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instants philosophie

La brutalité native, la subtilité promise 

25 Février 2017, 09:44am

Publié par pascal doyelle


Notre être n’est pas un être, une réalité déterminée, qui serait objectivement découpable objectivement. Ni un Etre, une réalité déterminée qui se tiendrait d’une unité forte et monolithique selon l’esprit, la pensée, l’universel. 
Mais notre être est un Exister, une forme sans rien, minuscule mais extrêmement souple, et étant vide et indéterminée capable de jouer de toutes les déterminations. L’arc de conscience qui se fixe sur le donné là, et qui situe ce donné selon le « là », le « là » de tous les donnés, et qui doit être dénommé comme Réel. 
Cette forme donc, cette structure est articulée à une autre forme, vide et sans rien, dont on ne cherchera plus la substantielle universalité dans la pensée ou la raison ou dieu ou le moi, mais qui est et n’est, cette forme réelle, que le présent brut et uniforme (puisqu’indéterminé).
Mais il ne faut absolument pas se contenter de désigner comme « indéterminés » le présent et l’arc de conscience (l’arc étant arcbouté sur le présent, inclus dans cette paroi partout actante). Indéterminé parait une notation purement négative ; dans les faits, réels, ces indéterminités sont d’une part l’exister et d’autre part l’arc de conscience, considérés tels quels, comme des structures effectivement réelles.  A savoir, comme on verra, que la logique formelle du réel et de l’arc et ce depuis le début est en elle-même la logique de l’impossibilité. 
Cette indétermination reçoit formellement son « identité » spécifique, très spécifique ; à savoir que le présent est l’exister (duquel se déverse l’être, le donné sans le « là », pour ainsi dire), et que l’arc de conscience est cet-être spécifique qui se définit comme « celui qui a rapport à soi », à soi en tant que non pas telle ou telle identité déterminée (un moi, l’humain, la pensée, dieu, etc), mais en tant que ce rapport est le rapport lui-même ; si on existe comme un Je, une personnalité, c’est que l’on se tient d’un rapport qui se-voit, se-sait, se relie, se notifie, se pointe.  
On a pu tenter de définir une unification universelle de la réalité (qu’elle soit universalisation de et par la pensée des immédiatetés ou qu’elle soit imaginé ou intentionnalisé comme Dieu synthétisant tout ce qui est et y compris notre être comme l’appelant). Hormis la pensée et dieu toute autre représentation est glissante ; elle prend une partie de la réalité pour faire-croire que cette partie est toute la réalité ou est le réel même, mais dans tous les cas ces parties déterminées n’effectuent pas ce que la pensée et dieu rendent réels ; à savoir le possible (puisque de telle partie la réalité est toue entière déterminée et le réel figé). Ce que l’on doit comprendre c’est que si l’on a instancié dieu ou la pensée (l’être), ça n’est pas un hasard mais des effecteurs ; effecteurs qui bien concrètement eurent quantité de résultats, d’effets ; par ex postuler que le sujet existe signifie qu’il est à lui-même libre et susceptible de droits, qui se confèrent strictement et structurellement à chacun ; que le réel soit l’être veut dire que l’on ne peut pas supposer ou imaginer n’importe quoi ; le réel est autre que notre pensée et celle-ci doit s’y adapter. Etc. 
Dieu et l’Etre ont condensé ce qui ensuite s’est déplié.
On a voulu non pas coller une partie du monde dans la pensée, mais définir la pensée pour elle-même et même délimiter dieu par la définition, mais tout ceci, bien qu’ayant échoué, fut une opération non finie ; au sens où les principes-idées de l’Etre et/ou de Dieu s’utilisèrent afin d’avancer dans la réalité, de l’organiser et d’abord de la percevoir dans ses plis et replis, à partir de deux suppositions ; l’une de la variation intentionnalisatrice, la pensée, l’autre de l’intensification de l’acte de conscience de « soi », le christique et le mono, renvoyant explicitement le « soi » à dieu ou au christ, 
puis la pensée et dieu renvoyant au sujet et à l’altérité (du donné « là »), à l’idée réflexive que pensée et christique s’entament d’une antériorité, d’une articulation antérieure ; soit donc que l’universel est pré-existé par une structure et que le christ (qui est exemplaire absolu vers lequel il faut se convertir par la foi) est en-nous une forme qui est-déjà-là, qui est déjà un sujet.
Ce qui peut sembler une sorte d’hérésie mais en vérité le christ ne suppose rien d‘autre ; que notre vraie « nature » est déjà actuelle, que le royaume est d’ici même ou commence ici même et qu’il est comme une superposition ontologique dans la réalité même, étant entendu que cette superposition est en fait le réel même, bien que le monde y oppose toutes ses immédiatetés et que mon corps nie lui-même cette conversion ; c’est en ceci que le déroulement historiciste est immanquable ; et parfait. Parfait puisque ce qui se réalise n’est pas de l’ordre du composé, de la détermination, mais de la forme, de la structure (qui est non déterminée). 
Et si le sujet est l’aboutissement du christique (peu importe donc que le christ ait existé ou pas, affaire de croyance, mais l’historicité est, elle, non pas une croyance mais une activité déployée, celle de toute l’histoire elle-même) parce que la forme se cherche et sait bien qu’il est question de … son corps. Le christ est le corps ; non pas seulement de l’église, (cad de l’universelle communauté de chaque conscience, soit donc l’universel en acte) mais le corps est le corps de chacun (l’universelle communauté de chaque corps, et ceci un par un et non plus seulement réunis en un-seul, celui du christ comme personne-dieu).
On comprend bien (en dehors de toute croyance)  qu’un système ontologique s’est instancié ; historiquement. Qu’il peut signifier aussi bien qu’il y ait eu le christ homme-dieu, objet d’une croyance, qu’une méta-technologie, objet de réflexivité (étant elle-même pure et quasi brute réflexivité du réel sur lui-même). 
L’intervention du méta dans l’historicité étant le mouvement même qui crée l’historicité.
De sorte qu’il faut insister ; le réel est en lui-même parfait, et la réalité qui est effectivement imparfaite est bel et bien dans son registre propre parfaite ; une réalité ne peut pas être « parfaitement selon le réel » ; cela n’aurait aucun sens. Et il est clair que la perfection du réel est tenue par et dans le Fait absolu qu’il se structure non pas « en » le présent (comme si quelque chose préludait au présent) mais par et surtout en tant que présent. 
L’historicité qui est le déploiement de la structure (conscience arcboutée au présent brut, arc qui est l’élaboration même de la brutalité du réel vers une plus grande possibilité) est brutale en ceci que la réalité est brutale, fondamentalement, de même que la structure du seul réel est d’une brutalité absolue ; ça en rigole pas du tout. Ce sont des technologies, des mécanismes et étant les mécanismes fondamentaux (il n’est rien antérieurement à l’exister et à l’arc de conscience) lorsqu’ils avancent tout avance ; le présent, la paroi de tout ce qui est (par quoi tout ce qui est, l’être, est apparu dans et par l’exister) a créé en sa surface un petit-mécanisme qui prend sur soi de perfectionner la perfection ; de re-Créer dans l’exister une structure arcboutée sur le seul réel, sur le présent. Par quoi ce petit-mécanisme tend à surmonter la brutalité initiale et fondamentale.  
Tant que l’on ne visualise pas, pour ainsi dire, la suréminence de l’arc (et du présent) aucune motion consciente ne peut y accéder. Un peu plus l’image qui en son essence est pénétrée du corps. De l’autre surface du même corps.   
Et perfection qui fût de deux suppositions abstraites, ce qui veut dire quasi structurelle ; soit donc l’obtention, dans l’historicité, d’un Point de vue maniant l’altérité comme logique dieu-le christique/la pensée-l’être). 
Le processus de la pensée, dont on a pu dire qu’elle s’égarait dans les illusions du langage (de sorte qu’il suffirait de purifier ce dernier pour obtenir les problèmes seuls véridiques), n’est pas d’une construction imbriquée, mais d’une construction investie. La construction imbriquée c’est celle qui va se stipuler de la détermination ; celle du donné (relevant d’un autre discours ; une objectivité, scientifique par ex, neurologie, linguistique ou physico-chimique, ou d’une prétention ou exigence annoncée de scientificité) ou celle de l’universel ; de l’universel en tant qu’il veut prendre les immédiatetés et les conduire dans leur formulation catégoriale, générale, leurs essences et idées, etc. on y joue une partie du monde contre l’ensemble du monde ; et jamais on ne peut clore la réalité ni le réel ; parce que « la » réalité n’est pas un tout, et que le réel n’est pas du déterminé, cad n’est pas de la réalité. C’est pour cela que sont les requis les détours ; dieu, la pensée, le sujet et l’altérité ; (le mono et le christique, les grecs et les systèmes et l’universel, Descartes-Kant-Hegel-Husserl-etc, Nietzsche-Heidegger-Sartre-Lacan). 
Pareillement si l’on croit être en mesure de définir intégralement ou fondamentalement la pensée ou l‘universel ou les mathématiques ou quelque discours, on ne peut pas ; parce que la représentation est non-close ; elle ne peut pas se clore non seulement parce que l’arc de conscience, étant antérieur à toute représentation et langage, est un seul bout et non pas de joindre-les-deux-bouts, mais aussi parce que le réel n’est absolument pas terminé ; toute la réalité est ouverte sur et par le présent. 
Ça n’est donc pas de fermer la pensée ou la raison ou l’humain ou le moi, etc, qui prévaut mais de structurer l’ouvert lui-même ; cela se voit absolument par Nietzsche (et par Descartes et Kant mais ils croient encore que ça possède un Ordre ou un Sens, tandis que Nietzsche projette, se projette sur la paroi insensée) ; structurer l’arc de conscience tel quel, comme ça, réel, sans illusion, débarrassé. Ce que reprendront Sartre et Lacan mais que voudrait aussi, dans tous ses égarements, Heidegger ; une éthique de l’arc arc-ticulé au réel même, à l’indétermination structurelle de ce qui existe (qui produit ce qui est). 
Et ça ne nous lâchera pas ; c’est antérieur à toute définition, toute concrétisation, toute représentation, langage ou pensée ou raison ou image. La fracture est interne au réel lequel est intégralement externe (il n’y a pas de réalité cachée, ou c’est réel ou pas) ; on est jeté dans la dispersion qui n’est elle-même rien d’autre que la réalité (il y a de la réalité parce qu’il y a la dispersion, l’altérité, la distinctivité, partout et en tous sens). Il n’est rien en-dehors, mais peut-être existe-t-il autre chose en avant (via le présent), mais alors ce ne sera nullement une réconciliation, une unité ; ce sera suivant la logique même de l’altérité (du réel et de la réalité qui mènent la distinctivité) ; si l’on veut l’en-avant du réel, ce par quoi le présent va-vers ce sont des « dieux ». On nomme cela ainsi faute d’autre pensée, image ; parce que l’on ignore de quoi sont capables les structures ; le réel est plus grand que lui-même, il pousse la réalité au-delà ; le réel est l’activisme du présent, de l’acte, qui tire encore plus avant les réalités ; le système, le mécanisme de « se-créer en avant » est spécifiquement l’activisme d’un tel présent.

On comprendra donc que l’antériorité qui contradictoirement apparemment est « en-avant », délimite la performance technologique (comment la nommer autrement) du présent.
C’est que l’on s’est glissé depuis la méditerranée du côté réel, prenant à rebours la réalité, quitte à user de tel ou tel système de détermination afin de contrevenir et de configurer de telle sorte cette représentation que la part du réel traverse et vienne dans le monde ; autrement dit que la puissance, la potentialité (de ce qui existe antérieurement) vienne au-devant et soit en vue ; et ceci au sens très précis que la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité soient les méta-systèmes qui augmentent la distinction, intentionnalisatrice, et la différenciation, dans le donné concret ; ce qui eut lieu. De même que tout moi a à charge de porter son propre découpage. 
Qu’il nous fallut faire effort de décider de pousser le réel dans la réalité, de basculer l’exister dans l’être, il est supposé qu’en elle-même la réalité s’intègre de l’éclair du réel pur et brut, qui cherche à préciser sa structure de la brutalité à la subtilité, en passant du présent en l’arc de conscience, qui convoque ici même la totalité de ce qui est, et se rend capable de l’altérité. L’œuvre, l’éthique ontologique, la politique, l’idéel (la connaissance, objective et théorique), mais aussi l’humanisation et la personnalisation, oh combien la personnalisation hyper active au 20éme s’informe la réalité de la puissance du réel. Et cet effort était purement et simplement logique du Un, du formel, du structurel de se-saisir lui-même ; le Un ne peut que venir de lui-même, et donc au-devant, comme présent. 
 

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La forme de notre être dans la forme du réel

18 Février 2017, 09:37am

Publié par pascal doyelle

Il n’est aucune programmation dans le présent brut, le Un de l’exister ; raison pour laquelle il est une quantité considérable de possibilités hasardeuses, de catastrophes et de morts, de (relatif) désordre, comme on verra, et que tout l’ensemble prenne l’apparence d’un non-sens voire d’une cruauté invraisemblable. Ceux qui se récrient que l’on ne peut juger de la « cruauté » du réel, c’est que soit ils n’existent pas, ce qui serait curieux, soit ils ne sont pas des arcs de conscience qui tentent malgré tout de joindre les deux bouts, ce qui est un aveuglement sur soi sidérant.

De par le fait un arc de conscience veut joindre les deux bouts, or il n’existe qu’un seul bout, qui ne se rejoindra jamais par définition (en tous cas pas « ici et maintenant » que l’on sache), et qu’il y ait un tel être de guingois est une aberration. En quoi le sens, si l’on peut dire, du réel est l’impossibilité. Il est tout entier impossibilité. Ou donc la Possibilité même.  

 
De plus haut
Il existe un mécanisme, indifférent, strictement technologique, de cette technologie inventée par le monde, le donné là, la réalité et par lequel mécanisme la réalité se soulève. 
Le dit mécanisme est l’arc de conscience tel qu’instancié selon et dans le présent. Il n’est rien d’autre que le présent au sens où tout ce qui est s’engendre du présent (non selon le système de causes habituel mais selon la causalité dite ontologique ; la forme de la réalité, le réel, contient les réalités, les effets). 
En ce présent uniforme, d’unique forme, il n’est aucune totalité ; il est une seule et unique forme puisque ce qui est formel ne comportant aucune distinction, ne s’oppose pas à lui-même ; tout ce qui existe, existe ; et l’ensemble de tout ce qui est ne forme pas Un, il n’existe aucun Tout-qui-soit-Un ; toute la surface du réel est un énorme splittage (probablement infini) qui n’aboutit pas à produire un être (un tout de déterminations), mais reste et demeure une structure ; la réalité avance d’un (relatif) désordre à plus d’organisation ; tout ce qui est détermination est déjà en soi ordonné, et parait seulement désordonné par rapport à une étape ultérieure d’ordre ; tout ce qui est, est la détermination, et étant déterminé, est déjà organisé a son niveau propre ; 
en quoi le Un, comme logique d’une forme vide et unique, est la différenciation, la distinction, soit donc la logique de l’altérité, le Un est l’altérité même (l’altérité ne signifie pas l’indistinction mais le contraire ; raison pour laquelle il est de la détermination et que toute détermination est ordonnée ; on n’imagine pas une détermination non déterminée et donc distincte ; serait-elle jugée indistincte par rapport à l’ordre supérieur) l’unité de tout ce qui est n’est pas un Tout, mais est la forme du Un, en tant (autant qu’on en puisse juger) que le Un est le présent ; le présent, autrement dit, est lui-même la machine absolue, purement formelle, qui engendre des quantités de réalités et qui en ces réalités formule ici et là des uns eux-mêmes formels ; à savoir (ici encore autant qu’on en puisse juger) des arcs de conscience. 
Arcs de conscience dont on peut (relativement, dans la limite de l’expérience) considérer qu’ils montrent la voie ; à savoir que contrairement à tout le donné un arc de conscience est ce qui a rapport à soi, en tant que ce soi est le rapport lui-même (et non telle ou telle identité, déterminations, essence, idée, pensée, représentation, humanité, etc). Une chose n’est pas le rapport à elle-même, elle est, de fait, ce-que-elle-est ; une conscience est un rapport différé à soi, et donc est un « rapport » effectif. 
Tout ce qui passe dans, via, par, pour, selon ce rapport est seulement un signe ; le langage, et puis l’esthétique, le moi, le corps, bref tout, est médié par le rapport, qui n’est en aucun de ces contenus (on ne peut en rien s’identifier au moi que l’on est ou à l’humanité ou à la nation ou à quelque détermination que ce soit). 
On suppose donc que le rapport n’est aucun de ces contenus, mais « ce qui embraie sur et par  les contenus », le rapport qui les produit, raison pour laquelle il est une lecture selon le conscient et une lecture selon le réel ; lecture seconde, pour ainsi dire à laquelle a commencé de nous habituer la science, les sciences humaines, la psychanalyse ; par ex la psychanalyse ; ce que vous pensez être, ce moi, ce conscient, est découplé d’un ensemble plus vaste et plus réel, bien que moins concerté et moins synthétique, et votre idée de vous-même est enclenchée par l’image de vous-même et cette image par la perception de ce corps, que le corps a de lui-même ; l’arc de conscience produit une surface autre du corps et c’est en cet enclenchement que tout le reste est élaboré ; en somme une surface quantique, si l’on veut ; de la perception qui se durcit en image, puis en moi, puis en conscient. Le conscient est un re-pli dans un pli plus grand, l’arc de conscience, qui est un phénomène physique, qui sort de la cervelle vers le réel, comme rapport ; en ceci l’esthétique ou le poétique (et le récit, le roman, etc) manipulent les images antérieures ; celles qui prédisposent avant la prédisposition qu’est lui-même le moi et le moi avant la prédisposition que veut être le conscient ; il n’est aucune consistance, de prédisposition en prédisposition, pour le dire, dans toutes ces déterminations, qui sont les replis dans le pli qu’est un arc de conscience, lui-même pris-dans la vague du présent.  
Mais il est faux de dire que rien n’Est ; l’exister dépose quantité de niveaux d’être, bien effectivement réels ; l’exister ne vient pas pour irréaliser la réalité ; et l’exister ne se retranche pas de l’être, l’exister est en vue du plus grand que lui-même ; il use de la détermination afin de se multiplier, et l’exister, qui est le présent (autant que l’on sache), engendre la distinctivité (et donc la détermination, la réalité).   
Somme toute, l’ensemble de ce qui est peut être résumé comme suit ; la cause, les formes (présent et arc de conscience), le formel donc entoure toutes les réalités, comme effets. Le formel traverse, littéralement, les choses, les êtres. Non le formel comme si il était comme un double (matériel, déterminé, substantiel), mais comme précisément la forme des contenus, le Bord de la réalité, le réel de la réalité ; le présent ne s’oppose évidemment pas aux réalités ; il les engendre. Le formel c’est ce qui, pour nous, êtres humains, produit ce décalage, décalage qui nous situe hors de tout donné, et donc nommé ontologique ; requérant qu’il y ait une théorie de cette rupture, mais théorie qui voulut souvent combler le hiatus (et même alors laissant ouvert le gouffre, selon le Bien, le Un, Dieu, le sujet, l’altérité etc), mais qui au final parvient à penser cette différence absolue, cad formelle, en tant que telle ; sans aménagement qui remplirait la distinction formelle. Absolue précision de Sartre et Lacan. 
Qui de ce fait n’est plus une distinction (qui se jouerait dans la détermination, du langage, de la pensée) puisque formelle, mais est un décalage ; nous ne sommes pas ce que nous sommes, nous ne sommes pas « cela » que nous sommes, nous sommes autres, nous nous regardons d’en-dehors et cet en-dehors est toute la question. Et cet en-dehors est justement ce que la philosophie par mille tortillements cherche à obtenir, analyser, extraire, isoler, détourer ; et les mille tortillements sont nécessaire puisque la différence structurelle n’est pas de l’ordre de la pensée du langage, du monde ; aussi doit-on user de signifiants qui permettent que chaque conscience puisse par elle-même accéder à ce décalage, étant entendu que seul l’arc de conscience peut intuitionner structurellement la distinction formelle en cause ; le hiatus ne peut pas se marquer par des mots, des signes, des idées mais uniquement parce que telle idée, signe ou image ouvre dans telle conscience le gouffre. 
La philosophie ne vise pas d’abord la connaissance mais le savoir, le savoir sous sa formulation du se-savoir qu’est tout arc ; on a cru, pour la critiquer, que ce se-savoir s’épuisait prétendument, dans une dénomination, la pensée comme raison et le sujet comme moi, et qu’il ne restait plus rien à l’extérieur ; ce qui est vraiment son idéal du début lorsque la pensée était conçue comme seul et tout l’horizon ; mais il y eut Descartes et le commencement d’un externe à la pensée qui cependant, externe, n’appartient pas au monde ; il est donc un externe du monde et de la pensée et c’est cela qui est le sujet, lequel appelait dieu mais tout aussi bien l’altérité de Heidegger ou de Nietzsche ; qui est ainsi impossible, mais cette impossibilité est littéralement la conscience que l’on a de la conscience, qui ne se réalise qu’en chaque arc, de la distance que chacun sait de lui-même, et ne parvient pas à se réaliser en quoi que ce soit, dont chaque arc témoigne mais dans l’incapacité totale de le prouver par une détermination ou une satisfaction ou une identité du monde ou du vécu ; qu’il n’y Est pas, qu’il doute d’y Etre, que l’on ne peut pas être. 
De quoi il y aurait lieu de désespérer, sauf que c’est pour cela que l’on Existe, et que donc on ne peut pas penser ou se représenter ou se satisfaire dans la vie de quelque supposément « être » que ce soit, mais que l’on doit monter, élaborer, creuser, tisser l’inépaisseur de  l’Exister ; la philosophie est ainsi l’augmentation de l’inépaisseur du Bord, ce par quoi on s’obtient comme au Bout, juste au Bord (la nouvelle surface du corps-autre comme au Bout du Bord).

La finalité est d’ouvrager l’arc de la conscience que l’on existe (et non de profiter du « bonheur » d’être le moi que l’on est, tout passivement). Ouvrage qui se tisse aussi bien de l’esthétique que de l’éthique. Ce qui veut dire non seulement saisir et être saisi de la structure ontologique (décrite philosophiquement) mais aussi créer, produire les distinctions du monde, créer les différenciations étant entendu que la réalité est la performance de l’altérité qui élève la détermination en plus de distinction, plus de Un ; le présent rend possible que les déterminations se distinguent. 
(On a vu que l’on ne tient pas sur le Bord, il n’est pas fait pour y vivre, mais c’est ce sur quoi on prend appui, l’appui dont on se souvient, et la pensée, ce qui doit se nommer pensée et non pas raison ou universel seulement, veut mémoriser les traces qui remontent sur, vers, par le trajet, le trajet que lance les arcs de conscience, l’atteinte vers la paroi du réel, du présent : l’actualisation de tout)
La logique du réel n’est donc pas de programmation, il n’existe ni Ordre ni Sens, mais c’est une logique de distribution éparse ; pas de programmation mais une question de surface ; la surface porte en elle-même la clef, est cette clef tout entière actuelle. Dans tout le lancement aberrant de tous les dés, ici et là il s’opérera, plus ou moins, et parfois en réussite, au sein de toutes les choses déterminées, il s’opérera des êtres (non pas doués de rapport à soi, mais dont la structure même sera un tel Rapport), des êtres parvenant à continuer plus loin et plus avant la logique de distinctivité, d’altérité, du Un se différenciant de par soi, arcbouté à tous les mondes. 
S’il existait un Ordre ou un Sens, il n’y aurait, à vrai dire, pas de réalité du tout. C’est parce que le réel est, structurellement, plus grand que lui-même que l’on est instruit. Et si le plus-grand est la structure même, c’est la dispersion qui nous accable. Et en cela on n’est pas causé par le passé, mais désigné ou voulu ou il-n’y-a-pas-de-nom par le devant, par l’avancée qui étire la réalité. Si il y a un présent c’est que quelque structure se réalise, se rend réelle par le devant de l’être, soit donc par le présent de l’exister. La dite structure ne peut pas être causée mais s’appeler elle-même hors de soi, selon le présent même ; sinon comment ferait-elle Un, la distinctivité même, c’est en vue de la plus précise altérité que tout cela se déverse.  

 

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La petitesse

15 Février 2017, 19:44pm

Publié par pascal doyelle

La petitesse
 
Dans la mesure où l’on a quitté l’universel, tous les discours, toutes les positions sont dévorées par l’immédiateté, s’enfoncent dans le monde donné et ne reparaissent plus, ils périront avec les choses comme tout ce qui est seulement déterminé, sans espace, sans laps de temps, sans distance, sans dimension. Alors plus personne ne sait ce que signifient les discours et les représentations, tous phagocytés par les intérêts et les groupes, qui utilisent des apparences d’universalités pour imposer leurs intérêts, leurs violences, et tous nécessitant à chaque fois une réinterprétation continuelle tentant de rattacher ces discours à des intérêts très précis, mais tout cela s’embrouille et ne signifie plus rien (parce que seul l’universel possède, potentiellement, un sens, un sens c’est-à-dire une signification plus grande que les données desquelles on part) et toute cette embrouille dérive ici et là en divers complotismes, racismes, simplismes, et le subjectivisme devient la règle et chacun est renvoyé à son inutilité, son inefficacité ; inefficacité puisqu’infiniment éloignées de l’universel, et parce que seul l'universel est plus grand que lui-même et permet d'organiser la réalité ; livré au monde et aux intérêts toute intention, toute intentionnalité tombe dans le marasme du donné, toute intentionnalité, même sincère, est prise dans le cycle destructeur des discours en général subissant la pesanteur de la facilité ; le donné sans l'universel est destiné à la mort, tombe totalement dans la dispersion sans retour.
L'universel, réel, consisterait à réorganiser les mondes humains en fonction de l'humanisme de base (pour commencer, puis à poursuivre la personnalisation qui fait suite à l’humanisation) et d’autre part à tenir compte de la réalité, plutôt que de continuer le fantasme généralisé du principe productiviste (qui s'est juste pris les pieds dans ses réussites, appliquant à la totalité de la réalité ce qui n'était valable que partiellement), l'universel est l'articulation du monde réel (naturel et humain). Tenir compte de la réalité c’est ouvrir les yeux sur le monde naturel fini, extrêmement limité, et adapté les fins aux moyens et cesser de se rêver, malsainnement, selon un fantasme général absurde, celui qui nous pousse à produire- consommer en n’importe quel sens, dans le format d’une représentation auto illusionnante.
 

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Loi morale, éthique ontologique

11 Février 2017, 09:23am

Publié par pascal doyelle

 

Puisque l’on a perdu le sens de l’universel, tous les discours tombent dans la réalité, ce qui veut dire dans la disparition et préalablement dans les discours morcelés, envahis par les immédiatetés, ce qui veut dire par les intérêts du monde, des groupes, des egos. Lorsque Kant suspend la loi morale au-dessus de tout intérêt et de toute réalité, de toute réalité, ça n’est pas pour enluminer le ciel, mais parce qu’il existe un point de vue supérieur à tous les points du vue, non en ce que ce point supérieur contredit les points de vue du monde, mais en cela qu’il les fonde, les autorise, les rend possible. Tandis que les discours dévorés par l’intérêt immédiat se nient les uns et les autres, ce qui est normal, mais se nient les uns les autres sans aucun horizon sur lequel les relativiser ; n’étant plus relativisés par l’horizon du principe, les discours ou les comportements engagent une lutte à mort, et produisent toutes les violences. Se dresse alors la ligne de mort qui circonscrit la vie selon le monde immédiat ; par laquelle ligne tout affrontement glisse invariablement vers la mort de l’autre, de soi, la mort tout court ; le donné c’est ce qui disparait.

Ce à quoi l’on assiste, dans la fureur des intérêts immédiats, ce qui veut dire faciles et de pente glissante, c’est à l’abandon de l’horizon au profit de la ligne de mort comme logique sans principe du comportement. Comprenons que l’on tombe toujours et constamment vers la ligne de mort de la réalité, c’est immanquable, mais que l’on peut suspendre la ligne par l’horizon ; doté de principes on peut orienter la réalité, mais abandonnant tout principe on est dévoré par le donné. Quels principes, c’est la question de la morale kantienne et de l’intentionnalisation ; il faut entendre « morale kantienne » non comme « morale », mais « morale » comme un dispositif technologique capable de supporter le maximum de réalité, certes, et de réel, de structure, celle qui n’est pas mais existe. La technologie kantienne, nietzschéenne, etc.   

Mais la vie, la vie en commun ou individuelle, augmentée d’un principe est difficile ; difficile en soi parce qu’il faut réfléchir, et difficile dans la réalité vécue et le relationnel parce que l’on est toujours pris dans le chantage, et l’auto chantage, et la lutte à mort ; on sait que l’autre risque constamment d’amener les enjeux vers la ligne de mort ; (ou lorsque des menaces sont soupçonnées pour le moins ; sois tel sinon) et que l’ennemi ne restera peut-être pas raisonnable du tout. Il ne l’est même peut-être pas du tout ; ce à quoi nous incline à penser certains maitres du doute par exemple ; la loi morale kantienne réduite à un alibi impossible, on le sait qu’elle est impossible, c’est pour cela qu’elle est morale, ou intentionnalisatrice.

Et elle est morale non pour la joliesse ou pour s’amener hautement, mais parce que la loi morale est l’universel et que l’universel est le seul moyen d’augmenter la possibilité intentionnelle, ce qui veut dire d’augmenter la capacité de chacun pour lui-même d’abord (parce qu’il n’est aucune raison pour que je me laisse tomber, que je délaisse mon moi, déjà enfourné en de sales draps, et m’affligeant de tous ces discours morceleurs et martelés, que j’embraie le dénigrement de moi-même, en plus des marteleurs), et d’augmenter la confiance que l’on doit imaginer en l’autre, ce qui a pour finalité d’augmenter les possibilités intentionnelles dans le monde humain. L’universel n’est ni un alibi, ni une illusion mais est une règle dont l’enjeu est la qualité et la quantité intentionnalisatrice.

Que l’on ait un inconscient ou que le cours du monde demeure effectivement les intérêts immédiats, tout le monde le sait. Ça n’est absolument pas la question. La question est : aura-t-on la présence d’esprit pour contrebalancer cet état de fait ?

Que l’on ait pu faire passer la loi, morale, l’universel pour une construction irréelle c’est n’être plus même en mesure de comprendre que le principe, l’idéel, le sujet parce qu’ils ne sont pas de la réalité mais uniquement du côté du réel,  que le principe existe avant. Dans l’antériorité de toute réalité qui s’estime selon ce qui n’est pas, ce qui existe. Et antériorité structurelle qui ne relève donc pas de la réalité pauvre et morcelée. Et comme le principe, la loi existent antérieurement, elle ne contredit absolument pas la réalité, le vécu ; le sujet ne contredit pas le moi ; il ne prend pas la vie de plus haut (ce que l’on croyait avant, en identifiant l’arc intentionnel à l’universel, à cette forme universelle), non de plus haut mais de plus loin ; qu’il y ait un plus loin, veut dire qu’il y a un présent ; c’est le présent qui tire le passé. L’arc de conscience ne s’oppose ni au conscient ni à l’inconscient (ou ce que l’on nomme tel). Le sujet cartésien ne vient pas annuler le moi donné ; et il ne s’institue pas non plus comme l’idéal auquel il faudrait conformer le moi.

Descartes le sait bien qui tente d’admettre dans son dispositif le moi vécu, percevant et ressentant et à trouver le cheminement qui relie, articule le sujet dans le moi, en tant qu’il n’est un moi que parce qu’il existe un sujet, aussi impossible et autre soit-il. Descartes ne peut pas interrompre la réalité par la structure (l’arc de conscience tel qu’il commencera d’être inspecté par Husserl, et ensuite par Sartre et Lacan), mais est obligé d’opposé ou de superposer une « chose pensante » à la chose donnée ; dont on voit bien cependant que cette chose pensante est difficile et absconse, essentiellement volatile et souple, si l’on peut dire.

Enlevez le sujet, le moi et l’humain s’écroulent. Ils s’effondrent dans le morcellement des immédiatetés, en lesquelles on élit telle ou telle image comme si cette partie du monde s’imposait comme signifiant tout le monde ; or le « monde » n’est pas du tout situable, Kant nous dit qu’il n’existe pas de concept de monde, que si il en existe une image, elle sera seulement une figuration imaginaire, mais non pas réelle (ce qui veut dire que « certaines images », et alors elles sont plus que des images, elles sont des œuvres, que certaines images donc soient capables de représenter le monde de telle sorte que soudainement vous y soyez appelés comme sujet, mais c’est l’articulation du sujet soudainement invoquée qui engage au monde ou au vécu ou au corps, et non parce que telle image effectue réellement le monde, insituable ; soit donc l’obtention d’images si structurées, distordues, autres et accumulées qu’elles instancient en votre arc de conscience non une superposition immédiate, mais qui renvoie à la structure, une image qui supporte le miroir en lequel elles surgissent ; images accumulées qui contiennent en elles-mêmes de manière fulgurante, d’autres images et d’autres sujets).

Se tenir de l’universel chacun y est prescrit depuis la révolution, la révolution consiste en cela. Et la révolution huasse chacun dans la forme ; on peut encore se satisfaire des immédiatetés (il n’y a que cela dans le monde), mais on peut désormais assumer les immédiatetés via et au travers de l’universel ; l’universel, la forme surintentionnelle, extrait chacun de son donné, et fonctionne comme non pas une objectivité extérieure, massive, étouffante, mais en tant que rendant à chacun accessible la variation intentionnalisatrice ; ça n’est pas seulement le langage ou la représentation mais la forme universelle (du langage poussé au-delà de son donné parce qu’) ayant effet individualisant ; l’universel existe afin de surélever l’individuel ; et le sens de cette surindividualisation (qui courre depuis les grecs, et ne fut institué que depuis la révolution, unique, celle qui parcourt la terre entière sous différentes formules), le sens de la surindividualisation est la réalité d’une part et le réel d’autre part. La loi morale n’est donc plus instruite au même sens antérieurement et postérieurement à la révolution ; mais postérieurement elle ne peut ni ne doit contredire l’universel (alors que visiblement beaucoup eurent tendance à nier ou détruire et l’universalité et l’universel ; l’universalité des droits de l’homme, du sujet, et l’universel de la réalité, au profit d’une représentation aléatoire de l’être, comme Volonté ou Etre ou Multiplicité, etc).

Et il est alors très difficile de coïncider l’universel et l’individué nouvellement acquis, aussi pour avancer on pousse à son tour l’individualité vers l’individué, pur et brut. L’universel engoncé dans l’individué parait une absurdité ; on ne voit pas du tout le rapport. Il faut, pour comprendre la structure, remodeler toute la configuration. A savoir au final que la réflexivité n’est pas limitée à l’universel mais que la réflexivité s’étend à toute l’activité de conscience (qui n’est pas le conscient et qui produit ce drôle de Corps bizarre), et  au fin fond à toute l’activité du réel ; le réel existe réflexivement et ça se nomme le présent.   

Les vagues de l’immédiateté surgissent de tous les replis du monde, du vécu, du corps ; elles surgissent spontanément et envahissent toujours l’arc de conscience ; ramenant sans cesse celui-ci vers le bas, non le bas du point de vue « moral », mais parce que le bas c’est la moindre possibilité de conscience , la moindre confiance, la moindre possibilité, la possibilité en fait qui ne se conçoit plus comme possibilité mais seulement d’effigie en images quelconques (toutes les images sont quelconques en comparaison de l’arc bruyant du réel de structure). On a cru ou pu croire que telle image ou monde ou immédiateté ou identité manifestait une fulgurance, une plus vraie réalité que la formalité du principe et du structurel, et effectivement on a pu se libérer de quantité d’oblitérations dans la conscience, mais ces libérations n’étaient possibles (lorsqu’elles ne s’enfonçaient pas dans la pauvreté et la décomposition mentale) que par et pour un sujet. Sauf que l’on a cru véritablement que telle partie du monde ouvrait le monde même, dont Kant nous dit qu’il n’est pas ou pas accessible en quelque sens que ce soit.

Ce qui est accessible c’est la structure du sujet lui-même et pour Kant non pas dans la connaissance mais dans le sujet pratique et moral dont on éprouve, fermement, la possibilité ; la possibilité en tant que c’est cette possibilité qui existe (quand bien même tout le reste serait de l’être, la structure est l’exister et non l’être).

Non pas dans la connaissance parce que la connaissance est assise sur l’universel et que le sujet est antérieur à l’universel, antérieur au conscient ; antérieur en ceci qu’il est arc-ticulé sur le réel. Et il est articulé au réel par ses possibilités dans la perception, sur le corps, en tant que autre, raison pour laquelle l’esthétique crée un autre-corps, comme la poétique (le récit au sens large) crée un autre-vécu ; qui ne sont accédés que par l’effort. Et comme de juste un effort tout à fait spécifique qui n’est pas un effort du monde, du vécu ou du corps. Et qui rendit possible qu’il y ait ce que l’on nomme monde, vécu et corps.

Autrement dit ça n’est pas parce que l’on vit dans la structure (du sujet) que l’on doit abandonner tout le structurel et se focaliser sur les contenus soi-disant électifs ; et bien que détenir ou se tenir du sujet c’est ramasser absolument tout le structurel (puisque la structure est l’arc lui-même, qui se voulait selon la pensée ou dieu ou le sujet ; rappelons que le sujet selon le moi est le sujet cartésien et kantien, etc, mais évidé, évité, annulé, rendu blanc et neutralisé) c’est le piège, le mirage de la structure du sujet qui, étant lui-même parfaitement un (le un impossible), le piège que de tomber immédiatement dans l’erreur de tenir son contenu de réalité pour le réel ; or on a vu que le sujet se tient du Bord du monde et en aucune partie du monde, de même que l’arc de conscience n’est pas le conscient ni cette re-construction seconde qu’est l’inconscient (qui est décrit par un discours et ne se représente pas en personne, au point que psychanalytiquement c’est le sujet lui-même qui œuvre et non une intervention objective).

Or la loi morale opère quantité de détours, de dé-tours, double et triple tours, à partir du moment où chacun est livré au monde, ce qui veut dire délivré de l’option qui se donnait pour unique et exclusive et consistait à identifier morale et conscient ou universel ; les romantiques, les désespérés et nihilistes et grands sujets de toute sorte veulent élaborer au vif la morale accordée à ce nouvel état de fait, nouvel état du monde ou du moi (délivré par la révolution et livré à « soi », qui parait si naturel pour la raison et l‘humanisme selon l’universel, du besoin ou du désir, du communisme ou du libéralisme, de la « nature humaine », du corps-langage que serait « objectivement » chaque moi). C’est toujours cette morale profonde, ontologique, que veulent discerner Sartre et Lacan ; et c’est pour cela qu’il faut comprendre éthique ontologique comme « programmation de l’attention par elle-même ».

Ce qui est absurde, impossible, déraisonnable, hors  monde et hors humain, ce qui ne signifie pas inhumain (la zone dégagée par le sujet, qui n’est pas le moi, ouvre des possibles qui tout en respectant l’universel, sont justement les étranges déserts existentiels, les proto mondes esthétiques, les brutalités du rock, les espaces imaginaires de la Sf et du fantastique, etc, et évidemment des possibles mondes qui les accompagnent) ; l’attention, qui n’est rien, n’a rien au-dedans, ne peut pas se programmer elle-même ; on prévoit une partie du monde vers une partie du monde, non ce qui est indéterminé et formel ; les doigts ripent, la main glisse, on retombe toujours hors de l’indéterminé, vers une figuration, en telle représentation trop courte. Or pourtant c’est cette architecture de l’attention que dresse la pensée, l’esthétique, l’éthique, la politique, et la représentation de l’humain par lui-même au travers du déferlement mass et micro médiatique et tout autant le moi dans ses démêlés psychiques ; on transforme l’activité de l’attention, et donc du centre du cœur de la profondeur possible, lorsque l’on avance dans le kaléidoscope d’une œuvre, d’une hyper-pratique éthique (aussi étrange puisse-t-elle être), d’une révolution, d’un vécu individué de par le moi ; autant dire que la transformation de la réalité en réel est éprouvée par quiconque, selon le plus ou selon le moins.

La structure se fabrique, linéament par linéament, sur la paroi du présent, décidant de son kaléidoscope, reconstruit sans cesse au miroir, aux miroirs, des itinéraires précédents ; les images, les signes, les langages, les rapports tissés créent la structure, la forme, qui d’une part est toujours instantanément la même (rien dans le monde ne peut modifier la structure), et est toujours encore en devenir, en possibilité ; elle tisse la paroi de la réalité et du réel, la paroi du présent. On en a appris la pensée, le dieu et le christique, le sujet et l’altérité, la pensée et la raison, le singulier et l’universel, le sujet et l’altérité du donné là, l’individuel représenté et l’individué brut, le temps déployé et le présent strict.  

Pour le moment on est obligé d’en passer par les œuvres elles-mêmes, ce qui signifie de les lire, de formuler sa structure de conscience selon un-tel ou telle œuvre, ouvrage, mise en forme d’un arc de conscience atteint par le réel et accédant à sa structure, ou selon les éthiques ou les esthétiques, ou selon la révolution (on a voulu nous faire oublier que l’historicité, la nôtre, est révolutionnaire, activement). Sans qu’une pensée effective soit en mesure de discerner l’éthique elle-même de manière générale, et qui soit effectivement une éthique universelle de la singularité réelle. C’est donc ce qui est tenté par Nietzsche ou Heidegger ou Sartre ou Lacan, et d’autres avancées, et y compris de la part des mois eux-mêmes, surengagés et absorbés, débordés par leur vécu et leur corps, et jugeant souvent obscurément de l’humain et de l‘individuel, de leur existence et de l’historicité, et de l’exister brut. Mais en somme c’est par Sartre et Lacan que le sujet prend réellement forme, philosophiquement (la recherche des images traverse toutes les esthétiques et poétiques) sa forme excessivement au Bout du monde, des autres, du corps et de tout le reste. Parce que si l’on repère le Bord du monde depuis la méditerranée, on s’aperçoit au Bout du monde depuis peu, depuis que l’on a une vie, depuis la révolution.  

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Re-tour, dans la brutalité réelle

4 Février 2017, 09:42am

Publié par pascal doyelle

 

Il faut ainsi re/découvrir ce dont nous sommes l’effet. Nous sommes effectivement l’effet d’une cause mais cette cause n’est pas déterminée ; elle se déroule du Bord et n’est déterminée par rien.

Si donc on se demande pourquoi comment la « conscience » s’entretient avec le corps et plutôt que de soit isoler la « conscience » comme une forteresse, soit de nier son indépendance, il faut voir comme alors, dans les deux cas, on pense l’un et l’autre comme deux « objets », clos, fermés plus ou moins, et comme on conçoit la réalité dans sorte d’inertie qui délimite des masses ou des notions.

On a vu que d’une part la réalité est en mouvement et que ce mouvement est le présent et qu’ainsi tout ce qui est, en vérité se meut et que si il est quantité de choses et d’être, dans le fait, le Fait même, il n’existe que le présent et le présent n’est pas, il est le Bord du monde, le Bord qui tracte l’ensemble de tout ce qui est (et l’être est le résultat de la vague d’Exister unique et formel). Et que d’autre part sur et dans ce présent (on peut difficilement dire « dans » le présent puisque le présent n’est pas un monobloc, un cadre clos, étant « la vague qui expose » intégralement absolument tout ce qui est), dans ce présent il est un arc (de conscience) qui sort de la cervelle vers le réel, et qui en re-venant produit une surface du corps tout à fait autre et étrange ; l’arc re-vient, parce qu’il sort nu et sans rien à chaque fois de la cervelle, et que revenant du monde c’est comme si il venait tout court, chargé de ceci ou cela.

Dans le mouvement du présent, le mouvement de l’arc n’est nullement une « chose » mais la structure mouvante elle-même non de l’être, mais du réel, de l’exister, du présent. La paroi du présent re-vient continuellement (la continuité très étrange de l’exister, non mesurable, non composée ; on mesure uniquement la détermination et non la forme de cette détermination).

Le mouvement comporte aussi bien la détermination que la structure, le rapport ; que donc l’arc de conscience transforme la détermination en détermination spécifique ; par ex et essentiellement le langage, mais le langage (bien qu’il soit en lui-même toujours un système, et qu’il existe aussi des systèmes symboliques, des liaisons, des nœuds, etc) est un tissage de rapports (et toute essence dans le langage est en elle-même de tels rapports noués dans un seul, un mot, une idée, une image, etc) ; et si le langage est essentiel il n’est pas exclusif ; de là justement que l’image est toujours plus grande que le mot (bien que l’image réclame le mot, comme point fixe, fixé qui autorise, permet une conscience variable) ; et au fondement le langage est  donc rapport, rapport intentionnalisateur à propos du réel, mais comme le réel n’apparait ni ne le peut dans la représentation, dans le monde, dans la détermination, le dit rapport est toujours assuré d’une suréminence, étant formelle, et arcbouté dans cet autre formel qu’est le présent.

Aussi lorsque l’on parle, se détermine, etc, on adresse toujours au réel même, cad pour nous à la surface autre-du-corps, qui ne se détient que du dehors, qui est hors champ de la détermination connue ; aussi abstrait soit telle idée ou nombre il s’agit d’une modification du corps, de la perception re-venante du corps par le re-tour de, qu’est l’intentionnalisation. L’intentionnalisation est un re-tour, cad un nouveau tour, à chaque fois (évidemment formellement et théoriquement, puisque l’intentionnalisation st prise également dans la détermination déjà acquise, les mots, le symbolique, les neurones, la mémorisation énorme qu’est une cervelle, physiologique y compris etc, mais que l’arc se décide, dessine vers le réel, le « là » du donné (de n’importe quel donné) lui accorde une suréminence extrêmement fragile mais fragile parce que souple et adaptative en n’importe quel sens ; le sens, la signification qui manque ici ou là, même celle qui n’est pas (mémorisée) peut être ainsi inventée, créée, de ce simple pont lancé vers le « là », le réel, le présent ; cependant aussi simple l’adaptation soit-elle, théoriquement, elle requiert du sujet qui l’opère un investissement conséquent, voire un investissement impossible, mais le sujet est impossible, si il était possible il serait un donné, et non un sujet).

La liberté est ainsi dans la complexité du labyrinthe, et non au-dehors, son activisme est de fait dans la complexité même et donc absolument autre, ayant lieu par le corps, ce qui veut dire dans la réalité même ; et si la complexité du labyrinthe est toute la liberté, en même temps elle se situe du dehors ; elle est elle-même le dehors, mais le dehors non au sens où celui-ci serait déterminé, mais au sens où il est le point par lequel s’engrène la détermination. On veut dire par là que l’on ne peut pas assigner au dehors réel, tel ou tel proposition consciente, mais que ce dehors non seulement est autre et le moi doit en dégager la possibilité (ce qui signifie mener une ascèse, quelque sens que l’on donne à celle-ci et les créateurs, les artistes, les inventeurs furent extrêmement sérieusement amochés par leur possibilité), mais aussi que le mouvement est tout uniment de totaliser ou compiler tout le connu, et seulement alors vient en-plus de tout l’acquis ; en ceci que chaque arc doit se situer au bout de la réalité et relancer le réel de celle-ci ; d’où l’impératif de connaitre la station humaine, de pousser au plus loin possible l’acculturation.  Ce retournement non visible n’est pas ce qui cause selon le temps, selon le passé, ni selon l’idéal, l’éternité, mais qui cause selon le présent, cad selon qui vient.

Le moi lui-même, n’importe lequel, se tient au bout de la réalité, de tel état du monde et de l’humain, et de tel état de lui-même ; c’est la nature, la structure même d’arc de conscience qui le place au Bout. En plus du Bord, il y a le Bout.

Or pourtant malgré cette difficulté (absolue, parce que formelle) on invente constamment, tous les jours ; la liberté comme structure active crée, surtout pour les mois que nous sommes, qui sont installés comme centre de réalité (non pas de « la » réalité, qui n’existe pas, mais de réalité), et la liberté structurelle crée mille accès chaque jour, très minuscules, et puis de plus importantes et puis de très grandes parfois et se coltine souvent à l’infini lui-même ; tout arc de conscience, de ce qu’il est un re-tour, cad un nouveau tour joué, et qu’il est arcbouté au présent même, cad à l’infinie forme incompréhensible qui Borde tout monde, tout donné, tout vécu, tout corps, tout arc est empli de la paroi du présent, du réel. Et le plus grand accès qui eut lieu est celui de l’accession historique de la révolution, qui a fracturé, structurellement, l’humanisation ; en permettant que l’arc puisse rompre l’humain et se tenir comme fondement de la réalité et du réel.  Et ce fondement de par sa nature structurelle est non-épuisable (non pas inépuisable, qui relativise la durée par le temps alors que la non épuisabilité est la verticale) ; de cela évidemment que la « révolution » a lancé une Possibilité mille fois renouvelée (durant un bon siècle et pour des millions de sujets), mais que la révolution est la structure même, in-finie, de cette humanisation.

C’est donc sur le Bord que se décide ceci ou cela ; que l’on prend telle ou telle orientation ou désorientation ; il se peut, très fortement, qu’une désorientation soit une possibilité, serait-elle invraisemblable, le moi déborde de désorientations, de perturbations, puisqu’il est le système minimal, extrême, à la pointe du donné humain et centre de réalité il doit adjoindre les bizarreries et les possibilités ; dépressions et difficultés psy ou relationnelles, etc, forment les expériences même de cet arc, de chacun, engagé dans le vécu en général et en particulier en l’occurrence, là où quantité de possibilités se jouent ; le moi se tient du sujet et le sujet est le seul ayant accès au réel même, à « ce qu’il perçoit » en tous sens du terme ; il se juge quelque part quelque chose et dont on n’a pas idée, représentation, puisque ce jugement concerne l’ensemble de toute l’expérience et aboutit à soit l’auto destruction de l’arc de conscience, son déniement, son délitement interne, non pas de tel ou tel contenu mais de la structure même,  soit la continuation ; et bizarrement chacun est convoqué individuellement, et c’est seulement du comptage des décisions, pour ainsi dire, de la décision structurelle, que l’ensemble sera jugé, ou plus exactement se jugera lui-même.

Si tout est de telle sorte exposé, représenté, manifesté, chacun est face au spectacle du monde, et chacun en est à se décider, à s’orienter ou se désorienter, et à décider tout court, et ce jugement auto-porté, pour ainsi dire, est l’objectivité même ; ce qui se forme c’est la conscience de totu ce qui est « là », l’image globale, dont on doit se demander à chaque occurrence si elle emporte le miroir en lequel se produisent ces images, ou non (cad si elle retourne dans les images et se perd de vue, n’ayant plus le point de vue du miroir même mais égaré dans les images d’images, dans le labyrinthe intérieur, dans le fantasme). Or chacun sait, confusément parce qu’une telle vision instantanée de tout est presque hors de possibilité de chaque conscience (et donc de toute conscience, il n’existe pas une super conscience qui retiendrait pour elle-même le un par un de chaque arc, chaque conscience est ainsi fondamentalement seule à décider), sait confusément qu’il doit se décider, qu’il doit ouvrir quelque possibilité inaperçue. Tout moi sait confusément qu’il est cette possibilité inaperçue… qu’elle a déjà eu lieu, qu’elle se tient en réserve du moi déterminé, qu’il n’est un moi que dans la possibilité qui ne peut pas se transposer dans la réalité, et qu’il se situe, comme moi, à partir du réel, du réel de la structure qu’il existe.

Et cette image, ce jugement qui se forme, la convocation « divine » ou qui en prend l’air (le « jugement dernier » c’est nous qui le porteront) ne table pas seulement sur l’état du monde humain, mais juge de la valeur, de l’accord que l’on peut atteindre de ce qui est, de tout ce qui est, du fait même d’exister. Ce qui n’est pas rien, puisque c’est quand même l’une des questions centrales de Nietzsche ou c’est le sens que l’on peut attendre de l’Etre, par delà les étants (et les mois et l’humain pour Heidegger, qui renie déjà tout une part du donné là, ce qui est absurde et non sans conséquences, fasciné qu’il est par la découverte que le réel est hors de la réalité).

Accepte-t-on d’exister ? Il faut comprendre que l’arc de conscience sort de la cervelle vers le donné et le donné en tant que « là » (cad vers la réalité et le réel, comme position), mais que l’on ne tient pas dans l’arc, l’arc n’a pas de représentation et pas de monde du tout ; que donc on est tiré par la cervelle qui, elle, ne cesse de rêver son rêve éternel, hors réel, qu’elle peut bien s’habiller de toutes les déterminons du monde, du vécu, du corps, puisque sans le Réel pour positionner la réalité comme étant « là », la réalité se réduit à « des déterminations » ; la cervelle nous tire vers le dedans, et l’arc   nous tracte au dehors, dans le Grand Dehors.

Le repli dans l’intériorité de la cervelle, vers cette version de nous-mêmes dévoré de mémorisation, c’est ce qui impose physiquement, physiologiquement, le fantasme ; celui qui a remplacé la réalité par le fantasme de réalité, celui qui a aboli le réel et perd toute possibilité réelle et décroche et abîme la réalité même dans la représentation dévoratrice de la réalité, égarée par la position du réel en tant qu’abandonnée.

La dévoration de mémorisation est littéralement la même conscience mais issue et tenue par ses images intérieures. À cette intériorité il n’est pour s’opposer que la seule tension externe, et rien d’autre ; la psychanalyse a parfaitement raison de considérer que l’intériorité est effet du corps (Sartre introduit l’altérité comme première vis-à-vis du moi, le moi est un « objet », cad un horizon, dans l’horizon) ; l’horizon n’est pas une intériorité mais l’interne de cet externe, comme on a vu déjà (que le réel est tout entièrement externe et que dans cet externe il se plisse, et que les plis et re-plis aboutissent toujours au devant, dans le donné en tant que « là »). Retenu à rebours par la mémorisation (autrement dit l’être) et étiré par le devant ; autrement dit l’exister, le présent, la tension et l’attention structurelle.

On ne va pas conquérir une intériorité et notre être ne culmine pas en son essence éternelle, son identité absolue, ni du reste en l’identité avec soi de la pensée ou dans le Un qui serait substantiel (le Un de Plotin est vu, perçu, éprouvé, saisi et dont on est saisi au vif et s’existe comme ouverture absolue, c’est seulement si l’on considère le Un de Plotin de l’extérieur que l’on croit ou que l’on imagine qu’il est un Un substantiel ; le penser pour Hegel est un activisme absolu, mais du dehors il parait monolithique affirmation vide ; etc) ; notre être ne possède pas une limite, l’extrémité situé sur le Bord ; notre être est cette extrémité, elle-même attirée par le Bord (cad pour nous en tant que moi par le corps ; raison pour laquelle la plus grande expérience du moi est le Tomber amoureux, ou pour la politique la Révolution ou pour le créateur l’esthétique ou la poétique, etc ; mais pour le moi il est, parce que le moi est un centre formel, toute sorte d’extrémités ; le moi reçoit de plein fouet la divisibilité in-finie du Bord ; angoisse ou dépression ou obsession ou perversion, etc).   

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