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instants philosophie

Vision de l’histoire de la pensée – 2

27 Septembre 2016, 12:55pm

Publié par pascal doyelle

Jusqu’où déciderons-nous d’exister ? Jusqu’à quelle limite ? Quelle forme de conscience créerons-nous qui se tienne de la dimension du réel ? Ceci repose sur nos épaules, de A à Z ; c’est ce que cherche Sartre à délimiter chez ses créateurs (qui laissent des traces, des milliers de traces de leurs inventions de leur exister, et c’est ce que Lacan veut laisser remonter de la décision de soi et ce de tout un chacun, dont la personnalisation est l’ensemble des traces, dispersées, égarées, repliées, mais comme l’arc de conscience de chacun est à même le réel, c’est via son corps, sa surface-autre).

Rappelons que l’on ne conçoit pas du tout que la structure puisse être hors du monde ; chaque conscience est au Bord de son donné déterminé ; à la surface de son corps ; l’arc est tendu vers le présent (de ce corps-çi) et entraine le monde et les gestes.

Il est clair que les pensées et puis les sujets (de Descartes à Husserl) et les grands sujets ;

poètes et créateurs et philosophes de l’altérité, libérés par la positon tenue cartésienne (et puisque la structure, non pas Descartes mais la structure dont Descartes décrit l’universalité, le « bon sens » réparti, qui devient aussitôt un autre-sens ou un non-sens, le bon sens est la claire voyance, le voyant)

explorent intensément non plus seulement (si l’on peut dire) le monde et le vécu selon l’universel (la forme entière de l’humaine condition), et de l’universel comme horizon, qui sera installé par la révolution, mais explorent dans la ligne exigeante du sujet énormisé par sa décision intense de passer outre (Descartes et suivants) puis dans la ligne de l‘altérité brute (de Nietzsche à Lacan, via Heidegger et Sartre, Rimbaud ou Céline, on se choisira ses héros ; le sujet se démultiplie, la liberté se propage comme la vérité se partage).

Rappelons que l’instance ontologique se déroule de la pensée et de l’être, selon l’universel (cad la conscience augmentée de toutes ses intentionnalisations, systématiques, sinon elles ne se tiennent pas),

puis de la réflexivité du sujet constituant notre-être comme cet-être, sur l’étendue du monde, en retour sur son être mais comme structure puisque se situant antérieurement à la pensée, et élaborant la description de cet-être comme structurel (de Descartes à Husserl), opérant un re-tour, un nouveau tour,

et enfin à partir de cet-être, ce sujet (impossible sinon il ne serait pas sujet) l’ontologie se déroule comme altérité ; altérité du monde, via les objectivités ou selon Freud ou Marx, mais aussi altérité pleinement investie d’ontologie brutale de Nietzsche à Lacan ; altérité telle qu'aperçue de ce Point de vue, cartésien (absneté par la science, ignoré par le moi, et annulé par les théories de révolte, pusiqu'il doit entrer en sa contradiction pour apercevoir par dessus lui-même) et dont Descartes signe la première évidence ; l'étendue.

Mention spéciale à Sartre et Lacan en doublet ; l’un exposant l’externe altérité d’une structure de conscience (le monde, la choses, les autres, l’historicité, l’exigence d’éthique otologique pure) et l’autre dépliant en interne l’extraordinaire complexité des tours et détours de l’arc en un corps, et individuel et individué.

Et plus généralement et pour en finir avec la « modernité », il faut comprendre que l’immense altérité n’est pas exclusivement le fait du dernier siècle, mais que la pensée, dieu, le christique, le sujet exposent impitoyablement notre réalité à l’altérité, au structurel.

Il serait étrange de penser qu’il suffisait de ce dernier siècle pour la lumière vint à la pensée ; ce serait ne pas saisir que la structure est active depuis le début ; soit en inventant des mondes de synthèse (un par un, et dits ici particuliers, mais c’est uniquement par opposition), soit (et c’est l’opposition) en débarquant sur le sol même ; l’occidentalisation (la méditerranée, grecque, mono et christique) ; sur le sol réel, ce qui ne signifie pas qu’il faille tout retirer des mondes particuliers, mais que l‘occidentalisation recherche l’articulation au plus prés, cad ici même pour les grecs et ici et maintenant pour le christique.

Lorsque que se décide la réflexivité sur notre être, elle découvre que cet être est réflexivité ; formé en retour-vers ; l’arc dresse un horizon et lorsqu’il prend conscience de soi comme activisme (les grecs qui multiplient les systèmes d’intentionnalisations, le christique qui se pré-voit de la naissance à la mort d’un point hors champ) il pénètre à l’intérieur de cet être, de la réflexivité, dans le dedans sans dedans, il commence d’avancer par la dimension, sur sa ligne ; lorsque les grecs découvrent que la pensée engendre le monde, c’est à la fois faux, mais surtout vrai ; par la pensée on augmente considérablement les intentionnalisations possibles et la pensée apparait de toute évidence comme la vie même des choses et des êtres ; et que par la pensée, déployée, on puisse s’ouvrir à quantité de différenciations, situées dans la réalité même, et ce par la distinctivité de toute l’intentionnalisation ; c’est un acquis absolu ; une réflexivité qui sera reprise par toutes les réflexivités qui suivront (Nietzsche crée un système, comme tout philosophe, parce que le système est la distinctivité de l’intense intentionnalisation extensive du donné là, du donné et du « là »).

Réflexivité sur la réflexivité qu’est notre être, parce que l’on n’y atteint pas sans s’y exister ; notre être étant rapport, dynamique, mouvement, retour et re-tour, on ne peut pas l’observer extérieurement ; et si il peut de cela lui-même se décrire tout en demeurant interne, c’est que la réflexivité est elle-même altérité pure et dure ; elle peut être autre qu'elle-même ; l’arc structurel peut se décrire à partir de rien et les formules (être, dieu, christique, sujet, altérité) sont dites abstraites en ceci qu’elles reviennent sur l’intentionnalisation et autorisent de distinguer, ce sont des opérateurs ; l’arc de conscience est un rien formel qui ne contient aucun des contenus et qui par un effort interne révèle que cet interne n’est pas l’intériorité ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl (et tous les autres) découvrent l’interne comme structure et ce sur la visée, vision de l’externe (comme monde étendue, comme monde kantien pris dans le transcendantal, comme historicité toute étalée des plis et replis de conscience, comme effective structure phénoménologique husserlienne) ; et ce sur l’horizon externe ; lequel est vraiment externe, relevant par ex d’une altérité nietzschéenne et heideggérienne ; réellement a-humaine ; mais la structure interne, dite arc de conscience, est tout aussi Autre ;

la difficulté n’est pas que ce qui témoigne de soi est déjà soi et que donc il n’en peut rien conclure de véridique, mais que l’arc de conscience part du vide, du zéro, du rien, et qu’alors même que ce formel existe réellement comme tel, elle ne dit rien ; aucun contenu ne lui convient ; de ceci que pour opérer le tour, il faut user de parties de monde, de vécu, de langage, et les détourner ; aussi le langage ontologique sera-t-il de nourrir, d’emplir de nouveaux mots ou d’anciens mais renouvelés, par une expérience interne et externe propre (lorsque l’on se situe dans la structure l’interne est l’autre-et-la même face que l’externe, tout est au-devant pour l’arc de conscience, ou pour le présent) ; en ceci chaque trajet de conscience arc-ticulé réclame d’être intégré à votre propre conscience, que l’on doit rendre formelle, autre, autrefois universelle (ce qui est conservé, toute la réflexivité est intégrée à la réflexivité, puisque depuis le début il s’agit du même et unique être), et ensuite dite du sujet (impossible), et enfin explosée par l’altérité brute (Heidegger, Nietzsche) et enfin encore décortiquée par Sartre et Lacan ; la modification obtenue de la structure qui a remonté le devenir structurel transforme l’arc de conscience qui est le votre ; tout ceci montrant et démontrant l’hyper objectivité de cet-être qui se retourne vers lui-même en accomplissant un re-tour, un tour en plus à chaque fois ; un tour réel, effectif, ayant cause unique et formelle (et donc indéfinie en effets).

Recherchant l’articulation unique, l’occidentalisation a ainsi extrait ce mécanisme (ce qui est une image, on a bien compris, et en même temps un effectif mécanisme dont nous sommes les effets, un mécanisme ontologique, qui engage l’être même, identifié ici comme présent, cad comme Exister, soit comme arc de conscience, ce qui nous est accessible si l’on s’y tient, soit comme présent qui existe, dont on ne sait pas encore ce qu’il signifie). La déception généralisée qui atteint régulièrement la pensée, vient de l’inadéquation de l’attente et des résultats ; parce que des résultats il y en eut tant et tant qu’il faut se vouloir aveugle pour n’en pas profiter. C’est que l’attente se suppose comme soulagement, satisfaction, plénitude, voire zénitude ; le seul a célébré l’insatisfaction comme originelle et absolue, c’est Nietzsche ; il se plante au cœur du présent de réalisation et qu’il n’est de puissance que celle qui est tout entière tournée au-devant (Nietzsche appartient à la pensée de l’altérité et s’installe au cœur de celle-ci) ; la vague de puissance (cad de potentialité) est « ce qui réalise ». Évidemment il la tourne comme volonté « non consciente », or cependant cette puissance il en rend la conscience active ; c’est un jeu par lequel il montre bien ce qui est effectivement le cas ; l’arc de conscience n’est pas le conscient, l’arc de conscience est au-delà ou en-deçà de toute prescription ; il est l’agissement qui se re-tourne.

On a vu que la pensée, le sujet, et l’altérité fonctionnent sur la base nulle et formelle (l’abstraction que constituent dieu, le Un tout-autre, la pensée, le sujet, l’altérité même du dernier siècle (Nietzsche, Heidegger, Freud, Marx, les sciences, le structuralisme en son temps, la linguistique, etc) et les avancées dans la structure, (Sartre, Lacan) ; on ne peut pas exprimer la structure sans utiliser des mots, des signes ; mais ces signes deviennent alors très difficiles ; parce qu’ils renvoient à non pas des parties du monde, qui se tiendraient là devant face à tout moi regardant, mais envoient à l’expérience que peut obtenir cet arc de conscience (cloué par ailleurs dans un moi) et donc à condition qu’il cesse de se prendre pour son contenu ; pensée, sujet et altérité éduquent, conduisent, instruisent à passer outre. L’instruction qu’ils lancent dans la structure suractive celle-ci.

Les descriptions obtenues par la philosophie, (et toute hyperbole créatrice et poétique et esthétique et de ces étranges éthiques, de Sade à Artaud en passant par les créateurs eux-mêmes et jusques et compris les révolutionnaires qui surgirent aux 19-20éme et des années soixante, etc) doivent être tenues pour vraies et réelles ; chaque arc de conscience, chaque sujet en son moi doit absolument y souscrire et se produire sur la scène d’une véritable éthique ontologique fondamentale. A quoi doit-on faire attention ? Qu’est-ce qui oriente et désoriente l’attention que l’on a d’exister ? Que doit éclairer le faisceau de conscience ? Or il doit se cibler lui-même, se re-tourner ; laquelle structure n’est pas égocentrée, puisqu’elle est justement ce qui éclate instantanément tout contenu ; l’explosion interne/externe de la conscience est l’arc de conscience lui-même, qui cesse immédiatement de se figer comme conscient (de même que Sartre l’expose dans le monde et dans l’historicité ou Lacan dans les surfaces du corps et du vécu, et tout comme Descartes éclate toute pensée pour ajouter un étage à la fusée, qui consiste à mettre en forme la structure le singulier (qui n’est pas le particulier, qui est l’individué, en-deçà même de l’individualité) et de même que Platon ou Plotin conduisent l’excès d’intentionnalisation du monde.

Lorsque le faisceau d’attention se retourne, il se re / tourne ; il reprend à partir d’un zéro innommable ; non seulement selon le collectif humaniste mais selon la personnalisation elle-même ; le zéro est la structure nue, telle que Sartre et Lacan s’entreprennent ; et si l’on voit Sartre avancer bien en avant dans le monde donné là, et niant la psychanalyse, on s’aperçoit que Lacan dénude le vide interne, déplie les mécanismes, niant la philosophie, ou à tout le moins glissant le regard de biais qui dénude les fils ; c’est que le moi a structure non pas subjective mais ontologique. De même que l’investigation grecque de la réalité donnée « là », l’instruction sur la structure du moi dépouille complètement son revêtement d’articulations ; ça n’est pas seulement Sartre qui nous jette dans le monde, cad dans l’externe, Lacan tout autant explose, dynamite l’ensemble du mécanisme, empli lui-même de circonvolutions, puisque cet arc de conscience est quand même la structure ontologique la plus complexe (que l’on connaisse).

Elle est d’une complexité inouïe parce qu’insituable ; la difficulté lacanienne n’est pas un hasard (en ce sens la fixité que Sartre tend à postuler du point de conscience contraste avec l’hyper mobilité et l’incertitude lacanienne) ; c’est d’une forme dont il s’agit, et on ne sait pas « où » elle se place et déplace (une forme se déplace hyper activement, s’accélère instantanément) ; on ne sait pas de « où » elle perçoit, comme en un rêve qui absente la position du moi, bien qu’il soit à la fois nulle part et partout ; c’est la forme de structure qui rend impossible de savoir qui perçoit et comment ; le désir est-il son objet ou inversement ? C’est un milieu en construction, en création, en possibilités, et capable de stocker ses positions, ses possibilités, pluriellement ; un seul signe attache ou délibère l’arc ; le signe est la trace de l’arc, lequel est non pas à distance et ayant perdu le réel et la surface du corps, mais parce que distance ayant acquis une telle surface-autre ; on perçoit le signe, certes et non pas l’arc, mais l’arc est ployé vers le réel ; il ramène le réel au corps, tel signe utilisé afin de renvoi d’une part et d’autre part afin de mémorisation de la position ; et comme il s’agit d’un milieu formel, tout signe influe sur la totalité parce que tout signe passe via l’arc ; le milieu intérieur, soit le conscient, le moi dénommé, est une part limitée de l’ensemble du mouvement de l’arc horizontalisé en retour constant sur, vers et par la surface. L’arc de conscience c’est parce qu’il est minimal, strict, formel et simple mécanisme qu’il produit ; il est la manivelle des mémorisations et signes et systèmes.

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La philosophie, centre du monde

24 Septembre 2016, 09:27am

Publié par pascal doyelle

Résumé et prolégomènes

Suite aux mondes particuliers qui tentaient de synthétiser en une fois leur expérience de la réalité (conformant un monde maya, un monde égyptien, telle ou telle tribu, et bien qu’au sommet de chacun de ces mondes il y eut une pensée métaphysique, on songe à l’hindouisme, mais seul l'occidentalisation situe l'absolu réel ici et maintenant, ici même),

Il y eut la cessation de cette formulation, et de non plus fonctionner selon une synthèse (qui était en elle-même tout à fait logique ; il n’y avait pas de raison a priori de douter de l’accès au monde donné apparaissant et recueilli par et dans un langage au sein d’un groupe qui élaborait naturellement sa mytho-logique),

Et la nouvelle inscription qui a pu créer une nouvelle anthropologisation, en cessant de se confier à une synthèse, en un contenu de conscience a commencé de remonter le long de la structure qui fait-être, fait-exister tous les contenus ; la pensée, ou dieu ou le christique ou le sujet (de Descartes à Husserl) ou l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Freud, Marx, etc) ou l’avancée structurelle (Sartre, Lacan).

Croire donc encore que l’on aboutit à un discours étal, là-au-devant, objectif, c’est en pas voir que la pensée, la réflexivité a au contraire élaboré un méta discours qui n’établit pas une Vérité, mais qui architecture une description de la verticalité du réel ; du réel, antérieur aux réalités, et de la structure, antérieure aux pensées ; on nomme à vrai dire « la pensée », depuis les grecs, ce qui ne produit un discours tout fait, mais ce qui oblige à se retourner sur son être, à renouveler cet être de son vivant, à réinscrire cet-être sur le donné là, le réel, à s’introduire dans l’intentionnalisation et enfin à pénétrer au-dedans de la structure soit externe (Sartre) soit interne (Lacan).

C’est donc non une sorte de vérité monolithique qui fut instaurée mais une fine structure verticale exigeant de se prendre soi comme autre et le monde comme altérité ; afin de splitter la réalité et laisser apparaitre la dimension. Ce que l’on résume au final par ; l’être est le donné là, les réalités, les vérités, mais l’exister est le « là » de tout donné, le réel, le sujet, et radicalement le présent pur et brut ; cela veut dire que le présent, le même, le même exact et parfaitement formel présent, est « cela qui crée » la réalité, laquelle est constituée de mémorisations, constituée des acquis de ce présent unique (depuis le début il n’existe qu’un seul et même présent qui non pas déroule la réalité mais engendre dans son dedans les réalités, de là sa brutalité, son a-humanité, son altérité terrifiante, et son indifférence fondamentale ; il lance des consciences-structurelles ; à elles de savoir prendre l’orientation réelle du donné, et non pas sombrer à désirer ou croire en l’intentionnalisation particulière de tel ou tel donné, telle ou telle partie du donné).

Croire par ex que Kant annule la possibilité métaphysique, c’est ne pas voir qu’il élabore bien plutôt par le devers la structure réelle active (qui produit ici et là éventuellement des métaphysiques), et par là Kant entend échapper à la pensée comme contenu ; mais si l’on y songe le Bien de Platon, le Un de Plotin, le dieu hyperbolique et le christ-en-un-corps sont eux-mêmes des manifestations de la structure pure et brute ; de même il fallut créer toute la technologie des sujets, pour que dans le monde chaque corps devienne la conscience formelle (de Descartes à Lacan, en passant par les créateurs, poètes, esthétiques à profusion ; le tout ayant pour finalité de superposer à notre corps un-autre-corps, une surface en plus, susceptible de recevoir la perception réorganisée selon la cohérence du présent réel ; capable de se-concevoir (soi) en ce présent ; ainsi il n’y eut pas la production subjective de sujets, mais la création objective des avancées du sujet dressant et organisant la structure effectivement réelle de cette structure de conscience, de sa précision, de son augmentation (par la pensée, le sujet, l’altérité et l’instruction interne-externe, Sartre Lacan).

Ça n’est pas une science, c’est une hyper science, cad un savoir ; non pas une connaissance seulement (bien qu’entrainant la naissance des connaissances, de telle sorte que bien souvent la philosophie a lancé quantité de sciences et de théories du donné, des réalités) mais le savoir que la structure qui s’est découverte, dé-couverte autour de la méditerranée, le savoir que cette structure obtient d’elle-même ; là où existe la structure et ce dont elle témoigne (et qu’elle décrit, et qu’elle théorise et qu’elle pense et qu’elle élabore dans le même temps, qu’elle crée littéralement puisqu’elle ne peut pas enquêter sur sa forme sans modifier cette forme et profondément, cad radicalement), là om elle existe, il n’est aucun mot, signe, détermination du monde ; elle instruit donc sa propre expérimentation de structure et dotée de son propre vocabulaire. En somme la « philosophie » est la discipline, qui prît ce nom, et qui signifie ; « ce qui se charge de la structure radicale » antérieure à tout contenu.

Autrement dit l’arc de conscience n’est pas seulement autre que le monde (de sorte qu’il peut le penser, métaphysiquement, rationnellement et selon les sciences) ; si il est autre, c’est en tous les sens ; il est également autre que lui-même (le nier n’aurait pas de sens) ; où l’on voit bien que ce qu’il découvre de son être n’est tel ou tel contenu, fut-il une intériorité subjective, ou une objectivité suspendue abstraitement on ne sait où ; ce qu’il objecte là-devant c’est son être comme structure. La structure qui se définit comme « le rapport à (soi), en lequel le « soi » est le rapport lui-même » ; la distance de la distance.

Elle ne peut pas ne pas créer ce dont elle est la description, de sorte qu’en plus elle en est l’accélération ; les grecs, le christique, Descartes, Nietzsche ou Lacan accélèrent absolument la structure ; c’est en cela que ces déplacements structurels nous touchent, nous touchent au cœur-antérieur.

Si l’objectivité est telle (cad l’hyper objectivité de la description philosophique obtenue de la structure et ce par elle-même, qui se rend telle quelle là-au-devant et se retourne selon les grecs, se renouvelle selon le christique, l’inscription selon Descartes, s’expose selon l’altérité de la volonté et de l’être-le-là ensuite, se démonte selon Sartre et Lacan), alors cette objectivité est « subjective » mais on voit que cela serait incohérent, il faut donc admettre que la philosophie, le savoir, la pensée exposent, montrent, parfois démontrent et toujours démontent le ni objectif, ni subjectif, mais la forme structurelle même ; soit donc la toute logique de l’altérité (dieu, la pensée, le sujet, l’altérité et la structure) telle qu’elle vient découper l’humain, le monde, le corps ; l’humain et le moi sont les effets, dans le monde, de la structure antérieure au monde, de même que le monde naturel, la détermination sont les effets de la structure du présent, tout agissant.

La philosophie n’est évidemment pas le centre du monde, mais sa discipline montre le centre et c’est l’arc de conscience articulé au réel, ce qui veut dire au présent brut. L’arc de conscience est chaque arc de conscience, un par un. en tant que le levier de désarticulation permet à chacun d’exposer au devant la totalité, l’ensemble de ses déterminations et de ses possibilités, déterminations du monde et possibilités structurelles ; ce à quoi s’utilisent et Sartre et Lacan de manière expressément relative au moi de chacun, mais ce qui se rend possible selon Sartre et Lacan est également exposé, explosé par toutes les diffractions ouvertes à partir de la dimension depuis les grecs ; y compris l’accès christique, l’advenue cartésienne du sujet continué par Kant, Hegel, la révolution, la personnalisation au sein de l’humanisation, etc.

Que l’on soit coincé dans le statut tout à fait bâtard du moi, que l’on ne s’estime selon aucun autre trajet que celui à ras de terre d’un corps-langage, d’un vécu psychologique, d’une cervelle cognitiviste, d’un désir-objet, d’une dépendance continuelle à l’objectivité limitée d’une vie, d’une dépendance aux autres, est bien sur une calamité.

Le centre montré du doigt, à le toucher, du monde est l’articulation à laquelle la philosophie ne se substitue pas ; elle conforme votre conscience afin que la dimension s’ouvre en chacune, et cartographie les contours d’une telle dimension, en suivant ligne à ligne les actes de présent, et chaque arc dessine une telle ligne (dont il est bien clair que quelques uns poussent plus loin la précision ou le tracé, jusqu’à se retrouver comme trajet sur le réel ; Plotin, Descartes, Nietzsche délimitent la carte du réel, de la ligne du réel, du Bord du monde. La question qui est posée c’est de se demander pourquoi une réalité, un univers, crée un être spécifique ouvert, a contrario des choses, mais elles sont ouvertes par le dehors, le grand dehors, un être spécifique ouvert par le dedans, dedans sans dedans ; mais ce serait ne pas remarquer que le réel est lui-même disruptif ; le réel n’existe que comme présent. Que s’y ouvre en son dedans un tel être c’est, pour le présent, s’y continuer ; la disruption du présent continue par la disruption de l’arc. Ce qui veut dire que la logique du réel est d’altérité mais tout entière d’altérité ; et non pas d’altérité afin de se réconcilier, on ne sait comment, mais de ré insister en et par plus encore d’altérité. Le redoublement de l’altérité, de la différenciation, de la distinctivité. C’est uniquement, exclusivement de l’altérité que nait l’altérité, c’est elle qui s’étage au fur et à mesure, et elle ne sait pas où elle avance ; la forme se structure, l’arc de conscience prend la forme de son alter ego, le présent instantané, puisque c’est la même structure brute. Son programme n’est pas une raison éternelle (qu’elle soit lois ou mathématiques) ou une pensée ou un quelconque contenu, son programme est la structure elle-même ; ce qui se nomme raison, pensée ou contenu sont les moyens de la forme. De même que le programme du réel est inscrit comme structure du présent.

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Vision de l’histoire de la pensée

22 Septembre 2016, 08:23am

Publié par pascal doyelle

Notre expérimentation n'est pas celle de la représentation ; une "conscience" (cad cette structure formelle vide) est articulée au réel ; c'est l'expérimentation du réel même, tel quel ; c’est en ceci que la psychanalyse a raison ; Lacan (il faut toujours tenir pour vrai les dernières positions ; Lacan est vrai absolument ; le corps pense et la conscience n’est pas le conscient, elle re-vient sur le corps et crée uen surface nouvelle) montre que l’articulation de conscience avance en interne vers le réel ; de même que Sartre explorait tous les rapports externes (la chose, le monde, les autres, l’historicité, etc) ou Heidegger le « lieu » en lequel nous existons (l’Etre) ; c’est la description de tout le réel qui nous entoure, qui entoure ontologiquement notre structure ; c’est en ceci que les descriptions (depuis Descartes) ne peuvent pas se comprendre dans la métaphysique (antérieure à Descartes) ;

la réflexivité ayant développé toute la pensée (tous les systèmes, grecs et chrétiens, métaphysique du discours que tient dieu en créant le monde), la réflexivité fait retour sur une plus grande amplitude ; la présence au monde (de là que Descartes décrive le monde comme étendue et découvre la structure qui origine la pensée, ou que Kant dresse le tableau transcendantal, l’architecture de notre activité ou Hegel le devenir de la structure épuisant les systèmes, cad les positions de pensée) ; expérimentation veut donc dire « exploration de notre être situé sur le réel » ; toutes descriptions qui s’ajoutent au déploiement de systèmes qui se réalisèrent, qui tentèrent de se saisir du monde lorsque l'arc de conscience grec se lance au travers du donné ; l’ontologie de la structure de conscience (origine de toute pensée) s’ajoute à la métaphysique (tous les systèmes antérieurs) ; l’ontologie de la structure de l’arc de conscience dure depuis Descartes jusque Lacan. C’est en ceci que la pensée s’est transformée en réflexivité brute (sur cet-être posé là sur le sol réel).

Aussi existe-t-il un accès immédiat au donné là ; mais il n’est pas qualifié, pas déterminé ; il est l’intuitionnel pur et brut (il n’est qu’une seule intuition ; celle de la position du réel) ; il se définit comme structure et non comme contenu, conscient, pensée, représentation ; c’est la description de la structure à laquelle on assiste depuis Descartes (ce qui évidemment entraine aussi une description métaphysique de l’être, puisque, comme on a vu, les grecs posent le donné là et le « là » du donné, le monde et l’être (comme formule abstraite vide et formelle, de même que Descartes pose le sujet, vide et formel) ; structure en elle-même (interne) et structure posée là sur le sol réel (externe) ; et lorsque descartes évoque l'in-fini, dieu, ça n'est pas seulemnt pour valider la pensée qu'il a, mais afin de modifier ce que par dieu on entend.

L’accès au donné là est aussi et même considérablement plus accès au « là » du donné ; soit donc le « là » antérieur à tous les mondes humains et, en pariant, le « là » antérieur à tous les mondes même naturels. Ce qui est on ne peut plus logique ; le « là » de toutes les réalités est nécessairement présent et actif partout ; et qu’est-ce qui est le dénominateur commun à toute réalité sinon le présent ?

Ce qui évidemment restreint, apparemment, le champ du réel ; mais n’est réel que ce qui existe et ce qui existe est le présent. Si l’on y réfléchit un peu il est quand même curieux que le présent soit considéré comme un effet, un résultat, presque négligeable. Alors que le présent est cela seul qui soit constant et réel. Et si le présent est, alors de par sa structure même il est « cela seul qui existe » ; tout le reste est effets du présent ; l’être est donc second, il est dépôt et mémorisations du présent ayant avancé et engendré tous les mondes. Ou ; si l’on considère le présent comme réel, tout le reste est second, mais comme il est le réel présent, il a exposé, si l'on prend rétrospectivement, toutes les réalités telles quelles.

Mais de ce fait, encore, si le réel est le présent, le réel ne sait pas « où » il va ; il est en cours. Si l’on suppose que dans l’ensemble des choses réelles, il n’en est aucune qui possède un rapport à soi, on peut admettre que seul ce qui est nommé « conscience » définit précisément une « chose » qui se suspendrait, d’être une telle structure ; « conscience » se dit donc comme « ce qui a rapport à soi », mais si ce rapport est précisément un rapport, il n’est rien d’autre ; ou si l’on préfère ; évidement ce rapport peut faire défiler dans sa relation tel ou tel déterminité, mais aucune déterminité ne peut se substituer au rapport lui-même ; il existe-pour lui-même ; or ce qui existe tel ( en tant que « pour lui-même ») n’est rien d‘autre que ce rapport ; le rapport se définit comme rapport à (soi) en tant que le dit « soi » est le rapport lui-même ; le moi par ex est un contenu dans ce rapport, mais le rapport n’est pas un « moi ».

Cependant bien qu’il ne soit pas un moi, le dit rapport n’est pas l’universel ou quelque abstraction du genre ; le rapport est un et singulier ; si ça n’est pas une individualité c’est un individué ; il n’existe aucun rapport abstrait et universel, l’universel est bien plutôt une possibilité de ce rapport (un effet).

D’une manière tout à fait générale ; la philosophie est réflexivité sur la réflexivité ; elle fait retour sur cet-être, et notre être est lui-même réflexivité ; et si la philosophie était seulement réflexion sur la réflexivité de cet être, elle établirait un discours tout étal et objectif, mais comme en se penchant sur notre être, la philosophie modifie cet être, elle engrange elle-même et démultiplie ou l' accélère ; notre être était destiné à (se) réfléchir ; jusqu’alors il faisait défiler les mondes humains particuliers (les tribus, les mayas, les égyptiens, etc) ; ils assumaient de parler le monde immédiatement dans un groupe (qui faisait office de vérité) ; ces mondes étant extrêmement dans leur réflexivité propre, leur propre synthèse ; mais l’acquisition devient évidemment de réfléchir non plus les réalités mais la question de la vérité, (ou de la liberté ou de l'altérité du donné là) par quoi la vérité devient une question et non plus une réponse ; question qui de fait remet en cause tout groupe tel quel (et impose la politique, l’éthique, l'esthétique dégagé de tout rituel, l'idéel et la connaissance, puis ensuite lorsque l'universel est acquis, par l'Etat, l'acculturation, etc, impose au gourpe l'individualité et dessous l'individué pointe ) ; mais que l’on ne s’y trompe pas ; on ne peut pas penser notre être comme un objet mais comme une structure (pensée de la pensée, sujet, altérité) et donc ne peut pas sans modifier cet être ;

soit l’être donné « là », grec, qui consiste à positionner notre-être/dans l’être ; une formule abstraite et opérative (ce qui veut dire ; ayant des effets) et qui retourne intégralement tout le donné là (par le « là » du donné, le monde par l'être comme idée opérative) ;

outre le retournement du monde (à partir de zéro, de rien), il y eut le renouvellement de notre acte de conscience ; soit le christique et qui situe notre regard hors-de ; hors de tout le donné, et engage donc le renouvellement de notre attention à partir de rien ;

soit comme réflexivité sur cet-être, originant la pensée dans une structure, celle du dit « sujet » (lequel est donc désigné comme impossible ; Descartes lui-même, réfère le sujet à dieu, à une non possibilité dans le monde, un hors-du-monde, et cela continuera jusqu’à Lacan) et ce re-tour de Descartes et du sujet sur la structure qu’il est, commence donc de décrire notre être situé « là » sur le monde, par quoi on passe de la métaphysique (le super discours qui pense l’origine du monde donné et qui pense le « là ») à l’ontologie qui réfléchit notre être comme structure-autre, et comme ainsi renouvellement ; Descartes opère un re-tour, un nouveau tour, absolument réel.

Mais ce re-tour ne le cède en rien sur son objectivité (son hyper objectivité, en comparaison de celle de la science, et du droit) ; les grecs pensaient notre-être/dans l’être, ayant comme rapport exclusif la pensée (cad la distinction d’intentionnalisations, les idées, qui montrent, exposent les différenciations, dans la réalité, le monde, et le réel, l’être, le Un, la Formule) ; Descartes objective là au-devant notre-être en le transformant en cet-être ; se pose entre autre la question ; de où regarde-t-on notre être ? Quel est ce regard qui est visiblement Autre ? C’est la piste qui sera suivie ; comment se structure le regard externe ? On remarquera donc que dès Descartes on se situe dans l’externe ; mais les grecs aussi qui pour prendre conscience de la vérité ou de l’être, se positionnent de fait en-dehors (à partir du point zéro) ; et le christique pareillement (nous sommes hors de notre naissance-mort).

Qu’il y ait un regard externe, qui expose là-au-devant jusqu’à même cet-être, dont se demande alors « où » ce regard se tient, découvre fondamentalement qu’il est l’interne de l’externe ; dans l’externe intégral du donné là, il existe cet-être qui est en-dehors ; qui est lui-même un externe au-dedans de l’externe et c’est cela qui lui confère l’exister interne ; dont le moi, la pensée, l’humain, qui se prêtent comme contenu, intériorité, essence, sont évidemment au contraire exposés au-dehors. Décrire cette structure d’une part et élaborer cette structure d’autre part. Puisque lorsque ce regard va s’observer ça ne sera pas sans lui-même ; comment cela se pourrait-il ? Et donc c’est la fine feuille de conscience qui va se tisser. Étant autre, qu’elle-même, elle est autre que tout, puisque cet autre-que-soi est une distinction formelle. Ou donc ; la structure de conscience est l’altérité elle-même, l’altérité adéquate à l’altérité réelle, qu’est le présent.

Tout est venu, ainsi, à s'exposer sous l'attention portée par l'occidentalisation, en créant d'abord une poche métaphysique qui a élaboré les intetionnalisaitons possibles, et puis faisant retour sur soi, mais ce faisant accomplissant un nouveau tour de réel ; passant de l'universel au sujet puis du sujet à l'altérité et enfin par sartre et lacan, à l'individué.

L’occidentalisation élabore donc l’acte de conscience (comme pensée, sujet, altérité, les trois manifestant la pure Altérité, la distinctivité, la différenciation la plus poussée, outrée, impossible et ce à partir de l’acte qui est un arc, une tension, une structure qui se crée en architecture), s’introduisant entre le monde et l’être, la réalité et le réel, le contenu et le sujet, en retournant le monde, renouvelant le sujet et abondant vers l’altérité, elle accélère la structure, l’intensifie et la rend absolument étrange ; l’occidentalisation s’introduit dans l’antériorité ; la dimension antérieure à tout monde, toute réalité, toute chose, mais aussi tout vécu et tout corps ; s’y introduisant elle accélère et élabore l’architecture et comme il s’agit du Bord du monde, elle engendre le monde, la réalité, les contenus (démultipliés et devenus signifiants d’un signifié de structure, et non d’essence, d’humanité ou de moi).

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Le corps, paroi du réel

17 Septembre 2016, 09:03am

Publié par pascal doyelle

Un corps jeté au-devant

L’occidentalisation ayant à charge de montrer l’articulation antérieure, celle qui précède tous les mondes, produit sous nos yeux l’écart ontologique qui ne peut pas se résoudre ; parce qu’il n’a pas à se retrouver en quelque partie ou détermination du monde, et parce qu’il doit remonter jusqu’à la racine antérieure, l’arc de conscience ayant lieu dans un corps, produisant celui-ci comme surface, comme autre-corps, et plutôt que de déployer une imagerie de cette surface, ayant conçu le miroir de toutes les images, se charge donc de déplier la structure du dit miroir.

Toute pensée, antérieurement à celle-là, se tirait des images ou étirait ces images, voici que le concept, cad l’idée, le système, soit donc l’intentionnalisation et sa variation indéfinie, produit du méta ; du méta, de la forme, le caractère formel de notre être qui de ceci devient structurel et non plus lié et enfermé par ses contenus ; le méta contenu d’une part (ce que l’on peut nommer l’universel) et la réflexivité (le retour sur cet-être ou sur notre être devenu cet-être) s’imposent ; ça n’est pas de former des idées ou des systèmes, ce qui se produisit en d’autres civilisations, mais de l’articulation que créent ces idées ; c’est en ceci qu’il faut en venir à la définition ontologique que supposent ces idées spécifiques, et c’est pour cela que l’ontologie fut justement inventée par l’occidentalisation ; c’est que l’occidentalisation a affaire au réel ; au réel donné tel que « là ». l’énoncé de l’être partout ailleurs ne signifie pas la même logique que celle occidentalisée ; l’occidentalisation veut saisir l’être ici et maintenant ; nulle part ailleurs.

Et donc c’est l’articulation plus qu’immédiate, et bien plutôt instantanée qui est creusée, travaillée, torturée. Et dite instantanée, il faut comprendre à quel degré de gyroscopie il faut se tordre le cou.

Si on définit notre être comme tel ou tel, on utilise des parties du monde ; si on définit notre être comme cet-être, il faut ne prendre appui sur rien et demeurer dans le cercle formel du rien. L’être grec est abstraction, le dieu un tout-autre est abstraction, le sujet pareillement, et l’altérité ou l’exister tout autant ; la formule abstraite certes utilise des mots, mais précisément les mots qui échappent aux parties du monde (du corps, du langage, du groupe) et ne relèvent pour se définir que de l‘expérimentation spécifiquement abstraite, cad formelle, ou donc individuée (hors de tout langage, groupe, mondes ayant affaire au sol-même, sous ses pieds) ; et requiert donc de but en blanc l’ontologie.

Lors même les mois, qui sont pourtant des personnalisations, cad issus de la réflexivité au sein même de la réflexivité antérieure (l’humanisation fondée sur l’universel produit la personnalisaiton, l'accès au corps étrange), désirent encore quasiment des parties de monde, des parties de corps, et imaginent seulement ces objets comme des touts ; sauf que le moi possède en lui-même déjà la séparation ontologique et ne peut pas ne pas en souffrir ; parce que le réel est la difficulté extrême ; le réel est la butée dernière, la limite, la ligne antérieure ; il n’a rien de facile et d’immédiat ; autrement dit le réel est ce qui existe, et l’exister l’extrême, l’ultime, la première et la dernière ligne ; en fait il n’en existe pas d’autre puisqu’étant l’exister même, soit pour nous le présent.

Si le présent est l’articulation extrême de ce qui est (l’exister dépose tout l’être comme donné là, mais lui il est le « là » de tout donné), ce qui est, est extensivement et intensivement en réflexivité intégrale (il n’est rien « en dehors »), la paroi du présent est l’arc lui-même en retour vers lui-même ; autrement dit le réel se crée du devant, de l’au-devant ; il se crée en retour (vers lui-même). Et lorsque je me situe comme corps, et comme corps-autre, c’est cette surface là au-devant qui me re-vient qui installe toute réalité ; et lorsque Descartes fait le fameux retour sur « soi », il acte précisément que ce soit un re-tour ; un nouveau tour (à entendre en tous les sens).

Un nouveau tour de l’exister tel qu’il se saisit de lui-même sous la forme adéquate « d’être saisi » de cet-être ; d’une externalité incommensurable qui creuse la distance ; Descartes veut en être saisi, mais on s’emploiera par la suite à combler ce gouffre ; or cependant la structure est de fait ce qui existe et aucune partie de l’être ne peut remplir la distance ontologique, la forme de l'exister ; de sorte que s’opérera comme pour le dieu-un tout-autre et l’être, et le un et malgré et contre nous-mêmes, que l’opérativité, l’efficace de dieu, du un ou du sujet produiront l’exister et non pas un quelconque comblement par l’être ; l’occidentalisation ne cible pas l’Etre, comme gros objet ou Chose, mais crée la formule, la formulation, l’abstraction ; celle de l’antériorité du réel, de l’arc de conscience tendu vers le réel ; inutile donc de croire critiquer la position ontologique ; elle est un fait, un réel (à la vérité on ne voit pourquoi ni comment le relativisme ou la réduction rationaliste pourrait annuler que ce qui eut lieu, eut lieu ; il est une historicité de fait, monumentale et inattaquable en ceci qu’elle n’est pas une systématique d’idées mais un dépliement de l’unique structure ; aucune et en aucune manière qui puisse être remplacée ; il faut la comprendre telle qu’elle s’est réalisée, rendue réelle).

Comme fait parce que l’exister tel qu’il s’est décidé et créé (puisque la forme du réel possède évidemment cette capacité de devenir autre que soi, étant entendu que le réel est l’altérité même dans sa distinctivité onto-logique ; produire de l’altérité ou donc des réalités et dans ces réalités un être au moins qui soit encore plus autre et qui étant conscience/de/soi manifeste toute l’altérité possible ; une conscience de (soi) est une distinction formelle sans détermination, cad absolue, et cette distinction absolue se produit du corps rendu autre),

l’exister est ce qui se continue sous la forme de l’arc de conscience ; aussi celle-ci doit-elle de son propre chef élaborer la dimension ; le réel ne peut pas appartenir à autre chose qu’à lui-même ; il ne peut pas naitre d’une partie du monde, mais d’une structure spécifique qui n’a pas de contenu ; qui est donc un pur et brut rapport ; et on a vu, cent fois, que l’arc de conscience est cet arc lui-même mais aucun des contenus qu’il produit ; l’humain, tout comme le moi, sont des effets de la structure (de même que le langage, la pensée notionnelle, la pensée philosophique ayant ,elle, à produire son retour dans la dimension) ; la non détermination de la structure est ce qui lui permet de prendre les contenus comme si il s’agissait de formes ; une conscience réinscrit tout en rapports, en relations ; le langage est un tissage de relations, et les tissages prennent surface du corps ; où pourraient-ils s’inscrire sinon ?

La surface du corps est donc ce qui porte les tissages. Le corps est ce qui porte le langage comme substrat des relations des signes, et évidemment le corps, rendu autre, s’étend bien au-delà du langage ; le langage n’entre pas en concurrence avec l’arc de conscience ; c’est par le langage que l’arc structurelle crée ; il n’y a pas une vérité dans le langage, les vérités dans le langage sont les mémorisations des arcs de conscience, concevoir autrement ce serait admettre qu’un réservoir de vérités se tiendrait en suspension ; que le langage forment systèmes et système c’est certain (les informations s’organisent sinon elles ne se retiendraient pas et ne seraient pas des informations), mais ceci montre (inversement de ce que l’on comprend habituellement) que l’arc du corps mémorise dans le langage ses signes ; le langage se constitue de la recherche multidirectionnelle de cet arc usant de ce corps qui perçoit, ressent et rassemble ou dissemble le monde, les choses, les corps eux-mêmes et les lignes portés par ces corps.

Le présent, et la surface du corps qui occupe tous les tissages possibles, sont en décalage et toute fixité est prise, retirée de la surface donnée « là » ; toute conception, représentation, parole vient du tissage au-devant et seul chaque arc en est l’accès, chaque arc sur son corps est l’écheveau qui re-vient du donné là, vers tel ou tel repli, lequel sera relancé à nouveau dans le donné là ; la source non interrompue ; non en ce qu’il le connait mais justement de ce qu’il n’y en a pas connaissance mais vision sublunaire, (ce dont on n’a pas de représentation).

C’est trop peu de dire que les vérités, les énoncés sont vrais ; ils sont des vérités qui sont instamment réutilisés vers et dans le même lieu ; c’est un repli interne au présent (qui est tout entier externe et de plus au-devant) qui s’augmente par cet-être, cet arc fiché dans, vers le présent, et ce repli que nous constituons, et que nous constituons non seulement d’énoncés et d’énoncer mais de tout ce corps placé au-devant, trame non seulement notre pensée (représentation, présence du corps-autre, multi directionnalités, tissage de l’horizon) mais trame le réel lui-même ; il ne faut pas perdre de vue que le présent est ce qui se lace, fil par fil, ligne par ligne et ligne d’horizon par ligne d’horizon ; ce qui se signifie partout comme « tisser votre âme », ou pour nous, après la révolution, comme "réussissez votre vie" (nonobstant que cet impératif soit épuisant et incompréhensible et inatteignable et contradictoire ; ce qui rend fou). Chaque arc de conscience sait qu’il doit tisser sa surface mais aussi que peut-être ce tissage « subjectif » est un tramage du réel.

Le tramage du réel (soit donc la précipitation des réalisations, dans le monde, le vécu, la représentation, etc) est la finalité ; la surface du corps (travaillé, œuvré, structuré, qui se donnait comme plénitude, grecque, classique, universels du vrai, du bien, du beau, mais commençant ensuite de déborder, de dissembler, par les sujets et puis les grand sujets de l'altérité, poètes clairvoyants et pensées de l'altérité, menant les Grands Tissages désarticulés, montrant comme la forme excède le contenu) ; que le tissage soit dit subjectif est juste une facilité ; on a vu que l’accès et le déploiement de la dimension de structure est un fait réel et qui est dit ontologique en ceci au minimum qu’il touche notre être même, cad notre structure de conscience (et la modifie) ; autrement dit toutes les explorations qui eurent lieu sont réellement des explorations (lorsque Descartes ou Nietzsche avancent, nous avançons, dans la même épaisseur sans épaisseur, raison de sa difficulté, de son impossibilité) ; et que le tissage subjectif corresponde à un tramage objectif reste certes incertain et d’un degré supplémentaire ; le problème étant que si il est une correspondance objective, elle doit se décider …

Se décider parce que si l’acquisition du et via le présent est réelle, que la forme du présent est de fait le Un, il faut donc comprendre que le Un ne peut pas ne pas s’acquérir à partir de lui-même ; le formel doit décider de sa formulation (puisque de toute manière on ne le trouve pas à l’état naturel, si l’on peut dire, il doit donc se sortir de lui-même ; raison d’être du présent).

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La vision indifférente

15 Septembre 2016, 10:35am

Publié par pascal doyelle

Ne pas avoir de monde, ne pas avoir de vie, n’être rien, réduit à la plus stricte articulation, sans rien et articulé ; subir le squelette du réel pur, s’enfermer dans le seul présent, grimper le long de la verticalité, inusable, sentir les nerfs accordés à la diffraction du seul présent qui annule tout le reste, vibrer par le corps déchiqueté par la verticalité « là », au-devant, comprendre par les yeux que le présent est l’unique vision et sur lequel tout se presse, tout est venu, tout viendra, et comme les réalités, les corps, les mondes humains sont à la traine de la vague surpuissante du réel pur et brut, très brut, brutal, d’une sauvagerie inouïe, radicalement a-humaine, indifférente mais qui réalise, qui rend réelles les milliards de milliards de statistiques, statistiques de particules ou statistiques de nombre d’arcs de conscience, humains ou pas humains, venant se claquer sur la paroi du présent, et ayant lancé tous les dés, le réel avance, avec ou sans nous ; il vaut mieux que l’on en soit, sinon ça nous effacera.

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La disjonction du réel dans le vivant

14 Septembre 2016, 10:05am

Publié par pascal doyelle

Ce qui fut découvert, et qui a entrainé d’innombrables d’effets, jusqu’à devenir une anthropologisation généralisée de tout l’humain, est le mécanisme sur lequel étaient fondés les différents mondes particuliers jusqu’alors, chacun pour soi, un par un, animés de leurs propres synthèses,

et mécanisme qui fut extrait, autour de la méditerranée, spécialement par les grecs et le christique (et monothéisme), extrait et qui donc a commencé de se représenter ; il n’est pas figurer lui-même tel quel, ce mécanisme, et prît mille et un détours ; il faut comprendre que le dit mécanisme ne peut pas se définir selon le monde, le donné, le corps, les signes, le langage ; mais que la pensée, grecque, le christique (et sa méta-supposition du corps ; étant en capacité de reprendre intégralement la pensée grecque, puisque c’est de la même réflexivité dont il s’agit), la réflexivité du sujet et les pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) bien que ne représentant pas adéquatement cette structure, extraite de tout monde humain, ces configurations là (pensée, sujet, altérité) détourent hyper activement la fission, le déchirement, la rupture de continuum, l’abyssal et ces configurations y approchent ; elles sont élaborées à cette fin ; pensée, sujet, altérité (la forme de l’universel, la forme du sujet, la forme du réel) créent ainsi l’historicité (la réflexivité s'ajoute à elle-même, son même trajet) ; ayant extrait le mécanisme de conscience de tout contenu (toujours quelconque en comparaison de sa structure radicale), on use de la conscience à tout-va ; l’universel, le sujet, le réel comme architectures historicistes accélèrent intégralement tout l’humain.

Et le mécanisme pénètre plus avant au fur et à mesure dans la réalité (humaine, mondaine ; grosso modo il part du plus élevé, son concept, son méta-système d’intentionnalisations hyper actif, les idées et les systèmes, jusqu’à l’humanisation, la révolution, et à son avancée plus précise encore ; la personnalisation, lorsque le mécanisme est au plus près possible du corps de chacun) pénètre dans la réalité mais aussi dans le réel ; en ceci que la structure extraite n’a pas de contenu particulier et ne recouvre pas le monde de telle ou telle apparence (ou monde humain, parlé, échangé, particulier) et qu’elle s’attache au réel-même ; cad au réel en dessous de tout monde (humain ou naturel).

La théorisation de ce mouvement de s’attacher, s’attaquer à la nature constitutive du réel, c’est le centre philosophique même ; autrement dit et pour faire vite, on juge de la philosophie du haut de l’objectivisme très habituel ; qui veut que le donné explique le donné et que l’on admet la réalité en ce que l’on en voit les effets, dument constatables par chacun ; sans songer que quoi que l’on pense le donné ne se limite pas au donné, ne serait-ce que de ceci « nous sommes autres et externes au donné » ; sans saisir, apparemment, que la pensée et l’universel, le sujet et la réflexivité, l’altérité eurent de considérables effets en tous sens, et que sans ceux-là ce monde-çi, bien douillé pour nos objectivistes, ne serait pas ; historiquement il ne serait pas.

Il s’agit de renverser le regard ; ce que l’on croit erroné, illusoire, anciennes visions, mystique, ou « métaphysique », etc, est ainsi « ce qui réellement eut lieu » ; l’accès au réel par la structure (de la pensée, du sujet et enfin du réel même).

Et que donc si l’on passe-outre l’objectivisme habituel, on admettra qu’il existe une discipline qui explore la dimension ouverte par l’extraction du dit mécanisme et que cette discipline a effectivement creusé de plus en plus précisément et détouré cet-être en nous, ce mécanisme ; parce que si le mécanisme est la structure de conscience, nous en sommes l’effet (ça n’est pas « notre » conscience, ou pas au sens que l’on croit).

Que les mois, cad les mois des objectivistes, des raisonnables, ne voient pas ni ce qui crève les yeux, ni le devenir et l’exploration acquise, signifie donc seulement qu’ils s’attendent à observer un résultat qui serait du monde, du corps, du désir, du bonheur, ou ce genre de choses (rappelons que la réfleixvité de strructrue est autant orientation que désorientation), et non pas qu’ils perçoivent à quel point leur propre conscience n’est effectivement telle que d’être passée au travers des machineries intentionnalisatrices, réflexives et autres de la pensée, du sujet et du réel ; il est clair que l’on ne vise pas les machines seulement philosophiques (bien que celles-ci engendrèrent majoritairement l’accélération de conscience, cad la conscience qu’elle eût de son accélération soudaine), mais tout autant les universalisations (éthiques, politiques, idéels, et esthétiques), soit donc le retournement grec du monde, et tout autant le christique, soit le renouvellement intégral de l’humain (note corps hors naissance/mort), et puis les continuations, comme la révolution et la scientificité, etc.

Insistons sur ceci ; gavés des effets de la réflexivité monumentale qui eut lieu depuis 2500 ans la plupart des mois considèrent comme tout naturels et acquis ces effets … et leur déception nait essentiellement du fantasme sur lequel est construit leur moi, et dont ils ne retrouvent pas du tout la satisfaction dans le monde, leur vie, leur corps et usant de cette grille de lecture ils restent dans l’impossibilité de remonter dans leur propre historicité (annulant ainsi les grecs, le christique, le sujet, la raison, la démocratie, etc) et copient-collent indéfiniment le dit fantasme (irréel de fait, puisque créé à partir de l’image du moi ou de l’objet de son désir, et de la structure de conscience, et que celle-ci ne rentre pas dans le monde) ; l’aveuglement et l’isolement du moi dans son rétrécissement localisé, l’empêche de visualiser le devenir, l’historicité complète (et pareillement il végète dans un universel rendu abstrait, le cadre généralisé de la révolution, de son sujet absenté, par la science, annulé, par les théories mondaines et idéologiques (qui recherchent la « nature humaine » ou « la vraie essence du moi »), et sujet ignoré, par sa propre constitution de moi, moi qui a plié toutes les finalités vers ce-corps-çi, de réabsorber l’image du corps, boite à fantasmes et non pas tension vers l’autre-corps, comme on a vu ; tout l’enjeu étant de transformer l’image-idée en idée-image).

L’accélération de l’historicité (en fait la constitution même qu’il y ait historicité), est la sortie hors et en plus de tout contenu, du mécanisme de conscience ; on a beau tourner autour par la pensée, le sujet, le réel, la structure est depuis la méditerranée, active.

On ne peut pas se substituer (en « pensant l’avenir » par ex) à l’élaboration en cours ; ce sont les idéologies ou les anciennes versions de la vérité qui l’entendent ainsi ; la structure travaille au réel ; elle se construit, s’invente et puisqu’elle est actuellement répartie partout et par tous, c’est l’ensemble des actualisations (les personnalisations qui résolvent leur équation en propre une par une) qui, d’une manière ou l’autre, œuvrent au réel ; or la nature de la structure ne peut pas se représenter ni se satisfaire du monde, du corps, du désir, etc ; elle n’a d’exister que celui de l’insatisfaction, ou donc de la maitrise du désir au sens précisément qui fut élaboré par le 20éme (et dont la contrainte du désir, depuis les règles d'éthique ontologique, y compris christique, étaient prolégomènes). Ça n’est pas pour rien que le désir est ce qui court tout le long ; sous prétexte éventuel de « libérer le désir » ou d’atteindre la vérité du désir, mais on entend par là, de toute manière ; ce que l’humain attend de l’être. Usant encore de vieilles prononciations (qui ne voulaient pas dire ce qu’actuellement on y entend ; l’être, le un, dieu, le christ, le sujet sont des points de configuration qui permettaient de soulever la réalité, alors que « désir de l’être » est pour nous une sorte de dévoration de la grosse boule de l’être, le rapport d’un moi à son objet).

Le propre du désir ou de l’objet du désir se révèle pourtant, (depuis Sartre et Lacan qui taillent dans le dur, et ne se paient pas de mots) comme un jeu de regard(s) sur la Chose ; il n’est pas plus d’objet que de Chose ; c’est l’imaginaire qui croit qu’il existe une Chose ; parce que dans la réalité il n’est pas de Chose où que ce soit et donc rien qui soit adéquat à un tel « désir » (en ceci Lacan interprétait la pensée, la philosophie, le sujet, etc comme si ils désiraient l’Etre, la grosse boule, mais en fait la philosophie usait de l’être, du sujet, etc, comme du levier qui soulevait le monde ; ce qui fut fait. Lacan, comme tout le reste, n’est rendu possible que par la terme d’un devenir et un devenir structurel). En somme on imagine que l’autre voit la chose et que la chose existe donc ; ce qui est absurde ; personne ne voit quoi que ce soit ; on ne voit que le regard mais le regard, lui, existe. (C'est l'unité, supposé, de l'acte de conscience qui se projette, mais d'unité il n'en est que formelle, en mouvement, de ce qu'il y ait désir donc).

Ainsi l’esthétique ne montre pas des choses ; ce sont les choses qui réorientent ou restructurent ou tout simplement structurent le regard (au point qu’il n’existe, le regard, que face à l’œuvre, jusqu’à disparaitre tel lorsque l’œuvre est refermée ou sort du champ ; parce que le regard est si indescriptiblement hors du monde, n’y entrant pas, qu’il se suscite de la périphérie de la réalité, ce que l’on a nommé ; le Bord).

On peut se demander ; mais si les œuvres ne suscitent que la structure du regard, répétitivement, à quoi sert-il qu’il y ait tant et tant d’œuvres ; une seule suffirait. Mais ça n’est pas que les œuvres suscitent le même monde, le même vécu, le même corps… N’oublions pas que le Bord du monde n’est en lui-même que formel ; on n’atteint pas le Bord, et puis voila. Lorsque les grecs découvrent et inventent le donné là par le « là » du donné, le monde par l’être (comme méta formel), c’est sur et vers ce monde que cela mène ; nulle part ailleurs. C’est pour cela que l’on invente et c’est pour cela que le chemin n’est pas écrit ; ou donc que l’on doit inventer la vérité, cad le réel.

(En quoi, encore une fois, la perspective objectiviste qui cherche à résoudre le donné par le donné, comme si rien n’existait hormis le monde collé sur lui-même, est limitée)

Le résultat de l’œuvre est ainsi d’avancer dans le monde, et cela signifie tout ; avancer dans le monde c’est avancer par la pensée, cad la mise en jeu des plus grandes intentionnalisations possibles, par le sujet et la plus intense réflexivité accessible, et par l’altérité, la plus différentielle conscience de la réalité, et du réel, et sur fondement du réel en vérité, qui se puisse ; et au bout de l’historicité c’est la capacité du corps ; c’est obtenir un tel corps capable de porter la structure.

La mise en jeu des intentionnalisations c’est évidemment la vision à laquelle on accède ; de tous les systèmes de conscience possibles ou découverts ou créés ; philosophiques mais aussi bien plus généralement (puisque l’arc de conscience est parfaitement identique en toute humanité), et en ceci qu’il faut maitriser la variation intentionnelle même et ne pas s’arrêter à des positions fixes ; cela ne veut pas dire que l’on ne s’arrête pas aux contradictions, mais que l’on veut rendre raison, idéalement, de toutes les contradictions, cad de toutes les différenciations ; il n’échappe à personne que c’est la volonté hégélienne absolue que de comprendre comme l’intentionnalisation est ce qui se joue de soi. Remarquons cependant ; non pas qu’il y ait une raison raisonnante à toute différenciation (ce serait non seulement hyper compliqué mais aussi non fonctionnel ; les différenciations se créent dans un faisceau intentionnel et c’est la logique du faisceau et non pas exclusivement la logique des notions, des idées, des systèmes qui prévaut ; la logique hégélienne n'est pas une "logique" mais des positionnements).

L’altérité est non seulement la bizarrerie du monde donné là, cet univers relativement aberrant, mais aussi de se pénétrer de la constitution du réel comme sortant intégralement de tout monde ; l’intention philosophique n’est pas de réduire le monde donné à un carcan ; puisque le fait est que la multiplication folle des systèmes expose chacun à la sidération ; c’est là le résultat réellement recherché. La Vérité s’impose d’elle-même, ou bien plutôt de la force d’un groupe ; la vérité, petit « v », réclame chacun, individué et sans rien ; la vérité jette l’arc dans le monde, le donné là et le « là » du donné, des grecs, mais aussi jette la personne dans le là de son vécu, de sa naissance à sa mort, christique ; le christique a inventé cette hyperbole saisissante ; et le là du donné tel celui de la science (extrêmement incompréhensible et d’un encore plus étrange qui voudrait que chacun ait à « se réaliser » … soumettant chacun à une exigence impossible, une exigence qui rend fou, pénétrant potentiellement dans le royaume de la dé-pression ; que l’injonction de se réaliser intégralement n’a rigoureusement aucun sens).

Le sujet est l’extraposition de l’éthique ontologique absolue, ce qu’il faut comprendre comme « radicale ».(non pas celle dont on rêve, mais celle qui fut effectivement mille fois réalisée ; Kant décrit effectivement ce qui nait par la révolution, Nietzsche pour son lot, Sartre ou Lacan) Absolue signifie « radicale » : à la racine. Ce par quoi il faut comprendre que la décision d’exister, comme ceci ou comme cela, se méta décide. D’une part on oriente le gyroscope, d’autre part cette orientation ouvre un trajet ; si on nomme notre décision comme gyroscope, c’est qu’elle n’a pas de point de repère ; elle est son propre repérage ; autrement dit elle tourne à vide mais dans ce vide se structure la forme ; évidemment il faut qu’elle s’y décide ; un exemple de mise en structure est ainsi celui de Sartre (sa pure et brutale exigence terrifiante) ; plus souterrainement, le sujet lacanien est celui qui s’y prend par en dessous et au plus profond ; la décision sartrienne est en vérité par comparaison de celle lacanienne, tout à fait abstraite ; le gyroscope lacanien vise à influer sur le dedans de la structure (de conscience) ; et ce dedans est le corps (mais comme coprs-reçu vers l'autre-corps, lequel est impossible parce qu'existant) ; la mise en résolution (impossible) du corps, son investissement (par l’extérieur, reçu) de sa surface ; le retournement et le renouvellement du corps ; ce qui ne peut pas s’opérer (impossibilité de l’analyse psychanalytique), en un sens, mais il demeure néanmoins une issue. Qui ne se situe pas dans le moi. Et qui n’est pas une issue pour le moi, à vrai dire.

Ceci engage donc à préciser que l’individué relève du sujet, et non de l'individualisme ; nous sommes loin, très loin, du sujet universel ; cad du sujet abstrait (tel qu’on peut le déduire de Descartes ou Kant, si l'on oublie caricaturalement leur propension, leur trajet et se contente d'une appréciaiton objectiviste) ; en un sens le sujet sartrien est une élaboration du sujet abstrait en tant que justement il n’est plus abstrait (de même et cent fois plus avant le sujet lacanien). Ou si l’on veut on ne peut pas admettre que le moi soit un sujet individualiste seulement ; cad une composition de déterminations, un corps-langage ajouté ou non d’une conscience universelle. Il faut au contraire saisir que le corps, le moi, le vécu, dans la re-prise qu’effectue la structure même de conscience ; et qui signifie quoi ?

Que l’architecture de telle structure de conscience se crée de son vivant ; autrement dit qu’ici comme ailleurs c’est l’exister qui détermine la réalité. Ce qui est parfaitement invraisemblable. Parce que cela signifie que quantité de causes accidentelles ajoutées à nombre de lois nécessaires n’obtiennent un effectif réel que ici et maintenant. Et pour le sujet que ce qu'il décide et oriente et désoriente ; mais oriente et doésriente dans le lieu invraisembable de sa décision ; de son éthique ontologique et qui, pour un moi, puisque la structure a pénétré très avant dans la réalité, éthique sur corps écrite ; de là qu'il y ait Lacan (et Sartre qui recherche le lieu de décision de "soi", étant entendu que l'on est ici dans la structure existante et vivante, non dans l'abstraction).

Mais c’est oublier que le sens de la réalité est au-devant. Peu importe les moyens mis en œuvre, toutes les quantités d’univers lancés, ce qui compte c’est ce qui existe au-devant, ce qui se précède comme vague, ou ce qui surfe sur la vague du présent si l’on veut. C’est ce qui parvient à se tenir sur la ligne du présent qui inscrira le devenir. Le présent est la plaque photographique ; toutes les réalités, la détermination vient s’inscrire sur cette plaque, et tisse au fur et à mesure une image ; le moindre atome y est inscrit (puisqu'il s'agit du réel "là" et non de la notion de "réel") mais il est clair que les compositions d’atomes spécifiques et plus singulièrement encore les compositions qui créent des êtres en arc de conscience (ayant un rapport à (soi), ayant un rapport à (soi) distinct du soi lui-même, cad d’un décalage, ce qui est la signification même qu’il y ait « rapport » et qui délimite ce que « conscience » veut dire) ces arcs de conscience sont précisément ce qui sur la plaque photographique est flashé.

Quant à la finalité de ce diagramme on n’en peut rien constater pour le moment (il faut attendre d'être mort si l'on est croyant, c'est littéralement ce que signifient les méta religions, celles qui se sont élévées structurellement) ; mais le fait est que structurellement l’arc est instantanément créé face et par le réel ; c’est de ce qu’il sort de la cervelle qu’il (se) sait, sait que l’autre existe, que le réel est Autre (qu’il va mourir, qu’il n’est pas ce corps, qu’il est un décalage, etc). L’arc est arcbouté sur le Bord même de tout ce qui est, le Bord constitutif de la réalité ou des réalités (s’il y a lieu). L’arc avance du même mouvement bien qu’il soit légèrement différé ; laps de temps par lequel il est précisément conscience qu’il y a un réel (sinon il n’aurait conscience de rien puisqu’il ne serait pas une conscience ; le décalage dont on se plaint si fort, dont on tire sans cesse qu’il est manque, négativité, néant, absence, dont on a justement une interprétation négative, est précisément ce qui nous crée ; le décalage est ce qui nous offre le réel, et non nous séparerait de ce qui est ; il est absurde de rêver, imaginer un « état béatifique » sans séparation).

C’est ainsi dans la division, ontologique, absolue, cad formelle, que la philosophie avance ; pour elle la division est l’opération même d’exister. La division est la dimension, et on a vu que le réel est ce qui au plus intrinsèquement divisé « verticalement » comme présent.

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La feuille mouvante du présent immobile

10 Septembre 2016, 10:05am

Publié par pascal doyelle

Le présent est la surface verticale (en réalité dans tous les sens, les directions) vers laquelle est tendue notre arc de conscience, lequel superpose à cette surface un horizon, sur lequel se pressent les informations et chaque tension de conscience est tel ou tel pincement sur la surface, orientant le regard, le geste, par points d’attirance ; ainsi le présent tracte la réalité.

Rappelons ceci (qui n’a apparemment rien à voir) ; le moi n’existe pas, le moi est. Au sens où l’’exister est plus réel que l’être ; on a voulu ou conçu l’être sans voir qu’il est splitté divisé, autre que lui-même ; que la forme, en vérité, prédomine sur le contenu ; l’exister est la forme et la forme tracte l’être ; ou plus exactement l’être est le dépôt de l’exister ; en vrai n’existe que l’exister, cad le présent, l’être est un pli de l’exister ; on peut chercher son moi, on ne trouvera que le je, cad l’arc de conscience, vide, sans rien, et formel ; on dira que si je suis ce « je », cette forme vide, comme une forme abstraite, alors tout je est parfaitement égal à tout autre ; en somme le je serait une sorte d’universel vide ; mais c’est l’inverse ; si le je existe seul, il n’existe que des arcs de conscience un par un ; et ce qui existe individué absolument c’est non pas le moi mais c’est le trajet (le moi est une composition, le résultat sans cesse ballotté, la masse accrochée à la pointe exigüe, produite par l’arc de conscience sur la vague (gigantesque) du présent) ; le trajet de chaque arc durant son exister ; non le moi que l’on est, mais l’arc et l’acte que l’on existe, qui se décide, s’oriente et se désoriente en chaque présent, et surtout s’invente au fur et à mesure du présent qui re-tisse le donné, autant le donné que le moi tel quel, vécu, hérité, composé, perçu des autres, de lui-même ; de lui-même également parce que lorsqu’il se considère le moi est composé par lui-même et tout ce qui est composé n’appartient à la surface verticale et à l’horizon collé vers cette verticalité ; le trajet est ce que Sartre recherchait ; comment les quelques points d’exister ont inventé et puis tracté la réalité, le vécu et évidemment le corps ; la surface du corps étiré par le présent.

Il faut imaginer une machinerie prodigieusement perceptive et intellective qui tiendrait sur une simple feuille se tissant sur la subtilité du présent ; elle est en équilibre sur le Bord ; verticale ; en fait un arc de conscience est l’acte qui emploie tout le reste et l’accumule dans le présent mais de manière sélective, il s’agit d’étirer tel ou tel point de la feuille du présent ; on ne peut pas retraduire la feuille du présent dans un conscient ; et lorsque l’on veut soi-même extraire telle ou telle information de la feuille du réel, ce sera en abstrayant ; autrement dit la feuille du présent est irréductible ; il n’est aucun conscient, du moi ou un discours extérieur, qui rende transparente la feuille du réel ; elle s’éclaire du dedans ; elle existe au-devant, sur le présent, et lors même que l’on construit tel conscient extrait de cette feuille, ce conscient est réenregistré dans la verticalité du présent ; ce qui est vivant et indépendant en nous, ça n’est pas l’image ou l’idée (que l’on se renvoie ou que l’on construit) mais la surface de conscience articulée au présent vertical, à la feuille du réel ; et cette verticalité est en fait plus intellective et plus activiste que le conscient ; parce qu’en vérité si cette verticalité était disponible pour une considération consciente, elle serait déterminée et composée et donc dépendante ; c’est de se tenir sur l’externe bord sans aucun référant et qui laisse se presser les tissages sur la feuille, qui se situe verticalement au Bord, perpendiculaire comme présent ; la feuille du présent, l’horizon de l’arc n’est pas contradictoire avec quoi que ce soit ; le conscient ne s’y oppose pas, les perceptions ou les mémoires ou quoi que ce soit qui ait existé ; la feuille est en plus et selon telle ou telle accumulation applique une pointe, étirée, un pincement sur la feuille qui réorganise la disposition du feuilletage du présent ; la machinerie vivante et intellective outrepassant le donné perçoit celui-ci non adéquatement, ce qui veut dire selon son âme ; selon l’orientation qu’elle perçoit de trouver dans la réalité ; selon tel ou tel point par lequel elle étire la réalité s’accumulant sur la feuille dressée en pinçant selon tel ou tel point qui ne s’y trouve pas … puisque situé en avant ; en avant mais en fait instantanément puisque cet arc de conscience, ce pincement de conscience est la fonction du présent.

Evidemment le langage joue de sa prééminence ; mais le langage est signes, et ce qui fait signes, c’est l’arc (un centre, formel donc non attachant, relie signe et chose, signe et signe, etc) ; le signe est juste une relation marquée d’un astérisque x, y, z, etc ; il est clair que si le réel, le présent comme feuille verticale, tracte la réalité, c’est de par la mobilité des signes ; le moindre, le signe, embraie les choses, les corps ; la petitesse n’implique pas la grande et lourde mobilité des choses massives ; le présent est une paroi sélective (ce qui implique nombre d’erreurs, de déroutes, de tentatives, de mises en jeu, en bref un kaléidoscope).

C’est donc l’opération la plus insaisissable qui soit ; puisque c’est par elle que l’on saisit et que l’on saisit ce qui n’est pas (ce qui veut dire aussi qu’elle permet de saisir ce qui est déjà ; considérablement plus, puisque le neuf, le renouvellement, le trajet sont en très petit nombre en comparaison, mais étant nouveaux, ils sont sur la pente qui change tout). C’est celle qui restructure la précédance ; en ceci on peut dire que le présent réorganise la réalité et se produit comme kaléidoscope. On peut lancer cent fois le kaléidoscope en recherchant la configuration minimale ou essentielle ou spécifique ou précise, celle qui réordonnera tel ou tel axe du réel.

Il est clair que l’on ne se situe pas ici selon la morale ou la vérité ou le conscient ou l’humain (ce sont des effets, des répercussions, des reflets), mais selon la réalité et le réel ; il s’agit de rechercher une configuration de la réalité qui permette d’employer cette réalité ; et cela ne se peut sans l’inventer ; puisque le réel ne fonctionne pas selon un programme, un corpus qui se réaliserait mais comme une forme dont le programme est la forme elle-même soit le présent comme forme, soit l’arc de conscience (qui n’ont donc besoin d’aucun corpus), et arc qui engendre des représentations et interfaces (lorsque ces interfaces ont cessé d’être limitées par une formulation du groupe) ; on invente forcément le kaléidoscope, celui-là même qui rend lisible la réalité mais aussi le réel (à commencer justement qu’il y ait un tel kaléidoscope, que le réel soit le présent restructurant). La feuille du présent située en avant, rend lisible en enroulant la réalité vers le devant. Il est un devant, un présent, afin que le réel se crée de sa seule instantanéité ; l’instant est unique selon sa capacité ; la question est ; jusqu’où s’étend la capacité du présent vers lui-même ? À quel degré peut-il parvenir ?

C’est ce qu’il se demande lui-même ; ce que probablement il cherche au travers des races ; certaines échouent, d’autres avanceront plus loin (la nôtre ne sait visiblement pas du tout s’orienter dans le réel, elle demeure clouée à un fantasme quelconque) ; pareillement c’est ce que chaque arc recherche ; élaborer le kaléidoscope.

Dont on a vu qu’il pouvait se nommer ; gyroscope ; ce qui tourne en tout sens ; de sorte qu’il lui est impératif de dégager la forme-au-dessus des sens possibles ; la forme-qui-n’a-pas-de-sens, pour ainsi dire ; c’est ce que signifient l’être, dieu, le christ, la pensée, le sujet, l’ensoi nouménal, l’esprit hégélien, la volonté, l’Etre ; jusqu’à Sartre et Lacan qui détourent la forme même. Formules abstraites, ce qu’il faut entendre comme « formelles », qui atteignent ce par quoi la forme supplémentaire (hors sens, hors champs, hors tout ce qui est) peut jouer dans tous les sens ; elle est en dehors ; innommable, non distincte, radicale (à la racine, en ceci que la racine étant le présent est au-devant).

C’est en ceci que la forme abstraite n’a pas fait-sens, mais qu’elle a engendré des matrices ; sans doute se donne-t-elle selon ce qui pour tous accorde la signification ; comme le Bien, le vrai, le beau, les universalités ou l’éthique, l’esthétique, le politique, l’idéel, et qu’ensuite les pensées de l’altérité crurent être ou estimèrent-elles nécessaire d’annuler ses idéaux universels, en tentant d’élaborer, de créer de toute pièce la volonté de puissance ou l’être au-delà, ou en-deçà, des étants ; mais Descartes également et Kant, et Hegel créent des matrices structurelles bien plus élargies que celles universelles précédentes ; des matrices structurelles ; des machineries qui engagent la pensée, le sujet et l’altérité ; des machineries hyper actives et intentionnalisatrices qui ne s’acquièrent que sur le mode de l’individuée conscience (puisque seule elle ex-siste dans (et par) l’exister).

Ce sont des machineries déployant l’arc de conscience, votre propre arc de conscience y compris évidemment, qu’engagent, arment les matrices structurelles. Si l’on ne couvre pas soi-même de cette archi-texture dont on a vu aussi qu’elle est archi-tecture (du corps-autre), on n’entre pas dans la restructuration en-avant comme présent.

Et finalement il faut rendre compte de la logique, intégrale, du devenir depuis la dé-couverte/invention de notre-être/cet-être ; logique qui ne s’applique pas à un « objet » mais à une structure, cad un mouvement, puisque non seulement l’arc de conscience est un mouvement, un rapport, mais il est un mouvement en un autre mouvement (le présent). Il n’est pas étonnant, en soi, qu’un mouvement intégral ré-engendre un autre rapport ; l’une structure engage l’autre.

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L’étirement de la réalité - 1

7 Septembre 2016, 08:40am

Publié par pascal doyelle

La philosophie a exporté l’articulation, interne à notre être ; exportée là au-devant, dans le monde, dans des descriptions ; transformant celui-ci en cet-être là, sur le réel ; puis ensuite le réel prît l’évidence du présent brut.

Il est clair qu’il n’est pas aisé de se tenir soi-même là au-devant au bout d’une pique. Il paraissait impossible d’objectiver la structure qui objective ; dixit Kant, de là qu’il renvoie à l’en soi. Or pourtant c’est bel et bien ce qui fut peu à peu approché ; depuis Descartes on ne chercha pas seulement un discours vrai, mais on décrit un être donné « là » ; de Descartes à Lacan c’est ce programme, si l’on peut dire, qui est lancé ; il n’est pas lancé comme tel. Et se contourne, si l’on veut, à partir d’un énoncé (lui-même réflexif, qui renvoie à son externe), puisqu’effectivement la structure qui objective ne passant pas dans le monde, use de signifiants ; dont elle est le signifié. Massif. Le signifié du bout du bout est massif ; le réel et la structure de l’arc, bouté sur le réel.

Parce que la philosophie est elle-même prise dans un acte en plus ; elle a cru que la réflexivité était son choix, son lot, sa structure propre (de là à imaginer que sa réflexivité était la réflexivité, la pensée du monde, ce qui est une vue de l’esprit, c’est le cas de le dire) ; en réalité la philosophie est une réflexion sur notre être qui, lui, est réflexivité. Le monumental est notre être ou plus exactement cet-être qui nous cause, cet-être est arc de conscience vers le réel donné « là » ; cette « conscience » n’est pas « notre » conscience » ; et sans doute nous sommes par ex ce moi, cette identité et il faut se vouloir comme étant un moi, une personnalisation, mais ce moi est effet d’un arc ; il se produit au sein de l’arc ; l’inconscient est un pli et le conscient comme un re-pli dans ce pli et le moi peut-être un pli à nouveau dans ce second pli du conscient ; et le repli, le conscient, et le pli, l’inconscient, sont amenés, engagés, produits par re-tour de l’arc qui se tend vers le réel donné là, vers l’ horizon et re-vient vers (vers sa propre origine) ; antérieure à moi, elle va tracer sur le réel, à travers les vécus, les choix, mais surtout les inventions, voire les créations, les décisions, les projets, etc, elle va tracer un diagramme en plus ; en plus de votre vécu, de votre passé, de votre relationnel ; la nature de ce re-tour est très étrange. Départ d’abord, re-tour qui suit, pli qui se forme, re-pli dans ce pli, conscient et puis moi. Une conscience ne retient qu’en retour, revenant du donné, du corps, mais alors elle est déjà lancée ; son lancement dans le réel est autre que ses retours. Et lorsque Descartes invente, c’est le re-tour ; le tour en plus.

Parce qu’évidemment l’arc de conscience est parfaitement identique pour chacun ; et le moi parait être pourtant, a contrario, une vraie justification de notre réalité, (on l’imagine comme une substance, voire une éternité, alors qu’il est difficilement définissable, il ne forme pas un tout-dans-une-unité) mais non pas cet arc abstrait, vide, formel ; mais en fait l’arc est ce qui tient qu’il y ait dynamique et que dans la dynamique des plis et replis, tels le conscient, le moi, le langage, etc. que par conséquent la seule constante est cet arc lui-même engendrant dans son sillage des plis plus ou moins stables (et dont la supposée stabilité relève de l’imaginaire, on s’imagine « un » comme d’une totalité, alors que l’on est Un mais formel, sans contenu sinon ceux qui forment la base donné là ; corps, cervelle, langage, communauté, groupe, vécu, pensée, etc, et tout au bout l’arc de conscience qui butant sur le réel fait-retour).

Du point de vue du présent (de cela seul qui existe), il faut cibler le seul réel, sans jamais sortir de la constatation, susceptible d’être reprise par d’autres arcs de conscience, qui mèneront leurs propres trajets, sur le même réel et à partir du même arc, quel que soit leur nom, ou leur époque) ; et dont l’architecture s’élaborera d’une part sur la réalité, la détermination, l’objectivité (l’attachement à « qu’il y ait un réel » reconduit toujours au donné là) et d’autre sur le réel, et sur un sujet, sujet impossible (qui ne passe pas dans le discours parce qu’il ne passe dans la réalité) et de la position de ce sujet sur le réel (puisqu’ils existent distinctement, nous sommes autres que le réel, autres que l’altérité, l’arc de conscience n’a rapport avec rien, puisqu’il est le rapport à (soi), comme rapport, comme structure du rapport au rapport). Dans les deux cas il est une réalité et un réel qui résistent ; une masse de déterminations et une structure « en dur », commune à tout arc de conscience dans le même réel.

En ce sens ce qui est dit universel n’est plus alors seulement le discours universel ; le discours universel nait dans sa possibilité même qu’il y ait un être qui tienne comme rapport ; l’arc de conscience est ce rapport (il relie en l’occurrence les choses aux signes et les signes aux signes etc) ; mais le sujet lui-même est « universel » non en ceci que l’universel se partagerait en tous, voire s’imposerait à tous (comme le croient ceux qu’il ne s’agit que d’une « vérité » à trouver), mais en cela qu’il n’existe des arcs de conscience un par un, ce qui loin d’aboutir à un relativisme, crée justement le même plan unilatéral qui avance en un seul sens (il n’est qu’un seul sens ; le présent) ; et pareillement est dit universel également qu’il y ait un réel sur lequel tous les arcs se positionnent, se plient et qu’ils ne peuvent pas manquer (le moi est un pli, l’inconscient un repli, le conscient est un retour qui s’autonomise en se référant à lui-même, souvent comme entendu dans l’oreille de l’autre, pour l’efficace de la communication, etc, et on voit que le cosncient est dépendant, tandis que l'arc de cosncience est un plongeon vers qui ne sait pas où il va, mais re-vient vers le Bord, libre).

Il est ainsi l’universel de la pensée (la variation universelle des intentionnalisations comme machineries intentionnalisatrices qui augmentent la portée de la conscience et crée quantité de distinctions, de différences), l’universel du sujet (impossible par structure, et qui existe radicalement en et par chaque arc et nécessite une description en propre), et l’universel du réel (donné ici comme présent, seule constante qui crée le sens, unique, de tout ce qui est, sens très réel puisque c’est l’exister, non comme « temps » mais comme présent).

Tout a consisté à rendre dans le monde ce qui ne peut pas y apparaitre, ce qui ne peut pas se représenter ni être perçu ; soit non pas l’absolu au-delà (qui se figurait par une représentation mondaine hypostasiée), mais l’articulation antérieure (à toute représentation, détermination, réalité), la rupture antérieure constitutive de la réalité ; au travers des trois dimensions susdites l’occidentalisation décrit l’interstice, l’écart ontologique, la distance interne au réel externe (ce qui veut dire que toute la réalité est là-devant cet interstice, unilatéralement, et en un seul sens, le présent, et que l’interne est non un retrait abstrait ou idéel ou au-delà, mais est le Bord de tout cet externe).

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L’actualisation du libre dans l’histoire

3 Septembre 2016, 08:33am

Publié par pascal doyelle

Exemple d'irruption, événementielle dirait l'autre.

Si la structure de conscience avait été suffisamment assurée d’elle-même, la conversion des années soixante était envisageable ; pour cela, d’une structure certaine et convaincue, on pouvait attendre une réactivité qui mette en place tous les ressorts afférant à un renouvellement ; conversion des comportements, politiques, industries, représentations, etc. soit un changement, un basculement qui orienterait l’ensemble des activités vers une précaution d’une part mais surtout d’un devenir intentionnel ne cherchant plus la satisfaction immédiate et la facilité intentionnelle, mais un resserrement et une exposition de son propre possible ; au lieu que le corps donné-là fournisse la base et le résultat, enfermant la finalité de l’intentionnalité (réduite à une fonction), il demeure hors champ de lui substituer l’arc de conscience, l’intentionnalisation, la possibilité hors du moi devenant la finalité et la curiosité suréminente, l’engouement réel qu’il y a d’exister. C'est qui était visé en ces années ; une précision de conscience nouvelle, élargie, ouverte.

Autrement dit ; comme on a accroché notre « être » à ce donné-là qu’est la « nature humaine », et cela nous a cloué sur place ; on fait du sur-place ; gelés ; comme si cette nature humaine était effectivement la réalité et spontanément notre réalité (alors que la nature humaine est bien effectivement une réalité et elle devait être tenue comme essentielle (nous avons un corps, des besoins, des désirs, etc) mais elle est aussi une construction, une invention, offrant de multiples pistes, et qui se découpent petit à petit, ou s’invente au fur et à mesure (droit des ouvriers, droit des femmes, acculturation pour tous, mass médiatisation démocratisée et donc personnalisation augmentée, etc, c’est tout un monde qui s’est créé).Remplacer de but en blanc la nature humaine libérale par la nature humaine maoiste était tout aussi absurde ; une réailté humaine oui, et depuis deux siècles elle est explorée, mais tenue par le libre de chaque arc de conscience et non par une universalité sans Adresse, sans individué. Parce que c'est dans l'indvidué que cela s'invente, le reste est abstraction et vue de l'esprit.

On a voulu par exemple à partir des années soixante qu’il y eut une accélération totale (et en ce cas assez utopique), et sur quelques points (en vérité un grand nombre de perspectives) ; la sexualité, la famille, les relations personnelles des nouveaux mois, la liberté de représentation, etc ; et on a vu effectivement que cette accélération s’est propagée et à grande vitesse ; cela veut dire que l’on a saisi qu’il était possible de modifier notre réalité, à condition de se tenir suffisamment abstraitement et autre (de là qu’en même temps ce fût en partie illusoire) ; mais cette accélération est possible ; il est possible de modifier la représentation, les organisations humaines, les relations, les définitions de soi des mois, et ce en passant au-delà de telle ou telle « nature humaine » supposée jusqu’alors éternelle ou en soi, et par-dessus, en un raccourci, un court circuit de l’historicité ; c’est précisément ces courts-circuits qui créèrent qu’il y ait une « historicité » ; que l’on puisse actualiser radicalement hors de n’importe quel « ce que l’on est » admis jusqu’alors comme immuable ou évident, hors du champ de telle ou telle identité, et ayant donc à imposer le caractère formel, jugé de tout temps illusoire qui est pourtant celui qui embraye ; l’idéel de l’éclaircie structurelle ramène à une intuition, une intuition non du monde qui n’est pas là, ou du moi que l’on n’est pas, ou des êtres humains idéaux angéliques, mais intuition du structurel même ; celui qui demeure parfaitement un, parfaitement égal, parfaitement réel. Ce dont on est l’intuition, est ce dont seul on puisse obtenir la vision ; celle de la structure qui, apparemment, et bien que l’on ignore encore comment, de la structure concentratrice de la Possibilité. De l’indéterminé qui recèle en lui qu’il ne se laissera pas faire (du réel qui demeure suréminent par rapport à toute réalité).

C’est ainsi l’accélération qui est en question d’abord et ensuite l’adaptation à la réalité, ou formellement, au réel. L’accélération et l’adaptation équivalent respectivement à l’invention de la réalité (et du réel formel afférant) et à la lucidité ; l’invention c’est par exemple non seulement le statut des femmes, mais leurs inventons d’elles-mêmes, ce qui eut lieu, ce qu’elles en réalisèrent ; la lucidité est quelque peu spécifique …

La lucidité ne consiste pas seulement à saisir ce qui a lieu dans la réalité, les enjeux réels, mais consiste dans la distance que l’on obtient vis-à-vis de ses propres fixations, essentialismes ; et la question n’est pas d’abandonner son identité, de groupe ou de moi, mais de créer à partir de ces identités et de ces représentations ; de créer de telle sorte que la représentation ou évidemment les réalisations (les inventions, les créations, les relationnels, les sexuations, les technologies etc) puissent prendre place dans le système formel.

Pour donner une idée du processus, c’est ce que Kant nommerait le passage obligé ; ne sont recevable que les intentionnalités qui prennent la forme transcendantale, universelle ; et ce non parce qu’alors elles sont toutes semblables, une seule tête, mais parce que respectant la forme transcendantale alors une intentionnalité invente. Elle invente non plus une synthèse du donné (il y en eut des millions antérieurement, les mondes humains par ex), mais de ces déterminations qui ayant subi la forme universelle, acquièrent d’être réellement actives ; non pas actives seulement en tel ou tel monde, mais actives pour tous les mondes, non en vertu de son absolue vérité, mais en raison de la survenue d’une seule structure cause de toute humanisation et de toute personnalisation.

Illustrativement ; lorsque l’on ne crée plus pour un groupe en son monde selon son langage et sa parole, on crée pour la pensée, démultipliant les systèmes, le sujet, explosant les éthiques possibles, et pour l’altérité, ayant logique du plus grand nombre de distinctions possibles dans ce monde, ce réel. On remplace sans doute les mondes particuliers, mais par un monde universel et par des trajets individués ; soit donc la richesse pure et brute octroyée de l’arc le plus exponentiel du réel. Ceci est la raison d’exister de la métaphysique et de l’ontologique (du sujet ou de l’altérité), de l’éthique et de la morale, que Kant pressenté plus qu’universelle), de l’universel et de la mise en forme politique du réel.

Le système formel qui cause la pensée, le sujet, l’altérité, ferme la porte aux résolutions synthétiques, immédiates, collectives, holistes, etc ; mais ouvre la possibilité que de plus en plus d’individuelles consciences puissent créer des synthèses, des visions, des réalisations, qui, ayant subi le réel, seront non seulement de plus en plus précises et mobilisant la réalité (du corps, de l’humain, du langage, de la pensée, etc), mais qui étant installés sur le réel, promettent que cette voie se poursuivra. Elle ne tombera pas comme tel ou tel monde, lui-même disparaissant dans le donné ; elle pourra, arcboutée au réel, se reprendre par d’autres ayant affaire au même réel et au monde donné là.

Et cela vaut aussi pour le moi ; le moi doit s’astreindre à subir le joug, parce que par là il passera de son donné-là, de sa synthèse immédiate de soi, à son sujet ; ce qui veut dire à son existence ayant lieu de son vivant. L’accès sartrien voulait saisir jusqu’à quel degré une vie peut devenir un trajet, non ce que l’on a reçu ou ce qui s’est imposé, mais comment on a pu retourner le vécu, renouveler l’être par l’exister en vif.

Ou si l’on veut en autre illustration ; il y eut quantités d’esthétiques, dans chacun des mondes particuliers (les mayas, les bantous, les égyptiens, etc), et on continue de percevoir la beauté esthétique de tous ces mondes, parce que l’esthétique possède en elle-même la formulation universelle (dont soit dit en passant on peut difficilement définir la nature réelle, structurelle, qui réclamerait une bien étrange super-vision méta-structurelle pour être comprise, puisque l’on y ajoute la formulation individuelle et la formulation du réel).

Inventez autant de réalités, de représentations que vous voudrez ; on peut tirer du monde, du corps, mille apparences. Mais admettre l’universel, le réel et le sujet oblige à produire des représentations ou des réalités qui contiennent la forme du un, de la réalité et de l'individué.

En conséquence toute non implication de l’arc de conscience dans ces formes réelles-là, retourne en des synthèses immédiates, tout moi qui ne cible pas son sujet, redescend dans la dégradation.

On peut inventer selon des synthèses n’ayant pas traversé la formulation universelle, mais ce qui demeure ce sont les intentionnalisations qui ont intégré la forme de l’universel, mais aussi la forme de la structure de conscience, ou encore la forme du réel (la formulation dite jusqu’alors universelle ou comme forme de conscience, qui est plus récente, ou par ailleurs la formulation réelle, dite de l’altérité, soit donc la dimension en laquelle nous existons, un par un, n’est pas encore comprise en son décalage ; et elle n’est pas comprise en sa profondeur … parce que c’est cette profondeur qui se réalise au fur et à mesure et dont nous sommes en charge ; nous sommes en charge en ceci non qu’elle soit, cette formulation du réel, de la structure de conscience, et de l’universel, une extériorité qu'il faudrait supporter (au sens de pénibilité, de contrainte), mais au sens où (comme on le pressent en triplant l’universel de la formulation du réel et de la formulation de la structure de conscience), au sens où il en va de la structure, de l’articulation de conscience de chacun, de chaque un, dans le creuset du joug kantien par ex, et qui est aussi l’exigence sartrienne ou l’épreuve nietzschéenne ou l’éthique lacanienne, etc, dans l'articulaiton qu'est tout moi, toute personnalisaiton ; tout moi est quelques points par lesquels il a tenté de s'inventer ; une psychologie qui articule le corps, la réalité, le réel.

Cependant toute représentation est issue de la structure de conscience (c’est l’être structurel parfaitement égal en tout être dit humain) ; pourtant ce qui s’effectue pour une tribu ne fonctionne pas pour le statut individualisé ou pour la formulation universelle ; excepté en ceci qu’étant situé dans l’acquis universel ou individué on repère dans les représentations dite (à tort) immédiates, ce qui en quelque sorte prélude ou plus véritablement sort tout également de l’universel ou vers l’individué ou sur le réel. Remarquons qu’il est toujours possible de récupérer dans les formulations antérieures des possibilités que l’universel, le sujet ou l’individuel ont manquées ou évitent ; puisque c’est d’une seule structure dont il est question, qui ne passe pas dans le monde, qui a tenté mille mondes avant de se saisir de (soi) (comme structure, via la pensée, le sujet (et le monothéisme), l’altérité), et on a vu que la réflexivité (soit notre être lui-même qui en aucune humanisation ne laisse en paix la réalité, la nature, l’absolu, le corps, le relationnel, etc) consiste, étant purement formelle en « ce qui peut se re-prendre » (à partir du même arc et du même réel) ; le « ce qui est à nouveau constamment ouvert » sur le Un de sa structure (tout à fait vide, mais absolument et radicalement une) ; de même que l’occidentalisation ne rejette pas les autres pensées dans l’illusion (c’est la version durcie de la rationalité qui étant raison ne comprend plus la pensée), mais se définit de vouloir ici même l’absolu qui jusqu’alors était situé au-delà. Surprendre le décalage ontologique ici et maintenant et le rendre à chaque arc de conscience.

Si on s’étonne que l’exigence transcendantale (pour simplifier, ou si l’on veut ex-sistentielle) puisse se donner dix mille représentations différentes (depuis les grecs, ou le monothéisme, cela doit faire le compte) et que l’on puisse aligner à la fois Plotin et Nietzsche, Descartes et Lacan, c’est qu’il faut bien penser que ce qui s’articule de cette manière ce ne sont pas des idées (auquel cas effectivement le commun, l’idée majeure de toutes ces positions serait introuvable, il n’est aucune notion fondatrice qui se déroulerait jusqu’à chacune des positions susnommées), mais un être réel doué de sa structure propre (structure qui est vide mais formelle ; cad qu’elle consiste en un être spécifique, non déterminé, hors champ du monde, du donné, du corps, et qui est à lui-même son propre rapport) ; cet être doué de sa structure propre n’est pas lui-même une idée et donc passe de l’une à l’autre, d’une interprétation à l’autre, en tentant à chaque fois d’approcher de sa structure réelle (qui se délimite comme pensée, comme sujet, comme volonté ou comme être-le-là, ou comme articulation de conscience sartrienne ou a contrario lacanienne) ; méconnaitre que l’acte de conscience, l’arc soit un « être », bien spécifique et qui ne peut pas recevoir la qualification d’être (mais d’exister, ce que poursuivent non seulement Heidegger ou Sartre, mais aussi plus loin Lacan et auparavant Husserl, Hegel, Kant Descartes) c’est croire que « conscience » signifie « conscient » ou « identité » (le moi, le sujet comme substantiel, la chose pensante n’est pas tellement évidente chez Descartes, quoi qu’on en dise caricaturalement) ; si l’arc de conscience était relatif à son contenu, (Pierre, Ali ou jésus ou Gandhi) on ne voit pas ce que cela signifierait … Il faut qu’il y ait une forme valable parfaitement commune à tous, en chacun ; si cela existe en chacun pareillement, cela doit être descriptible en soi, et c’est effectivement ce que réalise non seulement la pensée depuis Husserl (par qui elle est dénommée comme « conscience ») mais depuis la pensée grecque, au moins. Le plan du réel est ainsi tout à fait formel ; chaque arc est posé "là" sur le donné.

La multiplicité des traitements de cet-être vient de ce que, puisque cet-être est originaire, à la racine, il reçoit d’extensives, d’intensives, de réflexives et de denses définitions (à partir de l’altérité, du corps, du moi, etc) de son être propre mais aussi de ces effets (étant une forme réelle et active, il est à même le monde, le donné, le corps ; ce par quoi il existe un inconscient, psychique, la psychanalyse montre que l’arc de conscience avance plus loin dans le réel que le conscient, le moi durci, l’énoncé, le manifesté conscient).

Somme toute il s’agit de sup-poser que « conscience » est non pas fonction d’un contenu (représentation du groupe, pensée, moi, qui manifesteraient le sens, la raison d’être) mais que tout cela est effets d’une structure qui seule existe ; il n’existe que l’arc de conscience ; et c’est sur cet-être que se produit l’universalité ou n’importe quelle représentation, langage, sens, moi, etc, et c’est ce que prend en charge le sujet et ce que perçoit la pensée de l’altérité, de la réalité comme Autre par le réel de son acte (soit le présent).

Notons bien pour les croyants (en quoi que ce soit) ; on ne connait pas la finalité, le but de l’arc du réel (conscience-présent, rappelons que le présent n’est pas le moment « là », aboutissant, effet, mais que dans le présent il faut tout retrouver, en une fois ; le présent est la cause radicale) ; l’occidentalisation se démène pour découvrir, et littéralement dé-couvrir, l’articulation antérieure qui n’appartient pas au monde ; à quoi appartient-elle ? Quelle en est la dimension ? Et ce d’autant plus qu’elle est articulée au réel, cad à ce qui est au plus proche ; le présent ; il n’est rien de plus proche que le présent, l’ouvert, l’arc qu’est le réel. Autrement les accès mystiques, (alors qu’auparavant une religion organisait intégralement quantité d’humanisations ou permettait celles-ci) se remarquent par une rigoureuse précision, Eckhart ou Sankara ou Sohrawardi (liste non close, ce qui se perçoit ne se perçoit jamais au hasard ; tout est pris dans l’arc réel et son représentant, l’arc individué). L’abord théologique, on y reviendra.

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