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instants philosophie

Ethique de l'ontos - 1

4 Mars 2015, 16:33pm

Publié par pascal doyelle

Puisque les grecs ont découvert, dé-couvert, notre être, celui-ci n’est jamais abordé selon telle ou telle catégorisation mais puisqu’à chaque fois que l’on pense ou parle, on pense ou parle de lui, l’éthique est proprement la nature même de « cela que l’on est », et entame totalement tout le possible de cet être, de cette structure vide et formelle.

Si le sujet est la remontée dans la conscience en tant que structure vide ayant affaire uniquement à ses positons, vis à vis du réel, cad de l’être, tout aussi bien l’être cosmos des grecs ou l’être étendue cartésien, le donné là en tant que l’être est le là du donné (ce qui dans le donné est « là », étant le présent),

Le dit sujet étant purement activiste, consiste dans la mise au jour des positions ; la première est l’absolu du Un, le Un en tant qu’opératoire (et non le un adoré objet, contenu adoré super essentiel, qui n’a pas du tout lieu en philosophie, puisque la philosophie est activement ou n’est pas, elle est le Un qui opère, opère le réel), et cet Un est désigné ici comme le présent même.

Si le un est, il n’est pas de totalisation ; non seulement aucune totalisation qui serait un tout (et qui aurait un sens ou un ordre), mais une totalisation même limitée est relative ; un corps est un ensemble momentané.

De toutes les réalités, toutes dispersées au fondement, il n’est finalement qu’une assurance ; que chaque conscience soit Une, non parce qu’elle est essentielle ou super essentielle (elle ne recèle aucune substance ou unité en soi), mais parce qu’elle est conscience-de, ce qui veut dire rapport ; et qu’elle existe absolument uniquement dans son effort, son activité, sa tension ; et que ce rapport est rapport à (soi) et donc formel et donc seul absolument réel (rien ne peut dénier le rapport de rien avec rien , aucune composition ; si l’on se demande ce que l’inconscient ou la psychanalyse nous apportent, c’est face à et pour une conscience qu’existe un inconscient, ça n’est pas l’inconscient qui produit qu’il y ait une conscience, mais qu’il y ait une conscience qu’elle produit son inconscient, il ne faut pas inverser la réalité).

Il n’est donc aucune certitude de quoi que ce soit sinon le rapport vide formel ; le seul réel dont on soit totalement convaincu ne peut pas se dire, s’objectiver, se poser au devant de soi, puisque de soi il sera toujours antérieur.

Revenons sur la rétroaction ; la conscience-de se crée en retour, quel que soit l’énoncé, la dénomination (pierre, jacques), c’est le « je suis » du « un-tel » qui compte ; peu importe « qui » puisque ce « qui » n’a de réel que de dire « je » (ce qui ne suppose rien du tout). Autrement dit chaque conscience n’existe qu’en retour et donc pour cela est formelle, pure forme du retour ; il est clair que dans ce retour et quel que soit son nom dans le monde, c’est le rapport qui compte et vaut.

Peu importe le vécu, l’identité, le moi, le corps, le donné acquis ou non acquis, de toute manière « cela », cet être, n’est rien du tout sinon de se rapporter à (soi) ; un soi que l’on ne nomme absolument pas, puisqu’il n’est pas sinon le rapport que secondement voir secondairement il est, et c’est précisément d’être secondaire qu’il est plus grand que tout le reste (sinon il n’existerait que déterminé et composé).

Ce retour-sur est la technologie inventée par le donné, le donné là, le là du donné, comme outrepassement de ce qui est. Autrement dit il est inutile de chercher à rendre comme Un e Tout, à la fois, « ce qui est », parce que « ce qui est » est brisé déjà de fait et déjà autre que lui-même ; rien ni personne ne sait ce que le Un-en-plus, la structure du retour-sur, peut. Ou donc l’être est le potentiel, la potentialité, la puissance même ; le réel qui peut.

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Le moi, le sujet impossible et le corps-en-plus

3 Mars 2015, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Le sujet est complètement à l’arrache. Le sujet n’est évidemment pas la caricature que l’on a voulu prêter à Descartes ou au subjectif ou au romantisme, etc ; c’est une structure concrète et par concrète une structure réelle. C’est ce que décrit Sartre, le pour soi, très étrange ; ou l’être-le-là de Heidegger qui est censé chargé de l’Etre (celui au-delà des étants et qui n’est pas lui-même un super étant, ou donc n’est pas un contenu mais la forme qui contient les contenus et n’est pas elle-même un contenu).

Le sujet est ce qui tente de remonter la structure ; de remonter des contenus à « ce qui contient les contenus » (en réalité il ne contient pas les contenus mais les expulse) ; le sujet ne se crée que de ce mouvement impossible qui veut reprendre la structure laquelle surgit dans la cervelle, indépendamment de tout contenu et donc aucun contenu ne permettra d’en saisir l’architecture, l'archistructure ; mais la structure elle-même peut réaliser ce tour de force de ménager des passages au travers et par les contenus, tout tordus, qui conduisent au saisissement de cette structure-même ; pour cela il faut évidemment s’incarner, ou plus exactement s’incorporer le retour ; on ne comprend pas la philosophie sans philosopher, on n’adore pas une œuvre, une esthétique, sans s’y investir, s’y exister. Et que cela devienne corps. Plus ça devient corps, mieux c'est. (Et pour cela le summum du moi est l'état amoureux, il croit l'autre corps, et il ne peut pas avancer plus haut, loin, externe que cet amour, et même si il est beaucoup d'autres devenirs que le moi ignore, ceux du sujet, tous les sujets sont néanmoins toujours et rien que des mois).

Que par-dessus ce corps-çi il se surimpose un corps en plus, une image-idée ou une idée-image de ce même corps, là, bien concret, mais qui par son idée-image ou image-idée se rend capable de synthétiser, d’assimiler une plus grande ampleur que ce moi n’en est capable en ceci que le moi, tout moi, dans sa contenance même, est happé, finalisé par/vers son corps, oui, mais donné là, le corps inerte ontologiquement, qui simplement existe, vit, et dont les finalités propres absorbent toute la forme de conscience, en se faisant passer pour les finalités réelles et suffisantes ; toutes les intentionnalisations du moi aboutissent à se confondre par mille détours, (qui le rendent capable de langage, d’échanges, d’exercer une profession, d’assurer une personnalisation, etc,) mais mille détours qui reviennent au bout du compte à un corps, à un moi-corps.

Aussi l’autre voie est-elle de non pas annuler qu’il y ait un moi-corps, ce serait absurde, mais d’ajouter à cette finalisation vers la pesanteur du corps ici là, un autre corps ; celui qui est capable d’assurer une intentionnalisation qui s’échappe, qui puisse déployer sa propre mesure et démesure, qui acquiert sa dimension. C'est ce que éthique, esthétique ou politique ou idéel tentent de réaliser mais sous l'égide de l'universalisation, tandis que Rimbaud ou Nietzsche ou même Descartes imposent de réaliser autrement qu'universellement ; ils l'imposent singulièrement, on ne joue plus à penser comme "tous", mais à penser comme "uns". Le régime de l'être a complétement changé et rend plus réel encore l'universel.

Les anciennes figures, figurations de la dimension étaient pleinement réalisées par la pensée grecque, la réflexivité chrétienne et affiliés (notamment à partir du monothéisme, mais aussi des pensées étendues ou intensives en toutes civilisations), et assumé et assuré par Descartes et le sujet, le réflexif pur et simple et fondamental (et inimitable, non répétable), mais ensuite puisque l’universel et le sujet sont de fait lancés dans l’histoire, l’ampleur se réduit et aboutit à la définition de l’humain par la raison, la nature humaine et le moi.

Ou donc la réflexivité devient le retour sur elle-même de notre nature humaine et par quoi elle se régule, et non plus cette réflexivité grecque ou christique ou cartésienne (et ce jusqu’aux idéalistes allemands, et les Grands sujets fous ou délirants ou désarticulés ou existentiels ou ontologiques qui suivront jusqu'à Lacan), par raison-nature humaine-moi, ça n'est plus l’ampleur valant et ouvrant la dimension structurelle par laquelle on n’est plus objet ou objectif ou d’objectalité (par quoi les sciences ramènent les mois à leur capacité ; celle d’assumer leurs objets … ce qui est très bien mais absurde ; si un moi n'assume pas son objet de désir, il se dépièce, sa conscience possédée retourne dans le subjectivisme mortifère voir mortel)

Par l'ampleur, par laquelle dimension, chaque conscience assume, subsume, assure, porte, reporte sa potentialité même de tenter de devenir son être ; ce qui est impossible. Et c’est de cette impossibilité (en disant ; vous voyez bien que c'est impossible !) que l’on se va se rabattre sur une « nature humaine », un « moi » et une « raison » toute plate.

De ce que l’on ne sera plus en mesure de comprendre son identité selon un sujet, mais exclusivement limité à un moi, on deviendra fou ou dégradé ou idiot ; dans la limitation donné là qui ne comprend plus rien parce que les morceaux de réalité que le moi rencontre dans son existence, son vécu, sa vie, ne forment jamais un Un opératoire.

Non pas qu’il y ait un Un qui tel un super objet amènerait tout, mais bien un Un opératoire qui soit la possibilité de division, de division de quoi ? De l’intentionnalisation ; par quoi l’intentionnalisation étant bien trop à l’étroit dans le monde, le donné, l’humain ou le moi, peut enfin se diversifier, se déployer, et donc créer ses distinctions ; celles là même qu’autorisent, que permettent la pensée grecque, la réflexivité intense chrétienne et affiliée, le réflexif pur et simple cartésien et grands sujets ; que l’intentionnalisation ne soit plus abaissée dans et vers les finalités pauvres, mais qu’il lui soit possible de se démultiplier par le devant et par le haut.

Il faut noter, quand même, que la définition de notre réel comme étant la nature humaine, le moi et la raison, cela équivaut à être pensé. Etre pensé par les autres. Ce qui revient à ces théories qui sont pensées à partir du sujet (puisque de toute manière tout le monde, tous et tout, est pensé à partir du sujet cartésien, qui non pas invente ce sujet mais le montre, l’expose, et qui décrivant un être effectivement réel est de toute façon incontournable), mais du sujet ignoré ou absenté ou nié ; la science absente le sujet, le moi ignore le sujet qu’il est, la critique tue le sujet en le recouvrant par son guano. C’est au nom du sujet absenté ou ignoré ou nié, que l’on rabat le sujet réel (puisque l’on ne peut pas évacuer le sujet, sa structure, cet être dans le réel) vers son donné, auquel il ne correspond pas.

Puisque rien ne lui correspond.

Ça n’est pas que l’on veuille établir une correspondance avec une autre sorte de détermination, surnaturelle ou idéelle, etc, qui empruntent toutes aux contenus, à tel ou tel contenu toujours quelconque (tous les contenus sont quelconques en comparaison de la structure qui les contient), quelconque voir grotesque. Non, le rapport à (soi) qu’est le sujet ne correspond à rien, pas même donc à (soi), et de la sorte est libre (si il correspondait à un contenu ou à un « soi » il ne le serait pas). Figurons cela par ceci ; il est une simple source qui surgit de la cervelle, un arc de cercle vide vers le réel et qui passe outre tous les contenus (et tous les groupes-langage-monde, et toutes les personnalisations-corps), et instrumente l’horizon au bout de toutes les étendues du monde, bref sur le bord.

Le bord externe donc, qui se situe au-delà des horizons dans le monde-étendue (ou les mondes divers si il est quantité d’univers), mais aussi le bord interne ; interne en tant que toute structure de conscience (vide) est ce bord lui-même et la source penchée sur le présent ici-et-maintenant constant.

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