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instants philosophie

Libéralisme et communisme, de la soumission

9 Avril 2015, 10:47am

Publié par pascal doyelle

De la matérialisation, de la réal-isation, du monde rendu réel

La méta organisation de la réalité humaine, bizarrement, étrangement, absurdement, est à ce jour la technologie du moi, du moi comme pseudo résolution de la problématique dernière du mouvement anthropologique inauguré par les grecs, les chrétiens, Descartes et suite, la raison et le naturalisme, l’objectivisme et l’objectalité.

Si l’on se demande pourquoi le communisme s’est effondré comme hypothèse et comme réalité historique, c’est qu’il n’intégrait pas ce début de singularité qu’a réalisé le libéralisme ; la personnalisation. Le communisme gardait encore l’universel, l’universalité, l’universalisme comme paradigme et pensait instruire un homme générique, applicable partout indifféremment.

L’Etat démocratique (aussi peu démocratique était-il au début, totalement déchiré par les classes et une pauvreté et une exploitation massive) sous couvert de l’Etat universel, a lancé en fait dans la réalité historique non pas la Vérité (comme le communisme a pu l’entendre), mais simplement que chacun était en mesure de sa propre raison, de sa propre réflexion (non pas sa réflexivité que l’on réserve pour l’ontologique, de retour formel de la réflexivité, effet de structure de son être, mais de sa réflexion, soit le retour sur soi du moi, ou généralement le retour sur elle-même de notre nature humaine).

Il se passa comme pour Descartes ; qui ne définit pas la « raison » mais le sujet et laisse intégralement la raison, l’entendement, dans le cercle (très étrange et autre) de la liberté, de la volonté, de la suspension du doute-cogito (toute l’entreprise cartésienne nait et demeure dans l’épisode aventureux du doute, toutes les propositions restent suspendues dans l’intégrité du doute-cogito, à preuve l’impossibilité de définir ce qu’est une « chose pensante », puisque impossibilité par Descartes de définir ce que la « pensée » est, tant il s’aperçoit que la structure de notre être agglomère toutes les fonctionnalités, que la conscience-de (plus loin) soi est somme toute une sorte de dispositif des dispositifs ; en réalité ce que l’on nommera plus tard le « sujet » est le texte lui-même de la Méthode, cette inscription là, cette description même et non pas une « chose pensante »). Il se passât comme pour Descartes, donc, d’inscrire l’homme comme raison, renvoyât finalement chacun à sa capacité de réflexion elle-même, ce qui signifie à son individualisme.

On remarquera que le communisme a fonctionné comme cheval de Troie de la pensée occidentale ; en l’imposant, armée, aux peuples qui n’auraient sans doute pas de leur seule spontanéité adhérés à cette universalité. De sort que c’est « tout naturellement » qu’ensuite des peuples éloignés en esprit, se convertirent du jour au lendemain, pour le dire en survol, à l’économie de marché, de même que d’autres instituèrent l’Etat comme forme adéquate (supposément) de la société humaine (et avec plus ou de moins de démocratie, puisque l’essence de l’Etat devrait être la démocratie et que pourtant on ignore encore beaucoup de ce que c’est que cette essence et que de plus l’étatisme, formule tronquée de l’Etat, dérive de cette absence).

Autrement dit c’est un mouvement général, mais aussi pour les mois, la personnalisation qui suivit l’humanisation, l’universalisation, un resserrement. La structure de conscience est la pointe de notre réalité humaine, est, cette pointe, à strictement parler notre être lui-même ou plus exactement ce qui « en nous » (une structure étrange en nous), dans toutes nos compostions, une structure qui se joue et dont nous sommes les effets. La pointe est ce qui tend à restructurer instamment tous les dispositifs ; de la sociétalité au langage, du corps aux acculturations (grecques, chrétiennes, de la renaissance ou moderne ou etc), puis des humanismes aux personnalismes différents.

Comme il était impossible de demeurer dans l’ancienne réflexivité (la pensée grecque, chrétienne, cartésienne et suivants), il fallait que l’on invente une épistémologie nouvelle, une épistémè, adéquate au donné là expérimenté et éprouvé, dits objectivement et subjectivement, adéquate à l’humanisation d’une part et d’autre part à la personnalisation.

C’est ce basculement qu’il faut nommer « naturalisme » en ceci que l’on est censé trouver le donné par le donné, la réalité par l’objet, le désir lui-même en et selon son objectalité. Ce qui par contre devait annuler l’ancienne réflexivité qui articulait métaphysiquement et ontologiquement (par les grecs et les chrétiens, Descartes et le méta, la réflexivité de notre être lui-même, soit donc la réflexivité SUR la réflexivité, la position, le positionnement de notre-être/sur l’être, du sujet sur l’étendue, du transcendantalisme ou du dialectique de la négativité hégélienne).

De là que pour nos mois il n’est plus qu’une seule apparition à soi (de la conscience-de, qui est autrement plus vaste et ample que cette limitative opérationnalité, qui réduit au donné là le « là » du donné, qui réduit le réel à la réalité), et que tout, absolument tout, toutes les représentations, tous les comportements, tous les vécus, tous les objets et les choses mêmes ne nous offrent pour ainsi dire qu’une seule canalisation de l’être ; la soumission à la conscience obscure.

Conscience obscure parce que « conscience-de » est ignoré par le moi (qui se prend pour « qui » il est), absenté par l’objectivisme (des sciences, de la technologie, de l’étatisme, de l’économisme), et qui plus est, cette conscience-de est reniée par les théories, les pensées elles-mêmes qui croyant fonctionner comme révolutionnaires s’embarquent dans une dénégation de l’activisme structurel de haut vol, métaphysique et ontologique, et privilégient, ces pensées non enracinées, une abstraction (qu’elles condamnent prétendument) et une extériorité (qu’elles croyaient abolir par ailleurs).

Notons bien que par pensées non enracinées, on n’entend pas « racines « historiques mais racines métaphysiques (des grecs) et ontologiques puis existentielles (des chrétiens, de Descartes, des méta sujets, Kant Hegel, des grands sujets, Rimbaud ou Nietzsche, etc). Par non enracinées c’est le contraire de ce que cela parait présenter qu’il faut comprendre ; de théoriser le moi comme psychologique le déracine de son être de structure de conscience-de, et le lui remplace, cet être, par une composition qui est tout entière dans la dépendance des psychologues (des économismes, des étatismes, des scientismes, des pharmacologies, tout ce que l’on voudra du même type) ; dans la dépendance de la théorie des autres consciences … C’est en cela qu’il s’agit d’une soumission totale, absolue et volontaire aux discours-des-autres. Les discours-autres se sont multipliés comme autant de centrifugeuses qui évacuèrent notre-être, l’éloignèrent radicalement en lui coupant les racines justement. Théories objectivistes ou objectales (le moi est « de désir » ce qui signifie en sous main, est dans son objet de désir … il est décentré déjà toujours fondamentalement par ces théories hors de son être-structurel).

Rappelons ceci ; il ne s’agit en réalité nullement de choisir entre le libéralisme et le communisme ; pour la raison que toute société humaine suffisante ( !) devrait s’organiser à la fois du libéralisme et du communisme et que ce fut une vue de l’esprit (cad une idéologie, hyppocrite) que de les séparer. Une absurdité sans nom, d’autant que de toute manière toute société est à la fois, et de fait, communiste et libérale... D’une part.

Et d’autre part même si l’objectivisme, (science, étatisme, économisme, technologie, etc) et objectalité (théories qui excentre vers l’objet) ont déchiré la structure (grecque, chrétienne, cartésienne, méta ou grands sujets, etc), c’est cette structure même qui a déployé ces/ses négations ; elle récupérait par là la densité, la matérialité, la matérialisation (cad la production de la réalité, mais aussi son inventivité de tous ordres, institutionnels ou technologique, ou sa créativité selon les œuvres et les esthétiques puis les mass médiatisations, etc). Ceci étant, donc, la ruse de la structure qui parvenait ainsi à envahir le monde donné là (Le « là » du donné, le réel, l’étrangeté prenant d’avance, d’assaut, de puissance, la réalité, le donné là, le perçu).

Sauf que à force de produire de la matérialisation on a oublié le structurel qui pourtant seul l’origine, ce qui revient à se prendre les pieds dans le tapis.

Ainsi pour chaque moi revient l’étrangeté ; il est non évident que nous soyons un corps, et de plus ce-corps là, le un-tel, le nom du moi, ce vécu, et il est absurde de se couper du structurel ; en tout moi existe un sujet et ceci envers et contre les discours-autres, théories de l’objet, épistémès dérivées, mais aussi envers et contre les fleuves d’images-idées qui se déversent continuellement et nous agglutinent à une saisie objectale de notre existence. Une seule et même logique constamment répétée, lassante, offrant toujours la même face forcément aveugle, percevant en 2D.

Toute la mass médiatisation depuis le début nous fige, nous glisse, nous attire dans la même et centrée logique d’objectivisation, de perception extérieure, de soumission, en assénant, et ceci est le plus évident, un objet à notre désir, et ce n’est pas que notre désir ait à s’affliger d’un objet, c’est que notre être n’est pas de-désir… Et c’est pour cela que tous les mois du monde n’y comprennent rien à la vie qu’ils se font eux-mêmes et dont on les convainc si aisément ; ils sont décentrés dans l’instance du discours-autre, de la logique abstraite (qui pourtant se croit la plus concrète et réelle), de l’extériorité dont ils attendent une intériorité, que l’on nomme aujourd’hui une identité, psychologique ou autre, ou une vérité, qui n’existe pas. Ça n’est pas de ce côté-là (du monde) que ça se passe.

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L'archi, l'hyper et le méta ; l'historicité philosophique

6 Avril 2015, 12:20pm

Publié par pascal doyelle

L’archi est inventé, créé, découvert (dé-couvert, annulant ce qui le couvrait) par les grecs comme pensée, soit donc comme élaboration intentionnelle (idée) de machines intentionnalisatrices (les systèmes), se chargeant de démontrer le monde en tout ce qui, dans le monde, n’est pas perçu (ni par le corps et l’immédiat, ni par le groupe et le langage commun, par définition) mais ne se saisit que par la pensée qui ajoute au monde des différences et augmente notre être (notre être dépend de la pensée qui est le foyer actif, l’ardeur du cosmos constituant le monde dispersé ou troué, comme cosmos et pensée animant le monde, le donné là, et son immanquable corolaire ; le « là » du donné, l’être, le réel).

L’hyper est inventé, créé, découvert ou révélé (comme on voudra) par le christianisme qui arcboute instantanément tout donné en un seul au-delà de tout vécu (le vécu, la « vie », l’existence) est l’aperçu gigantesque qui englobe tout le perçu, tout le pensé, tout l’imaginé, tout le ressenti, selon le monde et le corps donné là, et bascule tout cela en une fois en une re-naissance ; par là le christianisme atteint la racine même ; non seulement le vécu de chacun, mais le Vécu lui-même, la Vie, y compris le monde créé et aperçu dans l’immédiateté. Tout est « sous la vue » d’une autre conscience.

Dans les deux cas, c’est la Même réflexivité archi et hyper, extensive et intensive (universelle et singulière, intense, puisque par la re-naissance on est appelé tel quel et entièrement et au-delà de entièrement), de sorte que grecs et chrétiens s’interpolent et s’engagent l’un par l’autre d’un seul mouvement.

C’est ce mouvement d’outrepassement (du monde donné là et du vécu comme Vie et entièreté du donné là) qui se nomme réflexivité ; mais contrairement à sa « traduction » affaiblie (de la pensée comme raison, du sujet comme moi, de l’être, du réel et du là du donné comme naturalisme généralisé), la réflexivité n’est pas la réflexion (de notre nature humaine sur elle-même) mais est en soi une structure en plus (de tout monde humain, de tout vécu, de tout donné, de tout contenu) et dont les mondes humains, l’humanisation ou la personnalisation sont les effets.

La réflexivité est la conscience-de (qui n’est pas le conscient, dont le conscient est un effet), soit donc cet être autre et étrange qui s’extrait de tout monde humain et de tout Vécu, et qui étant réflexivité, se-sait et prenant conscience de sa spontanéité, se-sachant tel quel (sous d’abord la conscience de l’être, du réel, puis de la conscience indéfiniment réelle, dieu, puis du sujet qui se re-tourne vers lui-même et crée son être comme rapport pur et simple, pur et dur), entame instantanément toute sa potentialité ; d’où qu’il sera plus tard, bien plus tard, connu comme puissance (potentiel en soi).

L'abysse

La réflexivité n’est pas du tout chose raisonnable … c’est une porte ouverte abyssale. C’est le mécanisme (né de et par la cervelle qui s’exporte dans le donné là, vers le réel) qui broie et absorbe et épuise les mondes, les mondes humains et les personnalisations (ce qui intéresse n’importe quel moi). C’est une sauvagerie, d’autant plus puissante qu’elle requiert intrinsèquement la Cohérence dévoratrice, qui ne laisse aucun répit ; c’est ici et maintenant que cela doit se réaliser, se rendre réel. Les grecs ou les chrétiens ou Descartes sont les impératifs absolus ; la radicalité même. L'être réel systèmatiquement voulu.

Ce dont on a voulu pallier l’intransigeance. En s’en protégeant mais aussi en usant de sa potentialité en réduisant le donné là au monde rationnel, le sujet fou structurellement au moi, dieu et l’être en une épistémologie faible, le là du donné à la détermination. Le mouvement de se préciser, de fouiller et ramener le détail, d’assujettir le donné à la mathématisation, à l'objectivisme est nécessaire, mais il n’est pas « ce qui est » d’une part et d’autre part entraine une limitation (tout à fait légitime et valide mais en son ordre seulement) de notre être, qui de ce fait éclate, éclate du dedans, du dedans (non de son «intériorité »), du dedans structurel. Rendant impossible de maitriser la rationalisation, le moi ou la nature humaine qui ignorant sa fondation structurelle ne peut pas par ses efforts de raison, de psychologie ou de science atteindre cela même (structurel) qui existe antérieurement au monde, corps physiologique ou psychologique, langage. C’est la même logique de pensée de l’objet, selon l’objet, qui empêche de passer par-dessus (compte tenu de toute l’objectalité que l’on voudra, que l’on trouvera), et de doubler la raison par la pensée, la réflexion (de la nature humaine sur elle-même) par la réflexivité.

Les monstrations de la réflexivité

Or la réflexivité elle s’est montrée mille fois ; il ne faut pas croire qu’invoquant la réflexivité ou la pensée ou le sujet (que contient tout moi) cela s’adresse dans le vague ou l’infini insituable … ça a déjà eu lieu et s’est déjà réalisé ; pensée grecque et chrétienne, sujet cartésien et grands sujets qui suivirent, délires effarants des mois ou exposition intégrale des causalismes (de toutes les sciences, y compris humaines) montrent les articulations ; ça ne montre rien d’autre ; ça a travaillé effectivement (avec des résultats, des effets, des possibilités) à ce mouvement et de ce mouvement bine plus conséquent qui est d’un seul tenant. Ce que l’on juge comme inadéquat à notre maitrise possible (en jugeant selon les critères limitatifs de l’humanisme naturaliste, de la raison rationaliste, du moi psycho quelque chose), ce sont en réalité nos racines ontologiques qui sont niées, oubliées, refoulées, par lesquelles il y eut entre autre le rationalisme, l’humanisme, le psychologisme.

Le monstre

La réflexivité avant de se démontrer, est en elle-même un monstre (l’engendrement monstrueux de l’univers effroyable) ; lorsque l’on passe de la démonstration (en quoi les grecs trouvaient le moyen de répercuter l’archi intentionnalisation du monde, de démultiplier les intentionnalités dépassant le langage et le groupe, l’immédiat et le localisé, le corps donné et animant de la divine réflexivité, la pensée est divine) à la monstration, ça n’est pas une réduction de l’ambition ; parce que originellement les grecs creusent à même la réflexivité arcboutée sur le réel (le là du donné) et emportent la réalité (le donné là, devenu monde unique universel pour notre-être effectivement actif, et non recouvert par des contenus, qui donc rapportent les contenus à une archi intentionnalisation, attendant l’hyper intentionnalisation chrétienne).

Lorsque Descartes inaugure que cet être là se-sait et qu’il est épouvantablement noyé dans les suspicions, les doutes, les folies, les délires, les préludes au cogito (le pseudo monde philipkdickien des irréalités virtuelles qui engouffrent la conscience de la conscience) qui dresse en une seule fois que c’est ici et maintenant que « cela », cet engendrement structurel du sujet existe (celui impossible qui veut impossiblement remonter dans la structure-source qu’il est de s’articuler en toute actualité, en tout présent ici même, au réel, de l’étendue du monde), il augmente radicalement que l’archi et l’hyper se créent selon et par et dans la méta-réflexivité.

Si Spinoza et Leibniz s’en prennent à l’étendue (qui est impensable depuis qu’elle est matériellement étendue et non pas idée, notion scolastique de la forme idéelle de la matérialité brute), Kant, Hegel et l’idéalisme allemand s’engouffrent dans le différentiel de conscience ; ce par quoi la subjectivité est subjectivisme, l’esprit qui se sait ; la pensée, outre l’intermède kantien qui décrit au plus loin la différence entre la conscience et son être (la structure et la source), la pensée ne peut plus se nommer autrement qu’esprit. L’esprit est devenue à ce moment la pensée (jusqu’alors tenue objectivement) comme sujet. Non seulement l’étendue est devenue un problème absolument majeur, mais de plus qu’il y ait un différentiel intentionnel entre soi et (soi) est proprement confondant. Tous voient bien que ça ne résout pas en objectalité, en objectivisme (du concept) ou en objectivité (des sciences). Il faut attendre Husserl pour saisir comme ça se structure intérieurement en conscience (il admet encore que cela forme une intériorisation-extériorisante du Sens) ; ou Heidegger que cet être est posé là en son « être-le-là », dans l’ouvert du donné là, arguant d’un monstrueux « là » du donné (dont le rassemblement est confié au Sens de l’être, mais un Sens a-humain, comme celui de Nietzsche était sinon inhumain du moins surhumain, tous deux frôlant ou s’effondrant dans l’inhumanité).

Mais même cela nous est devenu étranger, puisque l’on a annulé (prétendument) le différentiel conscience/conscience (sauf Sartre qui plante carrément qu’elle est, toute une, bizarrement un mécanisme), et remplacé et l’étendue incompréhensible et le différentiel par des objets. Moi, raison humaine, humanisme et étatisme, naturalisme technologique ou économique, libéral ou communiste, épistémologie limitative (de résoudre tout ce qui est en objets, en détermination et non plus d’activer les structures intentionnalisatrices fabuleuses finement tissées par-dessus la réalité vers le réel, de sorte que l’on se perd le nez dans les seules réalités aveugles, rendues aveugles et sourdes).

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Le Divin et le Corps

3 Avril 2015, 08:03am

Publié par pascal doyelle

L'instance originelle de notre être.

On a voulu donc tendre la pensée, grecque, au travers du monde, mais c’était insuffisant, il fallut qu’il y ait dieu et son retour sur terre pour que l’on prenne toute notre réalité, tout notre vécu, de la naissance à la mort et au-delà (forcément) pour que paraisse qu’il y ait unité au-dessus du donné là.

Or cela originait l’être dans une conscience, celle de dieu, ce qui échappait fondamentalement à l’établissement d’une pensée onto-logique, qui puisse penser intégralement l’être puisque cet être se référait à un monde créé par une décision, une intention, et tout devait alors glisser dans le processus de cette intention divine et une (processus signifiant ; que l'on y croit ou pas, c'est un processus, comme la pensée grecque est un procédé).

L’articulation par le christianisme se montre doublement ; d’abord en réassignant le Un, dieu, et d’autre part en posant ici même une conscience qui soulève l’intégralité de la réalité par la foi, cad par la renaissance en conscience de ce qui jusqu’alors existait comme corps donné là. Comme corps ou comme pensée, pensée du et de ce monde, pensée dite divine par les grecs, mais divine en elle-même et non pas ajustée à dieu.

Ce qui existait comme pensée est devenu l’intention à définir. Or on ne peut pas définir une intention ; elle doit, elle, se dire, se manifester. Sinon on n’en connait rien. Et le jeu extraordinaire qu’elle engendre n’arrête plus dès lors d’ensemencer la réalité humaine ; son schéma est exportable ; qu’il y ait dans la réalité un retour intentionnel (qui se dénomme ou le fut comme christ, saint, esprit assignée au Un, qui vient nous chercher l’être) est un schéma tellement duplicable puisqu’il ouvre la prise en main de chacun sur la pensée, sur le discours, sur la parole, sur donc et par une intentionnalisation qui ne se réfère qu’à cela seul ; le Un. Et ici et maintenant, le Un est le corps. Réintentionnalisé.

Le renouvellement du corps

C’est ce que l’on nomme l’esprit (par l'idéalisme allemand par ex, mais dès le début par la réflexivité monothéiste et chrétienne) ; le « qui ne s’épuise pas dans la pensée ». Mais on comprend alors que si l’on ne veut pas pour cela dire « n’importe quoi » et que l’on veut continuer de penser selon le Un, il faut que l’esprit se réassigne à lui-même et dresse son repérage ; pour ce faire il faut qu’il garde, préserve en lui-même la pensée, étant donné que la réflexivité étend son domaine par le réflexif chrétien, ça n’est pas en abandonnant la règle du discours rigoureux, mais en s’ajoutant à lui (ils reprennent toute la pensée grecque). Mais aussi il faut qu’il garde la « foi », or celle-ci consiste en la résurrection des corps ; que l’on y croit ou non peu importe. Parce que l’insistance radicale est mise sur le corps, une fois pour toutes. Et c’est ce support là qui va demeurer intact et ce pour la raison que chacun apparait de et par son propre corps, que le renouvellement est toujours constamment identique ; on nait tous et chacun identiquement selon le même corps dans le même monde unique des grecs et que l’un comme l’autre existent universellement.

Soudainement donc l’histoire est pliée. Il existe un pli dans l’historicité. Le procédé des grecs pour résoudre l’apparition incongrue et incompréhensible de la réflexivité, soit donc la pensée, ne suffisait pas ; la réflexivité étendant son domaine, par le corps du christ, découvre une autre solution au problème ; à condition d’étendre en plus la sainteté, cad ce qui insuffisamment se nommait la divinité de la pensée grecque, la justice, l'idée du bien, au corps. De là qu’on lui reproche une « morale ». ce qui, on le voit, est parfaitement exact, sauf que ça n’est pas une « morale ».

Parce que l’on entend morale comme « moraline raisonnable », de type (faussement) kantien ; terne et tout à fait abstrait (ce qu’évidemment Kant n’est pas), issu de la réduction de la pensée à la raison (laquelle raison est celle d’un « sujet » sec et pauvre, tourné vers l’objet ; le sujet cartésien est tout sauf réductible à l’objectivisme). Il est clair que la sainteté christique est intégralement prise dans et par le Un, qu’il réussit, exploit insoutenable, à inscrire comme corps.

C’est parce que le moi, son naturalisme, le naturalisme de la raison objectiviste, le corps comme donné là et non comme corps schématique absolu (cad comme Idée, comme Image), sanctifié par le un, parce que le naturalisme du désir, fondement des psychologies diverses et variées, qui veulent vous penser comme « chose » (et ils le disent en plus ; vous désirez la « chose », on ne sait pas du tout ce que c’est que cette chose, et puis ensuite pour vous asséner que ça se pourrait que ce soit le sexe, la sexuation, le rapport sexuel, une chose non nommable), c’est parce que le moi et la raison naturalistes ne supporteront pas d’être assigné au Un. Qu’ils réduiront la pensée chrétienne comme ils réduisirent la pensée grecque, l’une à une illusion entre autres illusions, et la pensée à une raisonnabilité (en quoi la pensée grecque est-elle rassise et raisonnable ??).

Rappelons par contre que si la pensée se résout à la raison, c’est afin de gagner en précision ; de sorte que naturalisme, raison, moi sont utilisés par, en l’occurrence, un sujet … qui continue au travers de ce qui le contredit ou au moins l’oubli, son exploration ; que nous ne serions donc pas sans la raison, le moi et le naturalisme, mais que ça n’est pas une raison de s’en satisfaire.

Champ épistémologique et réflexivité ardente

On va bagarrer ; on va bagarrer en se soumettant néanmoins au champ épistémologique, comme on dit, qui délimite la pensée, devenue raison, à la science (et puis plus loin au calcul, sauf que dans le calcul il va se montrer l’univers délirant que l’on sait, le monstrueux, c’est bien embêtant pour la raison fadasse). On va bagarrer en tentant d’instiller dans la raison de la folie, structurelle ; quelque part la philosophie, la pensée, la réflexivité tentent le tout pour le tout, et se veulent plus dures que la raison et la science et le calcul ; et c’est très bien parce que non à bout de ressources, on va tout réinventer. C’est la réflexivité formidable qui va se déployer, engendrant quantité de ressorts structurels ; de Kant ou Hegel ou idéalisme allemand, ou des grands sujets (Stirner, Rimbaud, chacun ses Grands sujets , énormes et terrifiants, les esthétiques qui s’énormisent de précisions et de clartés, illuminations, etc) ; Descartes avait raison, il a montré que le sujet est, qu’il est ce corps sur cette étendue et que rien n’est joué.

Bref, la réflexivité surajouté à la réflexivité grecque, la réflexivité chrétienne entame un corps infiniment riche de son idée-image, assigné au Un, n’oubliant rien, pas un iota de la pensée antérieure, et ensuite rassemblant encore mais cette fois toutes les esthétiques, les politiques le esthétiques, les mystiques, les idéels de tous les mondes humains (parce qu’il ne faut pas oublier, n’est-ce pas, que nous faisons œuvre de ne rien, rien laisser dans l’oubli, tous les peuples sont appelés, en une fois, puisque c’est notre-être, strictement vide et formel de conscience-de et d’autre part le monde unique universel, qui contient tous les mondes, qui ont surgi dans le pli de l’historicité. c’est littéralement qu’il faut entendre le christ et son schéma idée-image du corps se disant corps de tous et de chacun ; c’est le corps même qui parle, pense, se perçoit, se rend intense. Les grecs inventent l’extensivité, le christ (ou cette figure) l’incroyable intensité, et aux mois revient la densité ; aux grecs l’archi, aux chrétiens et monothéismes l’hyper, aux sujets (ce par quoi il existe des mois) le méta (de Descartes, Kant, Hegel, grand sujets, etc).

Tous ces passages témoignent de l’acquisition de cet être étrange, la réflexivité, soit le retour-vers, dont évidement le christ est plus que l’archétype, est le corps même, le pli dans l'historicité. Rien de tout cela n’est un hasard ou une illusion ou une erreur ; il vient instantanément à la réflexivité, à la conscience qui est conscience-de, cad retour-sur, de saisir, au vol, dans l’effroi ou l’illumination, de quoi s’agit son être, structurel ; elle le sait de se tenir de la cohérence même activée depuis les grecs, le christ, Descartes et cent mille autres aventures ontologiques. cela se nomme instanciation. Dans l'instant se-sait.

Que l’ontologique se joue de et par chaque corps est une hérésie à l’époque, pour la pensée antique, et pour le monde tout court (et notamment les classes sociales du temps), mais est devenu également une hérésie pour la raison, cette simili pensée (mais absolument nécessaire), comme pour ceux qui en admettent le joug épistémologique. D’où l’incapacité à ramener pleinement l’instance originelle de notre être, là où il fut créé, inventé, découvert ou révélé (comme on voudra). L’instanciation de notre être est l’effectivement réel ; le ce qui n’est pas, le ce qui est impossible, est le possible lui-même (il n’y en a aucun autre, puisque nous ne sommes que cet être même dans le monde unique universel).

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La haine fondamentale et la soif du Un

1 Avril 2015, 08:47am

Publié par pascal doyelle

Heidegger cherche donc l’originaire ; le là.

L’être-le-là est l’essence de l’homme mais c’est le lieu par lequel nous sommes, dans le monde donné, ouverts à tout le donné et au-delà ; parce que le là est antérieur, il précède, et ne se localise pas dans un donné parmi d’autres.

Il précède quoi ?

Heidegger considère que l’on est parvenu au bout du bout de l’histoire fausse (en quoi il inclut les juifs, évidemment, les grecs depuis Platon, le christianisme, Descartes, Nietzsche, bref tout le monde … sauf lui ; ce qui est ridicule). Et outre l’absurdité de cette position (qu’il faudrait comprendre, il faudrait en saisir les raisons à partir de ce qu’il découvre effectivement et qu’il interprète faussement) il part de Husserl ; Husserl montre, manifeste, objective (philosophiquement et de là que Husserl tient à ce point à une philosophie scientifique) l’être de l’homme phénoménologiquement. Il décrit notre être comme conscience intentionnelle.

Heidegger se demande « où » est cet être, de quel lieu (ontologique) part cette intentionnalité. Il dit ; cet être intentionnel est « là », ça nait dans un « là », et de dérouler l’expérience extatique de notre activité « là » dans le vécu ou plus exactement de signifié comme notre exister même nous pousse à l'extrémité. Il est en un « là », et dès lors s’ouvre une possibilité interprétative de ce « là ». Heidegger commence donc par décrire le là de tout être de l’homme, le dasein de Etre et temps. Angoisse, temporalité, être-avec, etc, et finalement authenticité et inauthenticité. On ne sait toujours pas très bien ce que « authenticité » signifie

(il est probable ou visible qu’il n’existe aucune authenticité, qu’il n’existe pas de langage qui serait comme le verbe ou la pensée de l’Etre, en tous cas sitôt que l’on tente de définir ce « verbe-langage » on tombe dans des absurdités ou des idioties, idiosyncrasies si l’on veut ; notons bien que le dieu est bibliquement bien au-delà du verbe… le verbe quoi que l‘on fasse ou dise, est second… c’est une récupération que d’identifier le dieu-un au verbe ; on peut s’animer du verbe pourvu qu’on l’ait originé dans le Un, le christ ne dit rien d’autre, d’être le chemin vers, mais absorber le un dans le verbe, est une hérésie, une bifurcation, une élucubration, Maitre Eckhart le sait, et le dit, qui parfait suprêmement la pensée chrétienne entièrement, le Un seul surexiste et n’est pas pris dans l’être).

Et de ce fait, Heidegger, ça ne lui suffit pas, il veut comprendre ce que le là « où » nous sommes signifie, porte, comporte, réalise, entraine. Et il suit alors des tas de cheminements, parce qu’il s’engage, et il a raison mais par le mouvement seulement, dans l’impensé du « là » qui n’appartient à aucune tradition, ni aucune pensée. Il origine donc bien qu’il existe un « là » qui soit très étrange, mais est pris dans l’étrangeté de cet être-le-là, antérieur et autre que tout.

Or il est vrai que le là « où » nous sommes ; ce que notre-être ouvre au sein du donné (et que l’on nomme donc ici outre le donné là (le monde), le « là » du donné), ce que notre être ouvre (à savoir la DimensioN) que ce « là » n’est pas humain.

Ça n’est pas humain, mais non au sens que l’on a pu donner à cette altérité radicale au cœur ou au-delà du cœur de l’humain (ce que tend à porter Heidegger, c’est au-delà de toutes les représentations jusqu’ici rétablies dans le monde, il n’a pas voulu lâcher cette altérité effrayante), on a voulu, comble du vertige qui se mécomprend, lui donner un sens inhumain, voir de négation de l’humain... Heidegger tombe dedans, à plat ventre. Heidegger, c’est une illustration, a voulu remplacer le verbe chrétien et juif par un verbe, un langage plus grand, plus massif ; il s’est doublement trompé, en s’estimant plus grand que ses prédécesseurs, ce qui est ridicule, mais aussi en n’assignant pas le verbe, le langage et la pensée au Un.

Que ce ne soit pas humain ne signifie pas que ce soit infra humain ; ça pourrait bien impliquer le contraire, que c’est en plus de l’humain. Autrement dit que cela existe, cette DimensioN, mais l’humain y compris, et que l’on ait eu raison alors d’identifier cette altérité au divin des grecs, au monothéisme ou à l’infini cartésien ou au Un plotinien.

Sauf que Heidegger voit bien que c’est encore plus Autre que ces autres-là déjà connus. Il se tient de Nietzsche par ailleurs. De sinon l’horreur fondamentale, du moins de l’abyssal. Ça n’est pas seulement Un ou Infini ou Dieu-autre (même celui de Eckhart ou le très bizarre dieu cartésien, qui flirte avec l’absurde tout comme le doute entrainait dans les méandres crépusculaires de l’existence égarée, folie, perception déviée, personnages et masques, parapluies mécaniques) ; c’est, l’être-le-là, radicalement et totalement de fond en comble un horrible réel surabondant mais de désordre et de folie interne au réel lui-même. Le réel excède bien au-delà de l’imagination, puisque l’imagination s’emploie à partir de cette empirie, limitée déjà par l’expérimenté, le perçu.

Il revient à Heidegger de laisser sensible à quel degré effroyable le réel est (disons que effroyable est de trop et qu'Heidegger en reste seulement transi, extatique). Il n’est pas exclusivement besoin de convoquer les autres potentiels milliards d’univers, il suffit de bien affronter le désordre et l’épouvante d’exister, la souffrance et le malheur, le n’importe quoi et la déréliction, l’abandon dans le grouillant et la dégradation, et comme toute réalité retombe de là où elle est issue, dans le bazar idiot, c’est de la soupe opaque et sourde. Ça n’a visiblement pas d’ordre ni de sens. Ça est.

C’est somptueux par ici, c’est merdique bien autrement par là-bas, peu importe ; le « est » engendre bien plus et bien plus fortement, puissamment que l’esthétique ou l’éthique ou tout ce que l’on voudra. Le « est », le « là », est incommensurable. Rien ne le mesure, ne le dit, et il ne s’aperçoit qu’aux confins de la conscience du réel qui nous prend, nous superpose, uniquement accessible de la plus a-humaine abstraction, ce qui se nomme une idée. L’idée en tant que le triangle n’existe nulle part, sinon des similis de triangles, mais l’idée de triangle est plus grande, pareillement le « est », le « là du donné » effrayant est une idée perceptible tout au-delà de sa représentation.

Et c’est là-bas que l’on nait, que l’on ex-siste, quelque chose de notre être (et qui seul est vraiment notre articulation au réel) se situe « là », dans l’horrible. Dans le grondement sourd du réel qui emplit tout, puisqu’il est tout, que c’est son aventure, pas la nôtre.

On y participe plus ou moins, et comme Heidegger, comme Nietzsche, voit bien que ça ne peut plus se dire comme étant le Bien ou le Un ou Dieu, il tombe dans la surdimensionnalité dépourvue de tout réfèrent, et cela seul est, le non référent. Du reste Nietzsche comme Heidegger tentèrent de récupérer l’abomination, de lui offrir quand même une belle surface ou une profondeur de la Vérité de l’Etre, on ne sait trop quoi en fait (le langage tellement distordu que l’on n’en peut rien soutirer). Ça n’en a pas, ça existe d’un seul pan démentiel, bien au-delà du langage, il n’y a aucune prise. Sinon la conscience la plus précise possible que l’on en saisira. C’est l’acte de conscience de structure qui s’en saisit sous la forme d’en être-saisi.

Parce que ça ne signifie pas qu’il faille se laisser happer par l’horreur. Enfin chacun décide comme il l’entend. Mais on peut vomir tout ce réel d’une débilité sans faille, cette abomination, et vouloir ici même que le Un soit, que Dieu soit, ou que le sujet soit, ou, bref, ce que l’on voudra (qui se tienne du Un-qui-n’est-pas, qui doit être).

Histoire de contrer cette ampleur délirante de l’être réel, ce nauséeux bordel. Histoire d’être bien guerrier et bien méchant envers ce qui veut nous tuer. Que ça vienne, la haine de ce qui me tue, que je lui crache jusqu’au tréfonds.

Il faut juste ne pas se tromper d’ennemi (ce qui est le cas de Heidegger ; il s’est égaré dans l’infra pensabilité).

Nommons ce qu’il faut vouloir, désirer, appeler, énoncer, formuler, expectorer, énormiser : le Un. C’est neutre, ça ne dit rien, c’est insituable (ça ne mange pas de pain). Et visiblement ça n’existe pas. Et bien que cela soit.

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