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instants philosophie

L’arc dans le moi

27 Décembre 2016, 11:03am

Publié par pascal doyelle

L’arc-portant du moi

Il y eut ainsi rupture, absolue, totale, intégrale, autour de la méditerranée ; on nomme cela « occidentalisation » mais comme le mouvement intègre toute la méditerranée jusqu’au Proche-Orient, c’est uniquement par facilité d’appellation d’abord et ensuite parce qu’effectivement l’occidentalisation est la proie de l’altérité fondamentale (qui est aussi bien l’altérité de tout ce qui est ; l’univers, ou les univers si il y a lieu, est une monstruosité, une brutalité effarante).

Mais cette altérité est la vérité, cad la réalité même.

Les grecs et les monothéismes, le christique et l’européanisme, la révolution et la raison humaniste naturaliste réaliste individualiste sont les effets d’une découverte qui fut aussi une invention, une création ; parce que ce qui fut découvert (ayant été jusqu’alors re-couvert par les diverses cultures, peuples, mondes humains, particuliers, séparés, natifs) est une structure, l’arc de conscience, et qu’elle ne peut pas se montrer dans le monde, est non visible, étant ce par quoi il est du visible.

Si l’on s’en prend à la philosophie, elle découvre premièrement qu’existe la possibilité de pensée ; soit donc de produire des intentionnalisations à propos du monde donné « là » (le « là » signifiant l’être des grecs, et l’universel de la pensée assumant le monde, le donné) et de les produire « de son vivant » si l’on veut ; en ceci que pour penser il faut créer pour soi-même une pensée qui n’appartient plus au groupe, au langage, au donné, au corps, mais qu’il doit être expérimentée de visu ; la pensée, ce qui se nomme soi-même tel, est l’augmentation considérable de l’intentionnalisation à propos du monde, du vécu, du groupe, de la perception, en bref à propos de tout puisque la structure qui pointe au travers est celle antérieure à tous les phénomènes humains, toute la représentation, tous les mondes ; toucher à cette structure c’est modifier la totalité des effets ; les effets de cette structure, donc tout, y compris ce dont elle-même cette structure se considère réclamant une auto conception, et définissant sa position, sa position par rapport à ce qu’elle cible ; le « là » de toute chose et tout être, l’être, le réel.  

On comprend donc que cette structure doit créer son propre repérage ; elle n’a rien du monde, ni de l’humain défini comme monde particulier, et la « pensée » tout comme l’esthétique ou la politique, éthique ou l’idéel, doivent reposer sur leur propre mouvement ; mais comme la structure n’est pas « en soi », mais se tient techniquement en tant que Bord du monde, le moindre de ses déplacements soulève telle ou telle partie du monde donné là ; son objectité (entendons par objectité non seulement l’objectivité, mais les tout autant les réalisations humanisantes qui s’inscrivent comme déploiement du possible de cette structure ; et ce jusqu’à la révolution, instituant le un par un de chaque arc de conscience, cad la liberté, la politique même) pourra emplir le monde, voire le déborder (et sous peine de le dévaster).

Ainsi le dieu Un tout-Autre, la pensée, puis le sujet puis l’altérité s’imposent comme exigence, exigence pure et brute. Tandis que constamment l’humain veut se refermer comme monde, comme langage, comme donné, comme groupe et finalisation selon les intérêts particuliers. Remarquons que le sujet n’est pas l’individualité ; l’individualité s’est fondée sur l’universel mais pour oublier aussi vite que possible cet universel, à quoi s’opposerait le sujet qui maintiendrait idéalement l’universel mais à sa manière kantienne extrêmement froid et sans contenu jusqu’au vertige. Sauf que le sujet n’est pas seulement selon l’universel ; le sujet est le singulier ; ce par quoi il excède même l’universel mais à condition, sous condition qu’il soit, que chacun soit amène de s’élaborer lui-même.

C’est ce qui fut recherché en tous sens par toute individualité ; que dans un moi se structure le sujet ; à savoir que le sujet est impossible ; c’est cette impossibilité même (qui crée qu’il y ait sujet, sinon ce serait une pierre ou une table) qui travaille, torture le moi (qu’il n’y ait pas satisfaction en quoi que ce soit de sa structure de sujet et en tant que cette structure doit se tenir elle-même comme insatisfaction, et que donc elle ne se soutienne pas, plus du corps ; tandis que tout le moi est architecturé sur ses finalités ployées, pliées vers le corps, vers le « bonheur » comme état du corps, ce qui se retrouve dans l’inquiétude psychanalytique).

Le christique, la pensée, le sujet, l’altérité (comme philosophies et acculturations) tendaient à supporter cette insatisfaction ; mais l’adaptation de la pensée en raison, de dieu en naturalisme, du sujet en moi ont cru admissible que, étant naturels et réalistes, les mois puissent effectivement rendre réel leur bonheur (puisque toutes les parties de la « nature humaine » trouverait, à n’ne point douter, leurs correspondances dans le monde ; ce qui évidemment est erroné). Aussi les mois deviennent-ils fous, décentrés, mais au mauvais sens ; ils subissent le décentrement que de toute manière le sujet (impossible) en eux enclenche. Qu’il y ait dans le moi un centre (décentré apr structure, sinon on ne serait pas « conscience ») insatisfait est pour le moi une obscurité incompréhensible, cad fondamentale ; puisque ce dé-centre de l’arc de conscience non seulement, si l’on peut dire,  est fondamental mais est antérieur à toute représentation, signe, vécu, corps, langage, etc. aussi est-ce une incompréhension absolument outre mesure, hors de portée d’un moi ou d’un humanisme ou d’une raison qui croit que tout est donné dans le donné. Le Bord du monde donné n’appartient pas au monde.

Ce qui se nomme sujet, comme singulier impossible, est précisément ce qu’explore depuis le début non seulement la philosophie mais toute esthétique et poétique, éthique et politique ; le tout assumant une éthique ontologique ; qui sans contredire Kant et l’universel, s’instancie comme sujet dans la singularité ontologique et existentielle ; soit donc ; comment programmer l’arc de conscience … qui ne se programme pas … qui se réoriente, se prédispose ; la prédisposition est justement ce que Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan veulent installer dans leur exploration, création, dans et par leur technologie (technologies parce que sur cet être technique, cette technique ontologique, inventée par le monde donné là,  qu’est l’arc de conscience articulé au réel).   

Le sujet, dit impossible, n’est pas le sujet universel ; il n’y contredit pas (parce que sans l’universel il n’est pas de sujet réel ; il faut se respecter et respecter les autres sujets, sinon dans nos actes et nos intentionnalités on ne parvient pas à lever le niveau, on sort de la cohérence minimale, en deçà de laquelle il n’est plus que du brouillon et du fantasme), mais le sujet ontologique par delà l’universel c’est le créateur, l’inventeur, l’imaginal ; le créateur de formes, l’inventeur technologique, l’imaginal psychologique, voire psychique au sens de grande psychologie, et relationnel ; que l’on sache que tous soient alignés sur l’universel n’a pas appauvri l’humanisation puisque cela a permis la personnalisation … de même que chacun soit un moi n’a pas réduit le champ mais décuplées les possibilités. De même que la philosophie n’a pas écrasé par la pensée mais au contraire rendu possibles quantité de systèmes, d’éthiques, de politiques, de sciences, de droits.

Remonter dans l’architecture de l’arc de conscience est ce dont le moi ne peut pas se rendre compte ; il croit que « sa » conscience est la sienne … que son moi est ce qui limite sa conscience. Sauf à croire parfois qu’il fasse partie d’une « conscience globale » ou d’une unification ésotérique. Alors que son arc de conscience remonte via Jimi Hendrix, Rimbaud, Nietzsche et Descartes, le christique ou Aristote. C’est l’articulation telle qu’elle fut inventée, créée, explorée, et donc élaborée, architecturée et dont son arc est issu, né, porté.  

L’arc-portant est la racine ; que le moi ne cherche qu’à résoudre sa propre détermination, enfermé dans son image (l’image et non le miroir lui-même, or la pensée, la réflexivité, le sujet permettent justement de restructurer pour notre conscience le miroir et non les images), cet enfermement le condamne. Au tourment indéfini. Il s’agitera d’une image à l’autre, d’un ensemble de déterminations à l’autre, d’un objet à l’autre contenu, sans se connaitre comme forme, structure et demeurera étranger à son devenir, à son historicité.

La vérité étant que toute l’intégralité de ce monde humain, selon son organisationnel propre, veut le convaincre par mille moyens de sa non originalité ; le monde humain s’ingénie à le clouer sur place, le figer, fixer sa forme dans tel ou tel ensemble de détermination. Dans le même temps ce moi, les mois tous ensemble, cherchent à utiliser ce paquet d’images extérieures afin de réintégrer son être ; ou donc d’intégrer dans ce corps la forme impossible de l’arc de conscience. Cet arc qui, rappel, né de la cervelle vers le donné là et le « là » du donné (la position de réel), est difficilement supporté par un corps, et pareillement l’humain ne supporte pas que tout contenu soit et en soit qu’une représentation ; une représentation toujours refermantes que les configurations explosent (dieu le un tout-Autre, le christique, la pensée et l’universel, le sujet et l’altérité et la singularité individuée) et desquelles elles exigent qu’elles adhèrent non à telle ou telle réalité close mais au réel non clos.

C’est une volonté pliée vers le monde qui a voulu s’inscrire comme rationalité réaliste naturaliste ; en ceci que la raison (du 18éme, celle qui ne garde de Kant que sa limitation de la métaphysique mais en voit pas qu’il voulut installer le transcendantal du sujet, en quoi il présentait que la philosophie était passée à un autre registre du réel, suivant en cela Descartes) va imposer partout que la pensée, la cohérence ne se définit que via la version d’adaptation de la réflexivité qui a transformé la pensée de structure en raison du donné ; le donné explique le donné et le moi n’est qu’un bricolage psychologique (un corps langage). Il est clair que la raison s’effectuant comme donné est en réalité la fixité de l’objectivité ; soit donc que certes l’objectivité est vraie et réelle mais en même temps elle est la production de consciences qui annulent qu’il existe de la conscience.

Il apparait ainsi que la philosophie ni la structure du sujet (impossible) ne s’effondrent hors du monde, mais tiennent le Bord lui-même ; et on n’a pas le choix, puisqu’il s’agit de la structure réelle antérieure à tout choix, ce qui veut dire « qui les rend tous possibles » et ce depuis que cette structure est apparue (dans l’historicité et comme historicité ; puisque ce qui existe structurellement retient, re-tient, tout déplacement de position sur le (même) Bord. Pareillement les mois, chaque moi, un par un, sont soumis à l’antériorité de la structure individuée ; c’est pour cela qu’il existe des mois, qu’ils aient à se coltiner la dureté. Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan tiennent non pas une vague structure inefficace et irréelle, mais la dureté du réel, de même que les Grands Sujets éprouvent et nous montrent les cheminements impossibles (par-dessus l’universel et au travers que leur épreuve et extrémismes, vouloir encore au-delà de l’universel la singularité) et que les sujets (Descartes, Kant, Fichte, Hegel) délimitent l’attention qui précède, qui origine l’universel. Ils fixent l’invariant, l’hyper objectivité de l’arc structurel (comportant à la fois l’arc de conscience et l’arc du présent, ce creusement abyssal).

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De la liberté brute, décentrée, élevée

21 Décembre 2016, 15:51pm

Publié par pascal doyelle

L’horizon derrière le monde, par-dessus le corps.

On cherchera en vain une telle réunion qui serait l’Etre ; parce que la finalité du réel est d’utiliser la détermination, les choses, les êtres, la matière, et l’énergie auparavant, afin de créer une forme absolument autre. Que don l’être, le donné là n’est absolument pas du tout complet et donc ne peut pas être pensé « objectivement » ; entendant par là non seulement la métaphysique (il n’existe pas de tout qui serait Un, pour la raison que le Un existe et que donc il exclut quelque tout que ce soit), mais aussi la science ; non pas qu’elle ne puisse pas, un jour, comprendre toute la réalité donnée là (pourquoi pas), mais en ceci que de toute manière cette conscience que l’on en aura s’exclura de fait du jeu de l’ensemble du donné ; et la question se posera ; que fait-on maintenant ?

Par ces deux exemples, pour ainsi dire, on comprend, presque, que la structure du réel n’est pas un donné qui serait un tout, mais un Un qui exploite la réalité, les réalités, lesquelles ne sont que des moyens d’un fin qui échappe ; ou, ce qui revient au même, que le réel est ouvert. C’est pour cela qu’il existe un présent et que si il existe le présent seul est réel, ou donc que le réel est le présent. Et rien d’autre.

Tout se passe dans le présent, et pour chacun dans son ici et maintenant (ce disant on n’imagine pas du tout qu’il existerait un point externe qui percevrait tous les ici et maintenant, on n’en sait rien du tout ; on constate que chacun est dans l’ici et maintenant ; ce que vous lisez dans l’ici et maintenant (qui est seul réel), est écrit depuis longtemps, dans son ici et maintenant propre ; parfaitement, cad absolument distinct ; un jour on sera mort et sorti de l’ici et maintenant unique, les dinosaures ont disparus depuis longtemps, il ne reste des ossements ou du pétrole pour les fougères et plancton, ce sont des choses, des choses qui restent, des informations qui transitent, des dépôts du présent, qui a créé, engendré les mondes, les réalités, les dinosaures).

Pareillement il n’est pas de futur ; on se demande bien de où il viendrait. Ça n’est pas parce que l’on pense, imagine le futur qu’il existe ; en général on imagine le futur (ou rassemble le passé) en vérité en fonction des intérêts du présent. Cela veut dire que l’on est libre et absolument libre ; ce que l’on pense mais aussi désire, imagine, croit, décide, intentionnalise de manière plus générale dispose le futur et interprète le passé. Si vous avez une âme (ce que l’on n’affirme pas ici, on n’en sait rien, ni ce qu’il faudrait entendre par là), c’est ici et maintenant qu’elle se décide, se dessine, se juge, se compose et se recompose ; la liberté n’est pas de choisir entre le bien et le mal, mais d’inventer, de créer, d’ajouter au donné des possibilités que seule une liberté peut créer (des possibilités donc qui ne sont pas dans le donné, qui ne sont pas dans votre passé par ex, du reste tout moi est déjà lui-même un surplus par lequel il entend se débarrasser ou se dérouler ou s’enrouler et ré enrouler son passé ; un moi, ça n’est pas une composition de langage-corps, mais une décision et une imagination qui seules se perçoivent ; on pourra en passer par la psychiatrie, psychanalyse, psychologie, par telle ou telle expérience ou attente heureuse ou déçue, etc, mais si ce sont des perspectives qui éclairent l’intentionnalité que l’on est, aucune n’est la perspective unique et exclusive que l’on existe ; même durement influencé ou contraint on joue sur la dimension unique qui s’ouvre seule par et pour une liberté).

Notre âme, cad ce que l’on fait de soi (et on influe toujours sur ce que l’on est déjà, on se débrouille toujours avec ce bricolage qu’est un moi, on bricole le bricolage), est donc en instance, en instanciation du présent ; ici et maintenant décidez de ce que vous serez. Ce qui parait absurde.

Mais c’est ce que l’on fait, constamment.

Evidement on ne décide pas de ceci ou de cela ; on remodèle. Une conscience est un arc ; elle ne tient pas dans les signes, mais dans la mise en forme des signes ; une conscience est élevée au plus haut point ; il n’y a pas plus élevé. Chaque moi est le plus haut point qui se puisse atteindre ; aucune autre conscience d’une part et aucun discours d’autre part n’a de point aussi élevé que cette conscience se tenant loin, très loin hors d’elle-même ; elle se perçoit. Toujours la même histoire ; je suis Pierre Dupond ; on voit qui est Pierre, mais qui est « je » ? Et bien le « je » sait mieux Pierre Dupond que Pierre Dupond.

Le « je » est l‘horizon, Pierre Dupond est un objet, si l’on veut, posé au-devant de l’horizon ; lorsque Pierre se parle, il est infra la ligne d’horizon. Chaque fois qu’il parle il est infra ; rien ni personne ne peut remplacer la ligne d’horizon ; la ligne d’horizon ne peut pas se remplacer elle-même. Si Pierre pouvait atteindre la ligne, celle-ci serait composée et donc ne serait plus la ligne d’horizon (pour énoncer ceci ou cela il faut se placer du point de vue la ligne). Le plaisant en somme c’est que la ligne est absolument libre en ceci que rien ne la remplace ; aucune chose, aucun énoncé, aucune parole, aucune conscience que l’on en prend puisque toute conscience prise est infra la ligne. Elle n’appartient à rien ni à personne, et donc existe hors et indépendamment.

La psychanalyse peut éventuellement intercaler entre Pierre et la ligne un simili « je » (d’où la difficulté que ce soit dans le transfert une sorte de « je » que serait le regard du psychanalyste), mais le « je », la ligne hors champ, détient le regard en réalité ; c’est sur cette ligne de fond si absolument reculée et passablement effrayante que l’on se « regarde », sans que rien n’en préjuge.

A partir de la considération d’une telle ligne qui n’appartient à rien ni à personne, mais qui est elle-même le « je », un « je » effrayant et autre (et qui est à la source de l’intuition structurelle de Nietzsche, que la Volonté agit en moi, que l’on est Autre, que le réel est l’altérité invinciblement autre), on remodèle. On remodèle ne signifie pas que l’on va intervenir sur l’horizon ; c’est impossible, mais que l’on va l’orienter ou désorienter (peu importe ; des désorientations apparemment difficiles et insupportables, seront peut-être des orientations nouvelles et déployées).

L’orientation et la désorientation de l’horizon consiste à ne pas décider ; ce qui est encore plus bizarre. Il faut admettre par principe que le conscient, la décision consciente, est immanquable on ne peut pas ne pas décider, à peu près et si on manque de décider la plupart du temps les autres, la société, etc, nous poussent à nous convaincre, et comme les autres ou la société sont extérieurs on a intérêt à obéir, en gros à faire comme si, voire à y croire, que l’on a décidé ;  ce qui vaut aussi pour soi-même, on croit que l’on a décidé de la ligne ; ce qui n’est jamais, jamais vrai ; la ligne est indécidable, d’une sauvagerie inouïe, qui n’est pas forcément la violence. La ligne est indécidable de ce point de vue là, cad de tous les points de vue du monde, du vécu, du moi, etc ; parce qu’elle est le point de vue unique qui place et déplace tous les autres.

Le regard autre, le « je », l’horizon place et déplace tous les points de vue, parce qu’il est neutre, sans rien, vide, formel, et que qui que vous soyez, quoi que vous ayez décidé, ici et là, le point autre unique formel reviendra. Reviendra parfaitement identique et sans rien et vous regardera. Sans qu’il appartienne à qui ou quoi que ce soit et c’est pour cela que l’on est absolument cad formellement libre.

Cela peut être dit autrement ; l’arc de conscience qui surgit de la cervelle, revient du réel (qu’il positionne) et ce retour est un re-tour ; un nouveau tour, toujours constamment un tour nouveau et autre. C’est en ceci que l’on ne s’échappe pas, n’échappe pas à soi (et qu’il est, accessoirement, de la psychanalyse). Et si il est impossible de contraindre consciemment l’horizon (puisque toute motion consciente sera infra l’horizon, mais de même toute perception, tout corps, tout désir revient de cette ligne là), il est possible d’influer sur le faisceau ; de légèrement décaler le regard. Ce qui est on ne peut mieux illustré par l’esthétique ; une œuvre va commencé on ne sait où, ni comment influencer la base même de l’existence, de l’exister ; et on peut décider que, oui, les œuvres influenceront mon existence ; l’arc de conscience comme libre se situe très haut et au plus haut possible ; une décision structurelle, ayant d’éthique ontologique, doit être prise très haut, dans l’élévation afin de manipuler, autant que possible, la ligne horizontale, qui se déclinera en ligne spatiale et représentative et désirante, décidante, etc ; puisque notre structure, de tout « je », est le Bord du monde et qu’elle ne peut pas être prise par devers ; seulement vers l’avant, ayant à choisir quelle avant, avancée on lancera dans son existence (que les œuvres influeront par ex) afin que de cette, ces ultimes positions se dérivent les possibilités (on peut choisir la révolution par ex, mais aussi se nouer aux immédiatetés, qui se résolvent en général dans le corps donné là, par ex faire des enfants ou famille ou le sexe ou le regard des autres, ce sont des généralités remarquons-le bien, et qui se situent au bord de l’extrême, à la ,limite de la conscience que l’on en a, cad de la conscience que l’on n’en a pas ; comme évidences, naturelles, spontanées, ce qui n’est pas ; il n’est rien du tout de spontané, juste de la construction).

La philosophie depuis le début sans doute « prétend » que l’on peut vouloir directement, pour ainsi dire, et qu’il faut s’inscrire dans le Bien, le Vrai, le Beau, mais c’est plus, beaucoup plus retors que cela ; la philosophie montre ce qui sera inoubliable, à savoir que l’on peut lancer des instructions dans l’arc de conscience, de telle sorte que ces instructions (puisque notre arc est une forme, est, existe formellement) mènent très loin, très lointainement et que ces instructions tôt ou tard vous reviennent.

Un peu comme de se décider pour le Bien ; le Bien n’offre que beaucoup de désavantages, sur le moment, dans l’immédiateté (qui est prise par des tas de finalités, de désirs, de satisfactions, au regard desquelles le Bien est une abstraction), mais le Bien est un pari ; une influence bien plus étendue, un jeu de mécanisme(s) bien plus extensif et qui si il ne donne pas immédiatement, est ce qui rendra possible encore plus de retours, à l’avenir, en et par les autres, par et pour soi-même ; le Bien garantit le plus grand possible. Pareillement le Vrai est de cibler la réalité, parce que n’importe quelle imagination s’épuisera (de totaliser ses possibles particuliers), mais le Vrai fondé sur la réalité ne s’épuisera que lorsque la réalité sera épuisée.

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La limite des extrémités

17 Décembre 2016, 12:06pm

Publié par pascal doyelle

Kant sur la pointe.Interprétation des dernières pensées.

Ainsi tout objet est admis comme un, mais c’est un pseudo, comme un tout mais il es faux, et toute vérité énoncée, tout énoncé logique ou mathématique, tout idéal, ne tiennent uniquement que dans et par le faisceau de l’intentionnel arc de conscience ; c’est l’intention qui dispose des objets, des contenus ; et donc c’est une description spécifique qui traite de cette intention en elle-même, qui dispose par ailleurs de ses, ces contenus. Et les contenus sont des signifiants de l’intention et non la vérité ; mais alors la vérité est du côté de l’intention et non des énoncés. On a cru que Kant nous exposait la subjectivité préludant à l’énoncé, acquérant par là les conditions restrictives de toute énonciation, et cela est exact, mais ça n’était absolument pas son but. Son but était de délimiter, et non pas définir, les conditions hyper objectives de notre être ; en détourant l’objectivité, de délimiter l’hyper objectivité. La vérité est non le signifié imaginé sous tel signifiant, mais le signifiant même.

Que cette description obtienne un sujet, une subjectivité apparemment purement formelle, le sujet kantien, mais le sujet cartésien ne le cède en rien (Descartes dresse le sujet sur la paroi non seulement de l’infini, dieu, un dieu assez étrange, mais aussi sur la paroi du doute, de ce que le doute rencontre comme pseudo réalités ; tout e qui est, est infiniment douteux, sans signifié, et le seul signifié est renvoyé sur el Bord ; dieu, dont on n’a aucune conception, et l’intuition que l’on en a n’obtient probablement qu’un milliardième de ce que dieu est, cad n’obtient rien, sinon la vision formelle de la passation) cette description qui est passée outre ou en-deçà de la « pensée », ne signifie pas que cette structure formelle soit insatisfaisante ; que les suivants prétendront remplir, mais qui, en développant la forme et en croyant la substantialiser, au sens de la pensée comme sujet, hégéliennement par ex, insisteront en déployant non le super contenu substantiel, mais en déployant la forme elle-même se pourchassant dans de super contenus de plus en plus architecturés, mais architecturant la forme et non le contenu ; c’est en ceci que les contenus prendront d’étranges formulations, ils subissent le poids structurel de la forme dégagée par Kant (qui continue l’exploration de la forme ouverte par Descartes, qui origine la pensée dans un être spécifique, être qu’il commence d’établir dans sa dimension qu’il nomme infinie ; Descartes ne recourt pas à dieu pour seulement justifier les énoncés, mais afin de dresser la paroi réelle ; celle qui tient sur la supposition structurelle.

De même à la suite de Kant on se saura plus sur quel pied danser ; on ne comprend pas qu’il indique le sens d’une dimension externe et que la philosophie, depuis Descartes mais aussi sous une, à peine au fond, autre formule par les métaphysiques grecques et les théologiques, que la philosophie ne parle pas seulement du monde, d’un énoncé vrai, d’un objet ou d’un contenu, mais de la structure qui conditionne et rend possible tous les objets mais aussi tout le réel ; non seulement des choses mais de la dimension qui précède les choses, et les êtres.

Les êtres et tout autant notre être ; nous ne sommes pas de ce monde, parce que nous sommes de la structure, de l’inépaisseur de la structure qui précède le monde ; non que la structure vaille en dehors de ce monde, mais ce monde est le signifiant de ce signifié très étrange qu’est la structure. C’est ce que veut dire Kant ; par ses extrêmes dénouements qui bordent le monde, l’objectivité, la perception,  l’esthétique et le jugement, l’être moral, cad structurel du libre universel ; il lui manque de concevoir la sauvagerie du libre pur et brut.

Il ne voit pas encore ce qui sautera aux yeux des suivants ; que nous sommes immergés, non seulement autour de nous, par le monde devenu univers gigantesque, et historicité violente, immergés dans l’altérité. Il croit que le sens de ce qu’il décrit et de la dimension dont il s’approche plus que quiconque, que ce sens est un apaisement, un bonheur, une surnature, dieu et les âmes ; il ne voit pas que la bataille est une guerre, extrême et profonde ; qu’il faudra aller plus loin encore en nous et dans le monde, l’altérité du réel. Que le défi est bien plus conséquent que de simplement réguler le donné et l’immédiat par l’universel et le libre consenti.

Les révoltés qui suivront ne veulent pas seulement subvertir la claire raison et sa, ses régulations, ils veulent augmenter et exploser le libre en tous les sens possibles, puisqu’ils voient bien que le monde est bien plus grand et bien plus dur que le monde régulé kantien ; et la dite révolte commencera en pensant gagner plus grand et plus lourdement, à perdre le réel. Le monde dont ils parlent n’est plus le même que le monde régulé potentiellement par le un structurel kantien ; la structure s’est re-présenté par les grecs et le christique (suite au monothéisme du Un tout-Autre), mais elle s’est libérée par la révolution. C’est la totalité des possibles dans un monde délivré mais déchainé.

Parce que dessous les révoltes envers la raison pacifique, régulatrice, pointe encore l’attente d’une satisfaction, mais la structure déchainée sur le monde n’est pas humaine, du tout ; ce qu’elle peut engendrer est totalement hors de proportions, incontrôlable. A moins de parvenir à maitriser la structure, l’analyser et en tirer les conséquences ; c’est parce que dans la structure délivrée est enkysté par le fantasme (d’une réalisation de soi, du désir, du monde, de la puissance) et parce que la structure délivrée au lieu de penser selon l’hyper objectivité sa dimension spécifique a cru en des fantômes surnaturels (mais au sens de magique cette fois, de mondainement suscités), qu’au lieu de reconnaitre son être comme réflexivité, comme criticiste, comme pensé en seconde formulation, on a investi cet être de détermination, de signifiants dont on attendait qu’ils soient les signifiés très réalistes, très mondains, très déterminés, très consistants ; il n’est pas de consistance.

Il n’existe que l’inconsistance de la forme qui se suppose. La dimension non de l’être, mais de l’exister ; ce que soupçonne si rigoureusement Descartes et Kant ; ce que savent Sartre et Lacan. La volatilité de la forme, de l’arc de conscience et du présent c’est sa souplesse sauvage et de cohérence pure et brute. Il est clair que le chemin, la voie, la vérité est de transformer cette brutalité en subtilité.

L’humain, le moi, la pensée, l’esthétique, etc, tout cela est effets de la structure, mais ce sont des effets actifs et permettant en se transmettant, par l’acculturation généralisée, de transformer les consciences, les arcs de consciences sauvages en articulations auto-normées ; non pas normées de l’extérieur, comme on aurait pu le comprendre Kant et qui nous horripile tant, mais auto-normées.   

Et il faut conserver le tiret de auto-normé, parce que cela implique que chaque arc parvienne en la forme une et dés-articulée de son ex-sister ; on dit « désarticulée » en signifiant « articulé » ; ce qui est articulé est d’abord et quoi que l’on fasse une dés-articulation ; c’est en ce sens que le défi ontologique (cad concernant toute la réalité parce que le réel comme racine) est bien plus exigeant et plus profond que ne le permettait la description kantienne (qui en demandait que de s’abandonner à l’universel) ; ici il faut non seulement s’abandonner à  l’universel (parce qu’il n’est aucune individualité en l’infra universel, que via le filtre universel seul il peut exister une individualité suffisante), mais il faut acquérir la singularité.

Qui est, comme on l’a vu, non pas le non universel, mais ce qui origine l’universel lui-même ; la cohérence ontologique antérieure à la cohérence universelle (qui fut élaborée durant tous ces siècles, et depuis la méditerranée).

Sans doute l’épopée nietzschéenne tombe dans le panneau d’une sauvagerie délaissant l’universel et la raison, mais ceci est juste une façade ; la vérité est que Nietzsche cherche à élaborer la liberté ensauvagée (et requérant qu’il puisse passer outre l’universel et la raison et la démocratie et le sujet et l’humanisme, tous ces abandons sont effectifs et résolument dangereux et affaissements de la pensée, de l’intentionnalité), mais aussi il cherche la subtilité du libre a-humain, affronte ce que Kant ne voyait pas, la dureté et la profondeur du défi ; pareillement Heidegger. Et seuls les descriptions sartriennes et lacaniennes parviennent à conserver la dureté en même tant que l’exigence…

Il ne faut pas se laisser berner ; ce que soulève Kant est le plus effroyable élévation qui se puisse ; depuis les grecs et le mono nous sommes à la lisière de la réalité et abordant le réel de cette réalité ; lorsque dieu nous dit qu’il en va de notre âme, il en va réellement de notre âme ; en quelque sens qu’on le prenne et que l’on y croit ou non ; dieu est, à tout le moins, ce qui signe la structure active, celle en deçà de laquelle il n’y a rien, plus rien ; ce que ce mathème, dieu, ou le christique ou la pensée ou le sujet ou l’altérité, nous signifient c’est que « vous voici au Bord de tout ce qui est, choisissez ».

Sans doute nous n’avons pas le choix, mais ce dont nous n’avons pas le choix c’est d’être selon le monde en oubliant la forme structurelle du réel ou d’exister selon la structure antérieure à tout monde. Et de décider de la tenue de la supposition. La supposition du Un, du Un qui, finalement, a pu se frayer un chemin au travers de ces signifiants, qui se prenaient pour le signifié. Le signifié absolu.

On sait qu’il n’est pas de signifié, c’est le sens de toute la révolte envers la raison substantielle ou envers la pensée (interprétée selon la perspective née au cours du 18éme, 19éme, 20éme et qui confond que la pensée soit une sorte de raison préalable ; mais on a vu que dieu, la pensée et le sujet, antérieurs au 18éme, manifestaient une tension tout à fait différente de celle tout à ras de terre de la raison naturaliste et réaliste, démocratique et humaniste, déterminée). Et toute cette révolte et cette altérité afin de conférer à notre structure une plus grande volatilité, souplesse, multiplicité (puisque n’ayant alors plus affaire au contenu monolithique ou à l’universel et tous les sens, les directions, physiquement y compris, les orientations et les désorientations, surtout, devenant des possibles).

Les mois étant extrêmement proches de la résolution de leur être, basculent toute leur attente et stoppe la programmation du sujets en espérant devenir de grands sujets ; de matérialiser le sujet impossible (que Descartes et Kant connaissaient comme impossible, dont ils parvenaient à détourer, sans y pénétrer, l’impossibilité ; renvoyant à dieu-l’infini ou au nouménal, à la liberté et surtout à l’indétermination, transcendantale). Matérialisation qui les engage dans d’épouvantables tourments (il faut que l’arc de conscience, la structure du Bord s’incorpore dans un corps, dans un vécu, un moi, et ne s’offre même plus la protection de sa formulation universelle) à commencer par Fichte, Hegel, jusque Nietzsche et Heidegger (ces deux derniers tentant de passer outre et de non pas seulement rendre réel le sujet mais de définir le sujet a-humain, autre, puisque visiblement l’absolu ne passe pas dans les tentatives précédentes, il faut donc supposer une altérité, dont on remarquera, qu’elle soit la volonté ou l’Etre, qu’elle se débat avec le Un ; le Un absolument autre (l’Etre, autre que les étants, autre que le dieu un, visualisé comme la grande étantité, ce qu’il ne fut pas vraiment, parce qu’il fut exigence ; et la volonté comme multiple, en tant qu’ontologique, de la multiplicité, comme mondes et autre en tant qu’elle est l’autre-volonté pour ainsi dire, elle n’est pas la « mienne » ; du reste les deux appellations « volonté » et « être » sont plutôt ambigües … et bien qu’elles veuillent manifester l’altérité, empruntent une dénomination pour le moins traditionnelle, et comme d’habitude, ça n’est pas un hasard).

Il ne s’agit plus d’attendre dieu, la pensée divine grecque, le sujet et son accès à l’infini mais de vouloir, désirer, imaginer ici et maintenant dans et par ce monde, de sorte que l’attente au lieu de spirituelle, devient magique ou investit autant l’objectivité que la révolution ; ça ne veut pas spiritualiser la réalité, ça veut matérialiser l’intentionnalité brute, native, excessive, matérialiser le Bord du monde … dans le monde. Ce qui est absolument impossible. Il n’y a rien qui puisse contenir le Bord.

Et cela ne signifie pas que la technologie qu’est le Bord soit un non sens (bien qu’évidemment on le reçoive si impressivement comme tel), mais que le Bord doit lui-même s’instruire ; lancer sa propre instruction, sa propre mise en forme, formaliser la forme qu’est l’arc et le réel, le présent, répéter la forme en et par elle-même ; l’arc de conscience est déjà réflexivité, il construit le donné qu’il perçoit ; aucun donné construit ne peut satisfaire ou répondre à l’indéterminé qu’est l’arc ; c’est donc que l’arc doit construire, relancer, animer non plus tel contenu ou telle construction mais en propre la forme qu’il est. La forme de structure doit s’installer dans le corps.

Quant à savoir si le corps est « destiné » à cette fin, structurelle, c’est une autre question ; le Un se crée au fur et à mesure (sinon il n’existerait pas de présent, et donc pas de réalité) et on ne peut pas préjuger ; on ignore vraiment quelle disposition du corps doit être appelée par la forme qui devient (et nous n’en sommes peut-être pas capables). Aussi tant que l’on a voulu imposer par-dessus le corps une idée, une morale, l’universel, l’image (l’image dont se pare le moi y compris), ça ne pouvait pas prendre et les révoltes, les négations, les altérités voulurent proposer une prédisposition qui soit bien plus antérieure que les morales et l’universel ; la Volonté et l’Etre préexistent et outrepassent, l’historicité marxiste ou l’objectivité scientifique, ou toutes les versions, y compris la psychanalyse, ayant pour finalité explicite de nous expliquer et en fait d’annuler que le gouffre structurel soit ouvert en nous ; le gouffre serait une « maladie » ou simplement la réalité n’aurait aucun sens ; mais si le Bord est ce qui seul existe (et que tout le reste c’est l’être comme effet du Bord), le Bord, aussi difficile soit-il, est le sens, l’orientation, la direction.  

Et la structuration de la structure doit être précisément l’acquisition de la forme de la structure ; ce qui se travaille de Descartes à Lacan. Il faut vraiment demeurer le nez collé à la préhension d’un « résultat », d’un objet là, mort, inerte, objectif, mangeable, désirable imaginairement pour le moi, pour ne pas comprendre que la philosophie est passé depuis longtemps sur l’autre versant, la paroi du réel, l’antériorité à tout monde, et qu’elle observe, analyse, éprouve avec son sens de la gyroscopie sans repère, éperdue et affolante, affolée ; mais le mouvement du gyroscope est le repère , unique, le seul, son mouvement, son hyper objectivité. Son glissement dans et par la structure.

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Noeud du réel

14 Décembre 2016, 12:21pm

Publié par pascal doyelle

Pensée et analytique de l’altérité brute

Si l’on observe la totalité, la totalité, des images, des signes, des directions qui abreuvent le moi, la personnalisation comme processus qui prend la suite de l’humanisation et de l’universel, on s’aperçoit du gouffre de l’indéfini en lequel chacun est précipité. L’indéfini est l’ensemble des finalités basses et mortes par lesquelles le moi croit être en mesure de se tirer du mauvais pas. Mais le pas est acté et il glisse.

On a renié l’infini pour l’indéfini. Seul l’infini et la compréhension exacte de la structure de notre être aurait pu nous maintenir dans la réalité ; parce que la réalité s’articule en et par le réel (au sens où n’existe le réel, cad le présent, et qu’abandonner l’infini et le réel et le présent purement actif c’est entrer dans le fantasme, de remplacement de la réalité). Ce qui est infini (c’est un adjectif pas un être) c’est le présent ; l’infini est absolument proche et même antérieur (à toute réalité) ; l’infini est l’articulation qu’est le présent qui distribue continument (de là que l’on ne peut pas mesurer ni l’espace, ni le temps ; parce que l’on ne peut pas mesurer l’exister des choses mais seulement les choses).

On a vu que dieu, la pensée, le sujet, puis l’altérité ontologique (Nietzsche, Heidegger) ou enfin l’analytique ontologique (Sartre et Lacan) tenaient ferme le réel et décrivaient la structure de notre être, ce qui veut dire non de ce bricolage du donné, de cette composition de réalité, mais décrivaient l’arc de conscience arcbouté au réel même.

Mais le monde de l’humanisation, et suivant de la personnalisation, ont crû être en capacité de définir le réel par la réalité, et d’approuver, tous en chœur, que le donné puisse expliquer seul le donné, et le désir et ses objets, et la volonté et son monde, et le langage la pensée, etc. Tout cela est faux.

Pour accepter le réel il eut fallu admettre l’étrange et incompréhensible Un qu’est l’exister, sous sa forme structurelle,  celui qui est sans visage, sans détermination, sans prise d’aucune sorte et continuer d’élaborer ce que la philosophie et puis Descartes et Kant et Husserl et Sartre et Lacan continuèrent chacun pour sa part ; en fait dès que l’on entrait en réflexion, on basculait dans la réflexivité, soit le gyroscope ; non pas la réflexivité qui prendrait comme substrat une identité (le moi-sujet, dieu monolithique, la pensée massive ou le Un qui serait Tout), mais la réflexivité qui n’a plus de repérage et nait de son re-tour même, lequel bien que non déterminé est structure ; celle-là même qui occupe absolument la pensée mouvante, de retournement grec, de renouvellement christique, d’analyse impossible du sujet et de l’altérité ; celui qui n’a pas de repère, qui est miraculeusement, son propre repère et son seul réel, mais splitté, coupé, brisé, séparé, pur arc de tension extrêmement brutal, dont la division est l’exister même et non dont la division diviserait quelque chose de précédant, la précédence est l’explosion même, effroyablement hors de proportion, c’est elle qui mesure (aussi brutal que l’univers est d’une effarante violence interne et externe, l’arc de conscience est le digne fils de son père en somme ; la filiation est directe, devant l’impératif de non pas maitriser mais d’orienter la violence ontologique absolue, sans répit et sans recours aucun, nous nous sommes effondrés, peut-être sommes-nous trop gentils ; forts avec les faibles, les autres êtres humains, et faible, excessivement faible face au tout-puissant, au gigantesque réel ; on préfère se déchiqueter les uns les autres plutôt que d’affronter, c’est-à-dire haïr, l’univers, pourtant l’univers veut bien effectivement nous anéantir et accessoirement tuer chacun d’entre nous ; un par un il viendra nous chercher).

Apparaissent donc le Un du dieu (le Un tout-Autre), le Un de la pensée, et celui du sujet, et celui de l’altérité, et en ce cas, contrairement à la négation qui anime Nietzsche ou Lacan (le Un est l’altérité même, pas étonnant qu’il se contredise absolument ; il est capable de tout, capable du tout de la réalisation), en ce cas donc de la pensée de l’altérité et de l’analytique de l’altérité,  le Un est si étrangement au plus près de lui-même … énormément arraché, tranché, absolument divergent ; c’est parce que le Un est la divergence pure et formelle qu’il y a une réalité … sans cela aucune ne serait possible ; le Un n’est absolument pas ce qui réunit la réalité ou la réunira, ça ce sont des rêves, des rêveries, des imaginations, et pour le moi et le monde des mois, du fantasme ; si il existe(era) un dieu ou « équivalent » il sera en-plus de la réalité, en plus de l’être et tellement autre que notre pauvre imagination s’est contentée de visualiser son image, visage au semblable du connu, mais il sera presque quasiment terrifiant, au sens de sidérant, de l’absolue puissance qui s’extrait d’elle-même, c’est à cela ou qui y ressemble autant qu’on le puisse, qu’est destinée une « conscience de (soi) » ; dont l’homme n’est qu’un exemple ; il est clair, si l’on peut dire, que le (soi) en question est très exactement entre parenthèses parce que nous n’en entrevoyons que le début du commencement du petit bout (d’autres races que la nôtre y parviendront sans doute) ; l’être, dieu, le sujet, affirmation de l’altérité (l’auto affirmation nietzschéenne comme trajet tout aussi hyper-objectif que fut celui de Kant ou Husserl, du devenir de l’arc) étaient des sortes de mitoyenneté, de compromis, par lequel on tentait de saisir un peu le mouvement tournant du total gyroscope, incandescent, et on y est parvenu plus ou moins, à l’extrémité des pensées apparemment obscures et apparemment incertaines ; elles n’avaient rien d’incertain du tout ; on ne l’a juste pas vu, pas perçu, pas intégré, pas ré-organisé suffisamment.

Pour ré-organiser le Un tel qu’il a pu ici et là avec d’épouvantables douleurs structurelles, des torsions incompréhensibles selon le monde, le moi, ou le corps, torsions du gyroscope, hors vie, hors sol, sans repère et avançant dans le vide formel, le tourment structurel, tel qu’il a pu nous apparaitre, vaguement, il y eut fallu le restructurer et donc acquérir l’arc de conscience mais bien bâti sur lui-même, sur l’impossibilité (sinon ça ne serait pas amusant, le Un ne s’y amuserait pas ; c’est son taf de s’extraire de lui-même, à quoi servirait cet univers délirant et gaspilleur, incroyablement gaspilleur et débile,  sinon d’inventer, dans sa dispersion effroyable, des petits « un », un par un ; à charge qu’ils se mettent en chasse du Un impérieux et par-dessus toute cette réalité statistique).

Autrement dit on ne peut pas acquérir le Un, poursuivre le Un, s’amener au plus près du Un inhumain, hors sol, hors champ, hors détermination, sans se pourvoir. Sans se prédisposer, comme disait Heidegger (qui n’était pas le plus sot, bien qu’il se soit pourri dans un « idéal » imbuvable, comme chacun sait, et dont malgré toute la pensée vise à établir une perspective étrange et autre et montrer comment nous serions déjà « pris » dans le point unique et totalitaire, il faut le dire, de l’Etre ; il a tort de croire que « cela se ferait sans nous » … instrumentalisant une sorte d’hyper dimension incompréhensible, surhumaine, réellement cruelle ; ça c’était de la rêverie ; l’articulation de l’arc de conscience et du réel est un mécanisme impitoyable mais technologique, l’arc de conscience dans une cervelle est une technologie inventée par le donné là, est une technologie inventée dans le vivant mais hors-de, et articulée elle-même à la machinerie qu’est le présent). La prédisposition, le mécanisme, en nous, c’est ce que recherchent Platon ou Descartes ou Kant ou Sartre ; comment doit-on « se tenir » pour rendre son arc de conscience suffisamment orchestré et qu’il puisse supporter (et ce corps-çi comme vu) supporter la tension qui se tire d’elle-même ?

Via le corps, donc : on voit qu’il n’est pas seulement question de la philosophie (la philosophie pense en seconde manière l’articulation telle qu’elle peut être analysable en se rembobinant elle-même et ce faisant elle pense et montre cet arc, cette articulation de l’acte de conscience et du réel, mais aussi comme on ne peut pas toucher à cet arc sans le modifier, bien sûr la philosophie a elle-même créé de l’Arc), via le corps on voit parfaitement que l’éthique, la politique, l’idéel et l’esthétique n’existèrent pas pour rien ; il s’agissait d’élaborer la nouvelle surface du corps, ou la surface du corps-autre. Empli de telle œuvre, quelle qu’elle soit, ce mouvement intégralement externe devait nous inculquer l’interne, la structure interne de la surface du nouveau corps (c’est très clair par Rimbaud ; c’est cela qu’il dit, son impossibilité de se couvrir le corps par l’autre-corps, et probablement en tous les sens de l’évocation…

Il faut bien faire la part des choses ; ceux qui veulent vous guérir, veulent vous affadir. Ce sont ceux qui ne pardonnent rien qui vous disent la vérité, le réel, l’actualité présente la plus difficile. Dès que ceci ou cela se plie et s’affaisse, dès que ça part en couilles, pour ainsi dire, c’est du mensonge, du compromis. Mais la mort ou la froideur insane de l’univers ne sont pas des compromis. Il n’y a rien, absolument rien dans la réalité, ou le vécu, qui soit un compromis. Le Un est scrutateur et  sans recours, sinon le Un.

On est bien en peine de définir le Un, le contraire serait étonnant. C’est quand même cela qui s’avance en-deçà de toutes les proportions et peut-être au-delà. Mais le Un, et, si l’on a suivi, notre arc de conscience, à chacun, un par un (on n’a jamais vu de « conscience universelle » c’est du vague à l’âme cela, de même qu’il n’y aura pas de réunion de tous et de tout en un seul Grand Tout, ce sera tout à fait autrement et autre chose que ces faibles imaginations ; le Un sera en plus absolument et rigoureusement Autre, puisque c’est, depuis le début, cela qu’il crée : l’Altérité, la plus titanesque distinctivité qui se puisse) chaque arc donc en est le rejeton ;  et si l‘ensemble des modulations de notre arc de conscience prend un apparaitre aussi difficile et extrême (de l’hindouisme à Lacan, si l’on agrandit le cercle structurel, de "cela qui nous accompagne" et en vérité nous précède depuis le début, qui était avant même le début de l’humain, puisque l’humain est l’effet de cet arc de structure qui s’arcboute dans le réel, par le présent brut, actualisant toute la possibilité possible) c’est qu’il faut avancer techniquement dans la technologie hyper-objective qu’est le réel, et dont la méditerranée, puis l’Europe ont commencé l’analyse, point par point, avançant.

Mais par ailleurs cela signifie ceci ; chaque arc est intimement ou extimement comme dit l’autre, (celui qui est fondamentalement notre autre, historiquement ; Lacan ; Sartre et Lacan analyse l'articulation qui nous précède), l’intuition non d’un contenu déterminé électif (l’humain, le moi, le désir et son objet, toutes les sortes de compostions, qui se donnent pour « vraiment réelles » mais sont seulement des signifiants d’un signifié de l’impossibilité même, qu’est le présent réel) mais l’intuition de la structure par elle-même ; étant un rapport, elle ne peut pas ne pas (se) saisir.

Et ce qui passe dans l’auto-intuition (qui ne désigne pas du tout une identité mais un mouvement pur, le mouvement originel qu’est l’exister) est inanalysable (ce que pourtant on rend possible par l’effort, depuis que les français ont mis les pieds dans le plat (ne râlez pas, c’est comme ça) avec Descartes, Rousseau et la révolution, Sartre ou Lacan ; nous y sommes allés fort… pas sûr que l’humain, ni nous-mêmes, en soyons capables) ; l’inanalysable intuition est la foudre structurelle frappant, se frappant elle-même en retour, qu’elle transmute en re-tour, un nouveau tour, nouvellement joué et nouvellement joué à chaque fois, par chaque présent suffisant de densité mentale, et évidemment joué en et par chaque arc, un par un.

C’est ce que veut signifier Nietzsche (et raison pour laquelle il fait florès) ; Nietzsche est le maniement du un que l’on est, par lui-même, et il cherche la prédisposition du gyroscope ; c’est pour cela qu’il invente ce procédé stupéfiant que la volonté en nous ne soit pas la nôtre … en un sens structurel c’est vrai ; l’humain est l’effet d’une structure, ontologique, l’arc de conscience, forme parfaitement indéterminée et vide, mais forme et structurelle réelle ; on n’explique pas la « conscience » en définissant ceci ou cela dont elle est « la » conscience ; c’est ceci ou cela qui appartient à la forme-conscience, forme-tension, forme attention ; ça n’est pas « ma » conscience, c’est moi qui appartient à cet acte, cet arc… mais il n’empêche absolument pas que cet acte soit un, et un par un, rigoureusement et parfaitement, puisque la perfection est « ce qui est formel », sans composition, et capable de composer avec toute détermination ; il est donc, comme le connaissent les grecs en lançant l’être, instantanément réel ici même, une perfection du réel, mais elle n’est pas humaine, ni inhumaine (au tort de Heidegger et de Nietzsche) mais mécanique et logique ; le Un n’est pas encore, il sera et c’est ce potentiel qui attire toute réalité.  

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Le résumé, l’articulation brutale du réel

11 Décembre 2016, 13:19pm

Publié par pascal doyelle

 

On a vu donc que l’on a créé des mondes particuliers ; il fallait être né au-dedans pour parler le langage, percevoir selon le groupe, interpréter selon la religion ou mythologie, échanger selon telle symbolisation. Ça ne s’improvise pas, il était impératif d’identifier spontanément le regard aux échanges, la conscience à la parole, le monde au groupe, etc.

Autour de la méditerranée s’invente « soudainement » une rupture, dite ontologique (et elle est nommée « ontologique », d’en inventer à ce moment là le mot lui-même, puisque la rupture, le décalage qui apparait dans le monde est extrêmement difficile à identifier, à désigner de ce que précisément il n’est pas du monde, mais se constitue du Bord du monde, ce que l’on a nommé la pensée, le Un, le Bien, etc) ; du fait de la profusion de mondes, de peuples, de cultures, en une localisation restreinte mais aussi en tant que ramenant au fur et à mesure toutes les influences, de l’orient à l’Afrique, de l’Egypte, et ainsi de suite,

ramenant donc il surgit une autre structure ou la même structure mais en tant que prenant conscience de son activisme de conscience ; on n’intentionnalise plus un monde, on Sait que l’on intentionnalise, ce qui change tout, et les grecs sont éberlués de comprendre qu’il est possible de programmer ou mieux de pré-programmer la représentation et cette fois donc cette représentation se nommera « pensée » (la pensée est la pré-disposition qui s’en prend à la représentation qui auparavant était « seulement » partagée entre tous dans tel ou tel monde particulier) et se développe une discipline spécifique qui a à charge d’étudier cet activisme, de transformer la spontanéité précédente en volonté explicite (ce que de tous temps, par la suite, on regrettera fort ; qu’il faille produire des représentations volontairement et non plus suivre une spontanéité ancienne manière).

Mais de même l’esthétique, l’éthique, la politique, l’idéel (la connaissance objective), l’humanisation et une partie de personnalisation (bien que non au même sens d’individualité qui viendra ensuite) se développent en et pour eux-mêmes (séparément de la religion du groupe, de la parole partagée, du monde donné immédiat, au sens de immédiatement perçu-parlé-échangé-imaginé ensemble dans le Même groupe). Ainsi il est une dimension totale et non pas seulement philosophique (qui est toute à son objet, à sa question ; qu’est-ce qui se passe ? qu’est-ce qui investi à ce point, à ce degré de distinction, l’espèce humaine ? pourquoi, au lieu de parler, entre soi, pense-t-on ?).

Ce faisant il faut comprendre la pensée non comme attachée à son objet, mais comme déploiement et invention de quantité d’intentionnalisations qui vont se créer en plus, en plus de tout monde humain, de tout langage, de tout détermination ; autrement dit lorsque la philosophie installe l’être, cette drôle d’idée absolue, sans doute aucun elle veut circonscrire la totalité de ce qui est, en une fois accessible en une seule pensée, susceptible d’être dépliée et absolument claire et donc intégralement présente ; ce qui veut dire, en sous main, que l’être est intégralement « là », il n’y a pas de double monde, et il faut être grec pour aimer le monde à ce point ultime, ça n’est pas rien, c’est tout, tout le désir élevé au-delà de lui-même pour le monde et la vie, l’apparence et la beauté accouplée à la vérité totale, et que si l’être est intégralement « là », et qu’il soit donc susceptible d’être pensé (puisque si il manque un élément on ne peut pas penser adéquatement le donné), si il est intégralement « là », c’est que l’être est parfait, absolument réalisé et totalement accessible à la pensée de l’homme.

Cet idéal est et demeure, mais entretemps on s’est aperçu que la pensée n’est pas, bien qu’étant le seul moyen adéquat de tout déploiement de l’intentionnalisation, n’est pas l’origine ; l’origine est le dit « sujet » désigné cartésien, puisque Descartes est celui qui eut l’intuition de la structure précédant la pensée, engageant plus tard Kant, Hegel (et Fichte, qu’il ne faut surtout pas oublier), Husserl et ce jusque Lacan. Découvrir la structure qui antérieurement à la pensée permet qu’il y ait pensée, intentionnalisation, et donc invention d’intentionnalisations nouvelles, autres, qui se distinguent en elles-mêmes, comme intentionnalisations (recollection que mènera formidablement Hegel), et outre cette distinctivité de l’intentionnalisation qui crée dans et au-delà du langage, se produisent des différenciations (dans le monde et la réalité et l’humanisation).

L’ensemble de l’acculturation qui en résulte manifeste dans le donné, non plus qu’il se produise un monde humain particulier (cad qui apparait particulier au regard du monde donné « là », unique et universel depuis la méditerranée), mais qu’il s’y actualise une articulation.

L’articulation en question fut d’abord entreprise très haut, de la pensée, de dieu (qui, rappelons, étant le Un tout-Autre interrompt absolument, cad formellement, la réalité, le monde et nous libère de ce poids du monde), très élevée donc mais qui s’est propagée jusqu’au plus près ; à savoir jusqu’au corps même et ce depuis que l’humanisation (qui fut fondée dans et par l’universel) s’est transmuée en personnalisation (on n’imagine pas qu’il y ait humanisation universelle sans qu’elle se poursuive par une personnalisation, extrêmement gaspilleuse mais qui aurait dû se réguler, s’auto réguler, puisque c’est le principe même de la démocratisation personnalisée, on a obtenu par contre la consommation personnalisée, pour faire court).

L’articulation qui s’est imposée comme principe, comme logique du monde prit, il est vrai, une expression fixée ; dieu, la pensée, le sujet, l’universel, l’humanisation, la raison, la naturalité, le moi humain et la « nature humaine » ; mais usant de ces fixités, elle les a déplacés et  qui plus est, l’articulation les a inventé et nommé afin de les déplacer.  Ce qui ne répudie absolument pas dieu, la pensée, le sujet, l‘universel, etc ; l’articulation les a créés, ça n’est pas pour rien. Mais l’articulation n’est pas « dans » ces signifiés ; par ex le christique (ce que l’on connait le mieux) intime l’ordre ici et maintenant de basculer ; ce qui bascule c’est l’arc, l’articulation que chacun existe, par laquelle la conversion est libération (des intérêts du monde qui séparent les individus et alimentent la ligne de mort du monde, doublement par la mort, réelle, physiologique et violente, horrible, de tous contre tous) et renaissance ; puisqu’au principe du christique il est outre le retournement du monde, grec, le renouvellement de notre attention à exister (ce dont toute notre acculturation relancera mille fois).

Bref. L’articulation est ce qui vient à apparaitre et comme elle ne le peut pas, elle va s’attacher à analyser et remonter l’intentionnel ; l’intentionnel de l’articulation qu’elle est, et ce mouvement antérieur est possible puisque ça n’est pas un « être » ce qu’elle est, mais c’est un mouvement ; qui dit mouvement dit point de départ et point d’arrivée, distincts et dans cette distinction absolue (parce que formelle) s’introduit précisément la possibilité de l’intentionnel ; qui ne perçoit donc pas un autre être mais le même être étant entendu que cet être est déjà autre structurellement.

Si cette articulation est autre constitutivement (non pas un être qui serait séparé ensuite, mais une séparation qui se déplace comme mouvement et engendre des effets entretemps), elle peut percevoir structurellement son activisme propre, sa propre confrontation (que ce qui n’existe que dans l’arc de conscience puisse ne pas saisir qu’elle soit un arc … serait plutôt curieux, à moins de nier que la conscience soit un arc, cad une conscience de soi comme conscience, ce qui est absurde et alors dans cette absurdité remplacer cet-être de conscience par ce que l’on voudra ; le langage, la société, la physiologie, ce uqi n’expliquerait rien, seulement les causes mondaines d’un être qui tient au rapport qu’il existe avec lui-même). Qu’elle puisse percevoir cet activisme c’est ce qui des grecs à Sartre (et a contrario Lacan) s’est passé, via St Augustin, Descartes, Nietzsche, etc. L’accès, l’excès de la « conscience occidentale » ou européenne ou comme le dit ici méditerranéenne est cet intuitionnel structurel.  La suréminence de l’arc sur ses contenus.

Et lorsque la raison, naturaliste et réaliste, l’humanisme et le moi, croient être en mesure de ramener cet arc (qui se situe sur le Bord du monde) à telle ou telle partie du monde non seulement c’est peine perdue mais cela risque fort d’étouffer l’activisme lui-même et de nous enfoncer dans une historicité fixée, figée, gelée ; qui se contente de se prendre pour la raison, l’objectivisme, le donné là prétendument « naturelle » et de même de délaisser les mois, comme si ils n’étaient que des corps-langage, des subjectivités, du subjectivisme, alors que la philosophie montre, absolument, que ce qu’elle désigne dans le réel est précisément une structure hyper objective.

Cette dimension permet, enfin (après tous les reniements de soi de notre historicité), de considérer objectivement (ou hyper objectivement) l’ensemble des explorations, des avancées, des aventures, des excès, des orientations et désorientations (qui n’ont plus aucune raison de s’enfermer ; le rationalisme ou l’humanisme peuvent refouler les désorientations, les psychologiser, mais si notre être n’est absolument le conscient mais l’arc de conscience les désorientations seront encore plus essentielles et pour tout dire fondatrices autant que les orientations, qui en apparence flatte notre ego mais qui en fait s’imposent comme hyper exigeantes ; dieu, le christique, le sujet, l’altérité de Nietzsche et Heidegger, le démontage de Sartre et Lacan exigent un tel investissement et une telle rigueur qu’il suffit de se cacher les yeux.

Il faut prendre au sérieux Rimbaud ou Artaud, Kafka ou Nietzsche et manifester à nouveau l’entièreté et la difficulté extrême, rigoureuse de leurs explorations. On existe dans le réel et c’est le réel qui avance, et rien, absolument rien ne s’effectue, dans la rigueur de ces consciences, au hasard.

Pas plus que la gigantomachie de Led Zeppelin, qui nous manifeste les densités architectoniques, le tellurique, les sons originels ; la structure est absolument et formellement précise et s’avance jusque là. Toute densité suffisante (cad œuvrée, éprouvée, dans le corps même) possède sa réelle raison, sa  causalité structurelle, qui apparait au jour lorsque tel ou tel arc de conscience est possédé de son articulation.  

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Le singulier pur et brut

8 Décembre 2016, 18:36pm

Publié par pascal doyelle

Si tout moi, ce qui veut dire tout être humain ayant été assigné (par l’historicité) à cette forme d’existence dite de la personnalisation (qui fait suite et prend la suite de l’humanisation réalisée par la, les révolutions ; il n’y en a eu qu’une seule, de révolution), si tout moi se doit à un sujet, et que celui-ci est invisible, n’apparait pas, jamais, est hors champ, alors on se doit à l’invisible. C’est comme ça.

On peut nommer comme on veut l’invisible (dieu, la pensée, la détermination naturelle, la Volonté, l’Etre, l’ICS, etc ou bien « moi » ou « la nation » ou Rimbaud ou qui l’on voudra), toutes les dénominations fonctionneront comme signes de l’invisible, qui est tout sauf mystérieux (bien que l’on ne sache pas « où » elle va), l’invisible étant la structure, la structure de la conscience, qu’il faut comprendre au plus près, c’est-à-dire comme structure de l’attention, du faisceau de conscience. Ou si l’on veut ; toute conscience est conscience de quelque chose, certes, mais peu importe parce qu’au vrai elle est conscience de « rien », de la forme même, sans contenu attaché.

Si l’on dit ; en fait on est conscience de « rien », alors que visiblement on est un moi, un être humain, au 21éme, d’un corps et d’une intersubjectivité, etc, cela parait absurde ; on n’est pas « rien », on est tout cela. Mais du point d’invisibilité, ça n’est pas que tout cela que l’on est soit sans importance, la question est ; qu’est-ce que l’on en fait, de tout cela que l’on est ?

Il est ainsi un Point, invisible, le seul en vérité en lequel on voudrait exister, et bien que l’on soit « tout cela » ; c’est le point dont on tombe amoureux par ex. ou soudainement on se dit « houlà, Kant avait raison verticalement et dans, presque, tous les sens ». C’est ce point là, une écoute réitérée de Lad Zep, par ex, c’est de ce point là que l’on se tient. Parce que l’on en fait quelque chose, on l’agit, ou il nous agit, puisqu’alors étant invisible on ne peut pas le manipuler, comme une attention d’objet ou d’un contenu ou d’une représentation ou d’une détermination) ; c’est lui, le point Autre, qui nous travaille (et comme il est non visible et tel un point, il n’est pas lui-même déterminé, par contrôlé par qui ou quoi que ce soit ; c’est parce qu’il n’est pas dans le monde, que par lui, nous sommes, en retour ou en re-tour (nouveau tour), libres. Ce qui est très compliqué, pour tout le monde, pour chacun ; mais la structure du libre brut n’est pas simple, sinon elle n’aurait pas grand intérêt, mais surtout elle n’aurait pas de raison d’être.

Il existe une structure de libre brut parce que le réel est le présent et que le présent est en cours et que l’on ne sait pas où il va (ni lui du reste ; de la seule constatation le présent est une machinerie gigantesque et profonde, un décalage absolu, cad formel, qui produit, pour nous en tout cas et autant que l’on sache, des arcs de conscience-en-un corps vivant, et on se dit que si arc de conscience il y a c’est en tant que relève du présent ; sans doute ailleurs, dans la ou les réalités, les univers peut-être, existe-t-il d’autres sortes de « conscience », de rapport à soi comme rapport, ayant su se débrouiller un  peu mieux que nous ; arc de conscience, rapport à (soi) comme rapport, est donc une structure dont on ne voit pas comment l’éviter ; une chose est son identité, une conscience est le rapport qu’elle existe avec elle-même comme conscience, cad comme rapport, non identique, ce qui tombe bien parce que le réel, étant le présent, est lui-même non identique).  

Ce qui est bien pratique, comme principe (que l’on se tienne d’un point Autre, non visible et qui ne le sera jamais, autant que l’on sache), parce qu’alors on peut appeler à nouveau toutes les explorations et non plus se contenter du rationalisme, qui voudrait que le donné seul explique tout le donné et qu’il n’y ait rien d’autre, de sorte que tout intervalle, ontologique, soit immédiatement comblé par la raison, l’objectivité, la détermination (ou par le moi, le désir, son, ses objets, et tous les trucs qu’on veut nous vendre ou dont on pense nous convaincre ; rien ne peut combler le hiatus, cad chaque arc de conscience, et la philosophie ne remplit pas le trou, elle a passé son temps à augmenter la rupture ontologique ; plus vous entretenez du Un, quel qu’il soit, plus il se creuse ; aucune formulation n’a pu résoudre la conscience philosophique, parce qu’elle est « la discipline qui se charge de montrer, désigner le décalage ontologique » qui a pris l’humain, depuis la méditerranée ; la philosophie tourne autour du décalage et provoque en son lecteur, etc, le décalage lui-même et non son remplissement).

Or il s’avère donc que le donné, précisément, n’est pas du tout immanent, n’st pas un donné, et qu’il est même transcendant et non pas transcendant au sens où « pour nous » il serait autre (c’est évident, les choses sont à l’extérieur et on ne les connait que difficilement et encore selon notre approche) mais au sens où pour lui-même le donné est absolument, cad formellement, séparé, disrupté, scindé ; que la scission est l’articulation même du réel et que dans cette scission il est des réalités. C’est en ceci que la réalité est autre pour elle-même et c’est pour cette raison qu’il est un présent. Et si il est un présent alors n’existe, à proprement parler, que le présent.

Ajoutons que le présent alors se dresse comme étant lui-même une dimension, ou donc la Dimension, unique, valable partout et pour tout et tous. Le statut du présent est l’interrogation maximale en ce monde, pour nous (on ne sait pas si quelqu’un nous regarde par le voile du présent).  

De même que le christ ou dieu ou quoi que ce soit, introduisent mais aussi témoignent d’une interruption, ontologique (dont les fonctions religieuses de conscience entendent donner une interprétation ou compréhension, aucune raison de bannir quelque pensée que ce soit, et qui donnant une expression à ce décalage et comme il est hors de proportion, in-visible, ces pensées activent et déploient ce creusement du donné), de même le pensée, grecque, intercalant l’être du donné en plus du donné, remonte plus loin, hors du monde (dans ce qui conditionne le monde ou qui conditionne qu’il y ait pensée) ou de même que Descartes, Kant, Hegel, Husserl, jusque Lacan, découpent absolument, cad formellement, notre exister tel qu’objectivement il est réellement décalage ontologique par rapport à tout monde, donné, détermination,, vécu, corps, etc.

Autrement dit il est un donné là, mais aussi un « là » du donné. Et comme la critique, fort justifiée, du rationalisme  consistait à annuler qu’il y ait un autre monde, un arrière monde, cette critique tombe d’elle-même en ceci que ce qui est en plus n’est pas un double du monde, du donné, mais est le Bord même du monde, le Bord du même monde, pour ainsi dire. Si l’on remplace cette disposition (du monde et du Bord du monde) par l’hypothèse que ce Bord est lui-même Dieu … (ce qui n’est pas retenu du tout ici, puisque l’on se borne à la constatabilité), on en viendrait à l’impératif ; dieu est le Bord du monde. Ce qui, entre nous, jette un éclair bien singulier sur la description du christique (ce que ‘on connait le mieux, nous est le plus proche, mais qui peut être ramené à Jehova, Allah ou Bouddha ou qui l’on voudra, selon les modulations spécifiques). Parce que le christique nous a bien prévenu ; méfiez-vous, dieu est déjà là, et le jugement est en cours ; ou encore ; dieu délivre, libère du donné, du monde, vous vole votre vie mondaine mais vous insuffle l’autre point hors champ qui vous amène libéré de la naissance et mort. Il faut admettre cela, dont nous sommes tous nés, puisque le « moi » intègre précisément qu’il y ait un tel point-autre (dont il donne, pour lui-même, telle ou telle interprétation et surtout tel ou tel altérité ; je suis Pierre Dupond, on voit qui est Pierre Dupond mais qui est « je » ?)

Autrement dit il était absolu que l’intervention ici même du divin intercale dans le donné, le vécu, le corps, le monde et les êtres humains, la dimension ontologique, antérieure ; le processus de modification de la réalité par le réel. Ou si l’on préfère l’interprétation selon la constatabilité ; le christique (ou autre, toute religion, intervention de la dimension) manifeste, révèle, « pour nous », l’interruption du donné, du vécu, du corps ; c’est le moyen qui fut trouvé, par le mécanisme de conscience, pour introduire l’interruption par le mode conscient, forcément, de ce qui outrepasse le conscient ; la forme étant plus grande que les contenus ; puisqu’il est clair qu’étant constitutivement réflexif, notre être pour activer la dimension, purement structurelle, doit la représenter, bien qu’elle ne soit pas de l’ordre de la représentation (et que donc elle utilise la représentation pour se signifier, se désigner, se positionner, positionner le réel dans la réalité et non pas se satisfaire des réalités donnés, pour élaborer sa réflexivité et non pas se contenter des contenus).

Pour laisser apparaitre sa réflexivité, la constitution réflexive de son être, il lui fallait (se) penser ; raison d’être de la philosophie et raison d’être de la sur-activité qui se dénomme esthétique, éthique, politique, humanisation, personnalisation et acculturation de la nouvelle anthropologisation de la méditerranée ; son être qui de ce fait n’est plus un être, un donné déterminé, mais la suréminence de la structure sur, par-dessus toute détermination, tout contenu ; il faut bien qu’une structure non déterminée produise des contenus déterminés, sinon le « système conscient » serait d’une telle lourdeur qu’il serait impraticable et que de fait il existe précisément une structure conscience afin de légèreté et de souplesse ; le système d’un contenu régulant le donné, c’est celui des gènes et du vivant en général, non celui de l’arc de conscience, qui fut inventé, par le monde, le donné, la nature, afin de n’être pas naturel justement et de méta réguler, le « méta » étant précisément ce dont l’identification cause problème, oblige à penser, réflexivement ; seule la réflexivité, la pensée, la méta représentation, celle qui passe en plus du langage, qui adopte une élaboration en plus des contenus, peut rendre compte de cet-être, cet arc de conscience, qui est en lui-même et constitutivement réflexif. Mais esthétiques, éthiques, politiques, idéels (connaissances hors philo) suscitent en l’opérateur, le lecteur l’arc adéquat de conscience ; ces domaines réalisent le calibrage pointu de l’attention, son re-tour, à chaque fois (puisque l’arc et la réflexivité ne produisent pas seulement et d’abord l’universel mais le singulier, chaque arc capable, apte à intégrer la difficulté ; la difficulté du re-tour, des re-tours qu’opèrent chaque œuvre, politique, éthique, etc, qui ne se constituent pas sans effort, comme on a pu le comprendre immédiatement lorsque l’universel, l’universalisation oblige à un décentrement de son égoïsme, mais opération qui avance bien plus loin que le décentrement universel ; la philosophie nantie seulement de l’universel, n’a jamais pu comprendre ce que l’esthétique, le poétique signifie, ce dont il lance le signe, le singulier, qui ne supposent pas uniquement l’universalité mais la singularité de chaque arc. Etant entendu que le singulier se prolonge pas lui-même de sa propre soif d’exister, si il ne se soumet pas à l’universel ; l’universel (qui fut l‘horizon jusqu’à la révolution, l’Etat universel, la Loi, la science, etc) est le prélude, la prédisposition de la singularité (croire en une « immédiateté » c’est croire en ceci ou cela et non pas agir par la structure).

Un par un.

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L’extrémité de l’exister

3 Décembre 2016, 10:06am

Publié par pascal doyelle

 

L’idée fondamentale, pour un moi, un être humain ayant admis l’universalisation puis la personnalisation (ce qui est le cas de quasiment tout le monde au 21éme), est que le moi est seulement un moyen ; on reçoit le moi que l’on est, en héritage ou en bricolage (du passé, du corps, et de la famille, du langage, etc, et en bricolage au sens où l’on a essayé d’en réunir, synthétiser plus ou moins les divers éléments, d’en produire un sens, lequel sens est toujours plus ou moins manipulé par l’héritage) ; mais on reçoit aussi l’arc de conscience que l’on existe dans toute sa dureté ; que ce qui se décidera durant le laps de temps, cette vie de la naissance à la mort, sera ce qu’il faut décider. On abolit le moi, on place le sujet, impossible. Etant entendu que le moi attend toujours une satisfaction, et le sujet non. Aucune. Aucune qui soit à la mesure de sa tension, de son arc-boutement.

C’est ce que délimite Kant, partout, dans toutes les Critiques, et c’est ce que poursuivront Husserl, He et Ni, Sartre et Lacan. La structure du dit « sujet » ; lequel n’est pas relatif à la connaissance, mais outrepasse ; on ne le définit pas, jamais comme un objet ; raison pour laquelle la philosophie depuis le début oblige le lecteur à passer par-dessus une limite dont on n’a pas le fin mot ; on n’a pas le fin mot parce que c’est effectivement ce qui a lieu. Ici et maintenant. Pour chacun. D’une part. Mais aussi d’autre part dans le réel, en tant que le réel est le présent et que le présent est en cours, comme chacun sait.

Kant décrit donc toute la structure du sujet ; comprenons de l’arc de conscience, qui est dit « sujet » en ceci que l’on n’a jamais vu de « conscience » sans un sujet, un corps, délimité par la surface de sa peau (comme quoi une-conscience est un-corps, vivant, non livré à l’extériorité, comme le serait un robot ou même un androïde ; qui ne sont que des pièces assemblées ; qu’il faille un vivant veut dire que le vivant est le mystère qui en engendre un autre ; selon la logique du toujours plus).

Kant ne limite pas la conscience que l’on est, mais la connaissance que l’on a ; la connaissance en tant que normée par la raison ; ce qui connu au-delà de la raison (relative au monde, à la finitude, au donné, intuition, etc) est le Criticisme ; soit donc une doctrine, une pensée, une réflexivité ; qui utilise la raison ; mais dont la véridicité est à la base et au plus haut la constatation ; il revient à chacun d’éprouver en quoi tel ou tel énoncé-description est vraie d’une part (cohérent) et réel d’autre part ; perçu.

L’extension de la perception est la construction de la perception, l’élaboration de l’internationalisation, l’archi-architecture du sujet.

On peut définir le sujet comme un objet ou comme telle ou telle représentation, ou signifiant (la Volonté, l’énergie, la matière, etc) ; mais dans tous les cas, tous les cas, ce sera une réduction. En ceci que la définition kantienne ou husserlienne ou sartrienne du sujet est blanche, neutre, vide, formelle  ne remplissent pas notre être, cad cette structure de conscience, par quoi que ce soit ; le sujet est une fonction, sauf qu’il est La fonction même. Toute attitude qui autorise l’inscription de cette fonction comme telle ou telle est une figuration ; toute pensée qui s’attache à élaborer et épaissir cette fonction est une configuration.

Elle configure le mécanisme préalablement à son emploi. Comme on n’a aucune comparaison, point de repère, repérage possible (nous situant sur le Bord) ces élaborations sont extrêmement variables ; mais c’est aussi que l’on s’attache à l’origine, à ce qui origine toutes les autres internationalisations, ce qui veut dire pour l’être humain, toutes ses intentions, images, désirs, volontés, et que l’on ne peut pas user de déterminations mais seulement désigner par des signifiants la structure et ses déplacements ; on dira « sujet » pour nommer la fonction (qui chez Kant comme chez Descartes signe aussi bien la fonction de sujet que l’existence d’un sujet) ; ce qui  sera de la sorte compris par les consciences, puisqu’elles devront établir dans leur tension au réel  ce dont il est question, l’arc ; soit donc enclencher leur propre circuit de conscience dans le réel.

La philosophie, étant la discipline qui se charge de saisir ce qui est arrivé à l’humain lorsque l’on a abandonné la logique des mondes particuliers et procédé à la nouvelle anthropologisation, permet ainsi d’avancer dans la rupture de la réalité qui eut lieu ; soit donc l’instanciation dans la réalité de la dimension du réel, du présent pur et simple et brut ; via cette structure inventée par le donné, par le réel, l’arc de conscience arcbouté au réel. En quoi le présent est l’exister originel, celui qui engendre, constamment, la, les réalités.

Paramétrer la conscience que l’on prend de la réalité et du réel, ne s’effectue que d’en passer par une autre conscience certes, mais aussi on n’y atteint pas sans être soi-même décentré, voire désaxé. En passer par une autre conscience ne s’effectue que si l’on a soi-même arcbouté sa tension, son attention autrement. En décalage, et puisqu’il n’est qu’une seule sorte de conscience, il n’existe qu’un seul décalage ; identique pour toutes, mais qui passe outre n’importe quelle inscription déterminée (ce qui lui permet de s’inscrire comme dieu, pensée, sujet, altérité, existentielle par ex, mais aussi ce qui lui permît d’investir les absolus des mondes antérieurs ; sa consistance n’est pas de ceci ou de n’importe quel cela, mais dans l’arc réflexe qui se crée, en rappel, en re-tour de lui-même ; le re-tour étant à la fois un retour et un nouveau tour, en plus, la constance du tour en plus).

Ce que l’on a pris habituellement pour le décentrement de l’universel. On ne se préoccupe plus, prétendument, de « soi » mais de l’universel, l’être humain, l’humanisme, la culture, la sublimation. En réalité c’est beaucoup, beaucoup plus profond que cela. On en obtient l’idée en se remémorant l’expérience existentielle, qui bouleverse celui qui en est saisi. Le décentrement en question est ontologique ; c’est ce qui est arrivé aux existentiels, toutes sortes d’existentiels, différentes versions. Et on peut étendre l’existentiel ; une expérience jadis mystique se donne au 20éme comme expérience de l’absurde. On nomme cela extases. Et il en existe diverses variations parce que ce qui s’expérimente n’est pas de ce monde ; comme on ne tient pas particulièrement à supposer un autre monde, ou un autre niveau de réalité, on dira ici que ce qui n’est pas de ce monde c’est le Bord. Le Bord du monde.

La mise en forme qu’opère Kant est réellement une forme, un contour, une délimitation ; la délimitation de l’acte de conscience dans un monde ; il trace les frontières ; et ça n’est en aucune manière afin de montrer nos limites, mais de mettre en lumière notre activité ; si l’on s’en tient à la précompréhension qui imagine notre être comme une chose, un objet ou un contenu, un concept, on ne saisira rien, et la métaphysique est ce qui n’a pas eu lieu ; qui a utilisé ces concepts pour remonter le plus loin possible dans l’intentionnalisation ; soit donc la raison comme pensée et la pensée comme variations intentionnalisatrices qui distinguent les possibilités jusqu’aux différenciations du monde.

User de Kant pour ramener  l’arc dans le monde est une absurdité ; Kant a réellement trouvé le joint, de la réalité et du réel, poursuivant Descartes. Et tous les remplissages qui se peuvent ne font, contre leur gré parfois, qu’approfondir la rupture ontologique qu’existe toute la réalité par et dans l’acte Réel, qu’est le Réel (les idéalistes allemands veulent combler la structure rendue ouverte mais leur élaboration formidable interfère et crée encore plus de tension interne dans l’externe réel ; ce qui donne des hyper contenus mais tellement « hyper » qu’ils sont instantanément retournés en eux-mêmes). C’est la volonté de ne pas déchoir de la position Unique, entièrement externe et sans intériorité (parce qu’il existe mieux, beaucoup mieux que l’intériorité, et qu’en vérité toute création s’effectue de créer le Point qui expulse toute conscience hors de soi, de tout soi, parce qu’il existe mieux que le « soi », mais ça n’a pas de nom, ça n’en aura jamais).

Le champ de l’arc de conscience est tenu par Kant au plus haut, mais le fait est que la tension de conscience est étagée tout du long ; par quoi on voit que Kant s’origine encore à imaginer la conscience comme une élévation supra, tandis que par Sartre et Lacan notre structure s’agite dans les plus petits recoins ; notons bien ou rappelons que la « conscience » n’est pas monolithique ; elle ne désigne pas un « moi », le moi est l’effet (le premier et le massif, puisque l’humanisation est fondée par-dessus et c’est pour cela que nous-mêmes ayant acquis l’universel, nous nous rendons compte que l’on ne peut pas contraindre le moi par l’universel et que dans l’universel imposé historiquement, via la révolution, a vu se déployer le monde des mois, le cadre universel servant à décupler les possibilités de chacun ; de « tout ce qui n’est pas autorisé est interdit » à « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé » ; au point que nantis de l’universel, et anéantis tout court, les mois oublient même aisément qu’ils doivent de vivre au cadre universel qui seul les maintient (hors duquel ils sombrent dans le subjectivisme et la barbarie, individuellement et collectivement) ; ce qui ne veut pas dire que le moi n’ait pour tout horizon que celui de l’universel, mais que l’universel est la condition, absolue, cad formelle, de tout progression ; et que la personnalisation est en fait l’horizon de l’universalisation, de l’humanisation),

La « conscience » donc est non une identité mais une structure (dont cependant on dit ; chacun la « sienne », étant entendu qu’alors il faut comprendre que bien plutôt moi lui appartient, que mon sujet est avant mon moi ; bien que de cette structure on n’en perçoit jamais rien, et qu’il faille élaborer la pensée de cette structure ; ce qui fut fait, ce qui fut poursuivi, ajusté, précisé par la philosophie depuis Descartes, mais on peut tout autant reprendre les grecs ou la théologie ; la trinité est-elle ou non le calibrage de l’acte de conscience, et ce strictement parlant depuis Saint Augustin ?).

La dite structure est non pas un être mais un exister ; elle n’existe qu’ici et maintenant, l’ici et maintenant de chacun (puisque personne n’existe en dehors du présent…, en fait rien n’existe en dehors du présent, non pas le Présent en général mais chaque présent qui témoigne, si l’on peut dire, seul de lui-même, puisqu’il n’existe que lui). L’arc de conscience s’active là-au-devant ; il disparait aussi rapidement qu’il est apparu, mais au sens de se maintenir en continuité comme forme, comme tension qui sort de la cervelle vers le donné ; cet arc structure la cervelle, par son point d’attirance situé, positionné dans le donné là (via le corps, mais peu importe ici).

C’est cet exister que signifie, désigne, montre du doigt Kant, à la suite de Descartes, puisque c’est la structure antérieure à toute pensée qui remonte vers l’attention qu’on lui porte ; Descartes expose son altérité transformant notre être en cet-être posé « là » sur l’étendue du monde, étant manifeste qu’alors fait problème cette « étendue » ; si l’étendue est l’être, la verticalité (de structure, aussi bien du sujet que du présent) est l’exister ; et c’est ce point-là de présent originel qui juge et décrit toute sa structure de conscience ; l’arc de conscience est Autre, il peut donc s’observer de son altérité, parce qu’il est autre constamment, autre que tout, autre que toute détermination ; étant autre que toute détermination il est la dimension Autre Unique constante.

Si l’étendue est l’être, Leibniz et Spinoza prennent problème de cette bizarrerie ; et réintroduisent à nouveau que cela soit pensable, cad soit « de la pensée », mais Kant ne l’entend absolument ainsi ; ça n’est pas de la pensée ; Kant dresse intégralement l’altérité de la structure hors champ, et c’est cet hors champ que de Husserl à Lacan on va exploré (en s’y investissant, cad en chacune des consciences parvenant à se dé-centrer et à se rendre Autre que soi-même) ; mais Hegel bien qu’il nous définisse la pensée comme esprit, c’est en tant que sujet ; il « prend conscience », ce qui veut dire s’éjecte hors de l’esprit (puisqu’il le manifeste en externe) ; l’objectivité structurelle qui établit l’ensemble des actes de conscience active ; rien ne peut demeurer en intériorité pour la conscience, tout est éjecté dans le Dehors.  

Que l’étendue soit l’être et que la structure (de conscience puis de présent) soit l’exister, cela veut dire que jamais le discours ne fut seulement du monde ; même grec il signait la verticalité, cad la transcendance qui origine ce monde ; qu’il n’y ait d’immanence que dans la transcendance c’est parce qu’elle est non seulement première mais unique : tout déploiement du monde, de la détermination s’effectue dans et par le brutal creusement ontologique unique, tout est intégralement en mouvement, y compris le Un qui est formel, présent et conscience arcboutée au présent ; on n’y aborde pas sans être soi-même transporté. 

Et le transport s’effectue quoi que l’on fasse et quelque figuration que l’on prenne ; on est hors champ. C’est ce hors champ, hors de tout champ, qui vient à paraitre en philosophie (ou ce que Lacan détoure via son inverse, dont il possède une vue particulièrement précise, par Heidegger mais surtout, structurellement, par Sartre, « celui qu’il ne nomme pas »).  Ce point hors champ est celui que l’on ne peut atteindre, mais c’est parce que c’est celui par lequel les quelques réalités apparaissent et par lequel parait, invisible, le point réel. Il est clair que le point réel ne surgit pas dans les mots, les signes, n’est pas visible dans le monde, mais est vu exclusivement par l’arc de conscience ; autrement dit celui-ci dispose d’une perception Autre. D’une perception qui perçoit le rien, le rien formel, non déterminé.

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