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instants philosophie

irréalité

13 Mai 2007, 09:19am

Publié par zward

En un sens la philo vise à simplifier le problème : une sorte de coup d’Etat.

Ça prend le pouvoir.

Et effectivement au travers des siècles, c’est cela qui a pris le pouvoir. Qui est l’essence même du pouvoir ; sauf que ça ne le sait pas bien. Ça croit encore que ça réside dans la « politique ».

Alors évidement, le politique est en soi la reconnaissance directe d’une partie de la réalité : le politique se substitue à un ordre précédent absolument terrible et ignoble.  Mais hors de soi, le politique est aussi une partialité et une fausseté : c’est que l’on n’a pas encore inventé ce qui lui succédera. Aussi tout est poussé pour que ça ne vienne pas au monde. En soi le politique forme une limitation, autant qu’il est une libération par rapport à ce qui le précédait.

(Il ne s’agit en rien, jamais, de revenir en arrière).

Prise de pouvoir ….

Coup d’Etat.

Parce que la philo convainc. C’est son boulot.

Ce qu’elle met à jour, étant non seulement vrai mais surtout réel, finit toujours par l’emporter. Quoi que l’esprit humain soit absolument réticent à toute perturbation. Comme il confond la scène intérieure avec la réalité, modifier l’intérieure lui revient comme un boomerang à modifier le monde … ce qu’il ne peut supporter. Ça le paralyse numériquement d’efforts…

Camus avait raison ; les grecs sont du côté du monde,( et que dire de Nietzsche ). De ressentir le monde si intensément vrai … aiguise leur soif ontologique. Ce faisant, le pouvoir décisif est né.

La conviction l’emporte, parce que s’il n’existait que du Vrai, ce serait aisément oubliable : mais le monde est là pour nous rappeler que le vrai est réel.

On pourrait croire qu’il s’agit là d’une évidence… mais non seulement ce ne fût jamais le cas, avant les grecs, mais identiquement pour nous, nous n’acceptons qu’une toute petite partie de la réalité. Nous sommes loin du compte. Et le compte travaille selon sa quantité, que nous l’acceptions ou pas. Nous sommes pris dans un décompte que nous sentons bien se presser autour, dans et par notre existence, mais qu’il nous est impossible de dénombrer.

Croire que tout est déjà réalisé est l’impasse sur laquelle est construit tout moi. Parce que pour se construire, il part dans l’évidence d’un donné-une-fois-pour-toute. S’il devait recompter à chaque fois le monde, il n’en viendrait jamais se décider. Aussi institue-t-il son monde comme étant le monde. Ce qu’il n’est pas. Mais de même il n’a pas accès au langage du monde ; cad celui qui est abouti en telle humanisation.

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