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instants philosophie

bienvenue dans le monde réel (le Net et les rencontres )

20 Mai 2007, 11:15am

Publié par zward

Composantes : passage de l’économie affective de la rareté à l’économie affective de l’abondance.

Nécessité d’exprimer objectivement ce qui revient naturellement à l’intériorité.

Changement de paradigme : l’ancienne formule de la relation définitive (qui relevait d’impératifs naturels (couple, enfants), sociaux (famille, couple intégré et reconnu), psychologiques (stabilité, continuité, sécurité affective, contrat tacite).

La nouvelle formule de relation relative … puisque les personnes sont en concurrence, il n’est rien d’assurer en soi, pas de contrat tacite affectif, pas d’exclusivisme (au sens où telle personne élue n’est pas définitivement élue a priori ; il existe moins ce tampon qui permettait un temps de latence plus important au sein de l’ancienne formule affective). Et puisqu’il est plus aisé de rencontrer et plus rapidement, il n’est plus ou moins d’angoisse d’abandon : on sait que de rencontrer à nouveau quelqu’un n’est plus un problème en soi. Que la pression d’une solitude d’attente (attente de rencontres nouvelles accessibles) n’impose plus les séries de compromis : que nos personnalités ne sont peut-être plus capables de supporter (absence de réalisme ? défaut de construction de soi ? principe de plaisir ? exigence irréaliste ?).

Le compromis n’est pas en soi compromission : mais apprentissage, et composition, cad augmentation de l’être. Que signifie-t-il que nous soyons difficilement « pliables » ? Que nos personnalités sont attachées à autre chose qu’à l’autre … ? Cad que nous ne pouvons nous détacher de nous-mêmes (cad de nos objets, nos habitudes sont aussi des « objets », notre temps, notre espace, etc).

Et que l’autre n’est pas ou plus « en qui » notre être existe, (qui autorise à cet autre de nous modifier) ; puisqu’il était l’essentiel, il ne pouvait nous modifier qu’en notre Bien… jusqu’alors …

Parce que ce principe est très délicat … et il se peut qu’il y ait une observance critique relevée depuis… Et que ça n’est pas forcément pour notre bien que l’autre soit ce autour de qui (ou de quoi) tourne notre être …

Chantage affectif interne. D’autant qu’il ne faut pas se le cacher : il existait auparavant un chantage très réel. À savoir : lequel des deux, d’un couple, supportera le plus ? Non que cela soit constant, mais que cela soit plus ou moins, tout en étant toujours présent néanmoins. Chantage à la pression : point de rupture supportable par l’autre. Risquera-t-il (t-elle) de rompre si je le (la) pousse aux limites ?

Ad : où sont les limites de l’autre … ce qui peut aussi se traduire ainsi : jusqu’où tient-il (t-elle) à moi ?

Ou : sacrifie-t-il son être pour mon être ? Ou enfin : ce couple, là, celui-ci, puis-je croire qu’il (qu’elle) pourra se sacrifier ou se perdre pour maintenir le dit couple ?

En quoi l’on voit, outre les compositions plus ou moins caractérielles et/ou perverses, que le Couple est encore conçu comme : ce sur quoi l faut pouvoir compter … cad dans la perspective de la fondation (solide) d’un « foyer ».

En quoi nous n’y sommes plus … cad que l’on advient au Net dans la perspective d’une longue fondation : tandis que tout incline au relatif.

Notamment ceci : qu’il y est un destin qui réunit « ceux qui s’aiment » … ce en quoi chacun est prêt à croire, que l’on imagine spontanément.

Ad : ma personnalité est destinée à une telle ou un tel.

On voit que cela fonctionne dans un monde (humain) dans lequel la personne est un problème réglé. Qui permet de passer à autre chose : un couple, une famille, une famille incluse dans les deux autres familles, une identité socialisée « lisse » qui offre une base stable pour les enfants potentiels, etc.

Personnalisation.Or il est bien évident que nos personnalités sont de plus en plus travaillées … susceptibles de choix et de multiplicités. Qu’elles sont à elles-mêmes non plus un état de fait déjà-réglé, mais une problématique et que cela nous épate ... cad nous intéresse…

Dés lors difficile de se choisir définitivement selon et pour et par un (ou une) autre …

Non peut-être par égotisme … mais parce que aussi (et autant sinon plus) la personnalisation, l’intérêt pour soi, cad non pour son ego, pour son image, mais pour son, ses vécus, pour la substance même de ce que l’on vit …la personnalisation donc est en devenir …

Et remarquons que cela touche d’autant plus les femmes : parce qu’elles furent les plus restreintes en termes de possibilités de soi … (par le Couple, l’Enfant, la Famille, la socialisation, voir l’infantilisation, etc).

Que donc la demande même des femmes (particulièrement mais pas spécifiquement) et des hommes est double : d’une part retrouver une sécurité (qui indique sur une voie certaine), d’autre part un devenir personnel (qui incline vers une incertitude énorme de toute relation).

Personnalisation libéralisée (qui tient à ses objets), demande de sécurité qui retentit d’une ancienne formulation (personnalisation réglée).

La menace de la rupture d’avec l’ancienne formulation est un danger ressenti comme très profond, (puisque cette rupture casse et jette dans la déréliction ce qui précédemment était considéré et marqué comme socialement et humainement une identité).

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