qui parvient à soutirer au fur et à mesure les indications qui supervisent toutes les significations, qui parvient à identifier que notre être est « ceci », un tel mouvement de structure (soit donc la conscience-de, forme vide, mécanisme, articulée au réel, qui la position toute autre sur quoi l'arc réflexe de la cervelle s'arcboute, la pure est simple position du réel unique).

La technique qu’est la philosophie, qui a maintenu rigoureusement son objectivité, est cela même qui expose, montre, décrit cette technologie inventée par la nature ou plutôt le donné-là, (et même le « là » de ce donné). La philosophie ne s’est jamais écartée de la prononciation la plus exacte possible au fur et à mesure de l’exploration qu’a entamée notre-être, cette étrangeté, ce rapport impossible et réel, l’exploration par cet-être, vide, de ce monde donné là.

De là que les explorations dernières paraissent à ce point étranges, étrangères, autres, tordues, difficiles, incompréhensibles, engageant sur des territoires non connus, effectuées par les grands sujets ; ceux qui prenant acquis le fait, l’os, le roc cartésien (ce que l'on nomme l'ontos), prolongent et réarticulent le sujet, impossible mais réel, ou le tentent ; depuis Descartes mais aussi depuis Stirner ou Nietzsche ou Heidegger ou Lacan, l’incompréhension règne puisque l’on est effectivement passé outre le barrière ; de même que les grecs ont outrepassé tout groupe-langage-monde immédiat. Cette étape du sujet est particulièrement horrifique ; parce que la structure est capable de dépecer et l’humain et le moi, la personne, son corps, son donné là.

Remarquons ceci ; ce que décrit Descartes ça n’est pas une idée, mais un être, il n’y a nul besoin d’être cartésien pour l’être … Descartes décrit un « être réel» qui s’existe en tout individu (et qui sera définitivement acté par la révolution unique, celle qui parcourt le monde universel, et acté par quantité d'expériences, d'empiries activistes d’éthiques, politiques, et plus encore esthétiques). C’est en ce sens là que la philosophie décrivant « ce qui arrive à l’humain » (au sortir de tous les mondes particuliers) est la réflexion, la discipline qui rend compte objectivement (ou hyper objectivement si l’on veut) de notre-être en état de marche (qui a cessé de relever des contenus et a commencé le système formel, de la vérité, de la liberté, de l’être-le-là).

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