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instants philosophie

l'affirmation philosophique -2

11 Mai 2007, 22:15pm

Publié par zward

La vérité est que tout est sur un seul plan : et que l'accès à ce seul plan (complexe, tordu, distordu, pluriel, intelligent, immédiat, etc.) est de la "connaître" elle, la vérité qui n’est pas encore, au sens fort, cad scientifique ou d’abord et avant tout philosophique.
Et non de le reprendre dans une pensée imaginative.

Rien de mal à cette pensée imaginative, ca peut même être passionnant. Mais il ne faut pas confondre la raison et la pensée (pour faire court) : on peut penser des milliers d’idées, mais on ne peut pas raisonner n'importe comment, ni penser un concept au hasard.

Raisonner, résonne. Ce qui mérite d’être précisé.

Ça résonne où ?

Le fait est que ça doit résonner ici même.

Dans la raisonnance, c’est l’Ici Même qui compte. Parce que c’est en cet Ici que ça doit créer de l’être : en ceci qu’il faut qu’il soit manipulable. Et qu’il y ait des résultats.

Si résultats il y a, c’est que le processus est enclenché à bon escient.

Là où cela se voit, ça n’est pas en un être imaginaire. En un double sur la seconde scène ; celle où l’on se rêve ; celle qui permettrait aussi de rêver le monde entier à partir de ce double.

Non. Ce qui se voit, se mesure. Et ce qui mesure, c’est le langage et essentiellement le tracé exact du sujet dans le discours de ce langage.

Ce par quoi le discours se mord et se retrouve, c’est le sujet. Le sujet est ce qui, dans le discours, l’inverse et le contraint.

Il retourne le discours parce que le sujet est plus grand que le discours : il n’y est pas contenu. Mais il n’y est pas contenu parce que le sujet est du côté du monde. Du côté de ce qui est, vraiment. Pas du côté de ce qui est imaginairement. Si il se laisse happer par l’imaginaire, c’est toute la fausseté qui revient envahir, et annule et l’espace et le temps et les choses ignobles et fastueuses mais littéralement inimaginables… pour être selon les choses, il faut les connaître au sens exact.

Le sujet sait qu’il n’est pas dans le langage, mais il se croyait avant la philosophie du « bon côté »…

Celui du possible étendu à partir de notre être seul et qui embrayait sur cet être, et enflait hors mesure. Il est depuis un possible restreint, mais efficace.

Car il se trouve que l’autre position nous dit tout l’inverse : que le sujet se tient du côté de ce qui est, et seulement du côté de ce qui est.

Ce qui est possible, ça n’est plus ce dont on rêve, mais c’est ce que l’on peut réaliser effectivement.

La philosophie a définitivement brisé les chaînes de ce qui n’est pas : de l’irréalité, qui nous tient esclaves de notre être. La philosophie est très précisément ce qui crée l’être réel de l’homme. Elle n’a pas seulement affirmé l’être, comme Là et uniquement Ici ; elle a rompu l’irréel ; ce qu’il faut prendre à la lettre et de fait.

Elle fait barrage contre tout ce qui précède historiquement et ontologiquement. À partir de là, dit-elle, c’est le règne de ce qui est, pour de bon. Et non plus de ce que l’on aimerait que cela soit. Non plus du hasard de notre idéomanie d’illusions, de peurs et de désirs. On a tout inventé de ce côté-là, jusqu’à plus soif. Et ce qui infeste le moi, alors même que l’individualité est, est encore de l’ordre de l’irréel…

Le problème étant que notre être réel est incessamment recouvert de son double sur la double scène, celle qui voudrait et qui impose qu’il existât une unité « quelque part ».  

Il n’y a pas d’unité. Le sujet est l’unité. Cad est l’affrontement.

Et il n’y a pas d’affrontement doucereux, mais la seule violence ontologique efficace.

(Pour cette raison la violence physique et la déchéance des conditions, imposée par toutes les sociétés, est une indignité fondamentale. La violence ontologique est la seule qui soit nôtre : celle de l’être de l’homme contre tout le reste, excepté l’homme.)

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