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instants philosophie

Le temps et le présent

26 Novembre 2016, 09:46am

Publié par pascal doyelle

Heidegger et Kant

On a commencé par penser, en espérant que cette pensée, énoncée, calmerait la structure qui originellement permettait que « de la pensée » il y a.

Mais soudainement en cherchant les conditions du penser nous sommes remontés antérieurement à tel ou tel énoncé ; depuis Descartes jusqu’à Kant, Hegel, Husserl.

Ce faisant l’attention s’est déportée du contenu, de la pensée elle-même qui désirait élaborer un gros objet qui condense en lui-même toutes les pensées possibles à propos du monde, de l’homme, de dieu, etc, vers la structure, antérieure, originelle, qui permettait cette capacité de contenus ; sous couvert d’assurer la pensée, comme énoncé, nous sommes passés à la structure première ;

Descartes et son sujet (qu’il ne dénomme pas tel lui-même, qui lui sera assigné, caricaturalement ou non, par la suite), le sujet transcendantal de Kant (qui culmine dans l’aperception une rendant seule possible qu’il y ait un objet réunissant les perceptions dans les cadres, les catégories universalisantes), le sujet hégélien (qui devient l’acte négatif qui extrait au fur et à mesure toutes les pensées, toutes les positions et attitudes et expose les deux phénoménologies ;

celle de la conscience et celle de la logique, hégélienne, qui n’est pas « logique » mais production des idées vers l’idée absolue, cad vers la conscience-de-toutes-les-idées qui revient en retour et ré-expose toutes ses possibilités ; phénoménologie de la conscience, de l’esprit, mais aussi phénoménologie de la pensée, des idées qui naissent de l’activité de conscience ; l’historicité et la logicité de l’intentionnalisation ne valent pas comme définition de la réalité et du réel, mais du devenir de notre structure dans un monde ; exposant l’ensemble des possibilités,

le sujet enfin phénoménologique de Husserl qui non seulement dénomme véritablement la structure antérieure comme « conscience intentionnelle » mais commence de repérer les actes, les coordinations internes de cette structure intentionnalisatrice, et par ailleurs mais dans la même attention à cet-être que nous sommes, Sartre et Lacan qui décortiquent d’une part en externe l’arc de conscience dans le monde (parmi les autres, rapporté au corps, au vécu, à l’historicité), et d’autre part Lacan qui explore en interne les plis et déplis de cet arc de conscience en tant que cet arc est pris-dans un corps ; en tant que le corps devient une surface-autre, soumise à la jouissance impossible) et qui doit, avec effort et peine, réguler cet afflux d’une surface corporelle autre que soi.

Toute cette exposition, exhibition, monstration permet de se concevoir selon la variation intentionnelle de tous les possibles, mais tant que ne sera pas levée l’énigme de la structure de cet être, dont nous sommes l’effet, on ne peut pas définir le sens, la direction de l’intentionnalisation ; quand bien même serait collectées toutes les possibilités ; le sens et la direction de cet-être (jadis notre-être) est détenu par le présent. Tout comme Heidegger cherchait à exposer le cœur interne de cet-être posé là sur le donné ; mais on sait dorénavant que le donné là est gigantesque, voire hors de toute proportion (si tant qu’il existe des tas d’univers) ou si l’on suit la logique ; que le néant étant infini, l’être (tout également existant au possible) est tout pareillement infini (une quantité infinie d’énergie à la base, autant que l’on sache) ; que nous ne sommes pas spécialement « élus » et que ça n’est pas le non-sens qui règne mais une indifférence distributive qui lance par-ci par-là des ilots d’ordre plus concentrés et dans ces ilots de toute apparence des structures spécifiques qui au lieu d’être simplement données comme identités (une chose est un chose), ont un rapport à elles-mêmes, ou donc que l’arc de conscience est le rapport à (soi), dans lequel le « soi » est le rapport lui-même. De sorte qu’il peut se placer lui-même sur la surface du monde, du réel et n’est pas seulement tel ou tel relation au milieu.

Cette articulation spécifique est donc temporelle ; mais Heidegger visait encore que ce soit l’ensemble de toute la réalité qui serait affectée par le dasein ; on se référera au Kant et le problème de la métaphysique, par quoi Heidegger saisit que le schématisme kantien est le glissement du donné dans le temps ; en gros que les intuitions sensibles sont ramenées dans les catégories ou l’entendement par le schématisme, ce qui veut dire dans le giron du sujet transcendantal (qui se sait par temporalisation ; le sujet étant « lui-même » par le temps). Ce glissement que H reprend de Kant, cesse par H de rester subjectif et devient la donnée absolue du transport de l’être (extérieur) dans le temps (dont témoigne seul le sujet, les choses sont « dans » le temps, le sujet est en dehors) ; mais il est en dehors de manière subjective (ou du moins transcendantal) pour Kant et objective pour H.

Mais il faut dire que la situation de notre être sur le réel est hyper objective. On ne témoigne pas du « temps » ; soit donc la procession passé, présent, futur ; de telle manière que le sens de l’être serait le futur. Ou plus exactement passé et futur n’existent pas ; n’existe que le présent ; et non le présent tel que coincé entre passé et futur, le simple donné « maintenant », mais le présent en tant que seul témoin, si l’on peut dire, qu’il existe une dimension (dont on ne voit pas à quoi elle correspond, puisqu’elle est antérieure à toute la réalité ; le présent est le réel avant-toute la réalité, l’indéterminé avant la détermination, la forme de tous les contenus). Et donc le présent comme origine absolument de tout ce qui est ; l’être est second (ce que voit bien H, comme étants ou super étant, dieu par ex) et l’exister est premier ; mais l’exister est absolument découplé de l’être ; non au sens où il serait indépendamment et substantiellement, mais au sens où il est formellement antérieur ; l’exister est séparé, par ex, en ceci qu’il est plus grand que l’être. Mais attenté au présent en le soumettant au passé et au futur c’est tordre la structure (qui est tout absolument verticale) vers la totalité du donné ; comme si la forme (le réel, le présent) était  en vue de la totalisation.

Le Un existe, le tout n’est pas ; si le Un, le présent, est la forme de réalité, la réalité ne forme pas un Tout. Il serait tentant, dans l’absolu, de confondre les deux ; qu’il y ait un Tout-un ; mais ce serait relativiser le Un, or le Un ne peut pas être réduit ; c’est une vieille pensée, une ancienne logique qui est combattue par Kant ; Kant dresse unilatéralement, cad verticalement (de même que Descartes), notre structure. De même H qui enquête sur le « là » du donné, mais se laisse prendre par défaut d’interprétation, dans l’idéalité (une idéalité extrêmement difficile et non pas classique), alors que Descartes, Kant, Hegel, Husserl explorent l’acte actuel de la structure.

En identifiant l’être au temps, H ne peut plus relativiser le temps ; le temps est l’interprétation que l’être donne, objectivement, de lui-même (en se dévoilant-voilant, qu’il y ait eu tant d’erreurs, selon H, est le temps du voilement, des errances) ; alors qu’en fait, selon le fait brut, si le présent est seul ce qui existe (puisqu’il est l’exister même), cela veut dire que le non-temps est l’actuel Exister. Tout le temps, comme tout l’espace, comme toute la détermination (emportée dans l’altérité qui différencie dans les choses et distingue dans l’intentionnalisation) sont déployés dans l’exister pur et brut. La forme de tout ce qui est, est continuellement présente, n’est pas « ailleurs » que le donné, puisqu’elle est à l’origine, structurelle, ontologique, de tout le donné. Le Tout, comme hypothèse, rend incompréhensible le temps, comme la multiplicité. Le Un comme formel est le temps en-deçà du temps connu. L’arc ne ramène pas le donné au temps, mais le donné et le temps au Un originel continuellement présent.  Et c’est de ce point là que Kant est saisi parce que c’est sur ce point là que nous existons.

On voit par cela que l’on se situe par la réflexivité, par la philosophie, sur la limite effective du réel ; on se tient par la réflexivité sur le Bord parce que nous existons, en notre arc et structure, sur et par ce Bord ; c’est ce que H comprend de Kant ; d’apercevoir que la description kantienne est ontologique ; mais cette position ontologique n’est pas de l’ordre de la connaissance ; elle est antérieure et H croit comprendre que cette positon antérieure est situable par ses effets ; dans le dasein l’angoisse et l’authenticité (le langage, le peuple, le territoire, etc) ; ce qui est l’annulation que ce soit une « conscience » ; c’est un être situé là, et le « là » crée cet être. Ce qui est vrai, mais c’est Kant qui a raison, ou « plus raison » de cadrer notre être comme structurel ; il leur manque de concevoir notre être / dans l’être, comme cet arc de conscience / sur le présent.

Soit donc deux articulations. Sans contenus, non substantielles, non matérielles, non déterminées. Puisque sans contenus, ces articulations (qui se chevauchent l’une l’autre) et n’étant pas matérielles ou déterminées, ne sont donc pas « idéelles » ou « spirituelles » ; auquel cas elles seraient elles-mêmes composées et relèveraient d’une définition qui dériverait leur nature de déterminations ; or ce que l’on tient ce sont des structures ; il existe un réel (qui consiste en l’exister pur et brut)  et il existe des arcs de conscience ; qui sont tous deux des Réels, des natures spécifiques indérivables ; on ne peut pas dériver l’exister de quoi que ce soit, et on ne peut pas dériver l’arc de conscience ;

cela veut dire que l’arc de conscience ne consiste pas en la connaissance et c’est pour cela que Kant tient le bon bout ; ça n’est pas tant la capacité de connaitre qu’il entreprend que la liberté pure (soit donc la validité de la raison pratique et esthétique qui signifient autre chose et autrement que la connaissance) ; soit donc un être structurel qui excède la pensée. C’est évidemment cet être structurel qui sera plus encore objectivé par Husserl et Sartre et Lacan ; depuis Descartes on investigue la structure et les descriptions en sont hyper objectives ; et ce qui guide ces investigations c’est la constatation ; suivant Descartes, Kant avance, suivant Kant, Hegel avance, etc, suivant Sartre, Lacan avance. Il apparait donc qu’il faut impérativement aiguiser la pointe de conscience, cet arc, cette tension, de telle sorte que reprenant l’avancée antérieure cette pointe puisse lire la ligne du temps, du présent ; tous les éléments sont là, présents, puisque c’est le présent même, celui qui « accompagne » toute réalité et toute intentionnalisation. Rassembler la structure de l’exister est devenu l’activité philosophique même. Et il est vrai que cette structure est spécifiquement activée par l’arc de conscience, en un sens non pas subjectif (ni objectif de manière habituelle) mais en un sens ontologique ou hyper objectif ; l’autre hypothèse (qu’il faille rejeter ces explorations) est proprement insensée ; c’est annuler l’expérience sans aucun doute la plus cruciale (et on entend par là également les théologies et mystiques), comprises comme effets de structure).

Ce qui revient donc à ceci ; il nous est possible de paramétrer notre attention, notre structure de conscience et avancer via Eckhart ou Sartre ou Kant. 

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L’insatisfaction est la Règle

19 Novembre 2016, 10:12am

Publié par pascal doyelle

L’instruction de la division, la douleur des mois

On a découvert la structure de conscience, par les grecs, ce qu’ils ont tenté de stabiliser par la pensée, mais la structure ne s’arrête pas à la pensée, elle s’est également voulue par le dieu du monothéisme et le christique ; ce qui fut acté par Descartes qui installe sur le monde, sur l’étendue, notre être, en le transformant du même coup en cet-être posé-là.

Kant et Hegel observent cet-être et l’un avance dans la structure (dite transcendantale) et l’autre dresse la totalité de la phénoménologie de cette-conscience ; phénoménologie de l’esprit et phénoménologie de la logique du concept. Tout est ainsi exporté hors de nous ; nous sommes délestés de tout contenu, et ne demeure que la structure, nue et sans rien, soit donc d’exposer son articulation husserlienne telle qu’elle existe au monde, aux autres, et Sartre reprend la description en élaguant l’idéalisme (des contenus, de Husserl), et Lacan tranche net en dessinant la présence en tout moi de la découpe structurelle ; l’arc de conscience dans un corps, une cervelle, un moi, un langage cause des effets et puisque cet arc se tient non de ce qui est mais du point que l’arc instancie dans le réel, hors de nous, hors du groupe, hors du langage, hors de tout en fait, ce point est, pour chacun, un cataclysme, une déflagration.

Il ne sert à rien de chercher à faire Un avec soi ; le « soi » en question est lui-même intégralement et n’est que splittage, articulation, autre. C’est donc une pensée de et par l’altérité que créent Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan. De l’altérité constitutive ; non au sens où la réalité en passerait par l’altérité pour revenir comme réalité, mais au sens où la réalité, ou le moi, ou l’humain ou la pensée (etc) n’existent pas sans la forme antérieure de super méga hyper division. Le réel est un arc et n’est que cela. Le hiatus.  

On a commencé de voir que la séparation, division, le splittage n’est pas un exister dans l’être, mais que par hypothèse l’exister, la division sont antérieurs à l’être, et qu’il n’est de réalité que du réel, que de l’exister, et, pour nous, que du présent ; le présent est avant-tout et évidemment demeure précédant ; ce qui est premier c’est l’altérité ; la réalité est constituée par et dans l’altérité ; l’altérité n’est en aucune manière la réunion, la réconciliation, mais le devenir, la formulation du Un ; le Un toujours en plus, le réel plus grand que lui-même. On aboutit donc à comprendre que même en se représentant comme dieu, pensée, sujet ou altérité (volonté ou Etre) c’est la division qui se précise, qui s’augmente ; le Bord du monde, sans épaisseur, se structure en sa dimension propre ; il s’est augmenté par le langage et la groupe jadis, créant des cultures, des mondes humains, et il s’es t décisivement outrepassé, outrepassé la culture et le langage et le monde humain, autour de la méditerranée en désarticulant et réorganisant l’acculturation, le langage, l’humain

(au point que ce que l’on nomme langage, monde, humain, etc, est une dénomination pour nous ; qui n’existaient pas dans les mondes humains particuliers ; de même que l’on nomme « politique » ce que les grecs découvrirent comme tel, et dont l’essence est encore à interroger puisque se référant au un structurel, de même on nomme « monde » ce qui se vivait dans un groupe comme étant le-monde-même, en lequel il fallait être né ; nous ne savons plus nommer tel ou tel monde, puisque nous sommes surgis en dehors de tout monde, dans l’acculturation de l’a-civilisation généralisée, celle qui n’a ni peuple ni territoire).

La finalité est d’étendre la dimension du réel, la dimension de la division ; par ex, par quoi la division violente, physique, doit se sublimer en division intellective. Mais l’humain éprouve une difficulté effrayante à dépasser la ligne de mort du monde, par laquelle les enjeux s’expriment immédiatement par la mort de l’autre. La vérité est que l’humain ne peut visiblement pas transférer l’arc de conscience au-dessus du corps donné immédiat ; il ne parvient pas à créer un corps-autre, une autre surface ; il retombe toujours constamment dans le corps donné (et s’en prend à son propre corps ou aux corps des autres). Les esthétiques, c’est pour cela qu’elles sont aussi des éthiques, tentent de sublimer notre perception ; depuis l’invention-découverte de la structure esthétique, éthique, politique, idéel, philosophie, acculturation et personnalisation évidemment, tentent de nous produire un réel, un corps, une surface-autre qui puissent supporter, porter, et donc accélérer, augmenter, rendre cent, mille fois plus complexe la surface de la perception ; le moi est ainsi, comme personnalisation qui suit l’humanisation (passant de l‘universel, humanisant, à la singularité, personnalisante), le moi est une telle incrustation ; non pas comme le croit l’humanisme réaliste naturaliste rationaliste en tant que le moi est mon « identité » mais en tant que dans un moi (qui réclame effectivement l’humanisme réaliste naturaliste rationaliste) doit exister un sujet ; cad une impossibilité (c’est parce qu’il est impossible que le sujet est un sujet, sinon il serait une « chose ») ; obligeant le moi a passer du régime de la satisfaction (le moi croit qu’il est son corps, un corps personnalisé mais qui possèderait son essence propre et donc attend une « satisfaction », trouvée dans le monde, le destin, les autres, etc), de la satisfaction à l’insatisfaction ; l’insatisfaction est, littéralement et dans tous les sens, la Règle.

C’est cette Règle qui est élaborée ; élaborée par la philosophie, par la mystique (la mystique est très spéciale … qu’elle soit hindouiste ou chrétienne ou chiite ; on y approche le creusement même que le réel effectue dans la réalité, puisqu’elle développe une technologie extrêmement poussée), mais aussi élaborée de vif par tous les mois ; les mois affrontent l’insatisfaction maximum ; dans leur chair et ça les prend d’autant plus qu’ils en attendaient tout, de leur corps, de leur psychologie architecturée sur le corps ; par laquelle psychologie ils étayaient leurs intentionnalisations (de leur vécu, de la réalité, de l’humanisation elle-même) sur la seule base qui leur parait évident ; le corps ; or l’arc de conscience existe indépendamment et hors du corps (en ceci que l’arc désigne un point dans le réel donné « là », lequel point attire à soi toute l’intentionnalisation, et lequel point fut exemplairement instancié par le christ ; on se perçoit, par le christ soudainement, hors de soi, hors de son vécu, de la naissance-mort à partir du point situé forcément au-delà).

Les mois voudraient et usent toutes leurs forces, à produire un monde adéquat à leur supposée identité, ou essence certes humaine mais leur essence individuelle, chacun en son monde propre et ressemblant ; mais c’est l’altérité qui règne, partout, et pour un moi elle prend effets non seulement de la douleur, de la mort, de la solitude, des insatisfactions, mais aussi de l’incompréhensible ; l’attente ne va se reconnaitre en rien ni en quoi que ce soit.

Il est clair que Sartre et Lacan approchent au plus près de la déception, du manque à être (puisque l’on n’est pas, on ex-siste), ce que Schopenhauer ou Nietzsche pensaient tout également. Ce à quoi se heurte l’hyper volonté de Rimbaud.

De là la nécessité des mois de se tenir « sous le regard » ; soit sous le regard des autres, soit sous leur propre regard en se donnant quantité de spectacles, de représentations, de publicités d’eux-mêmes, de la vie ; qu’il puisse exister des choses ou des êtres sans regard pour soutenir ces choses ou ces êtres, est impensable ; ils voudraient que leur corps soit le reflet de leur image ; or ils sont des miroirs, la surface même de miroir et non les images qui s’y dessinent. Ce qui n’est pas du tout une raison d’abandonner au néant les images dessinées ; puisque la surface est ce qui n’apparait jamais ; on n’existe toujours comme image et rien que ; il n’existe que des mois, et dans les mois, des sujets impossibles.

Tout ceci ne prétend en rien que l’on puisse se passer de l’humanisme rationaliste naturaliste, pas plus que du moi ; mais il faut voir le mouvement entier qui découvre peu à peu à partir de la pensée et de dieu la structure articulée ; sans doute désire-t-on se saisir dans un énoncé, ou une visualisation, mais le jeu s’installe du méta ; qu’il n’existe pas de méta langage, c’est pour cela qu’il existe une structure et s’il existe une structure celle-ci est première. Et il est impossible qu’un contenu, ou une partie du monde (du moi, du corps, du vécu, de la représentation), ou une pensée et une connaissance ou un savoir puisse combler la structure ; aussi la philosophie est-elle (sous couvert de telle ou telle prétendue résolution de l’équation structurelle, prétendue qui permettait, en tant qu’opératrice de l’impossibilité, de renforcer et de pousser système sur systèmes l’avancée ; la pensée, dieu, le sujet, l’altérité sont utilisés par la structure, pour re-venir à nouveau et à neuf, pour étendre le Venir lui-même, puisque tout sort du présent qui s’avance vers nous, qui est nous-mêmes incarnant le présent au-devant) l’élaboration d’un savoir de cette insatisfaction même.

Ou ce qui peut se dire autrement ; la philosophie n’est pas la connaissance objective, mais l’exploration d’une part mais aussi d’autre part le savoir de la structure même ; de là qu’elle se tienne toujours ouverte du côté réel (il n’existe que ce côté-là, le donné est ouvert par devant, parce que le devant, l’au-devant est le réel même, constitutif) ; l’être, le un, l’infini, l’éternité, la chose brutalement existante, la volonté ou la suspension cartésienne de la volonté, etc C’est ce devenir structurel là, la manière que la structure eut de se plier et déplier qui est notre seul et unique devenir réel. Le reste ce sont des effets.

Les critiques antiphilosophiques (qui évidemment succombent toutes à la philosophie même qui est une structure agissante dès le début, la philosophie n’a cessé de se renouveler, ça n’est pas une nouveauté  ; la philosophie se charge du décalage ontologique, qui est un et unique ; arc de conscience/enchâssé dans le réel, comme exister et présent) parient d’une partie de la réalité contre le réel, oubliant à qui mieux-mieux l’universel, le sujet, le un, mais ce faisant une nouvelle version de la structure ; comme altérité pure et brute. Dans tous les cas la forme de la conscience se modifie en son rapport au réel ; acquérant la plus grande précision possible.

On entend bien qu’il faut, ce disant, comprendre ces effets, cette pensée, cette humanisation, cette personnalisation, mais à rebours les re-situer (les situer tout court puisque de réel il n’en est qu’un seul ; le présent articulé, comme machinerie) les re-situer dans la forme de l’exister brutal.

On répétera que la structure est la conscience de chaque arc, en tant que tout arc est parfaitement identique à tout autre, non en tant que chacun est universellement le même (l’universel n’existe pas en soi, mais comme activité), mais en tant que l’universel n’existe que de chaque arc ; en tant que l’universel réel est en vérité bien plus grand que l’universalisation idéelle, et que le vrai sens de « universel » est la singularité, le un. Rimbaud ne ciblait pas l’universel ; c’est parce qu’il étreignait sa singularité (et lui tordait le cou), comme on sait, qu’il engendrait de l’universel (mais il manifestait premièrement et ontologiquement le singulier brut et subtil, celui qui retourne le monde (tels les grecs) ou celui qui renouvelle tout ce qui est (tel le christique) et épuisant cela le « païen », le gaulois ; toutes les dimensions sont engouffrées dans la dimension unique, la totalisation rimbaldienne est impitoyable ; le point singulier est la totalité, au sens de l’ensemble, du ramener-à, explosée, très-analytiquement, par raison, par méta-raison, au Un qui seul bascule tout le donné là, corps y compris ; toutes les strates prennent place dans Saison et Illuminations). La psychanalyse atteint cette zone du singulier brut, telle que logée au cœur du moi, parce que le moi est hors de lui-même (« je suis pierre Dupond » ; on voit bien qui est Pierre Dupond mais qui est « je » ? c’est le « je » qui entoure, enroule, roule, tourne le moi).

La philosophie est l’avancée dans la structure ; celle qui est en plus. Descartes ne décrit pas le moi (comme la psychanalyse qui veut analyser le moi jusqu’à la béance structurelle de chacun) ; Descartes se tient du sujet Créé, engendre la possibilité de la structure lancée vers et par le présent ; Descartes situe le sujet au-devant, Lacan, partant du sujet (comme tout le monde, mais lui il le sait), ré-observe antérieurement à partir du point du sujet, la ligne qui traverse le moi. On ne peut pas prendre le sujet dans le donné, parce que c’est à partir du sujet que l’on perçoit ; le sujet suit accroché au présent même. La paroi au-devant tracte les donnés.

L’arc de conscience est le troisième plan ; pour faire court, il y a le donné là, puis il y a les mondes humains, et il existe dans ces mondes un soudain méta développement structurel, qui ne s’acquiert que un par un (c’est ce qui outrepasse l’humain, le groupe, le langage, le monde particulier, le corps immédiat, etc).  

L’architecture structurelle est lancée et va commencer de Créer à partir du point au-devant (l’être pour les grecs, le dieu juif, le christ, le sujet, l’altérité). Tout ceci n’est nullement des «uns substantiels », mais des opérateurs structurels qui vont engendrer du point qu’ils tiennent, chacun, un renouvellement du donné ; lorsque l’on passe du schéma « pensée » au schéma « dieu » (lui ajoutant la pensée grecque, de fait, puisque c’est la même instanciation méditerranéenne), on bouleverse continument la réalité à partir d’un nouveau point réel ; pareillement lorsque le sujet cartésien se tire de dieu ; ou que l’altérité, le point ontologique Autre, exhibe inhumainement la réalité.

La dimension ontologique (c’est sa fonction depuis le début) exprime seule l’enjeu. Permettre de visualiser le ressort du mécanisme conscience/exister (ou pensée/être ou renouvellement/christique ou corps/autre surface ou intentionnalisation/perception inconnue et augmentée, etc) fut-ce au travers de dénominations philosophiques étranges, puisque le réel est l’absolue étrangeté (on ignore quasi totalement ce qui se trame via ce décalage ontologique qu’est notre arc de conscience et qu’est ce présent) et éprouver cette visualisation en en élaborant la perception (qui consiste à se fondre dans l’aperception, au sens quasi kantien, des autres arcs de conscience explorant le feuilletage du Bord ; c’est l’aperception transcendantale qui se meut, c’est ce que montrent Plotin, Descartes, Kant, Nietzsche, Lacan, et de même manière chaque moi, tiré par son sujet des mauvais draps, des mauvais plis).  

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De l’instant présent comme monstre absolu

12 Novembre 2016, 10:34am

Publié par pascal doyelle

L’humain est donc confronté à l’effrayante distance invisible qui sépare toutes choses et tous les êtres.

Notre être structurel de conscience parait nous séparer de tout, n’exister que comme division, mais c’est toute la réalité qui est splittée, on dira même que le splittage, la séparation, le hiatus est le réel lui-même, et le réel s’impose comme présent.

Rappelons que l’être et le néant existent tout également (peut-être une raison pour admettre que le néant, qui n’est borné par rien, est infini, alors l’être est tout aussi infini) ; le Possible rend adéquat l’être et le néant. Mais l’être est une dénomination générale ; il faut dire l’être et l’exister ; et l’exister, le présent, est ce qui engendre l’être, la détermination (il l’engendre et ne le cause pas ; le présent est une forme, non visible, non composée, non déterminée) ; l’être, les réalités se déroulent dans l’exister, le présent attire toute la réalité, tracte les mondes et les corps.

Il est deux niveaux ; la réalité, l’ensemble de la détermination, et le réel, la forme de cette réalité multiple. De même il est d’une part l’être, la détermination, soit donc la mémorisation du présent, et l’exister, le présent actuel seul réel ; la vague du présent dépose "de l'être".

L’arc de conscience est arcbouté au réel, cad au présent ; ce faisant l’arc de conscience, la structure, revient instantanément au Même, au Même présent unique ; celui qui revient antérieurement à tout donné, qui revient continuellement au tout premier présent (c’est le même), et qui inaugure la logique réelle même ; que chaque exister présent soit le renouvellement ontologique, et ce absolument.

Le présent est cela seul qui est ; en ceci que le présent est l’exister. Tout le reste est la mémorisation de la vague unique de présent, qui déroule imperturbablement les réalités ; lesquelles ne possèdent pas d’unité totale ; il n’existe pas de Tout qui serait Un ; par contre il est et n’existe que le Un, sous la forme pure et simple et brute du présent. On peut même dire qu’il n’existe qu’un seul point de Présent ; le même présent depuis le début jusqu’en une finalité que pour le moment, évidemment, on ignore.

On poursuivra même que ce Point Unique du Réel porte tout en interne, mais que cet interne étant l’exposition maximale (il est tout le réel où et quel qu’il soit, toute l’exposition de toutes les réalités), cet interne du Point Unique est l’externe, le Grand Dehors qui explose tout, pour ainsi dire. On supposera également que toute la réalité (toute l’énergie, toute la matérialité, toutes les choses et êtres) existe en quantité infinie ; la finalité de tout ce qui est serait ainsi de produire en son sein, le grand dehors, selon la même logique fondamentale , de produire du Un (le Un étant non pas le Tout mais la forme de splittage, de division, de différenciation dans la réalité, de distinction dans la structure de conscience, distinction des intentionnalisations ; le Un est l'Altérité elle-même) ; outre le Un qu’est le présent, revenant constamment au zéro primordial, il se crée, ontologiquement parlant, un être tenant de lui-même ; soit le Un d’un être qui ressemblerait très fortement à ce que l’on nomme « conscience ».

Soit donc un être dont la spécificité est d’exister comme rapport à (soi), en lequel le « soi » est non pas telle ou telle identité, qui serait déterminée, mais dont le soi est le rapport lui-même ; une conscience n’est pas conscience de ‘soi ‘ mais conscience de soi comme conscience, comme structure ; c’est ce que signifie la pensée des grecs, le dieu mono, le christique et le sujet de Descartes à Lacan, en passant par les pensées de l’altérité (Heidegger et Nietzche, mais aussi Freud ou les sciences et les objectivités). Inutile donc de chercher ce que pourrait être le moi, le sujet (au sens de monolithique), l’humain ou la pensée ou le langage ; tout cela existe réellement mais est relatif et relatif à un être structurel qui n’est pas, lui, relatif. Mais si il n’est pas relatif, c’est qu’il est absolument en tant que formel ; en tant qu’articulé au seul réel qui soit, articulé au présent. re-pli dans le pli constitutif, mouvement dans le mouvement.

La finalité est ainsi, de la réflexivité (soit donc du retour sur lui-même de cet-être structurel qui remonte jusque dans la structure, la dimension autre de la structure, l’exploration du temps, comme présent, la plongée dans le réel du présent pur et simple et brut ayant engendré en son sein tout externe, toutes les réalités), d’amener en conscience ce que la structure de conscience est elle-même ; de se rendre compte de l’articulation que cet être est, en tant que l'être est le dépôt de l'exister, du présent, du monumental présent ; les descriptions philosophiques doivent ainsi être relues non pas comme affirmant dieu, la pensée, le Bien, le sujet, la Volonté (qui fonctionnent tous comme splittages impératifs et comme altérités) mais comme de telles explorations passant outre le donné et la détermination jusque dans la structure Existante.

De cela l’apparence si étrange de la philosophie qui positionne sans cesse le réel dans la réalité et l’arc par rapport à l’exister. Soit donc en même temps que découvrant un fait,  le réel (de toute la réalité, l’être, dieu, le sujet, l’altérité, le présent), et inventant, créant le chemin lui-même, qui n’est pas mais qui va Exister ; se créer à partir de l’Instant même ; et dépliant en l’arc de conscience le pli du présent brut (nommé autrefois éternité par ex) et ajoutant à ce pli, unique, du présent, le re-pli vers le Fait ou tout aussi bien le dé-pli de l’arc vers le présent agissant la réalité.      

Le réel est ainsi intégralement ouvert sur lui-même, rien n’est caché, rien n’est extérieur, ni « intérieur », tout est au-devant, parfaitement lisible et parfaitement réalisé (évidemment sinon il ne serait pas le réel), mais en suspend. En suspend de par le présent même. Le mystère du réel est l’acte parfaitement réalisé du présent ; que le réel soit d’une telle brutalité veut dire qu’il déploie indifféremment sa puissance, sa potentialité ; laissant aux arcs de conscience de sortir d’eux-mêmes l’entière possibilité ; ce qui est Un doit extirper de lui-même sa capacité.

Si la logique est vraie (que le réel est plus grand que lui-même, soit donc que l’être est le donné et que l’exister est l’en-plus du donné, seul réel ; si l’être est la mémorisation des présents et l’exister est le seul réel), alors dans la réalité et au travers d’une multiplicité indéfinie ou infinie, quelque chose de plus infini encore est en possibilité. La logique de l’exister signifie que ce qui sera existera plus que ce qui est ; ou donc que le présent tracte les réalités, qu’il est non pas un point d’attirance quelque part on ne sait où, mais que le présent est ce point ; que le réel ne quitte jamais le réel. De créer de l'infini dans l'infini (mais après tout il s'agit du réel, de "tout ce qui est ou existe", et qui ne laisse rien en dehors ; il est le Dehors même).

Rappelons ; il n’est pas certain que nous soyons « élus » … nous sommes causés par un splittage spécifique ; l’arc de conscience (soit ; le rapport à (soi) dont le ‘soi’ est le rapport lui-même) ; et il n’est pas certain d’une part que notre corps puisse accepter cet arc, et d’autre part que nous soyons capables de manœuvrer suffisamment cet arc, avec suffisamment d’intelligence, de sorte que nous survivions.

(Notre être n’est pas une chose, qui a rapport avec soi comme identité ; déjà l’animal a rapport avec le donné, via la surface de son corps qui effectue une séparation, mais souvent aussi a rapport avec les autres et connaissent qu’un autre il y a ; l’humain est né d’un rapport à soi décalé, autrement dit est autre que lui-même ; ça n’est pas l’autre qui nous crée, c’est que nous naissions à/hors de nous-mêmes, individuellement, un par un ; il nous est possible de nous positionner sur le réel, l’animal perçoit la réalité et l’autre de son propre point et non du dessus).

 

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L’irréalisme

10 Novembre 2016, 13:01pm

Publié par pascal doyelle

L’engloutissement de la structure de conscience par la cervelle mensongère. La dévoration du sujet par son moi. La violence du sujet envers le moi.

Le moi, et si l’on remonte le naturalisme idéologique (libéral et communiste, l’économisme de manière général comme idéologie du corps), et plus avant encore l’humanisation ayant fondement universel, peuvent être considérés comme des adaptations, dans la réalité, de l’ampleur métaphysique antérieure ; la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’universel se produisaient du réel, de l’intuition du réel, mettaient en œuvre une nouvelle anthropologie (en fait ils créent cette notion même d’anthropologie, auparavant n’existaient que des mondes séparés) ; le réalisme de l’humanisme naturaliste et réaliste ne contredit pas l’ampleur antérieure, mais la continue … en en oubliant une part ; de sorte que le réalisme assume totalement et outre mesure le monde, le donné, le corps, le moi et l’humanisation, mais ne peut pas porter ni les mois supporter le réel.

Ce qui mesurait le fantasme, auparavant, à savoir dieu ou le christique ou la pensée ou l’humanisme métaphysique des grecs (l’humain tenant sa place à mi chemin du monde et des dieux, l’humain n’acquérant sa vraie dimension que de s’accorder en la pensée, divine en elle-même, l’humain capable du divin ou pour dieu l’humain admettant la loi ou pour le christ l’humain se rendant individu un par un à condition du corps unique du christ), ce qui mesurait le fantasme était bien suffisamment articulé pour accuser la charge. Il distordait le fantasme en s’y prenant antérieurement ; raison de l’ontologie ou de la rupture d’avec la magie des illusions, ou du refus de l’immédiateté ou du bannissement de votre-corps.

Toutes choses qui reviendront par l’installation du naturalisme ; on bannira l’ontologie, on succombera à l’immédiateté, on adorera notre-corps, on se soumettra à la magie ; mais revus et quelque peu corrigé, mais puissant cependant, jusqu’à tomber au fur et à mesure dans la courbure tombant vers le donné là.

Lorsque la réalisation humaine se définit comme naturelle, donnée là, psychologique ou sociologique ou économique, et que l’humain non seulement se confère sa propre loi, mais que cette humanité est conçue comme une donnée naturelle, tout à fait libre de suivre ses intentions, puisque celles-ci viennent de et aboutissent au donné naturel, que le monde est tel le champ joyeux de la satisfaction, il apparait que la poursuite de la finalité réaliste, naturaliste, mondaine, et globalement le fantasme sans limite de cette réalisation humaine, joue la bride sur le cou. Parce que ce fantasme (cad l’irréalité de la vie prise dans son interprétation naturaliste et réaliste, prétendument) ne manifeste aucune vérité. Seulement telle ou telle partie du monde, prise comme vraie et réelle (alors que la vérité d’une part et le réel d’autre part sont d’une autre articulation, l’articulation du dessus ; ce que quasiment Heidegger nommera oubli de l’oubli, mélangeant la pensée, grecque, et la raison 18émiste, même Descartes relève de l’arc suréminent indéterminé, mais H a besoin de forcer le trait pour établir son schéma ontologique).

Il ne manifeste aucune vérité alors même qu’il attaque réellement le concret du monde, du donné, du corps, du vécu (l’attention que l’on va commencer de porter à tout cela depuis le 18éme) ; aucune vérité parce qu’il focalise l’attention, l’arc de conscience sur l’immédiateté, sur la particularité (qu’il doit élever comme on disait à l’universel, Kant, Hegel, c’est parfaitement explicité et clairement décrit) ; or si le réel existe, (et il existe), le plan seul réel ne tient pas à la réalité, mais perçoit plus haut et plus loin cette réalité ; il est ainsi un horizon absolu, indéfiniment lointain, et lointain non seulement au sens kantien de progrès indéfini, mais lointain, éloigné dans le présent même ; il existe, et il n’est pas, et il existe comme un pli dans, au travers de tous les déplis de la ,réalité que l’on pourra. Le pouvoir être, à quoi se consacre l’humanisation, la concrétion de la structure réelle, qui s’engage dans la réalité, n’est pas équivalent à son devoir-être, (externe de l’interne kantien, l’aperception du sujet est Autre), équivalent à sa puissance, à sa potentialité ; rien n’est équivalent à la potentialité structurelle ; le fantasme qui se produit dans son monde est non réel ; il est par contre tout à fait dans la réalité et ce parce que l’arc a pu accrocher le réel, dieu, l’être grec, le christique, le sujet, et produisant le donné là, à partir du « là » du donné (dans le « là », la pointe existe), réalité engagée par le réel amène à l’irréalité lorsqu’elle se vit et suppose une satisfaction, imagine que la satisfaction soit au rendez-vous, qu’elle s’écoule naturellement dans le monde et de ses activités.  

Si il ne manifeste aucune vérité (entendue selon le réel), c’est que la vérité (du réel) est non tel ou tel donné mais l’architecture, que le moi essaie tant bien que mal de traduire en réalisation (il y parvient aisément), en irréalité (fantasmatique) et en architexture (du corps-autre, celui de la surface-autre tentant d’instancier qu’il y ait une structure-dans-un-corps, ce qui est une difficulté sans nom).

Le fantasme de l’humanisation et de la personnalisation est plus, beaucoup plus que la seule adaptation de la réflexivité du réel dans, vers le donné, il est plus mais en un sens re-tordu ; le fantasme est l’être mélangé de la structure et du donné ; en pariant sur la nature naturelle de l’humain, sur la « nature humaine » comme on dit, il est un désordre fondamental qui s’est instillé dans la représentation de nous-mêmes. Que seules jugulaient les configurations de la pensée, de dieu, du christique, du sujet mais que le moi, la raison, l’humanisation et le naturalisme sont incapables de saisir. La raison ne maitrise pas son développement (il n’est aucune rationalité qui soit capable de se réguler, puisque la raison est soit de sciences naturelles soit de sciences humaines mais relatifs à leurs propres objets et non de mener une pensée « globale » ; en vérité ça n’est pas du tout de pensée « globale » dont on devrait attendre la régulation, mais de l’intégration structurelle de l’insatisfaction comme principe).

L’humanisation ne maitrise pas du tout son déploiement ; puisque toutes ses finalités sont censées se ramener au donné là comme « libre » jeu des envies (l’humanisme universel ne sait pas trop ce qu’il nomme « libre », Kant éprouve une difficulté folle à approcher plus ou moins de ce que Sartre impose de but en blanc, et que Sartre ne comprend qu’imparfaitement ; pour dire que le marxisme est l’horizon indépassable, il faut ne pas comprendre que le libre n’est pas le choix de l’universel  mais l’invention et la singularité pure ; l’universel réel est la singularité même) et qu’il n’est aucune raison de se régler sinon de suivre sa « nature » et comme on ne dispose pas du tout d’une réelle représentation, on remplace cette absence par un fantasme qui reçoit l’irréalisme de notre représentation (poursuit par la cervelle qui, elle, est totalement irréelle).

Le moi ne correspond pas du tout à sa capacité de sujet d’une part et d’autre part il est exigé de lui qu’il se réalise intégralement, puisqu’il est naturellement lui-même, et ne peut supporter qu’il ne soit que « cela » ; sa réalité ne correspond pas du tout à la projection de soi qu’il espère vivre dans le monde, parmi les autres ; et c’est le fantasme qui prend de force la projection régulée ; c’est une violence exacerbée lorsque le fantasmatique empiète, puis dévore et finalement remplace intégralement le peu de règle universelle qui subsistait ; or sans la régulation universelle de l’humanisation, dans le déchainement des egos, des mois fantasmés et de l’irréalisme (lui qui se voulait naturaliste et réalisable), l’organisation humaniste de base du monde n’est plus soutenu  du tout.  

Le moi, la raison, la naturalité viennent se substituer au sujet, à la pensée et à dieu. Ce faisant ils adaptent la réflexivité du réel en une réflexivité de et dans la réalité ; mais cette réflexivité dans la réalité se heurte singulièrement à sa propre origine ; le réel revient et il revient sur le plan de l’humanisation, en remplaçant la projection, régulée de l’humanisme universel, par le fantasme qui dévore et détourne tout le réalisme (qui en soi était absolument cohérent, kantien, 18émiste, progressiste, rationaliste, démocratique, universaliste), en engageant notre représentation de nous-mêmes dans l’irréalité. L’irréalité dévorante (qui, parce que non réelle, ne peut pas se cadrer et se limiter, elle est constitutivement hors régulation et ne peut que s’exacerber).

Et la force de cet irréalisme tient précisément qu’il se tire du monde, du donné, de l’immédiateté, des désirs, des envies, de tout objet qui tombe sous la main, sous les yeux ; le fantasme et sa force, toute naturaliste, vient de ce qu’il peut emplir la structure de conscience de toutes espèces de finalités qui se présentent indubitablement comme parties du monde, du vécu, du corps, tandis que lorsque la structure s’activait selon la projection humaniste, n’étant pas encore emplie du fantasme, elle s’organisait selon l’universel qui décentrait profondément, mais cela était pu encore en comparaison de l’hyper décentrement christique et du méga décentrement grec de la pensée.

Ni le christique, ni la pensée, ni le sujet ne peuvent passer dans la réalité, le monde, le corps ; on a donc adapté en positionnant la naturalité, la raison, le moi ; soit donc la représentation de la réalité ; or toute détermination dans la réalité, la réalisation humanisante, s’engage immédiatement dans l’irréalité ; au lieu d’être lancée constamment par la structure de conscience, elle est happée par la cervelle, par la masse volumineuse qui mémorise, puisqu’il est clair que l’on ne peut pas vivre, désirer, décider, produire dans le monde, sans inscrire la satisfaction imaginaire, imaginée (on croit que l’on est ou que l’on sera « soi », que l’on rendra réel le rêve de soi, de l’humanité, de la vérité, de la satisfaction ininterrompue). A l’inverse la structure sait qu’elle doit passer outre toute inscription ; elle doit tenir et admettre toutes les inscriptions, les réalisations, mais obtenir de son principe (le réel est plus grand que lui-même, et d’autant plus grand que toute réalité) qu’il augmente sa capacité ; mais cet arc dans sa tension est plongé dans l’obscur ; il est un arrachement au donné, au vécu, au moi, à l’humanisation (alors qu’avant la révolution l’humanisation et l’universel étaient l’horizon lui-même qui s’extirpait des acculturations précédentes).

Ainsi les mois rencontrent dans leur vécu, dans leur corps, dans leur chair, le Hiatus, le déchirement, le décalage incompréhensible ; si elle était du monde la scission trouverait plus ou moins son explication (psychique, psychologique, médicamenteuse, politique, idéologique, imaginaire) dans le donné ; mais la scission est originaire ; l’originel est la division, le splittage, le creusement même ; il n’est pas dans la réalité un creusement, le creusement est le réel ; tout seul et rien que (et rien de sert de « dire » que le creusement est le réel ; de le « dire » ça ne comble rien du tout, sauf à lui substituer un autre imaginaire-symbolique ou ce que l’on voudra).

Le sujet (impossible) ne voit pas d’un bon œil cette absorption de sa structure dans une détermination ; on adore être amoureux, mais en vérité on déteste cela… sauf à se tenir cadré par une institution, qui fait-office de vérité-réalité (fait-office seulement ; on a beau dire qu’il s’agit du symbolique, le symbolique vient en plus d’un imaginaire ; lorsque ce dernier s’effondre le symbolique pèse peu, cad rien, à moins de mentir, ce qui est le cas de tout le monde).

Le sujet abhorre la satisfaction supposée ; c’est le moi qui se maintient (le moi n’est pas un être, il le croit seulement, et se continue de continuer, pour ainsi dire) dans la satisfaction imaginée ; cad partagée ; elle est imaginée cette satisfaction par toute l’humanisation du moment ; on croit non seulement qu’on possède le dernier gadget mais aussi que l’on va instaurer la révolution. Encore une fois il ne s’agit pas de nier tout cela ; on va peut-être révolutionner ou se libérer de ceci ou cela ; ça ne fait aucun doute, et en gros c’est effectivement ce qui est arrivé ; mais il ne faut pas croire que l’on va combler le vide. Le sujet est, quoi que l’on dise, se représente, s’imagine, toujours à l’extérieur ; le sujet, le dedans sans dedans, se tient, structurellement, dans le grand dehors (l’explosion formelle qu’est le réel). 

Le vide se confronte par le vide et aussi curieux que cela paraisse la philosophie depuis le début élabore le vide lui-même (sous quelque appellation qu’il se doit ; dieu, la pensée, le sujet, l’altérité, le un, le noumène, l’esprit sujet, la Volonté ou l’Etre de H, etc) ; mais c’est le vide, et il est maintenu comme tel, et pas effacé ou absorbé par la cervelle, il est tenu dans l’acte de conscience qui sort de la cervelle et résiste à l’irréelle cervelle, et l’arc doit passer de l’un à l’autre, qui tirent sur la corde pour la flèche. Laquelle ?

Que l’on puisse élaborer le vide est sidérant (Heidegger ne s’en revient pas et accuse de mensongeries les autres élaborations). Que ce soit si incroyablement difficile veut dire que l’on a atteint la limite, le Bord réel du monde, et que ça ne doit pas, ça ne peut pas être facile ; du Bord dépend tout le reste, cad tout.

On est alors considérablement loin du petit arrangement de la raison, du moi, ou de la naturalité, du réalisme en général. C’est pourtant ce à que, très quotidiennement, chacun des mois de par la proximité radicale à sa structure (après tout c’est en lui l’arc de conscience au plus près) subit.IL ne s’agit pas de bidouiller les éléments, dits objectifs par ex, et de réguler plus ou moins comme çi, comme ça, les parties du monde, les déterminations, mais d’accéder à l’arc réel du réel même, et ça se paie, individuellement et universellement.  

Pour le moi on peut en prendre la mesure en comparant l’accès que fournissait le christique ; qui décentrait tout arc de son (corps) vivant, et le situait sur un autre Point (et le défaut, si l’on veut, du christique est qu’il n’était admis qu’un seul Point Autre ; le corps du christ) ; qu’est-ce qui peut décentrer l’arc de son « moi » ? On en est relativement pourvu et dépourvu à la fois ; que la satisfaction ne vienne jamais et qu’il faille réguler cette insatisfaction elle-même est un effarement sans borne (Nietzsche voulut élaborer l’insatisfaction même, Lacan essaie de la délimiter, de cartographier sa jointure dans et hors de la cervelle ; la suspension de Descartes est déjà la mise en attente de notre attention et son objectité ; Descartes transforme notre être en cet-être, qui sera l’objet suréminent de l’attention par elle-même ; l’arc, cad le hiatus dans la réalité, ne pouvant être approché que par lui-même ; ce qui lui est évidemment possible puisqu’il est rapport autre que (soi), où le (soi) est le rapport lui-même ; si cet arc n’explore pas lui-même son « objet » rien ne le peut.

La raison en est que cet arc est donc un rapport, qu’il est unique, n’offre aucune correspondance avec quelque partie du monde (ou du vécu ou du corps), et qu’il est ainsi la difficulté ontologique même. En croyant substituer à cette exploration de la structure par elle-même, une quelconque détermination du monde on considère les effectifs creusements comme subjectivismes, ce qu’ils ne sont pas. Il s’est dressé un savoir interne à la structure, dès qu’elle est apparue elle fut saisie de sa propre distance. L’arc comme rapport est de fait et structurellement la distance d’avec lui-même. C’est en cette distance que s’instancièrent les autres distanciations (dont l’humanisme naturaliste, dont le moi lui-même, qui tente vaille que vaille de sinon mesurer moduler le vide qui le produit). 

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NHSL

5 Novembre 2016, 11:29am

Publié par pascal doyelle

Nietzsche Heidegger Sartre Lacan

On a dit que Sartre expose l’externe vue sur notre être et Lacan la conception interne de cet être. Mais interne ne signifie pas alors « intériorité », c’est particulièrement clair pour Lacan.

Par quoi l’on voit que la philosophie n’est pas, n’a jamais été une intériorité, mais a usé de l’intériorité (en la martyrisant, mais Rimbaud n’est pas en reste, et les esthétiques furent des éthiques ontologiques) ou à tout le moins a exposé à tout vent le « dedans ».

La réalité est sans dedans, le réel aussi ; tout est là-au-devant, et il ne convient donc pas de supposer une figuration, serait-elle Volonté ou Etre. La pensée, la réflexivité glacée de Sartre et Lacan vient s’opposait à tout ce qui jusqu’alors donnait lieu à un retour vers nous, un sens, serait-il non sensé. Sartre et Lacan décrivent et s’introduisent dans la structure même et non plus la laisse courir et s’ébrouer. Mais Nietzsche et Heidegger lui laissèrent la bride sur le cou.

Sartre et Lacan achève totalement toute intériorité, tout intériorité de cette structure qui paraissait « notre être » et que depuis belle lurette, quand même, Descartes en la posant « là », cette structure, sur l’étendue du monde, avait transformé en cet-être, objectivant le dit « sujet » dont on voit bien alors qu’il ne correspond pas du tout au caricatural « sujet » que l’on oppose à Descartes, à Kant, à Hegel, à Husserl ; la nature du sujet étrange est activé, lancé dans l’historicité humaine et on commence seulement à peine de saisir ses tenants et aboutissants ; en fait de ce trajet ontologique rien n’est dit encore.

Si Sartre déploie tout l’externe de la structure de conscience, et Lacan explore tout l’interne plié et replié (sur le corps comme surface), Nietzsche est le point de vue radical, celui qui brise l’histoire en deux, du sujet impossible ; et Nietzsche marque, signe le sujet impossible comme Volonté, volonté-autre, installant l’altérité au cœur de toute représentation, perception, volition, intention, c’est la raison profonde de sa supposition d’une Volonté autre ; parce que la conscience n’est pas le conscient, la conscience n’est pas humaine, ce qu’il retourne c’est que la conscience soit « ma » conscience, comme si elle était relative à un moi, une identité, un peuple, une religion, une nation, un langage ; c’est tout cela qui est relatif à une structure-autre, et intégralement autre.

L’interne et l’externe n’étant pas du tout intériorité et extériorité, signifient qu’il n’existe aucun Dedans. Il n’y a pas de Volonté ni d’Etre. C’est ce que signifient Sartre et Lacan ; mais plutôt que de les considérer comme annulant toute la précédance, ce qui est absurde, il faut relire toute l’antériorité en fonction de ce principe ; que même lorsque l’on invoque dieu ou la pensée ou l’esprit ou le sujet ou la Volonté, etc, cette apparente substantialité est en fait opératrice et, de fait, dieu ou l’esprit hégélien exposent, font voir, imposent de percevoir ce qui autrement (sans dieu ou Hegel) ne serait pas du tout différencié. L’ensemble de l’occidentalisation (qui veut trouver ici même, ici et mainmettant ce qui s’articule et non pas supposer-situer au-delà un absolu, et donc occidentalisation qui admet par principe non que l’absolu n’est pas mais bel et bien qu’il est ICI) est une exposition monumentale.  Cela, pour les croyants, ne veut pas dire que l’on annule dieu ou quoi que ce soit ; mais au moins, au minimum, leur précise le lieu, le plan, le hiatus en lequel s’interstice le divin, si ils l’entendent ainsi.

NH

La Volonté figure, représente l’altérité absolue, formelle, radicale. L’historicité est retournée de ce que ce qui veut en nous est ce dont nous sommes l’effet ; la grande illusion est de croire que la conscience qui parait tellement intime est en réalité profondément autre et c’est sous son feu que nous brulons sur le grill ; si l’on présente ce qui veut en nous comme une Volonté, on est immédiatement bouleversé et rendu à l’altérité ; évidemment ce faisant on interprète Nietzsche ; on lui fait dire ce qu’il ne dit pas, et que la Volonté est l’arc de conscience dégagé, détaché du conscient, de l’identité ; mais la philosophie n’a jamais fonctionné autrement ; découvrir l’impensé sur la marche, l’avancée, la puissance de ceux qui précèdent ; la philosophie est la discipline qui veut saisir ce qui est arrivé à l’humain autour de la méditerranée ; elle est sur la piste de la structure qui s’est activée, débarrassée de tout groupe humain, de tout langage, de tout monde particulier, et abordant non seulement le monde donné là mais attaquant à même le « là » de tout donné (soit donc la seule constante en deçà de tous les mondes, naturels ou humains ou personnalistes).

L’arc est une structure qui s’engendre du présent, du futur si l’on veut ; en ceci que sorti de la cervelle il fait retour, revient, mais on pourrait aussi dire ; qui re-vient, en quoi le –vient nous surprend certes, mais surtout nous brise, nous scinde, sans pitié aucune et insituable, non connu, non accessible, il est ce par quoi on accède (ou pas) à ce que l’on peut ou veut ; de ce qu’il sort indéterminé de la cervelle, il revient chargé et il se joue ; soit donc d’une logique qui n’est jamais et ne peut pas se clore ; le Un est ce qui vient ; le réel a produit un être tel qu’il vienne de son futur, du possible ; mais le présent opère de même ; il est sans mémoire.  

La figuration qu’impose Nietzsche (on est pris instantanément dans la représentation du réel comme Volonté) est aussi la figuration heideggérienne de l’Etre, de l’Etre par delà les étants ; de son impossibilité de langage par exemple ; mais depuis le début la philosophie, la pensée outrepassent le langage, comme le groupe ou tout monde humain particulier ; Heidegger ne dit pas que la vérité est dans le langage, tel que donné, mais dans le langage tel qu’enclos dans le langage ; et qu’il faudrait extirper du langage, ce qui réclamerait un sujet adéquat à cette opération, mais Heidegger ne peut pas avancer un tel « sujet », ayant passé son temps à le déconstruire ; Heidegger s’acharne, et nous épuise, à inventer un tel langage, sinon on ne voit pas la raison d’être de ses entortillements ; Heidegger détoure donc l’absurdité inhumaine nietzschéenne, mais littéralement ; il fait le tour de cet-être-autre, et il montre, dessine, délimite le « lieu » de la monstruosité étant entendu que ce monde, cet univers est une monstruosité, que le réel, le réel tel quel, pur et brut, est une horreur, incommensurable (de même que dieu nous imposait une Exigence effarante, ou que la pensée nous écrasait de son caractère divin, créatrice, au sens grec, si l’on peut dire, créatrice de mondes, ou que le christ nous crucifiait de A à Z et des pieds à la tête, tout cela n’est pas hasardeux mais parle, exprime, signifie, signe le Réel). NHSL cartographient, photographient l’arc structurel au plus près du réel monstrueux

Si Nietzsche nomme « volonté » la structure du réel, c’est bien de ce que cette volonté manifeste une intention, qui double nos intentions conscientes ; ce par quoi les conscients sont utilisés à une autre fin. Sauf que cette finalité de la Volonté est la pure dépense ; pure dépense ? Mais cette explosion de volonté entend néanmoins augmenter les possibilités ; elle n’est pas sans finalité et brutal déversoir de puissance ; elle est également puissance rendue subtile et engendrant la multiplicité, la pluralité et peut-être même une pluralité de plus en plus aiguisée ; engendrant un réel plus grand que le réel originel. Ce qui nous va très bien ou nous sied à ravir, comme on veut. 

Quand bien même Nietzsche n’utilise pas le mot « conscience » mais bien « volonté » ne signifie pas qu’il n’engage pas la même structure ; parce que la philosophie ne crée pas des « idées » ou des « systèmes » mais des rapports à partir de la structure, du rapport unique un et premier, qui est, ce rapport, une structure réelle et solidement réelle (elle surgit de chaque cervelle vers le réel, en sortant de la cervelle, de tout ce qu’elle contient et c’est cet arc qui est approché et libéré depuis la méditerranée depuis 2500 ou 3000 ans). On peut donc pluriellement nommer  la structure ; mais c’est la même architecture du même structurel qui se crée au fur et à mesure (étant formelle la structure se plie et se replie et déplie et chacun de ces mouvements augmente le Bord du monde, de même que chaque déplacements se réalise sur le Bord du présent, de l’Exister).

La précision de Sartre et Lacan permet de passer outre la dénomination quelque peu rêvée de la Volonté et de l’Etre (dont on ne sait pas trop au final ce qu’ils signifient) ; déterminer l’arc de conscience et le corps-autre est quand même une qualité de définition extrêmement réaliste et repérable qui rentre dans le constatable.

Nietzsche et Heidegger (de même sur leur description strictement réelle Sartre et Lacan) entendent nous pousser à percevoir selon l’interne et l’externe vision structurelle l’activité qu’est le réel ; ils nous emportent en une fois instantanée par leur expression même ; leu formulation est la forme de votre attention, de votre acte de conscience. Si l’on compare la vie des mois, qui se perçoivent encore selon l’adaptation réaliste, naturaliste, humaniste, universelle seulement (bien mal menée parce que le fantasme de réalité, l’irréalité maximale, dévore du dedans tout l’universel acquis, laissant retomber dans l’immédiateté toutes les intentionnalités), on est quand même frappé par l’extraordinaire exigence de NHSL d’un côté, leur hyper technicité, et la facilité, la courbe descendante de l’humanisation et de la personnalisation, qui rament à mort, il faut le dire, pour ne serait-ce que maintenir le niveau universel.

La technique et la technologie qu’est la philosophie est cela seul qui donne une vue sur cette technologie, cette fois réelle, inventée par le donné là, par le monde ; soit donc l’arc de conscience arcbouté au présent, sur le Bord.

Il faut donc suivre les descriptions qui se réalisent, se rendent réelles, au fur et à mesure que la forme se crée ; elle se crée pour elle-même, sur le Bord, ayant affaire au Réel auquel son rapport, son rapport Un (ce qui est rapport à (soi), est un), auquel son rapport se heurte, violemment, et puisqu’elle est au Bord du monde, du monde donné là, du monde unique universel, elle le soulève ; l’arc de conscience est antérieur à tout monde (et pour penser, situer cette antériorité il faut la décrire et sa description est ontologique, ou métaphysique pour les grecs qui conçoivent cette conscience comme « méga intentionnalisations », créant des machines-systèmes d’intentionnalisations extensives, qui d’une part provoque l’accélération des intentionnalisations distinctives, et d’autre part montre, font-voir les différenciations nouvelles, que le langage n’apercevait même pas auparavant, différenciations qui existent dans le monde ou qui sont produites, inventées dans le monde).

La production d’intentionnalisations n’est nullement « subjective » mais emplie d’effets considérables ; les avancées ontologiques absolument réelles, le Bord du monde est éprouvé, ressenti, et comme il est lui-même formel (le présent est forme pure et brute) cette proximité du Bord peut se figurer autant qu’elle peut se configurer ; une philosophie est une configuration du Bord (puisque chaque arc de conscience est une telle approximité) ; ce que l’on tisse sur son corps, par la surface-autre du corps, est tramé dans le réel. Rappelons que la surface-autre du corps est celle qui vient se superposer au corps donné ; celle qui se crée lorsque l’arc de conscience revient en retour vers le corps. Les esthétiques (éthiques, politiques, idéels, philosophiques, etc) installent sur nous le tissage (propre) et le tramage (donné là).

Il est ainsi un enjeu total de se produire là au-devant ; et ça n’est pas une identité (le moi) mais c’est une élaboration, qui s’acte au vif, le long d’un exister ; telle ou telle articulation est produite à tel ou tel moment ; ce qui s’acquiert ça n’est pas l’individualité (cad le moi, bien que le moi soit absolument requis pour que surgisse le sujet impossible, le moi est un acquis fondamental), ce qui s’acquiert est créé de vif par l’individué ; l’individué est la constante élaborée du surgissement existentiel de chaque trajet ; l’individué n’est pas de s’assigner à l’universel (qui définit le réel comme étal et uniforme), mais d’acter chaque arc comme pointe ; le réel ne se constitue pas de l’universel seulement mais des accélérations soudaines, une par une, et qui ne se rendent réelles que une par une ; c’est ce que signifie l’accès individué décrit et délimité et détouré par la philosophie depuis Descartes (ça n’est plus un seul christ, comme forme unique exemplaire en laquelle et par laquelle on accède au point-autre, hors champ, hors vécu, hors monde, mais chaque Un, chaque arc accède au réel).

L’inclusion de l’universel dans la singularité brute

On remarquera que puisqu’il n’est que des arcs de conscience, un par un, il n’empêche que chaque un est universellement répandu … ce qui veut dire que l’universel (qui n’est en rien abandonné) est inclus dans le singulier réel.  Ça n’est pas l’universel qui convainc les consciences, c’est l’activisme de chaque conscience qui contient, entre autre, l’universel ; entre autre parce que l’activisme de conscience a affaire à un tout autre universel totalement effarant ; la structure démulti-pliée du réel. Les choses sont déterminées, le réel est la constante formelle.

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La rupture craquante de la réalité

3 Novembre 2016, 10:55am

Publié par pascal doyelle

Les mondes particuliers. Chacun, un par un, incommunicables ; il faut être né en tel ou tel monde pour y adhérer et comprendre ce dont il s’agit, ce dont  il s’agite ; excepté pour les énormes civilisations qui ont pu abstraire suffisamment tel ou tel absolu.

La rupture méditerranéenne (y compris le Moyen-Orient), qui sans doute a hérité de quantité d’influences, d’Asie, Afrique, etc, dans la maelstrom des rencontres des différents peuples ; dans la complexité de tous ces peuples, se cristallise d’une part qu’il y ait un monde, unique et universel en-dessous de tous les mondes humains, et qu’il y ait un corps, identique en et par chaque être humain. Elle se distingue par le monothéisme (qui simplifie intégralement l’absolu comme Un tout-Autre), la pensée grecque, le christique. La rupture s’impose et peut être désignée comme réflexivité ; soit retour vers cet-être, un être réel, physiquement réel ; non pas qu’elle instruit un arrière monde, une négation de la vie, un nihilisme, mais bien qu’elle montre explicitement que la réalité est en elle-même divisée et que, précise-t-on, que la division est constitutive de toute réalité ; le réel est toujours autre que n’importe quelle réalité ; il n’est pas du tout de plan immanent,  l’immanence est en fait la transcendance du réel dans et au travers de la réalité, la transcendance est le réel en tant qu'il emporte la réalité, la soulève par en dessous ; l'immanence est la transcendance qui brise toute réalité ; en bref le réel est le Bord du monde ; tout regret de cette division est une réduction du plan transcendant à un donné là, oublieux du « là » du donné, comme disait l’autre (Heidegger) ; toute prétendue immanence place simplement le donné tel que plat et étal, objet d’une conscience (quand bien même on désire de cette manière écraser la conscience, le sujet, l’’idéalisme, etc) ; de proposer une immanence signifie que l’on pose là devant un objet pour et par un sujet qui imagine s’exclure de sa visée, ce qui est absurde. Elaborer la pensée de cette position d’un sujet, d’un décalage, d’une ontologie (qui se présentait comme métaphysique lors de sa pensée grecque) est le propre de la philosophie ; tenir la distance, montrer ce décalage, expliciter et développer et donc non seulement découvrir le hiatus mais le créer (puisque lancer une structure objectivement agissante c'est créer un réel, qui va bouleverser intégralement toute la réalité humaine), continuer l’écart ontologique, étant entendu que cet écart qui est cet-être, en nous, se constitue sur l’écart réel qui effectue en toute réalité ; le présent.

Toute pensée qui croit égaliser la réalité, en supposant une immanence, d’une part doit de toute manière réintroduire dans cette immanence un ou plusieurs splittages, divisions, et d’autre part est elle-même une vision, une visée du sujet (puisqu’une fois acquis le sujet, la pensée, la division, la distinction s’impose comme Règle ontologique immanquable), et toutes les immanences posées sont seulement supposées et entrent elles-mêmes dans un devenir différentiel ; différentiel et porté par une et une seule différence ; celle de l’arc de conscience et du monde, sous-entendu l’arc de conscience et le réel, le présent, d’une part et le monde, le donné, la représentation, le langage, le corps, le groupe d’autre part (qui se referment toujours sur une communication étale).

On sait bien que les pensées de l’immanence se délimitent en s’opposant à la pensée, raison, monolithique, idéaliste, de dieu, ou de la conscience, du sujet, etc ; que donc l’immanence veut témoigner de l’altérité du donné là (même dans l’objectivité des sciences qui explosent le spectacle a-humain de l’univers, ses excès impensables dans la raison traditionnelle) ; on voit par là que ces immanences sont effectrices d’un sujet qui admet en son cœur la division, l’altérité. Mais qui ne perçoivent pas que dieu, la pensée, le christique, le sujet étaient eux-mêmes la dimension la plus Autre possible qui se puisse et que littéralement ces immanences de l’altérité continuent la même distinctivité totale de la réalité par un Réel.

En somme c’est le sujet, la structure qui continue de splitter, de diviser la réalité et d’instruire sa propre distinction interne ; et tout ceci de manière absolument rigoureuse ; de Platon à Lacan la dimension s’élabore au plus près d’elle-même, elle agit et réagit en suivant strictement sa structure (la structure qui fut mise au jour autour de la méditerranée) ; et il n’existe qu’une seule structure articulée vers une seule réalité et un seul réel ; tout arc de conscience est parfaitement identique à tout autre, et parfaitement parce que formellement existant, non composé donc et sans variation, mais qui cause quantité d’effets, autrefois de mondes humains distincts et dorénavant effets dans une acculturation décuplée de systèmes de tous ordres, et d'individués actant leur singularité et son expression, chacun est un ciseau qui découpe et est mise en œuvre, en forme qui accélère les possibilités ; chaque arc est potentiellement la cause de distinctions sur le même monde donné là unique et universellement donné, ce qui n’a pas provoqué une indifférence mais de considérables et très soignées différenciations, en systèmes, esthétiques, éthiques, etc, et qui plus est provoqué un devenir de cette mise en structure ; la forme, de conscience, se diversifie, puisque formelle, elle joue de ses plis et replis ; on a échangé la pluralité des mondes humains (qui furent donc détruits, ce qui est tout à fait dommage, mais difficile de faire autrement) contre la démultiplication individuelle, par en-dessous des groupes humains clos qui explosent, et chacun ouvrant la possibilité de distinctions en tous sens mais aussi creusant plus encore les paramètres de notre présence au donné "là". La mystique ontologique réelle de l'occidentalisation qui avance dans l'inépaisseur du Bord du monde (seul chaque arc de conscience a accès au donné "là", non pas immédiatement mais en remodelant toute l'humanisation et l'universalisation à chaque fois ; le point d'accès soulève tout le donné, y compris l'acculturation, percée de réels et constituée par ceux-ci).

 Les immanences rêvent donc soit d’une seule immanence massive, définie à partir d’un sujet mais qui s’annule, non posé, passé sous silence (science) ou réinterprété (théories, idéologies naturalistes) ou d’une immanence du multiple, annulant qu’il y ait un et seul sujet, sans voir qu’ils définissent le sujet, en ce cas, comme un bloc fermé alors que tout montre dans l’historicité que la pensée, le christique, le sujet permirent une diversité énorme de possibilités ; et de possibilités structurelles ; ce qui veut dire de positions ontologiques ; les positions ontologiques se démarquent par leur caractère tranché ; elles assument la distinction au cœur du et par le réel. Ça n’est pas la réalité qui est feuilletée ou complexe seulement mais le réel qui est séparé;

Contrairement à l’interprétation heideggérienne qui croit comprendre comme monolithique et figé (l'étant fixé) ce qui en fait vibre de toute l’unique dimension ; c’est parce qu’il croit, lui seul, découvrir la division du réel, ce qui est vrai en ce sens, mais division qui est originellement découverte et inventée par les grecs et le mono et le christique ; en tant que pensée de l’altérité Heidegger (quitte à tomber dans l’a-humain, voire l’inhumain) porte cette distinction dans le réel même ou plutôt, outre la réalité, vers le réel ; il a raison de dire que l'Etre n'est pas les étants, mais il manifeste a-humainement ce qui jusqu'alors faisait retour vers l'humain (l'homme créé par dieu ou la pensée comme universelle).

Mais il faut durcir la logique de l’altérité ; Heidegger cible encore loin, très loin, une sorte d’unité de l’être (qu’il ne peut pas définir vraiment ; ce serait retomber dans la détermination) ; mais il ne voit pas que l’altérité de l’être est l’exister, en-deçà et non au-delà des étants ; cad le présent brut. Et évidemment comme toutes les altérités qui se conquièrent sur le dos du sujet, de la pensée, de la raison (démocratie, liberté, humanisme, etc, qui haïssent la raison, le sujet et la conscience), il ne voit pas que l’arc de conscience est lui-même absolument et radicalement la plus intégrale altérité ; celle qui se distingue sans raison, sans raison composée, injustifiable comme disait Sartre et avec justesse, qui ne peut même pas (et surtout pas) en appeler à l’Etre ou la Volonté ou quelque figuration ; si Nietzche et Heidegger n’étaient pas d’introduire à nouveau l’altérité ontologique dans la réalité, leurs "fantasmes" resteraient fantasmatiques, mais ils articulent en pensée, philosophiquement, une ontologie de l’altérité brute, celle qui est purement et radicalement autre (et ne trouve nulle part de correspondance dans la réalité, se tenant du réel seul, cad du présent, bien qu'il se figurent encore une détermination de cette rupture structurelle, qui l'alourdit) ; de même que rationnalisant tout cela Sartre et Lacan situeront très précisément le lieu du réel dans la structure de conscience livrée au monde et aux autres (sartre) et dans l’évidement de la cervelle rêveuse, le trou dans la masse et qui pointe, tour, sur le corps vivant (Lacan). 

La distinction fondamentale est que l’on a en fait cessé depuis le début, depuis la méditerranée, de croire en tel ou tel contenu ; bien sûr on a présenté telle ou telle vérité, tel ou tel système, mais aucun ne tient de par lui-même et cela signifie non leur échec mais que tous doivent être lus selon le temps – du même présent qui se déroule dans un monde donné ; la structure, de conscience, intervient dans un monde, débarrassée de monde particulier. Et aucune de ces vérités n’est facile à saisir ; aucune vérité philosophique, aucun système ne se comprend en une seule vue atone, platement étalée au devant de soi, et qui laisserait le moi immobile ; le moi doit se mouvoir et se décentrer, à chaque fois ; cesser et déchausser le moi qu’il est.

Ce qui fut exposé ce ne fut pas une vérité, mais une forge créant chaque arc de conscience ; la réflexivité, soit le retour de cet être sur sa structure, et chacun engagé à reforgé non ceci ou cela qu'il est, mais l'attention même à quelque ceci ou cela. A charge du christique, et autres, de l’acculturation qui prend acte d’elle-même comme acculturation (Renaissance par ex signifie ; je suis conscient que je crée l’acculturation généralisé et l’humanisation ; je prends conscience de cet activisme là), à charge de ces ampleurs d'acculturation de propager la division, comme logique de l'humain et de la réalité et du réel. Tous les développements ensuite, qui constituèrent l’historicité, se déploient comme acculturation d’un seul tenant ; mais comme c’est la forme de conscience, acquise auprès de la méditerranée, qui agit, les systèmes (de tout ordre, philosophiques, esthétiques, éthiques, et tout aussi bien religions formelles, fondées sur le Un tout-Autre, politiques, idéels et connaissances, comment expliquer ce mouvement heurté sinon de la prédominance de la forme qui est certaine qui se détient de la certitude de structure), les systèmes donc et dessous la forme activée par la pensée, le mono et le christique, toute la méditerranée, ne cessent d’engendrer de la détermination complexe ; suffisamment complexe d’une part mais surtout d’autre part en sus d’être seulement complexe, retorse au sens de distordue par l’introduction de la structure nue et suréminente, autre que toute détermination, que toute mondanéité, et tout corps (le corps du christ est la non évidence même, et le dit, l’énonce, ne cache rien, montre ce qu’elle existe et l’assume, littéralement, dans le texte même, comme telle ; le réel se dit, tel quel, c’est nous qui ne comprenons pas) ;

l’introduction, dans le monde, de la structure suractive toute la réalité, et il faut ainsi penser cette distorsion, et cette pensée est ce qui s’est dénommée « pensée », assumant qu’elle soit réflexivité et non seulement découverte de ce roc, de cet os interne en dessous de la représentation (en dessous de tous les mondes humains qui valait un par un en leur synthèse isolée, en dessous de tout corps humain, pauvre ou riche, esclave ou homme libre, homme ou femme, Saint Paul), mais en plus de découverte cette structure nue et hors champ (qui n’appartient pas au monde, en ce sens que le Bord du monde Vient soudainement s’installer dans le monde) cette structure doit se modifier, la forme se diviser; se distinguer ; l’arc de conscience qui sort de la cervelle vers le monde accroche au réel (qu’il nomme le Un tout-autre ou le corps, du christ, mais aussi ou l’être , grec, sous la formulation du monde donné-là pris dans le « là » du donné) et commence de mordre le donné.  

L’accélération de la détermination, la profusion des systèmes (de tous ordres) signe que la formule est structurelle et se moque, passe au-dessus ou en-dessous des déterminations ; elle se superpose ou s'impose hors champ à la réalité, cad aux réalisations et aux réalités, et agite l’épaisseur sans épaisseur du réel ; celui qui n’a pas de déterminations, n’est pas composé.  

Ce qui n’a pas de composition n’est cependant pas, comme on a cru si évidement de le penser, une « super détermination » ; puisque de toute évidence les super-déterminations elles-mêmes, les systèmes agissent bien réellement dans le monde (acculturation, révolution(s), humanisation, personnalisation) ; le Bord n’est pas un double du donné mais le « là » qui s’est augmenté de son retour sur lui-même ; raison pour laquelle on peut le dénommer re-tour, nouveau tour sur lui-même, nouveau tour joué par le Bord. Après avoir créé des mondes, des cultures, est venu le temps de l’ac-culturation, celle qui n’a pas de territoire, de peuple, de langage, qui passe outre tout cela, toute inscription localisée, qui essore le langage lui-même, le pousse bien au-delà de ses possibilités ; ça n’est plus une « culture », un monde, mais la rupture imposée en toute détermination ; l’a-civilisation, le monde mondial, pour ainsi dire.  Les pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger) essaient elles-mêmes de remplacer la réalité par une réalité distordue ; comme la forme ne tient pas à ses contenus, qu’elle épuise, elle se révolte toujours intégralement envers et contre toute représentation (et il ne faut pas se cacher que Nietzsche ou Heidegger, enfin surtout ce dernier, regrette la non inscription territoriale, en réaction et en réactionnaire stupéfait de sa propre audace, assommé par le renouvellement que par ailleurs il opère vraiment en philosophie ; les philosophes sont happés par la forme « philosophie », parfois contre eux-mêmes, et énoncent bien plus qu’ils ne pensent) ;

c’est la forme qui évolue et les systèmes (de tous ordres) sont les résultats momentanés, les dépôts de ce mouvement de pli et de dépli de la dimension ; c’est que la rupture fut aussi bien celle de la pensée grecque, du Un tout-Autre, du christique, de Descartes jusqu’à Lacan ; la crevasse creuse la réalité et s’architecture comme crevasse.  Il apparait, pour nous, après toutes les possibilités réalisées, que cette structure n’est ni naturelle ni humaine ; Husserl croit encore être en mesure d’arranger les choses, la crise européenne, mais Nietszche, Heidegger, Sartre et Lacan exposent, franco, que l’articulation au réel est singulièrement Autre et c’est seulement avec Sartre et Lacan que la structure est décrite sans ménagement ; nous sommes les effets d’une fracture dans la réalité, parce que la réalité se tient du réel et que le réel n’est nullement inactivité, mais qu’il est, intégralement, rompu, cassure ; il n’existe à proprement parler rien que la crevasse interne à tout cet externe (l'interne et l'externe sotn tout au-devant), le réel est constitutivement une articulation (et non pas qu’il y ait une articulation ‘dans’ le réel, c’est l’articulation qui est le réel, en tant qu’il est exister pur et brut, très brutal).  On a reconnu que le présent est cette articulation. La brutalité est instantanément partout.

On pourrait donc dire que l’on a tenté d’abord de créer des mondes reflets de la réalité,

qu’ensuite on a poussé, au-delà de la réalité (qui ne se donne jamais que dans une détermination localisée) en pensant le réel de cette réalité ; métaphysiquement, y compris dans la difficile passation du christique ; le christianisme essaie de théologiquement précisément faire entrer le christ, ce singulier, dans la pensée, mais c’est Descartes qui est réellement christique, et qui désemplit soudainement la pensée et lance que chacun soit un (il ne le lance pas en personne, il décrit, objectivement un être qui commence d’apparaitre dans l’historicité, qui menaçait de surgir ici et là, dans tous les domaines, et sa description, comme d’habitude accélère une structure qui fonctionne dans la réflexivité, qui nait du rapport qu’elle déplie, qui auparavant était recouvert très lointainement par les mondes particuliers, puis montrée et pensée par la métaphysique et qui avec Descartes prend pied sur l’étendue du monde et se désigne comme étant cet-être, posé « là », inaugurant l’ontologie (cad « qui travaille la structure même » et non plus la pensée, métaphysique, de cette structure ; Kant augmentera la description et Hegel ramènera dans la réflexivité toutes les positions de conscience, phénoménologie de l’esprit et phénoménologie de la pensée, qu’il faut entendre comme « positions de la conscience lorsqu’elle pense » ; Descartes est le un dans l’histoire, et non plus un seul qui serait exemplairement l’unique corps, le christ ; en ceci il réalise effectivement le christ comme formule radicale, sans couvert métaphysique et sans ou en-dehors ou en-plus de la pensée grecque ; raison pour laquelle on nomme « christique » et non « chrétien » qui est une adaptation, tentée, de la rupture,

et qu’enfin c’est l’articulation au réel qui s’est montrée nue et qui a désigné là au-devant le réel qui change de ce fait de nature ; le réel se dresse en une fois comme Autre (raison que la pensée devienne celle de l’altérité, heideggérienne et nietzschéenne, et que finalement l’altérité soit le réel, la racine même de tout). Nietzsche comme affirmation radicale de la structure et Heidegger comme présence, dans le monde, de la présence supposée du réel pur, hors réalités ; puis dans la restriction très concertée de la structure par Sartre (qui décrit en l’externe monde donné « là », l’existence) et Lacan (qui décrit l’interne hyper complexité de l’articulation, sur un corps vivant et sa jouissance, que chacun est).  

Il n’est aucune « pensée » dans le réel ; définir comme Leibniz la monade c’est devoir supposer que la monade « pense », ce qui rend la réalité d’une complexité telle que cela devient irréaliste au possible, ou définir l’être comme étendue-pensée spinoziste pareillement oblige à une telle péri-articulation substantielle impossible à comprendre. Puisque ce qui est supposé agir est une idée, un concept, une détermination intellective. Mais Sartre et Lacan ramènent toute cette complexité à une structure, qui réorganise en son acte, lieu et moment la détermination ; qui plient, soulèvent, remodèlent le donné en fonction du « là ». Supposer que la conscience est le conscient (ou la pensée), c’est déplacer à chaque fois un immeuble gigantesque au moindre mouvement ; supposer que la conscience est un arc, une structure veut dire qu’elle embraie, fine et sans épaisseur, sur et dans le donné là ; le donné est la mémorisation, l’arc est l’actualisation structurelle qui s’introduit dans la réalité.

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