Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
instants philosophie

Mesure et démesure dans l’exister

29 Avril 2015, 11:20am

Publié par pascal doyelle

Interruption de la réalité par le réel

Notre-être n’est pas le nôtre ; c’est un rapport instancié vers le réel, que ce rapport obtient par pur positionnement (le réel est figuré comme autre, comme radicalité, comme ayant en lui-même sa propre dynamique, laquelle nous est non connue et que l’on ne peut pas résoudre par une pensée, une idée, un système).

Ce rapport est dénommé « conscience » étant entendu que toute conscience est conscience-de, rapport au réel, et dans ce rapport au réel (qui est non nommable) rapport au donné là. Les grecs rendent possible que le monde soit cosmos, ou soit le monde unique universel, par le biais du réel posé, à savoir l’être. Le positionnement du réel, de l’être, crée en son mouvement le donné-là, le monde, le cosmos, par le "là" du donné. Étonnement.

Ce rapport vaut en et pour lui-même, mais d’une manière qui n’est pas celle habituellement apprise ; ce rapport est un pur et simple rapport ; il est un arc réflexe qui se crée dans la cervelle, vers le réel et donc arc réflexe arcbouté au réel. Il est ce pur mouvement et n’est rien de concret, de substantiel, cela va sans dire, mais n’est pas non plus la raison ou le conscient ou une figuration, ce rapport est tel que l’esprit et le moi, la personne en sont seulement effets.

Autrement dit la conscience-de en chacun est la conscience du réel.

Ceci définit chacun comme un simple point, posé sur le réel (posé puisqu’il en est distinct, en est le « regard », le regard n’est pas le regardé, il est structurellement une Distance entre la conscience-de que l’on a du réel et le réel lui-même, ce décalage est structurellement relatif à un être et non pas par exemple un effet de langage, le langage est afin de se rapporter au donné-là, et est pris lui-même dans le rapport intentionnalisateur vers la réalité, le donné-là et vers le réel, l’effectivement « là », le « là » du donné).

Il est hors de question d’écraser ces points de conscience par une seule loi, un seul universel ; ou donc l’universel est un moyen de chacun de ces points pour se soulever du sol ; la finalité n’est pas d’assujettir chaque point de conscience mais de rendre ces points un par un à eux-mêmes ; c’est en cela que civiliser et humaniser, mais plus encore personnaliser et rendre à lui-même chacun, est extrêmement couteux en énergies, en ressources, en techniques et technologies, y compris les technologies de conscience (que sont la pensée, le dieu/christ, le sujet, etc). Mais c'est en cela par ailleurs que l’acculturation de chaque point de conscience est tout autre chose que l’assujettissent à un universel (le communisme en fit les frais, qui n'admet qu'un homme générique, cad une vérité ; ça n'est pas une vérité que l'on a créé mais l’architecture formelle de toutes les conditions, de vérité, de liberté, de conscience-de, de moi, etc, ainsi le moi qui se miroite et se cherche au travers de toutes les mass-médiatisations, qui excède le simple universel, qui cherchent le corps du moi, le corps capable de supporter la structure de).

Posé sur le réel, sur l’être au sens où depuis Descartes l’être est la surface étendue là-devant, (pour nous l’univers ou les multi-univers si l’on préfère), ce point est articulé vers le « là » du donné (le réel, l’être) et le donné-là ; et ce via le corps.

Ça n’est pas le corps tel que donné, vécu, reçu, mais c’est la surface-corps en rapport à la surface là-au-devant du monde ; l’activité de conscience crée, dans l’actualité et le présent, l’instanciation, la position de son être et à chaque fois recommence de zéro et lance à nouveau les dès.

Ce qui va contre toute notre expérience et c’est pour cette raison que l’on renvoie habituellement la philosophie à son « abstraction » ; pour un moi n’existe que son vécu, son identité, son projet, son désir, ses objets, toutes choses connues et apprivoisées. Mais pour la conscience rien n’est jamais joué, tout se rejoue à chaque fois, parce que toute conscience-de est rupture incessante et interruption de la réalité, du monde, du donné là, par le « là » du donné, le réel et l’être.

C’est à la pensée de cette interruption que s’attache la philosophie ; tout système est l’interruption du donné là au nom du « là » du donné ; le « là » du donné est positionné par la seule conscience-de (puisque tout le reste consiste à rétribuer une partie du donné par une autre, le désir par son objet, la raison par son objectivité, le moi par son identité et son identité par son corps, etc).

La pensée, dieu ou le sujet formulent l’interruption de la réalité et sous la forme de la révolution du dedans mais révolution du dedans de cette dimension qui se dresse comme rupture de la réalité donnée là.

Donné-là et « là » du donné, un seul mouvement

La réalité donnée là n’apparait elle-même que par surajout du « là » du donné, du réel, de l’être ; c’est tout unanimement qu’il est (par les grecs) un donné là et un « là » du donné. De même qu’il y aura une vie avant et après la rupture du christ ; qui nous renvoie naissance et mort via l’au-delà (il doit présenter de fait un au-delà puisqu’il nous expulse du couple naissance-mort, du corps donné là, qu’il expose nu et crucifié, sans rien, support de notre regard ou vision). De même il est un avant et après Descartes (qu’on l’admette ou non, on en discute et on en part). Ou un avant et après la Révolution, la révolution unique qui n’en a pas fini avec nous.

Se dresse donc le mur de la dimension qui interrompt tout monde, qui renouvelle toute conscience en cessant de la planifier dans le monde, le donné, le vécu, le perçu, le corps (et tout le reste, langage, groupe, monde particulier, etc).

Cette interruption est aussi celle à partir de laquelle veulent reconvertir le regard les objectivismes et les objectalités (le plus grand objet du désir, celui amoureux, est censé renouvelé radicalement la vie du moi, le cherche dans son identité ; c’est cela qu’il en attend) mais pour renouveler le regard, il faut s’y prendre très en amont et les objectivismes et objectalités s’y prennent très en aval ; il faut remonter vers la source, la structure antérieure pour réapprendre l’articulation non visible de la conscience-de et du réel, de la pensée et de l’être, du corps donné et du corps renouvelé (christianisme et par ailleurs, cad autrement, monothéismes), le sujet qui regarde et le regardé, l’étendue (Descartes).

C’est la remontée vers la source de structure qui arrache Rimbaud au donné là de son vécu, et lui offre la possibilité d’un voyage en enfers (qui récapitule toute son humanisation et sa personnalisation) et d’une vision de tous les au-delà, en illuminations. C’est la remontée qui livre les existentiels au donné-là absurde et leur expose leur être nu et sans rien de pur regard vide d’un réel vide mais formellement lié à leur être propre. C’est la remontée qui permet au moi, à l’identité que l’on croit être, de se décomposer l’inconscient et de retracer les pistes de l’intériorité tout à fait corporelle et matérialiste et organiciste que fut sa surface du corps.

Ce que travaille la structure c’est non seulement le réel, le « là » du monde, l’être, mais c’est du même mouvement le monde, le corps, le vécu, l’objectivité, la perception, la sensation, l’expérimentation du donné-là ; parce que la structure de conscience-de est l’attachement à « ce qui se passe effectivement ».

Mais les critères de l’aval ne sont pas tout à fait les critères de l’amont. On ne parvient jamais à la source puisque celle-ci est formelle et que n’existe à proprement parler que la détermination. Mais comme vu on ne saisit la détermination que dans l’entrelacs de la structure, et c’est la structure qui en vient à se considérer et par force par la raison, le naturalisme, le moi, le donné expliquant le donné, tandis qu’antérieurement il y eut toutes les technologies structurelles de la pensé, de dieu et du christ, du sujet en lesquelles l’objectivisme vient absenter le sujet (n’existent que les objets pour une conscience devenue autre à elle-même, s’employant à non exister, à se transformer en regard abstrait sur le regardé ou comme "étant regardé", ce qui n’est pas sans rappeler les atermoiements du moi vis-à-vis de son objet de désirs), le moi va l’ignorer (il ne sait pas ou plus qu’il se tient d’un sujet, qui effectivement n’est pas, mais dont la structure est justement de « ne pas être » et c’est pour cela qu’il existe encore plus) et les théories (ontologies directes et philosophie à l’imitation de la science) vont nier le sujet.

Ce « ne pas être » qui condamne le sujet pour la raison, le naturalisme et le moi, montre bien de quoi il est question ; la pensée, grecque et chrétienne, le sujet, méta et grands sujets, tout ce dont le moi et l’humanisation en cours sont négateurs étaient non des illusions mais les structures agissantes qui permettaient de montrer, de tenter de passer le non visible dans le visible. La structure non visible est précisément celle qui voit ; le regard qui ne s’efface pas dans le regardé (parce que lorsque cela se réalise, que le regardé écrase le regard, toute conscience commence d’être théorisée ou étatisée par une autre conscience qui se cache, qui ne se dévoile pas, qui n’annonce pas qu’elle est un regard ; on impose aux consciences une connaissance proclamée identique au regardé lui-même, et elle-même « sans regard aucun », purement abstraite).

Pour toute conscience il est donc une historicité complète de recours, de médiations, de possibilités ; le recouvrement, l’étouffement de cette historicité, sa négligence, entraine l’effondrement de toute conscience dans le donné là qui, n’étant plus supporté par le « là » du donné, devient ipso facto le donné immédiat, la composition guettée par la décomposition, la dégradation s’amplifiant de ce que malgré tout le sujet s’y recherche et ayant perdu son repérage de structure envenime et accélère l’immédiatisation ; qui est littéralement ce qu’elle veut dire ; la non-médiatisation, le repli sur l’immédiat. Ce qui affecte dangereusement les mois.

Par contre il est clair que toutes les déconstructions que l’on voudra, les ontologies directes, de la multiplicité par ex, ou les philosophies qui se dérivent de la science, les maths par ex, sont passionnantes ; parce que même alors et aussi "antiphilosophiques" soient-elles, elles effectuent de toute manière la même forme… c’est la structure qui veut dépouiller, dénuder, découper, séparer tout ce qu’elle rencontre sur sa trajectoire ; la structure est le Un agissant, « celui qui découpe » puisqu’en tant que Un, il est assuré de soi (il n’a aucunement besoin d’être le tout, il totalise constamment des mondes, des systèmes, des théories, des objectivismes et des mois en quantité).

Ou donc, Platon ou Descartes ou Hegel ne sont critiquables que de l’extérieur naturaliste. Du dedans ils usent du Un afin de produire des découpes, des découpes intentionnalisatrices d’autant plus performantes qu’elles se tirent du Un, de l’Idée, de l’esprit ou du sujet. Plus on pousse à l’extrême le Un (et il ne faut pas craindre parce que le Un est non épuisable), plus on engendre. Les grandes articulations sont infiniment ou indéfiniment engendrées.

La vérité sur le moi, la raison ou les théories (celles qui se veulent antiphilosophiques et nient) ce n’est pas qu’elles révolutionnent … elles poursuivent au contraire selon la même structure (il n’y en a qu’une de toute manière, de même qu’il n’est qu’une seule sorte d’être de l’humain, qui ne nie en aucune manière la diversité des groupes, langages et mondes particuliers, une structure qui existe par-dessous ces différences, et même par-dessous les corps et les vécus de tous ces mois divers et vairés, qui fonde et non pas nie la diversité ; ce qui serait absurde ; le un engendre, sauf si il est non-dit et pris-dans le regard non annoncé d’une conscience-autre qui ne se dit pas telle …), la vérité sur tout cela n’est pas sans ambigüité ; sans doute aucune la raison, le naturalisme et le moi veulent plus de précisons et plus de matérialisations, de réalisations, de réal-isations, mais en même temps c’est une soif sans mesure, non qu’il ne soit pas permis d’être démesurément, mais il est fou, délirant de ne pas être sa propre mesure.

Ça n’est pas de vouloir absolument qui est annihilateur, c’est que ce vouloir se perde lui-même de vue. La différence est que l’auto mesure du vouloir (ou pour nous de l’intentionnalisation) crée, produit, invente et garde son ampleur, tandis que la démesure de soiffards se perd dans l’inanité (pour nous dans l’immédiateté, elle n’est plus à elle-même la possibilité de sa propre médiation).

L’absence de médiation vient de ceci ; qu’elle se fonde sur le saisir, tandis que la mesure interne à la démesure réelle sait qu’elle est, passivement, saisie par de plus grandes articulations. Que donc notre être n’est pas le nôtre. Il est cet-être qui nous traverse, le Un qui découpe certes, mais qui est le Un, ce qui veut dire assuré bien au-delà de notre atteinte.

Voir les commentaires

La ligne de séparation du réel

26 Avril 2015, 09:29am

Publié par pascal doyelle

Ce qui est arrivé à l’humain, soit donc la passation des mondes clos au monde ouvert, n’est pas du tout une danse fluide et spontanée. C’est un choc, un heurt absolu, une rupture définitive.

On a cru pouvoir transiger en s’imaginant que la structure réelle qui nous est tombée dessus s’accordait avec le monde sous les formulations de la pensée, de dieu ou du sujet.

Mais d’abord si l’on y regarde de près, la pensée, dieu et le sujet sont eux-mêmes des configurations de déflagration ; ni la pensée, ni dieu et le christ, ni le sujet ne nous ont laissé tranquilles, bien enrobés dans tel ou tel cocon. Ces trois configurations furent en leur temps, en leur moment, d’effarantes révolutions, et il fallut inventer et enchevêtrer les créations pour combler, satisfaire à ces articulations gigantesques.

C’est que laissés à nous-mêmes nous nous enroulons dans le contenu, le contenu de conscience ; alors que c’est la conscience et ce comme structure (et non comme produisant un sens en son dedans) qui mène le jeu. C’est l’articulation au réel qui pousse notre réalité, et c’est la dite réalité humaine qui renâcle et s’use à suivre le rythme.

La pensée, dieu et le christ, le sujet sont des configurations de la structure de conscience qui vaut en et par elle-même, au point que la pensée, dieu/le christ, le sujet n’apparaissent que d’être voulus, investis, ressuscités du dedans de la structure qu’ils mettent en œuvre. C’est de les intentionnaliser qui les crée ou recrée. Mais si par ailleurs grecs, monothéismes et chrétiens, sujets et méta-sujets, offrent le surgissement de la structure de conscience en tant que celle-ci est cet-être qui nous anime, il devient fondamental de se saisir des fulgurations que, par leur puissance, la pensée, le dieu et le christ, le sujet saisissent.

Le pari est ici que les figurations que l’on distinguera des configurations (pensée, dieu-le christ, le sujet) les remplacent respectivement comme raison, naturalité et moi se tiennent encore de la triangulation antérieure et que ce qui agit par la raison, nature et moi ce sont la pensée, dieu-le christ, le sujet. Et comme on n’admet pas la pensée, dieu et le christ et le sujet tels quels (on ne peut pas revenir aux configurations passées), on nomme cette triangulation comme « technologies ».

La finalité est de soulever ce qui est en jeu dans les découvertes premières de ce surgissement de notre-être, de cet-être étrange, et ceci en-dehors au moins descriptivement des compréhensions, des manifestations, des représentations que cet-être a poussé au-devant de lui-même et on transposera donc la pensée, dieu-le christ et le sujet, comme technologies.

Parce que tous nous sommes des mois et qu'il faut élaborer la pensée, dieu-le christ, le sujet comme technologies ; le moi est la formulation essentielle et ce d’autant plus qu’il poursuit l’humanisation en la basculant dans la personnalisation (personne n’aurait envie de continuer l’humanisation sans qu’il y soit appelé lui, tel quel, en tant que personne concernée, et d’autre part l’humanisation fondée sur l’universel, ne peut pas prendre en charge ce dont le moi s’investit … c’est aussi technologiquement que le moi est le moyen de prendre ce corps, de le créer, de le présenter, d’assumer qu’il y ait une structure de conscience « dans un corps », ce qui est tout sauf évident, c’est une performativité, une concrétion, une extrême complication, et plus que cela, dont les mois font forcément les frais ).

Il s’agit donc de technologies parce que l’on prend le principe que le regard sur le donné est hors du donné ; la réflexivité n’est pas la réflexion de cette nature humaine sur elle-même. La réflexivité est en elle-même radicalement une structure, séparée de tout donné, de toute détermination, de toute expérience, de toute représentation et pour cela même si pensée, dieu et christ, sujet, sont des configurations, ce ne sont que des manifestations ; la structure en elle-même ne se manifeste pas, elle ne le peut pas, elle ne peut pas se traduire dans la réalité, elle doit se « contenter », se parfaire afin d’approcher, de déployer son être réel, sa dimension, qui n’est pas dans le monde mais sur le bord du monde (c’est pour cela que l’on pose la dimension réelle comme étant le bord du monde ; le bord du monde fait partie du monde, l’immanence est totale sauf qu’elle a un Bord et par bord il faut entendre simple ligne, limite à la fois externe et interne, en des conditions spécifiques évidemment qu’il faudra expliciter).

Ce qui ne peut pas et ne pourra jamais transcrire son être dans le monde, doit donc développer son énoncé, en propre, sur la limite du monde, du donné, du vécu, du corps, de l’humanisation, etc. C’est la poursuite de cette limite que produit la philosophie (qui a pris en charge le changement anthropologique non en le créant (il existe en lui-même, ce changement tout alentour de la méditerranée) mais en le décrivant et ce faisant il l’accélère plus ou moins et parfois plus que moins, la philosophie est la discipline qui nomme « ce qui arrive » à l’humain).

Autrement dit la limite n’est pas entre une intériorité et une extériorité ; tout est extériorisé, mais la ligne de cette extériorité existe et vaut en elle-même ; c’est donc en usant d’une certaine manière, et d'une manière certaine, de l’extériorité pour, à partir du donné-là, du monde, du corps, remonter vers la ligne.C’est une pure mésinterprétation qui comprend ces configurations de la pensée grecque, du dieu-le christ, du sujet, comme chosifiant la ligne du bord du monde, alors que partout pensée, dieu et le christ, le sujet sont des lignes passantes qui renvoient, toutes, vers le monde et qui, chaque fois, révolutionnent.

Mais, disions-nous, le moi, que nous sommes tous, et ceci universellement, ne se satisfait pas des configurations, de la triangulation, parce qu’il ne saisit, et à juste titre, que le résultat, le concret ou la concrétisation, la matérialisation ; il ne perçoit plus ce qu’il est originellement, puisque, pour le moi, l’origine est le donné expliquant le donné, le corps expliquant le corps, la psychologie expliquant la psychologie, l’économisme l’économisme, etc.

Sans en revenir à un originel qui se prendrait pour plus essentialiste que d’être le Bord, il faut par contre s’avancer sur le bord, la limite, la ligne du monde, mais qui est tout aussi bien et pour son compte également la ligne de séparation de notre réalité humaine en tant qu’elle est cet-être de conscience qui s’actualise et en tant que Une nous distingue et pousse aux distinctions, aux idées, cad aux rapports clairs et distincts, qui créent des « idées », des intentionnalisations, qui passent par le corps ; le corps fait office de séparé en étant hors-de-lui-même.Et il est hors de lui-même puisque la conscience-de est rapport au réel qui sort de la cervelle, elle est la reprise du corps, soulevé.

Voir les commentaires

La considération d’exister et la grâce

23 Avril 2015, 10:51am

Publié par pascal doyelle

De la liberté antérieure d’exister

La liberté ne consiste pas dans le cloisonnement tout à fait étrange qui imagine le choix entre oui et non, blanc ou noir, A ou B, à installer un hésitation entre deux options, mais d’abord à prendre tel problème qui nous confronterait à un tel choix et à le reformuler, modifiant les conditions même d’exercice de la décisions, qui de ce fait ne laisse plus tenir la liberté dans une « décision » mais plus encore non pas à se soumettre à tel ou tel problème mais le libre permet de créer, produire, inventer de nouveaux problèmes, non rencontrables dans la réalité donnée, et ouvrant tout à fait totalement à d’autres réalités. Et enfin la liberté n’est pas une décision parce qu’elle est de l’ordre de la grâce, de cette technologie puissante que le christianisme a inventé.

Autrement dit, il est une incompréhension classique de la liberté qui soumise à la pensée qu’elle prendra bientôt pour la raison, ne peut imaginer que notre être libre n’est pas de s’affadir dans une conformité à l’universel, et que la pensée n’est pas le reflet de la nature, du donné, mais que la liberté est d’invention. Descartes délimite explicitement que la Méthode est la méthode pour inventer la conscience que l’on n’a pas encore… bien qu’il n’aperçoive pas évidemment (on ne peut pas tout en une fois) toute la portée de sa performance ontologique, quoii que ... Or que la liberté soit d’invention nous est beaucoup facilement appréhendable puisque c’est ce que nous accomplissons constamment ; non seulement comme inventions d’acculturations en tous sens, mais d’inventions technologiques ou idéelles, ou politiques ou éthiques, etc. Pareillement les mois s’inventent et sont dans la logique existentielle de se produire eux-mêmes un minimum, un tant soit peu, et que l’on est un moi uniquement de se sortir du mauvais pas natif, si l’on y parvient jamais.

« Notre seigneur nous apprend par ces paroles combien l’homme est de noble naissance par sa nature et combien est divin ce à quoi il peut arriver par la grâce » Maitre Eckhart

Ceci illustrant le problème de la grâce, seule justificatrice par dieu, et donc apparemment inaccessible à nos œuvres ; on ne peut pas provoquer la grâce qui est issue de la décision de dieu seul. Mais prévisualisant parfaitement ce qui, du libre pur, est agissant. Parce que bien que nous devions y « arriver » par notre effort, ce sera « par la grâce » ; ce qui est absurde. De même que l’on « est divin » mais sans l’être déjà, encore, jamais, sinon d’y tenter par autre chose que les œuvres et qui est comme une prédisposition intérieure qui permettra éventuellement que la grâce s’y obtienne ou nous tombe dessus. Descartes en est au fait puisqu'il prévoit même que dieu puisse connaitre notre libre décision.

Tout cela est proprement absurde, mais confondant.

C’est que la liberté même, en soi, interne, structurelle, ne s’acquiert que via un détour invraisemblable et pas du tout certain et sans effet apparent immédiat et que c’est autre chose qui est en jeu. La prédisposition est littéralement pré-disposition. Et on ne sait pas, en aucune manière, comment s’y prendre ; ce qui veut dire que la liberté est à ce point précise et réelle qu’elle ne se saisit de soi que d’être saisie dans le moment de la réalisation, à condition que cette réalisation soit pré-disposée antérieurement.

Cela revient à ceci ; il faut obtenir une idée-image de soi, alors peut-être seulement « cela » arrivera. Une idée-image hors temps, qui occupe tout l’espace et tout le temps d’un vécu, ou plus exactement qui n’a rien à voir avec le temps et l’espace, la détermination et le moi, mais peut-être avec le corps … ce qui est très étrange et nous renvoie de fait à Eckhart, au corps du christ (que l’on y croit ou non, ça n’est absolument de cela dont il est question ; il se peut que le christianisme soit une révélation ou qu’il soit une hyper technologie, qui fait suite à l’archi technologie des grecs et précède la méta de Descartes et compagnie). Et qui pose la question ; qu’est-ce que c’est que ce corps ?

Et ça n’est pas un hasard puisque tout moi, toute personnalisation humaine, s’interpose en l’interrogation de son corps existant. Le moi est une telle interposition, interface entre le corps et le corps, le moi est cette interface. Il est une ligne de partage interne et recélée, et qui communique sans doute aucun par le sujet de l’inconscient mais aussi dont la ligne de scission remonte très loin dans l’historicité, dans la logique de ce déploiement structurel. Le moi est ici même ce qui pense, grec, ce qui s’intensifie, par dieu et le christ, ce qui se relance en interne par la réflexivité cartésienne, et est ce qui se matérialise, se rend matériellement incarné ou si l’on préfère s’incorpore tels les mois et ce dans l’humanisation généralisé et son empire de raison, de naturalisme (le moi est déjà autre chose dans l’humanisation que l’humanisation seule … le moi, chacun des mois est très bizarre et bizarrement organisé).

L’idée-image est renvoyée tellement dans le lointain structurel, mais c’est de la préciser selon son inaccessibilité qui prédispose ou non, ou plus ou moins ; plus elle s’exile lointainement plus forcément elle est libre et s’exile et se fait face, et plus elle se saisit non pas des grosses identités que l’on agite constamment de son moi, mais se saisit cette idée-image hors temps, plus elle est précisée sur des détails, des signes, des limites ou illimites, des schémas ou des diagrammes ; son élancement externe, c’est cela qui l’ex-siste. Elle rejoint par là les prédispositions tout à fait non temporelles et hors de ce que du vécu on attend.

C’est quand même ce que, par en dessous, signifie Descartes. Il prend bien son temps d’expatrier son être et de revenir toujours incessamment de « tout là bas », lointainement, et si il prend de se tirer de dieu, on imagine bien qu’il prend également de se tirer de son corps insituable, de l’étendue à perte de vue, de la décision abrupte de dieu d’être ou de ne pas être, et qu’il dé-couvre le roc ontologique, l’affleurement de l’ontos, la présence de la structure qui tout en ayant le choix d’être ou non, se conformera de fait à la radicalité, au radicalisme de son activisme, et que « exister » suit impérativement la décision d’exister parce que c’est le Même. Ressource de la grâce.

De sorte qu’il n’est aucune contradiction bien que ce soit incompréhensible. Descartes, ou les grecs lorsqu’ils tiennent absolument à la pensée du cosmos : ayant acquis la racine (cela antérieurement à quoi il n’est rien et qui ne peut pas se relativiser, mais qui est pour lui-même néanmoins relatif … à soi, en quoi consiste l’absurdité de l’astuce, de l’illogicité parfaite).

La vérité est qu’il ne faut pas redescendre et commencer de choisir selon le donné, la détermination et la concrétion de la réalité ; parce que cela indispose. L’indisposition est l’impossibilité de revenir au Même, soit donc à la structure, la difficulté de naitre une seconde fois, une seconde fois constante. Parce que la structure est le seul recours, la médiation radicale, à la racine ; ce par quoi on ne dispose pas dans le monde, mais se prédispose selon le choix de la préexistence.

Ce qui peut paraitre bien éthéré. Mais c’est du mouvement épuisant de la structure antérieure que l’on est que l’on se pousse ou non ou plus ou moins ou comme çi ou comme ça à être. Il y eut un moment, caché, de décision d’être et acceptant ou non d’être, d’être comme-çi ou comme-ça … ce qui n’est pas un sens caché, mais une manière d’admettre l’exister. D’aucuns regrettent infiniment d’exister. C’est bien ce qu’essaie de traduire Nietzsche, mais il relève lui-même de toute la tradition qui est nôtre, ces moments de préexistence foisonnent dans notre pensée partagée.

Il revient à notre-être de s’envoyer en l’air antérieurement au donné, au monde, au vécu, antérieurement à la nature, à la raison et au moi, mais aussi antérieurement à la pensée, à dieu et au sujet. La pensée, dieu et le sujet sont là afin d’expatrier l’être selon … le Un, mais la pensée, dieu ou le sujet renvoient à la décision interne, n'existent pas sans vous. C’est le Un qui préconditionne et en ceci que le Un n’est pas, est impossible et pour cette raison il sera. Si Descartes pro-pose au-devant de lui-même dans la suspension intentionnelle de son être, ramené enfin à la structure antérieure à la pensée, s’il propose la générosité, c’est le principe antérieur à l’existence qu’il se choisit. Mais l’on n’est pas obligé de se fixer sur un mot, la réalité est que dans le vécu on choisit, invente, crée, une pré-existence bien enfouie quelque part, qui servira sans cesse de repère et de repaire pour notre être de structure ; ce par quoi il reste ouvert à sa propre dimension, n’est pas absorbé par le donné, le vécu, le quelconque, de même que depuis le début la pensée des grecs, le christ des chrétiens, le sujet cartésien, de même donc que tout sujet se-sait.

Le se-savoir est non exprimé (mais est « ce qui est recherché », l’articulation activiste qui nous pousse, ce que tente d'isoler la philosophie) ; il est un geste antérieur au vécu ; ce par quoi le vécu ne fera pas ce qu’il veut de nous, ce par quoi on résistera et s’opposera, on contournera, ce par quoi on ajoutera au vécu, venu on ne sait de où, lieu insituable, qu’il ne faut pas avouer parce qu’alors cette dimension tomberait dans le monde (de toute façon on ne peut pas l’avouer, mais par ailleurs on peut le livrer au monde… on risque constamment de tomber) Cette réserve antérieure est imprescriptible et doit être examinée dans le silence, la nuit, le recueillement, la tentation, la possibilité cachée, et quantité d’autres antériorités à être. Et ce retrait qui n’entre pas dans le monde, si il le veut, peut se travailler, se parfaire, se creuser, se torturer.

La conscience-de que l’on est, n’est pas le conscient, et ne peut pas s’épuiser dans le monde, la vie, le corps, ni même dans ces figurations ou configurations infiniment précises que sont la pensé, le dieu-christ ou le sujet ; la conscience-de, qui est seulement le rapport-à (à quoi que ce soit, et pour lequel tout le reste défile sous les yeux) existe évidemment pour elle-même ; elle est conscience d’être en capacité de conscience, de tisser des rapports et qu’aucun en particulier n’épuise, ni ne remonte dans cette structure. Si rien du monde ne peut l’atteindre (puisque cette structure ne s’atteint pas elle-même, elle surgit dans/vers le réel, hors de la cervelle), il est néanmoins possible, comme la grâce, de remodeler l’aperception que l’on en a.

On en est à la fois l’effet, et quelque peu d'un certain biais inaudible, la cause secrète, mais rien qu’un peu, et le peu qui dépend de nous c’est pourtant cela qui l’oriente ou la désoriente, à condition que l’on en soit saisi, passivement, (et c'est un lourd travail ou une soudaine surprise) en être saisi et non pas la tenir en dépendance ; elle ne dépend de rien, pas même d'elle-même puisque non composée, n'ayant pas de parties pour faire pression sur elle-même, elle est une surface unilatérale, tournée d'un seul côté. C’est pour cela que la grâce est à la fois selon notre effort et pourtant existe en elle-même parfaitement libre (de vous tomber dessus, mais on y reviendra).

La reconsidération de cela qui n’a pas de représentation est apparemment impossible, et c’est impossible effectivement… Mais pourtant ça est, ça existe, et ça devient. Il est possible de naviguer dans le retrait antérieur à tout monde, de pousser à être cette structure, d’orienter ou de réorienter cet être séparé de tout. Chacun, toute conscience a retenu un ou deux mots, quelque règle invraisemblable, un geste, une position du corps, une échancrure dans l’immanence du donné là. Mais pourtant il arrive que l’on abaisse le degré de possibilité de la technologie interne de la structure que l’on est, que l’on éloigne la possibilité de la grâce.

Il est évident qu’elle prît différentes mais aussi d’étranges formulations. La nausée de Sartre ou le soleil de Camus, c’est à ce moment là de l’historicité humaine et quelques-uns nomment soudainement cette instanciation comme existence, existence du réel, mais la grâce, le saisissement impossible, impensable, inépuisable de la structure fut bien tournée d’astuces et des ruses soudaines de l’atteinte dans et de la structure vers le réel. La structure n’a pas, aucun visage, aussi interfère-t-elle selon son interruption imprévisible. Elle est la racine qui apparait ici ou là, qui perce ou disperse le sol, l’étendue.

Puisque les grecs, puis les chrétiens, et la suite, prennent fait de la structure de tout être humain, de toute humanisation, de toute représentation, de tout aperception du corps, l’éthique est aussi la politique, la politique l’esthétique et l’esthétique l’idéel, et la réflexion qu’est la philosophie sur la réflexivité en actes (en de multiples actes qui se déploient partout dès lors) est aussi tout cela ; l’évidence interne de la structure se parcourt et renvoie au Un de son activisme. Il n’est qu’une seule structure préalable et les mondes se déploient, jusqu’à ce qu’elle-même, en personne, prenne le pas, se sache et se connaisse.

C’est ce qui est arrivé à l’humain ; la structure de conscience s’est saisie elle-même et a commencé de produire sa dimension propre (comme pensée et sur-intentionnalisation grecque, comme dieu et christ et hyper-intentionnalisation, cad intensité, comme réflexion méta de la réflexivité sur elle-même comme Descartes, Kant ou Hegel, puis creusant plus loin encore parmi les grands sujets, et finalement cherchant à se matérialiser selon les mois, soit donc la formule universelle de l’existence humaine) . Et comme dit, depuis le début cela a affaire avec l’être, le réel. Ou, comme le révèle le christ, « c’est déjà commencé ».

Il faut parfois prendre au pied de la lettre ce qui est dit et retenu. Nous serions alors déjà enroulés dans la dimension qui se déploie. Et nous sommes alors à mille lieues de l’horizon rétréci de la raison raisonnable, du naturalisme du marché ou de la nature humaine, du moi psycho-linguistique, qui voudraient que « ceci soit achevé », donné là. En réalité ça a à peine commencé.

Voir les commentaires

Les articulations majeures , les technologies mentales

22 Avril 2015, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Ce qui se réalise comme pensée, dieu et sujet, qui sont donc des technologies inventées (ou révélées, comme on veut), ne peuvent pas passer dans la réalité donnée là telles qu’elles se sont découvertes, et produisent donc la raison, la naturalité et le moi, dans l’ordre et en lieu et place.

Ce faisant les articulations sur-essentielles (cad qui ne sont pas des essences, des idées, des systèmes, des images, des illusions, des représentations, du langage, mais des structures en plus et en-dessous des réalités) tombent et tendent à disparaitre ; laissant le donné expliquer le donné, la raison se limiter dans le monde (au lieu de se prendre pour pensée), le naturalisme s’imposer partout, épuisant les finalités en les retournant dans le donné là, et le moi se morfondre dans un vécu sans possibilité (puisque le moi est son corps et qu’il est promis à la seule mort, à son désir et donc à ses objets).

Les articulations antérieures ne peuvent pas se traduire dans le donné, mais la coupure est trop dure entre pensée, dieu et sujet d’une part et raison, naturalité et moi d’autre part, pour que qui que ce soit y comprenne quelque chose. Le plus étrange est que pensée, dieu et le sujet sont annulés, ignorés, niés, puisqu’on ne les considère pas pour ce qu’ils sont en réalité, des technologies, des technologies mentales si l’on veut, mais qu’on les réduit à des figures irréelles, et plus ces technologies s’effacent, plus les mois, la raison et la naturalité s’effondrent dans leur propre donné, qui est au principe même de la tentative d’explication de la réalité que ces traductions-trahisons proposèrent.

Il est hors de question d’en revenir à la pensée, à dieu ou au sujet ; ce qui eut lieu une fois, ne revient pas. Par ailleurs ayant inventé et découvert (les deux, puisque la réflexivité découvre ce qu’elle invente) la réflexivité est le passage par-dessus les groupes-langages-mondes, particuliers à chaque fois, et la réflexivité crée l’intentionnalisation, ou plus exactement, puisque l’intentionnalité est partout en tout monde humain, crée la sur-intentionnalisation, de l’archi grec, l’hyper intentionnalisation du christianisme (et monothéisme) qui relève de l’intensité (puisqu’ on y est appelé par le dépassement de la naissance-mort et donc nécessairement au-delà),

et ayant créé le méta-intentionnel à partir de Descartes ; qui sera suivi par la méta étendue de Spinoza ou le méta possible de Leibniz, Spinoza ou Leibniz ne pensent pas comme la scolastique chrétienne-grecque, ils ne se stabilisent pas sur les notions, les idées, mais sur une vision du donné là, ce qui leur cause problème c’est la maestria effarante de Descartes qui im-pose que l’être est l’étendue, ce qui est impensable, littéralement (il l’impose au sens où de son point de vue assuré il fait-voir comme le donné est « étendue », que le corps est autre que la conscience que l’on en a (sinon on ne l’aurait pas…), que la pensée s’origine dans un « être » étrange et qui n’est articulé que par le dieu super étrange (autrement dit l’ancienne pensée métaphysique est ramenée à un être ontologique, si l’on veut, à une structure en acte) ; en bref tout change par Descartes.

ou ensuite le méta sujet kantien et la méta pensée hégélienne, qui tous partent des visions cartésiennes de la réalité et du réel, de non pas ce que Descartes invente mais de ce qu’il voit à partir de la positon clef qu’il expose, décrit, met au jour ; le sujet planté sur l’étendue du monde, sur le donné-là à partir donc du « là » du donné qu’il sait restructurer « là où il est », dans la structure suspendue du sujet, qui n’est pas une « chose » (ça c’est pour établir un discours visible) mais une position et la volonté, impossible, de remonter dans la conscience suspendue ; que cette positon est précisément ce qui est inventorié, par Kant, Hegel ou ensuite Husserl ; on ne sait pas de où ça perçoit, de où ça intentionnalise. C’est un point-autre dont on ne possède pas les paramètres pour l’élaborer et qui doit à chaque fois réenvisager et recréer son articulation (parce que l’acte de conscience-de, vers le réel, via le monde, vers le « là » du donné via le donné-là, ne correspond évidemment à aucune détermination connue, puisque c’est une forme, une structure, un rapport à qui subsume tous les rapports, Hegel, ou qui se suspend par-dessus, Kant ou qui s’existe par-dessous, Husserl ; ceci pour figurer le problème).

Croire que ces positions (ou ces attitudes à l’intérieur de positions décisives), relèvent d’une chosification, d’une essentialisation, d’une substantialisation, est une absurdité ; chaque système est un arc d’intentionnalisations vers le réel, cad un ensemble de rapports orchestré et tendu, une extensivité grecque, une intensité chrétienne ou une méta-réflexivité cartésienne ; ça ne se résout pas en illusions mais en machineries intentionnalisatrices radicalement actives. C’est uniquement la théorisation par objet, par raison, par science, par corps ou par naturalisme qui mécomprend ce qui eut lieu.

Et les théorisations à tentative scientifique, ou épistémologiques, ou les négations de la pensée ou de dieu ou du sujet, ou les ontologies directes (de la multiplicité, du vitalisme, ou d’intuitions diverses) ou à l’image des mathématiques ou des sciences(via le langage ou le sociologisme ou l’économisme) sont uniquement le même retour du sujet, de la pensée ou de dieu, mais qui tente de pénétrer le donné là, sont effets du même mouvement qui travaille depuis les grecs. C’est une lutte intestine mais qui oubliant ou niant ou ignorant tout simplement ses articulations originelles, ne permet plus en aucune manière de soulever le donné (puisque dans tous les cas le donné est censé expliquer le donné). Ce qui configure un monde étouffant et sans horizon aucun ; tout est rabattu sur le donné-là.

Lequel donné-là est effectivement ce qui doit être théorisé (il est hors de question de nier la science, ni l’objectivisme ni l’objectalité, la raison ou la nature, mais de marquer leur insuffisance), mais il n’est de donné-là apparu que via le « là » du donné, il n’est de monde que via l’être (ou le réel, puisque l’être c’est cela ; l’idée de l’être est ce qui « montre l’apparescence des choses et des êtres », ce qui veut dire leur engendrement et comme la pensée seule ajoute au langage du groupe la création d’une sur intentionnalisation, la pensée est dite « divine », elle montre le monde comme cosmos, augmente notre immédiateté par toute sa médiateté ajoutée). Supprimer tout ce qui relève du « là » du donné (le réel, le sujet, la pensée et dieu-christique, cette extraordinaire pensée du vécu, du sur-vivant), c’est rendre parfaitement plat et sans compréhension, et ce architecturalement, ce même donné-là, qui ne tient pas, absolument pas tout seul et sans sa mise en forme structurelle.

Architectural et donc c’est la conscience que l’on prend ou que l’on est, des choses et des êtres, qui s’effiloche, c’est la fine pointe articulée au réel qui perd son orientation, qui voudrait remplacer les articulations par de massives théories, lesquelles issues du donné sont dans l’incapacité de soulever ce donné. Marx a raison de rendre abstraites les Constitutions des sociétés, mais il faudrait penser et non plus théoriser cette constitutionnalité-même, en la fondant non sur la « nature humaine », la naturalisation, la raison, mais la penser à partir de la structure, celle qui n’apparait pas et qui doit se formuler.

Mais la structure ne se formule pas de l’extérieur, elle se formule du dedans (de la structure, pas du dedans de l’intériorité qui tourne en rond) ; aussi le spectacle du monde dont chacun s’abreuve tient précisément de mener peu à peu chaque structure vers son architecture. Lisible en un moi.

La loi qui cesserait d’être un procès pour Joseph K. Les grands sujets nous montrent en partie ce dont il s’agit, ce qui s’agite, ce qui est agissant, de même que l’on peut tout réutiliser de ce que les technologies mentales nous offrent sur un plateau, puisque l’arc réflexif qui se tend sur le donné là, est depuis qu’il se dé-couvre, le Même ; la réflexivité conserve, reprend, subsume en elle la réflexivité, et l'agissant antérieur fut la découverte de l’articulation ontologique.

Voir les commentaires

L’œuvre et le réel

19 Avril 2015, 11:58am

Publié par pascal doyelle

L’entière positivité de ce qui existe

La structure

La positivité entière qui installe notre être comme pointe de conscience articulée au réel, c’est cela qui est étrange et autre (et installe une dimension fantastique et science fictionnesque dans tout ce qui existe) ; rappelons que la conscience est formelle ; elle prend assise sur tel ou tel contenu (peu importe à ce point-çi) et déploie un « être » tout à fait structurel, formel, qui ne tient pas, ne colle pas à ce contenu-çi ou celui-là, une forme qui existe donc seulement en se déployant « à partir de » (tel ou tel contenu, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit un contenant ; elle est juste et rien que un mouvement, cad un rapport-à, ça n’est pas un super contenant qui serait identifiable, qui préserverait un super contenu en lui ; la forme n’est rien du tout, sinon le rapport et « conscience » est irréductiblement non définissable sinon comme telle ; « conscience », de même que l’être, l’exister, le « là », est uniquement pointé du doigt ; c’est « là », ça « existe », puisque tout le reste n’est que via d’exister, exister et conscience sont en eux-mêmes des Réels).

C’est pour cela que l’on nomme « conscience » comme « conscience-de » ; il y a toujours un rapport, elle est toujours conscience de quelque chose, mais elle outrepasse n’importe quel contenu et n’est assigné à aucun. Sauf celui-ci ; qu’il y a « réel ». le rapport de « conscience » à elle-même comme « conscience » (ce qui est conscience de ceci ou cela est évidemment conscience de soi comme conscience, même si cela se dit conscience de soi comme pensée, comme dieu, comme sujet, comme corps, comme langage, etc, toutes ces figures désignent la Même forme, qui est, elle, parfaitement vide), ce rapport de la structure à elle-même est absolument irréductible à quoi que ce soit (elle n’a aucune correspondance dans le monde, le corps, le donné, le langage, le moi, etc), et lorsqu’elle est activée (cad lorsque les grecs outrepassent le groupe-langage-monde localisé immédiat) cette forme exige.

Elle exige ce que sa forme même inclut ; elle l’inclut non comme un programme (il faudrait que la conscience-de soit un contenu, la « raison » par ex, un corpus constitué) mais dans l’activisme même de conscience ; qui veut que ici et maintenant cela soit réalisé, rendu réel, en cette exigence même. La pensée est exclusivement que l’énoncé, cad l’intentionnalisé, le visualisé dans le donné là, dans et par le corps, soit effectivement tenu ici même ; non seulement la pensée veut tous les éléments réunis, rassemblés ici même, mais l’œuvre, esthétique, va créer « cet objet radical » tel qu’il forme dans le donné là une unité formidable et précise, pareillement que tout le politique soit effectivement exposé ou que l’éthique conforme un comportement adéquat à la conscience que l’on porte. Ou encore que le christ expose totalement tout le vécu et passe soudainement outre, cad au-delà, du vécu, parce qu’il se dit lui-même le Vivant au-delà du vécu.

Ce qui se métabolise soudainement par la pensée, par la réflexivité, lance une articulation gigantesque qui permet que antérieurement se déploie une sur-intentionnalisation, une archi ou hyper ou méta (grecs, chrétiens, Descartes) ; ce ne sont pas des idéalités (à quoi voudrait les contraindre la raison raisonnante qui se soumet à l’exclusivité de l’épistémologie) mais des technologies qui requièrent la volonté, l’intentionnalité, la réflexivité de chaque conscience ; on ne pense pas si on ne pense pas, (sinon on tient un discours objectif extérieur qui en touche une sans bouger l’autre, on reste le même-moi, et on ne modifie pas sa conscience-de), on ne devient pas vivant si l’on n’est pas saisi de la résurrection (si l’on est chrétien), on ne comprend pas le doute-cogito si l’on ne voit pas qu’il est doute-cogito-infini-étendue-corps (c’est un ensemble lié parce que l’idée pour Descartes est la remontée d’une expérimentation effective du « là », de chacun sur la surface du monde ; l’idée est le rapport-à, et non une « idée en soi », cad une notion scolastique, pour faire court).

Ce qui se métabolise est ce qui affecte le corps ; le corps grec, le corps chrétien (et monothéiste), le corps cartésien, celui des méta et des grands sujets (oh combien le corps des grands sujets !). Ça modifie.

Ce qui modifie le corps est, radical exemple, l’esthétique ; l’esthétique est la re/présentation du corps, la transformation de la perception, la restructuration du corps en tant que percevant (Que perçoit-on ? Et comment perçoit-on ? Et pourquoi perçoit-on autre chose que l'immédiat par l’œuvre ? Pourquoi l'activisme de conscience depuis les grecs, les chrétiens, Descartes ajoute une autre dimension au monde du groupe-langage-immédiat ?) ; l’esthétique est (de même que la politique et l’éthique) une restructuration du corps, son dépassement, sa réduplication (d’une conscience à l’autre qui transmet la modification structurelle, intentionnelle, intense et émotionnelle), ce par quoi la conscience-de passe outre la définition communautaire du corps (ritualisé et pris dans le langage du groupe, le monde parlé du groupe, les échanges et la synthèse du groupe) ; autrement dit ce par quoi on obtient un accès au corps tel qu’il reçoit la structure de conscience et puisse mener sa propre expérimentation de la réalité et du réel.

L’esthétique plus que tout (ce qui bouleverse profondément notre être, c’est le rock et la pop, ça vient immédiatement au 20éme, ça surprend le corps lui-même et porte extrêmement loin) puisque cela réélabore ce que l’on attend de l’image qui devient idée par la mise en forme et idée au sens précis qu’elle a toujours recélé, en tant qu’intentionnalisation ayant pour finalité la construction (créée) de la réalité et du réel.

C’est à Descartes que l’on doit d’inventer, de repérer, de déplacer ce que idée signifie ; puisqu’il part de l’idée effective, l’effectivement réel, la conscience active qui se suspend et se reprend et se maintient purement en attente d’elle-même, il se convainc par cela même que ça n’est pas la pensée qui nous contient, que la raison d’être n’est pas dans la pensée, mais que la pensée est le moyen. D’une part. Et que d’autre part si la pensée n’est pas « ce qui est », alors cet être-çi, ce sujet, est un être non évident, un être qui n’est pas placé sur un seul plan, qu’il est décalé par rapport à lui-même, que donc l’être, le réel contient au moins un être qui est duplice selon lui-même ; l’être ne plus s’affecter d’un uni-plan, l’être se révèle divergent à lui-même et que c’est tel qu’il « est ».

Dès lors on ne sait plus caractériser l’être, et celui-ci ne fait plus l’objet d’une pensée grecque (qui du reste était elle-même entièrement secouée du dedans d’être saisie du pli de l’être, mais qui ensuite fut ratatinée, au sens où devenue la pensée de dieu, elle paraissait simplement « là », dieu conservant pour lui-même la réflexivité que les grecs creusaient dans la pensée métaphysique).

Si l’esthétique est inventée par les grecs (au sens non qu’ils la créent, mais qu’ils systématisent et que depuis on repère l’esthétique en dehors de toute ritualisation du groupe-langage-monde immédiat), c’est que puisque la réflexivité envahit le donné là, ça n’est jamais sans s’ouvrir sur et par le « là » du donné ; que toute œuvre creuse soudainement la réalité et que donc, donc (doublement) le mouvement structurel crée à la fois le donné là et le « là » du donné ; parce qu’auparavant il existait des mondes, chaque fois uniques, et que par les grecs c’est le « là » du donné qui engendre en son sein le donné-là ; l’être permet qu’il y ait un monde-cosmos. C’est qu’il existe une découpe entre l’être et le monde qu’il se produit un monde et l’être ; de même on pose la question de la vérité non pour qu’il y ait Une vérité mais la production de quantité de vérités, de systèmes, d’éthiques. C’est une absurdité de comprendre la vérité philosophique comme uni-plan ; c’est une réduction rationaliste et la pensée n’est pas la raison, mais est antérieurement à la raison (ce qui ne signifie pas que la raison soit secondaire, elle est juste seconde, comme on verra) et installe, instancie l’être et le « là » du donné et d’autre part le donné là et le monde (unique universel).

C’est que si dans un monde « normal », il est Une vérité, dans le mouvement grec, c’est une réalité à la puissance deux ; on est passé dans l’interrogation des conditions de monde, de l’humain, de la vérité, de la réalité (de même que par Descartes et suivants s'institue les conditions du libre et depuis les conditions du moi, Lacan exemplairement). De même les mois n’admettent que de vivre dans un monde non pas puissance deux mais dans un monde, une réalité simple ; parce qu’ils ne peuvent pas passer leur temps à s’interroger sur les conditions du monde dans lequel, déjà, ils doivent élaborer leur propre vécu (qui est déjà en lui-même réflexivité mais qu’ils doivent se cacher, ou ignorer).

Mais en même temps on comprend bien que les mois, ayant à ignorer le monde comme construit et leur identité comme bricolée (ils la prennent pour Une, comme synthèse), ces mois seront poursuivis de toute manière par la réflexivité qui ne peut pas ne pas les élaborer.

On reproche toujours à la philosophie de vouloir imposer dans le monde, une (soit disant) réflexion (alors qu’il s’agit de la réflexivité), mais en réalité la philosophie n’impose pas une réflexion dans la réalité, elle montre la réflexivité qui existe et a créé ce monde lui-même (la philosophie se charge de manifester le caractère retors, plié, second du donné là et c’est pour cela qu’elle pose le « là » du donné, soit donc l’être ou le réel, qui découple ce qui spontanément parait simplement immédiat, et si ça parait immédiat, et que l’on courre après le bonheur par ex, c’est que l’on ne se pousse pas au bout, à bout, jusqu’au bout du bout d’être) ; elle révèle que le monde n’est pas dans un état simple, mais qu’il est de son dedans réflexif.

Et ça n’est pas copier-coller « notre » duplicité (subjective) dans le réel, parce que le réel est de fait et énormément plié lui-même et en lui-même : il y a un présent (objectif). Le présent est le pli du réel ou plutôt le présent est le réel comme pli.

L’œuvre est ainsi ce par quoi essentiellement, structurellement se montre comme le réel est retors ou replié ; il manifeste la non évidence et oblige notre réalité a basculé dans la structure. Or cela ne va pas sans reprendre instantanément le donné là, le monde, le cosmos, la perception, le corps ; l’expérience est entière, intégrale et soulève le monde et le corps ; puisque la pointe articulée au réel se révèle par là sur-essentielle ; la découverte du donné-là par les grecs est du même mouvement que celle du « là » du donné ; c’est de s’inscrire soudainement dans un point.

Le point, contrairement au tout, est rassemblé dans le présent. Ça ne tend pas au sublime, mais à la précision. Ça s’engendre dans l’anfractuosité du moment, rassemblant non seulement la détermination mais le temps et l’espace ; qui sont dépliés. Mais comme l’espace et le temps ne sont pas dépliés dans la réalité (les choses existent dans l’espace et le temps, elles les concentrent), ce qui est dans la dimension de l’œuvre est le Créé. Le créé est en lui-même une dimension ; autrement dit n’obéit pas, n’obéit plus au donné-là ; il en redistribue les cartes. Elle n’est pas le reflet mais cependant emporte le donné-là par le « là » (qu’elle impose comme Une, et si ce un se disperse, se propage c’est qu’il est un Un qui n’est pas un « tout », c’est la logique du Un qui crée un rassemblement). Autrement dit le donné là est effectivement reporté mais porté par le Un de l’œuvre.

Pourquoi un tel Un de l’œuvre ? (Pourquoi un Nom ?) Parce qu’une œuvre est vers une autre conscience. Ce qui se rassemble n’a pas pour finalité de montrer le monde, mais de produire un Créé qui appelle l’autre conscience et qui consiste à engendrer dans l’autre conscience ; une œuvre vous saisit sur place, dans le « lieu » (le « là ») en lequel vous existez. Elle exige que vous rameniez le rassemblement de l’œuvre dans le « là » du monde. Ceci augmente votre conscience (ce qui veut dire aussi que ce mouvement décentré engendrera encore et encore en votre aperception du donné là et évidemment du « là » du donné), et oblige, ne serait-ce que pour y entrer, d’élever, de recentrer selon la saisie ("ce dont on est saisi", passivement, mais même passivement une-conscience est activiste).

Voir les commentaires

Le monde est philip-k-dickien

18 Avril 2015, 08:00am

Publié par pascal doyelle

L’effondrement intérieur

Que l’articulation gigantesque se soit dissoute dans le flux du donné-monde (de la raison raisonnable, de la nature humaine naturaliste, du moi et de l’humanisation fadasses) ne peut aboutir qu’à l’effondrement ; le vivant, la vie (ces ressources-là) ne suffiront pas à soutenir l’existence (qui s’ex-siste en plus du vivant). Si la vie, grecque, ou le vivant, chrétien, ont pu se porter à être, à exister, c’est qu’ils s’étaient lancés dans une immense entreprise, et s’imposaient en capacité de créer en interne leur possibilité, puisqu’ils lançaient un arc de cercle formidablement lointain par-dessus le monde et le vivant. Mais depuis que l’on restreint la réalité à n’être que ce donné, il ne trouvera pas en lui-même la puissance nécessaire à se re-créer.

Le donné reproduit, au mieux, le donné, mais ne le transcende pas. Or c’est de mener la grande transcendance que les grecs créèrent et les chrétiens dépassèrent la réalité en lui assignant le réel.

Le réel, pour nous, pour notre être ou plutôt cet-être qui est en nous, doit s’alimenter en la tension unique, exclusive, qui exporte fondamentalement notre structure ; non telle partie du donné, telle composition en nous, en notre réalité humaine, mais la pointe structurelle qui sort de la cervelle ; la pensée ou dieu ou le christ ou le sujet cartésien et son infini interne, ou le méta sujet qui renvoie son miroir transcendantal ou sa négativité effrayante, sont en mesure de supporter ce rapport exclusif. Mais lorsque l’on se définit soi comme n’étant qu’une composition de parties, qu’un bricolage donné dans le monde là immédiat, on ne voit pas, on ne voit plus pourquoi l’on existe, on se contente de vivre, de se satisfaire de vivre en et de ce corps, à l’intérieur du corps et l’on en mourra, et de ce corps en s’en nourrissant, ou dévorant les autres corps. Le corps occupe, usurpateur et simulateur, le point de vigilance et tord, ramène les finalités à ses tendances propres, enroulent les intentionnalités vers la masse donnée là, les réorientant petit à petit, insinuant le vivant métabolique. L’excès structurel, l’arc tendu vers le réel est absorbé par le dedans.

Ce qui n’excède pas, tombe.

Le plus dangereux, le plus épouvantable aussi, est que si notre être est articulation au réel et que celle-ci nécessite une archi, une hyper ou une méta connexion au réel (les grecs, les chrétiens, les cartésiens, cad ceux qui ont admis, volontairement ou non, la forme du sujet impossible), lorsque s’affaisse la connexion, la désarticulation gangrène du dedans ; elle démétabolise littéralement les cervelles. La désarticulation les déconnecte du réel et les cervelles s’enroulent sur, en elles-mêmes ; elles cèdent à leur rêve intérieur éternel et négligeant, dans leur velléité d’exister, elles se replient sur la vie, sur le vivant seul, se nourrissent au lieu de se dépenser.

Le rêve intérieur des cervelles est ignoble, lorsque cèdent les articulations vers le réel, s’affaiblissent et s’inversent, qui étiraient la masse intérieure vers l’altérité, par le formel de notre être de conscience. Etre de conscience qui, rappelons-le, est un arc réflexe qui sort, réellement sort de la cervelle et se tient au réel, par des points d’attirance, d’ancrage, plantés très loin dans le donné-là du monde-étendue et ce par le « là » de l’être, du réel ; c’est qu’il y ait une position méta-ontologique "réel", grecque puis chrétienne (ou monothéiste), puis ontologique tout court, lorsque Descartes s’en empare et plante le sujet sur la surface étendue du monde, Descartes qui ramène la métaphysique à l’ontologie d’un être spécifique et spécifiquement « là », c’est qu’il y ait une méta-ontologie qui crée ces points d’ancrage sur le réel, de telle sorte que la conscience s’arcboute dans le réel, hors de la cervelle.

Lorsque disparaissent ces points d’ancrage, la cervelle retourne vers elle-même, son ignoble rêvasserie intérieure, gouvernée au plus proche, ce qui veut dire par le corps comme dévoration, nourriture et putréfaction. Les animaux conservent spontanément leur apparaitre au monde, c’est instinctivement qu’ils perçoivent leur propre corps et que celui-ci est dirigé vers le monde donné là. Mais un être humain dans la désarticulation, dans la suppression des points d’ancrage, des points d’attirance, perd cette surface du corps liée à la surface du monde (surface autonome qu’il n’a jamais ressenti du reste, l’humain a remplacé la surface du corps au contact de la surface du monde, par une image-idée qui à la fois lui permet d’en saisir le donné et de modifier, d’interfacer avec elle-même, la surface humaine est modulable), l’animal est dans l’apparescence, mais pour l'homme c’est une intériorité en dégradation, un monde philipkdickien qui finit par absorber l’apparaitre et se nourrir de tout ce qui passe à sa portée, portée qui se restreint, se rétrécit de plus en plus irréellement. A moins que, au-delà du philipkdickien, ce délire intérieur se termine dans le ventre écœurant des dieux fous, aveugles ou stupides de Lovecraft, singeries des divinités repoussantes.

Retrouvant la réalité délirante du doute cartésien (qui simule essentiellement la mort mentale visionnée de Philip K Dick, si l’on y songe) ; cela même que le cavalier, le guerrier résolu avait su repousser en affirmant l’impensable (le « ce qui excède la pensée » et lui autorise son impossibilité décidée et voulue, assumée et de puissance pure, le dieu qui décide par volonté que cela soit, dont la décision se doit d’être à elle-même limpide et créée pour tout dire), l’impensable qui lui servit de fondation (raison pour laquelle le cogito est antérieur à la pensée ; le cogito requiert une « pensée antérieure à la pensée », soit donc une structure).

En reniant par les théories de la nouvelle épistémologie auto proclamée, en ignorant le sujet dans le moi et en annulant ou absentant l’être et le réel et le un par l’objectivisme des sciences et l’objectalité de l’économisme (qui est quasi exclusivement la mise sous pression du corps, l’économisme règne parce que le corps absorbe la conscience et le sujet via le moi et son image-idée irréelle), l’articulation sur-essentielle s’effondre ; sur-essentielle parce que c’est une aberration de considérer la pensée comme soit illusoire soit prolégomènes à une raison raisonnable ou raisonnante et parce que c’est une absurdité de nier le sujet, la structure de conscience en la métamorphosant en parties, compositions et décompositions.

L’articulation, grecque, chrétienne et mono, le sujet, méta ou grand sujet, tendaient l’arc réflexe tout au travers de toute la réalité, arc de cercle arcbouté sur le réel ; la compositionnalité des mois, de l’humain et de la réalité donné immédiate, érigée en principe unanimement validé, c’est la soumission de chaque conscience aux autres, aux consciences-autres ; celles qui théorisent l’étatisme, le scientisme, l’économisme, la psychologisation des consciences.

Et ceci ça n’est pas renier la science, la raison ou le moi, c’est repousser leur exclusivisme, leur emprise totale sur la réalité non seulement mais sur le réel.

Autrement dit les investisseurs décident de l’avenir, leur économisme est la masse des corps et ils sont dans l’impossibilité de renouveler leur vision, parce que de vision ils n’en ont pas (ce qui ne signifie pas que ça ne réalise rien, mais que le réalisé ne remonte pas jusqu’à augmenter le structurel, "ça" fait retour sur le donné, pas sur le structurel ; par ex le moi finit par ressembler à ce qu’on produit pour lui, parce que par principe le moi est déjà une portion du donné et n’en sort pas, qu’il aurait pu en sortir si il ne se conformait pas à la production, et c’est en partie ce qui fut tenté mille fois, le moi a combattu, mais le principe opposera toujours le joug qui ramènera au donné et non au réel). C’est un donné là qui veut le donné là, ça tourne en rond, ça ne peut pas imaginer autre chose parce que ça n’imagine pas autrement la réalité ; une réalité sans réel.

L’articulation structurelle se signale de ce qu’elle retombe toujours dans les mains du donné là, qu’il lui faut sans cesse réinventer ; ce par quoi la structure domine les contenus et non pas se réfère aux contenus pour se définir ; il ne convient pas au Un, à la forme, à la structure de se confondre et la confusion c’est ce qui est originairement au principe de la nature humaine naturaliste, de la raison et des théories (opposées aux pensées), et du moi, des personnalisations et des humanisations.

Confusion parce que ce qui est théorisé ou organisé ou présenté objectivement et objectalement, selon le naturalisme généralisé (le donné explique le donné, le vivant retourne au vivant, alors qu’il retourne à la mort) est théorisé et organisé et présenté d’une conscience-autre (qui admet la vision extériorisatrice comme principe) sur et finalement contre et en écrasant l’autre conscience, la structure de chacun. « C’est théorisé » comme si la représentation était effectivement le présenté même qu’est la réalité (puisqu’aucune représentation n’est disponible de la réalité que cet objectivisme, et aucun autre désir de cet objet que l’objet lui-même du désir, en quoi l’objet pense le désir et non l’inverse).

Ce que présentaient la pensée grecque, le christ (et monothéismes), le sujet et son corrélat radical la révolution, étaient des technologies internes à chaque conscience, ça n’était pas une vision angélique ou autogérée ou illusoire, ni même allégorique et mythologique, c’était le recours. Le recours est la médiation (le christ par ex est le médiateur, le sujet cartésien est absolument le médiateur, cad celui sans lequel on ne peut rien, sans lequel le donné retombe dans le donné, dans les irréalités effarantes du doute, y compris des pensées du doute, celui sans lequel il n’est pas même citoyen d’un Etat, etc), le recours étant la médiation est la logique externe qui pliera le donné en son hyper-sens, archi-sens, méta-sens, au lieu de s’effondrer dans le monde, le donné, la mort et la pauvre ambition qu’est la finalisation selon le corps, l’économisme, l’étatisme, l’objectivisme qui graduellement, petit à petit, spontanément (puisqu’ils sont-du-monde, et s’imposent dans le donné même, déterminations par déterminations), grignotent l’articulation structurelle, qui, elle, est effort parce que forcenée. Et qui ce faisant arrache.

Voir les commentaires

La monstruosité en acte : Descartes, Kant, Hegel

16 Avril 2015, 08:38am

Publié par pascal doyelle

Ayant subliment progressé la philosophie mais plus largement la pensée, la réflexivité partout présente dont la philosophie est la discipline qui se charge de l’expliciter, de la démontrer, de la montrer ou de la démonter, pied à pied, la philosophie a quitté depuis longtemps ce qu’on lui reproche encore, compilant sa tradition métaphysique (qui nait des grecs) et son devenir ontologique (depuis Descartes ; qui nous dit « cela », qui dit le « cela », qui le montre en acte et que l’on s’obstine à comprendre comme si il ne tentait que d’établir encore une sorte de discours métaphysique, alors qu’il creuse ontologiquement, et si par métaphysique il faut entendre un discours qui veut penser la réalité et le réel, selon les systèmes grecs puis repris par le christianisme mais pensée chrétienne barrée par le christ et le dieu-un, par ontologie il faut comprendre ; monstration du monstre, monstration en direct de notre être exactement situé ici même, dans l’instant de la méthode, de la suspension de notre être par sa structure, de sa réflexivité qui commence de tordre le discours et le traverse).

Rabattant donc l’ancienne technologie, de la pensée systématique des grecs, sur le devenir réflexif exclusif à partir de Descartes, on se satisfait encore de croire en l’établissement d’une « pensée » posée là-au-devant, alors que depuis Descartes se montre que c’est cet être qui se retourne sur, vers, par lui-même dans son accès formel à sa structure ; de même que l’on mécomprenait les grecs de (faire semblant de) croire qu’ils positionnaient un discours au-devant, objectif, des systèmes selon la raison objectivante, alors qu’ils manipulaient et atteignaient une pensée (et non une raison) en d’une part explicitant cette pensée par son exhibition une et d’autre part élaboraient le rapport de notre-être/dans l’être, puisque conjointement la pensée faisait « lien » de ce rapport.

Cessant d’accepter ce lien, la transformation du rapport en un lien (de pensée), Descartes pose-là ici-même, le rapport seul et rien que le rapport. Dès lors c’est ce rapport qui sera travaillé ; Kant ou Hegel ne se contentent pas de penser un discours là-au-devant, une objectivité, mais réfléchissent ce rapport en subsumant en lui le lien, en ramenant les liens, les pensées, les idées, puis Hegel les systèmes dans un turn-over de structure ; soit transcendantal par Kant (relativement à l’architecture du sujet, développé de Descartes) soit dialectique (en orchestrant le mouvement de conscience, cad la science des rapports, des idées, des liens pris dans des rapports de conscience).

Il est clair, effarant, éclatant de comprendre que Kant ou Hegel exposent littéralement ce qui a lieu (Kant) et ce qui eut lieu ; que Hegel décrit au plus proche les rapports de conscience et qu’il nomme cela « phénoménologie » (et ensuite science de la logique, logique des rapports, cad logique des reports de consciences dans les consciences enchâssées, le miroitement des contenus qui se re-produisent inégalement dans l’égal et parfait esprit en activisme ; il y apparait étant donné l’activisme de conscience, vide et sans rien, formel, que les contenus de conscience se reportent les uns vers les autres, en dépliant que l’être, cad le réel, est ; que tous les contenus de conscience systématique remplissent le Un, de vide à plein, de son devenir creusé à même son concept, cad au final son intentionnalisation).

Malgré cela on s’obstine à croire que la pensée, la philosophie vise à l’obtention d’un discours objectivement donné là, extérieur, alors que toute l’entreprise montre que c’est le déploiement de la structure formelle qui utilise ses contenus (les vérités, les idées, les systèmes, qui sont en réalité des sur-intentionnalisations grecques, hyper-intentionnalisations chrétiennes et méta-intentionnalisations cartésiennes et suivantes ; soit donc l'archi, l'hyper et le méta). Ça n’acquiert de certitude dans le connaitre (dans le donné là, le monde, la réalité) que de se tenir du savoir (du « là » du donné, de l’être et du réel) et ce via exclusivement la ;modification de conscience ; lorsque la conscience-de, cette structure qui lance un rapport au réel « là », démodule son être et commence d’en élaborer la complexification ; alors qu’auparavant l’activité de conscience non libérée, s’arrêtait aux contenus, aux synthèses de monde particuliers.

Dans sa dernière version, cette entreprise se prête donc comme raison, naturalisme du donné et moi. Elle cherche à comprendre les articulations précédentes en copiant sa logique de contenus (dits objectifs ou objectaux, tel le moi qui désire son objet, dans l’objectalité généralisée et rendant métaphorique cet « objet » puisque d’objet qui corresponde à la conscience dans le moi il n’en existe pas) et en la plaquant sur les anciens saisissements, qui, eux, lançaient des articulations non pas de contenus mais structurels sur le donné là d’une part et sur le « là » du donné d’autre part ; positionnant du même coup notre-être/dans l’être, et non pas extériorisant l’être comme « objet », fut-il un gigantesque, un Gros Objet.

Si l’on suit la logique du moi, de la raison et du naturalisme du donné (le donné ayant à charge d’expliquer le donné, ce qui fonctionne pour quantité de réalités, mais ne fonctionne pas pour notre-être, ni pour notre-être/dans l’être), on s’insatisfait de tout.

Si l’on suit la logique structurelle qui est en vérité à l’œuvre depuis le début (de l’émergence de la réflexivité en remplacement des mondes particuliers qui se coagulaient chacun, un par un, en une synthèse de contenus, immédiats et localisés, et localisés en et par un groupe-langage), on s’aperçoit de la quantité d’explorations et d’ouvertures pratiquées dans la dimension du rapport au donné-là et au « là » du donné (le « là » du donné étant le « lieu » en lequel apparaissent tous les donnés, toutes les réalités que l’on voudra).

Il n’est plus alors de choisir entre tel ou tel système, et le devenir entier est tout un, unilatéral et chacun explore des possibilités parce que le système formel (de la conscience structurelle qui se structure, se restructure, dans son feuilletage dimensionnel propre, absorbant les mondes et les systèmes mais aussi les humanisations et les mois) subsume tous les systèmes spécifiques, et que c’est le système formel qui est vécu et non les contenus marqués (le principe de vérité qui crée des vérités, le principe de liberté qui crée des personnalisations, etc). C’est le système formel des rapports entre un être étrange (la structure de conscience-de) et ce réel qui s’élabore comme réalisations re-structurées.

Dégageant cet-être tel quel, non comme idées ou systèmes ou acculturations ou humanisations ou personnalisations, mais comme traversant toutes ces manifestations, nous entrons donc dans l’architecture formelle de l’articulation de conscience-au-réel ; laquelle articulation ne délaisse absolument pas le donné-là, le monde, la réalité au profit de ce qui serait l’absolu ou l’idéel ou l’abstrait, parce que le « là » du donné est depuis le début pensé en tant que grec, comme étant le « là » du donné de ce donné-là ; la pensée est supposément le lien du donné-là tel qu’il nait du « là » du donné, la réalité telle qu’elle surgit du réel ; le réel n’est pas posé externe à la réalité … il n’est pas d’un autre ordre, le réel est littéralement le bord de la réalité. Celle-ci, pas une autre. De même que la pensée, le dieu christique et le sujet travaillent au corps même...

C’est sur le bord et de la visibilité de sa perception que s’engendre toute l’élaboration intentionnelle depuis le début ; depuis que ce mécanisme de conscience a pris le pas sur les mondes-groupes-langages. Et que depuis lors il s’acharne sur le corps. Il Veut que le corps entre dans la visibilité de sa perception.

Voir les commentaires

Le Moi se noie

15 Avril 2015, 08:13am

Publié par pascal doyelle

Les anciennes puissances technologiques de la pensée

Le moi est à ce point immerger dans son monde donné là, et qui de plus est le monde des mois, hyper centré sur ces unités défaillantes mais nécessairement pressée de cacher cette défaillance, de se dissimuler, qu’il n’aperçoit plus du tout qu’il est né de et par les anciennes articulations gigantesques.

Le moi ne sait pas qu’il vient de la pensée, du dieu incorporé ou du sujet cartésien. Il croit qu’il nait dans les choux ou parmi les fleurs, quelque chose dans le genre, dans l'irréel destinal du sens qu'il serait. Il aimerait une sorte de naissance mentale de son corps, qu’il soit affecté en soi d’une identité ; alors il rêve la paternité ou la maternité ; il brode bien puissamment un cocon significatif, qui n’existe qu’à peine.

La déliquescence que cela produit, cette mollasserie dans le monde, cette bouche aveugle et au fin fond noire et délirante, est entretenue de toutes, absolument toutes les images qui recentrent constamment la formule du « moi », du « moi-même » comme unique réel, et impossibilité pour ces personnalisations d’en sortir ; ce qui veut dire impossibilité de penser. La dernière mise en œuvre d’autres possibilités revenait à l’idéal "révolutionnaire" des années 60, transcendant, tellement transcendant et si peu formulé mais précédemment encore les idéologies fonctionnaient comme systèmes, comme machines systématiques, marxisme ou socialisme (réel et non de simple dénomination) et comme jadis les systèmes philosophiques ou équivalents, dont l’une des manifestations fut celle des Lumières, ou les immenses acculturations chrétiennes, catholiques, protestantes, etc.

Impossibilité de penser veut dire également que l'on délaisse les finalités du monde aux autres, aux investisseurs qui possèdent l'avenir, ils le possèdent déjà, au comptant.

La confusion accompagne la prégnance, la pesanteur d’un donné là unique affecté de son moi-même, puisque tout cela eut pour effet total d’imposer un seul monde en auto composition. Ça n’est pas un monde parmi d’autres qui s’est imposé, c’est l’unique monde total et intégralement donné là, naturaliste, immédiat, composé des corps d’identité psychologique ayant pour fondement, pour logique l’aperception finalisée comme biologie, état du Vivant. Le vivant sans esprit, lié au donné là et supprimant le "là" du donné, immanent intégralement et qui ne voit plus comme il est né dans la transcendance du Bord du monde, dans la structure.

Mais ce serait trop simple ; en réalité l'esprit est interne au moi lui-même, il y travaille et c'est pour cela qu'il agite le corps du mort.

Ce qui se montrait par le christianisme (de la naissance à la mort et au-delà) en se coupant de sa racine méta-ontologique, nous enferme dès lors entre ces deux murs infranchissables ; naissance d’une part et mort d’autre part, et enclos ce-corps-çi, et pour toute totalisation le Vécu.

Et ce Vécu au lieu de se révéler, littéralement révéler, comme Sens, se rend compte qu’il n’est que composition, hasardeux, bricolé, effondré sur son être logique dont la finalisation entreprise uniquement comme donné là, n’obtient plus aucune ouverture, le donné retourne au donné, le monde au monde, les mois aux corps, et tout cela disparait. Il se trouve ici ou là des compostions heureuses et tant mieux, ou malheureuses ou terriblement idiotes ou délirantes, bref tout ce que l’on voudra mais cela demeure des compostions, de bric et de broc.

Ça n’est pas cela, des compositions, que l’on est venu chercher.

Le plus comique, somme toute, est qu’il existe bel et bien une autre orientation et que notre historicité en est pleine à ras bord, mais comme le moi suit sa perspective naturaliste, composite, (et qu’il se plaint régulièrement que l’on produise des personnalisations, qu’il existe une production industrielle de mois humains, bel et bien effective et concertée comme telle, on les fabrique, puisqu’ils sont de toute manière des fabrications, structurellement), le moi ne perçoit plus les anciennes origines.

Pour lui « anciennes origines », ce serait comme des mythèmes, des mythomanies, des mythologies, le retour des dieux par gros temps de crise, des choses de ce genre, ou une vacuité nirvanique, ou une part rêveuse du monde et de la vie. Mais nos racines originelles sont autrement chiadées… ce sont des structures, des élaborations méta-ontologiques, ce sont des technologies puissantes et orchestrées, des possibilités effarantes et effrayantes, des ouvertures alambiquées qui non pas plongent dans l’idéalité, mais creusent à même le réel, qui prolongent le réel, assumant sa cohérence et poussant plus loin dans l’achèvement et l’impossibilité qui, pourtant, est voulue décisivement. Des articulations, en tous les sens du mot.

Mais le moi se désire, lui, sous la formulation d’une synthèse ; il est une synthèse du divers, une unité idéalisée ou maltraitée, du coup, par la réalité, par sa propre vie, par l’historicité, par l’organisationnel des mondes. Il ne comprend pas que l’accès aux technologies puissantes anciennes est non de l’ordre de la synthèse (qui est une auto production hâtive), mais de l’ordre du réflexif, de « ce qui ne cède en rien à quoi que ce soit ». Qui veut ici et maintenant la cohérence active, animée par l’agissement réflexif assoiffé du réel. Ici et maintenant cela se veut, pas ailleurs ou autrement.

Les mois s’effondrent depuis toujours, depuis le début d’eux-mêmes, dans l’irréalité de la cervelle, du corps pesant et on va continuer à le réduire de plus en plus à des matériaux composites, expliquant le donné par le donné suivant la logique réductionniste, la nouvelle épistémologie depuis deux siècles qui remplace la pensée par la raison, dieu par la nature donnée là, le sujet par le moi.

Or la conscience-de, la structure, n’est pas de la cervelle, elle est ce qui sort de la cervelle pour toucher le réel et sitôt qu’elle en a le gout, elle serre la mâchoire et ne lâche plus sa proie. Et cette distance entre la conscience-de sortant de la cervelle et le réel, est incompréhensible pour le moi qui ne se situe que par les contenus de la structure, et non pas remonte dans la structure elle-même, de sorte que le moi est constamment réabsorbé par la cervelle et son rêve intérieur irréel, celui qui ne sait pas le réel, qui ignore et en laquelle cervelle vaporeuse le moi se rétroactive, non temps et non espace.

Voir les commentaires

Vision

12 Avril 2015, 14:51pm

Publié par pascal doyelle

Puisqu’un moi est né d’abord de l’humanisation généralisée, puis ensuite, bien plus tard, lorsque les conditions de technicité et de productivité le permirent, né de et par la personnalisation (d’après quoi souvent on hurle qu’il existe une production de la personnalisation, une production industrielle des mois, mais enfin on ne demande pas mieux, puisque par là se réalise l’acquisition de soi par le moi, sans les dites différenciations entre chacun nous ne parviendrions pas à nous détacher, nous distinguer, et d’ensuite récriminer et même croire en une plus belle, jolie, distinctive personnalisation, un super moi ou un moi « authentique », que voulez-vous qu’il y ait de plus que de tels mois réalisés effectivement dans l’historicité ? N’est-ce pas le rock et la pop, puis le dépassement de la mass médiatisation par la micro médiatisation qui nous permit d’être ?),

Puisque compte tenu de tout cela et des récriminations de mois bien dodus, bien replets, il n’est plus aucun autre choix pour chacun que de se mordre et se déchirer du dedans.

La structure de conscience ayant engendré l’universel et l’humanisation, entretemps la mass médiatisation, la représentation de tout ce beau monde par quelques canaux, elle, la structure, en vient à ajouter encore par-dessus l’humanisation générale, que chacun puisse élaborer son Vécu, en quoi on se perd en cent mille illusions, toutes retournant au bercail, à l'indigence du moi.

De même que l’humanisation posait l’hypothèse d’une nature humaine générale, (ou que la science expliquait évidemment le donné par le donné, le constatable par le constaté, en circuit fermé, répliquant la cohérence de la pensée, depuis l’origine la pensée ne valide que les idées effectivement agissantes, on comprend le compréhensible, pas l’incompréhensible), pareillement le moi a tôt fait de retomber sur ses pieds et de chercher dans sa vie active sa nature propre spontanément « soi ».

Il est clair que ça n’existe pas, que le moi est essentiellement un bricolage, un arrangement, et que de destin, de prévision destinale de soi, d’essence éternelle, ça se peut ailleurs dans le ciel (pourquoi pas ?) mais ici même, de trop y croire, ça s’effiloche, ça se disperse, ça se perd. Et non comptant que la vie en général vous en déchausse ici et là, c’est du dedans que la conscience-en-un-moi travaille, cad torture cette représentation qu’est son moi ; or une conscience structurelle ne se reconnait en rien, n’obtient jamais aucune correspondance entre son être et quoi que ce soit en quelque monde ou quelque vécu que ce soit ; une conscience de structure ça n’a rien à voir avec quoi que ce soit. Ça existe. Ou donc ; ça Ex-SistE, ça passe la barre, c’est une Sauvagerie-Sans-Nom.

Sauvagerie entendons nous bien, structurelle. Elle ne s’amuse pas essentiellement à dépiauter les corps. Parce que pour elle violenter les corps, ce serait redescendre de sa structure et que des corps, elle s’en fout. La dite sauvagerie est, comme vu, structurelle ; et c’est pour cela qu’elle risque bien de s’en prendre instamment au moi, à l’humanisation, à la pensée, à dieu, etc. Elle en veut plus. Elle veut plus de structurel.

Plus que la pensée, l’idée, le dieu, et plus que le sujet (ou plus exactement le sujet est précisément « ce qui s’en prend à la structure » et tente impossiblement de remonter le cours de la structure, mais passons … ou alors … avançons, rapidement ; la structure veut le pur miroir au fond de tous les univers ; qui viendra réengendrer ces univers à nouveau et restructurera l’ensemble de toutes les réalités ; le Un-qui-n’existe-pas ; et elle le veut parce que justement il n’existe pas, c’est coton).

N’empêche que là maintenant, ayant acquis que nous sommes des mois (ce qui est super essentiel, ce qui était imprévisible lorsque l’Etat qui s’attendait à universellement des personnes raisonnables, et se retrouve avec des idiots hallucinés), ça travaille, ça continue de travailler, de torturer du dedans.

Ça ne veut pas dire qu’il faut cesser d’être heureux, satisfaits, épanouis, etc. ça veut dire que c’est autre chose qui nous suit. Et c’est cette trouée interne (à la structure, sinon on parlerait d’intériorité, l’intériorité vaut pour un contenu, la personnalité par ex, ici la trouée est « externe » en ce qu’elle est interne à la structure, cad insituable et accompagne le moi partout et n’importe où, elle s’agite quoi), cette trouée interne qui gravite et cherche, fouineuse, exubérante ou dépressive, incohérente ou prophétique ; la structure qui a créé la pensée (ou son mode réduit la raison), le dieu (ou la nature naturaliste), le sujet (ou le moi) n’est pas bien « raisonnable » … qui cela étonne-t-il vraiment ?

Le problème est que la structure (de conscience-de qui ne s‘attache à aucun contenu et passe au-delà de tous) est ingérable pour le moi, la raison ou le naturalisme (l’épistémologie réductive, dont Kant malgré lui dresse la description par ex). la structure était distribuée et envoyée dans/vers/ pour son altérité par la pensée, grecque, le dieu christique et le sujet cartésien. Mais impossible se saisir la structure pour le réductionnisme ; le réductionnisme s’est constitué afin que la structure puisse creuser, exploiter, extraire le monde donné là, les corps, les langages, les identités psychologiques, etc ; c’est son but, sa fonction, dans le Grand Diagramme. Mais il se heurte au Mur, du réel.

Il voudrait interpréter le Mur selon ses propres critères ; naturaliser la sauvagerie ontologique, laquelle est infiniment plus rusée que le réductionnisme, et l’envoie dans des délires plus ou moins malsains ou abominables ou d’une manière générale (selon la généralisation de l’universalité, de l’humanisation) vers un idéal, une idéalité humaine et personnelle, dont on souffre considérablement, dans la mesure où ça n’est pas l’humanisation ou la personnalisation qui travaillent la réalité humaine ; ça, ce sont des effets. La Cause est bien autrement ardue et impossible.

Si ça n’était pas impossible, ça n’existerait pas. C’est parce que l’impossible doit surgir qu’il existe un présent. Sinon à quoi servirait le temps ?

Voir les commentaires

L'intention interne du réel

11 Avril 2015, 15:27pm

Publié par pascal doyelle

Ce que dresse unanimement la pensée c’est le mur intrinsèque du réel mais conçu, admis, explicité dans son immensité propre. mais le mur ne peut être saisi, il est "ce à partir de quoi l'on saisit" et "ce dont on est saisi", offrant une face unilatérale, très étrange et nous poussant au devant, au-dehors. c'est cette surface que la pensée met au jour, et dans les plis, de laquelle surface, œuvre l'activisme.

Le diagramme est relativement clair. Illustrativement, la pensée définit la vérité, mais en réalité elle fonctionne comme conditions de la vérité (la philosophie ne délivre pas une vérité mais remonte dans toutes ses conditions obtention, y compris la disposition personnelle de recherche), qui, de ce fait, se démultiplie, et quantités de vérités deviennent alors possibles ; bien qu’une critique facile, et surtout sans lendemain, de la pensée et de la philosophie se contente de caricaturer les conditions de vérités soit comme compactes, en vue d’une substantialisation, ce qu’elles ne présentent jamais en aucun système créé, qui s’évasent tous en un Un affolant, le Bien ou la pensée de la pensée, le cogito ou le sujet transcendantal ou l’être heideggerien, soit comme simple fonctionnalités, opérationnalités rationnelles (langages, logiques, etc), largement insuffisantes quant à la conception de la vérité et de l’être, cad de l’archi intentionnalisation, des grecs, ou l’hyper des chrétiens ou le méta de Descartes et suite.

De même le libre cherche à situer son être ; le « là où il se trouve ». Afin d’être en mesure d’appuyer sur cette élucubration, d’être à lui-même son propre levier. Aussi et dans l’impossibilité de se saisir de sa structure (puisque c’est elle qui saisit …), il a commencé de détourer son être, son « là situé », usant de mille artifices afin de préciser la notion qu’il éprouve de lui-même.

Notre être ne peut pas être objectivé et tenu là-au-devant, c’est donc dans le retournement infini qu’il est (infini parce qu’indéfini), qu’il non pas se saisit de lui-même mais est saisi sur le vif de sa surface ; surface intégralement tournée vers le donné là, absolument corporelle.

Le réel est ce qui est arrivé aux mondes humains antérieurs, et les grecs les premiers s’en emparent ; suivis par le christ, puis par Descartes. Formulant les descriptions de la structure agissante. Dès le début la structure étant réflexivement, se-sait et se saisit d’elle-même ou plutôt, c'est très visible, est saisie d'elle-même; la certitude de notre être est absolument pleine et entière dès l’origine ; les discordances, la multiplication des systèmes, la pluralité des inventions, le déchainement des créations de réflexivités, rien n’y fait, la certitude est interne à non pas telle ou telle idée, mais à la structure même.

Il se peut qu’il y ait un christ ou un dieu monothéiste, qu’il y ait un sujet ou une pensée ; peu importe, ce sont dans tous les cas ici-même, ici-bas si l’on veut ou préfère, des structures agissantes qui manifestent, expriment, représentent et, mieux que tout, re-présentent, rendent présente qu’il existe non une idée de soi de notre réalité, mais une structure qui agit. Qui a créé ou a été découverte ou s’est révélée sous ces dénominations.

Le défaut de la nouvelle épistémologie (qui prend appui de Kant par exemple malgré qu'il en ait, puisqu’il voulait nommément l’inverse de cette épistémologie réduite ; il entendait la continuation du transcendantalisme) est d’annuler la concentration des dites structures, mais par contre ce sera afin de préciser, de matérialiser, de poursuivre le Même programme de distinction puisque ce « programme » n’est pas un système mais est un être réel qui s’est libéré de tout monde.

Cependant l’aveuglement qui consiste à renier les origines structurelles rend impossible que l’on puisse se comprendre soi, et comprendre cela même qui s’est exporté au travers de toute la planète ; ce ne sont pas le christ ou la pensée grecque ou le sujet mais les effets directs de ces articulations qui furent lancés au travers de tout (Etat, raison, liberté, nature humaine, etc) ; ceci puisque la structure (de conscience-de) est la puissance même, ou au moins la forme en nous de la puissance (ou ce qui peut être dénommer tel ; entendant par là non la "Puissance", mais la potentialité, le "qui est possible" en sa racine réelle).

Suite à cela il faut alors entendre éthique, esthétique, politique ou idéel comme étant non des disciplines séparés mais les déploiements engendrés originellement par cette articulation telle qu’elle s’extrait de tout monde humain particulier, et tel qu’elle rompra à nouveau tous les mondes, furent-ils issus de l’émergence (grecque, chrétienne ou cartésienne), jusqu’à imposer d’une part l’humanisation (sous fondement de l’universalisation) et la personnalisation (sous condition de l’être libre).

Il n’est pas besoin que l’on soit chrétien pour mener individuellement son existence, ou que l’on connaisse les grecs pour que la société humaine s'organise comme Etat et comme démocratie (plus ou moins, cad au moins constitutionnellement), ou de lire Descartes pour mathématiser la réalité. C’est évident. Mais en ceux-là se sont ex-sister les sources structurelles de ces effets.

On peut entendre par exemple Badiou présenter le dieu chrétien comme infini qui abaisse notre finitude et la morfond. C’est assez déloyal et à vrai dire cette interprétation rend la réalité, l’historicité même illisible. C’est que l’on juge du christianisme d’un certain point de vue ; celui du moi acquis démocratiquement, dans cette acculturation, le moi qui nait-avec-soi et donc déjà lui-même dans le rapport à soi, ce qui est le libre-même et que de ce point de vue qu’il y ait un dieu infini est effectivement très étrange voir frustrant. Mais lorsque le christ présente, de visu pour ainsi dire, que tout être humain est en lui-même selon l’infini … c’est une « idée », un principe, une logique qui abolit la totalité des mondes humains préordonnés selon toutes sortes de hiérarchies, qui, pour le coup, nous paraitraient à nous, les mois, des absurdités sans nom en plus d’une inhumanité très sévère… Il faut savoir ce que l’on dit.

Tant que l’on ne comprend pas cela, qu’il faut sortir du point de vue très limité (acquis historiquement qui ne ait même plus de où il s'ex-siste) qu’inclut la positon d’un moi (fut-il communiste ou beatnik), le poitn de vue qui présuppose la définition de la raison d’une nature humaine qui serait « donnée là », spontanée ou contrariée par un ordre social, ou légal ou démocratique, etc, on ne parviendra non seulement pas à soulever ce point de vue limité (cad que l’on sera un communiste petit bourgeois, de fait et en structure , un hippie, ou un « jeune » ou un anarchiste limité de et par son moi, ou un nietzschéen, pareillement) mais surtout on cesse de fait d’être en mesure de comprendre que l’on est non pas immergé (comme si il s’agissait d’une vague exogène), mais que l’on est poussé à être par la source structurelle (qui s’est engendrée comme grecque (jusqu’à Plotin), chrétienne (jusqu’à Eckhart), cartésienne et méta (Kant, Hegel), grand sujets (de Stirner à Lacan en passant par Rimbaud ou Mallarmé, tout cela ce sont des exemples entre mille autres) et existentielle ou ontologique (de Heidegger à Sartre). Poussé à être dont même et y compris et surtout les mois, chaque moi s’origine.

Autrement dit le moi, qui a à charge la densité comme les grecs l’extensivité et l'archi (l’universel), les chrétiens l’hyper (l’intensité d’être dans un Seul et Unique Vécu, le Vivant, la Vie, qui contient, littéralement, tout, y compris le monde créé et qui engendre le Créé comme catégorie expresse et radicale, ensemençant les esthétiques, les éthiques, les mystiques, les etc, l’au-delà d’après la naissance et la mort, l’au-delà dont on prend la position que l’on y croit ou pas, c’est ça le plus fort de l’histoire !), les philosophes ensuite créant le méta

et ici il faut comprendre que dans le méta, il existe, absolument et radicalement, l’hyper des chrétiens et l’archi des grecs ; parce que la structure (de réflexivité qui n’est pas la réflexion, la raison, le report de notre nature humaine naturaliste sur elle-même, mais existe comme et en tant que réflexivité, dont nous sommes les effets, et non l’inverse), la structure est « ce qui admet encore et toujours son propre être de structure en elle-même ; la réflexivité ne se sépare pas de la réflexivité (et pousse même à rechercher dans tous les mondes particuliers ce qu’ils possédaient de réflexivité, esthétique ou mystique ou politique, etc).

Voir les commentaires

1 2 > >>