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instants philosophie

la lutte

13 Juin 2007, 22:43pm

Publié par zward

Pour que l’ensemble puisse progresser, il faut que chaque unité soit à elle-même son unité.

Ce qui n’est pas du tout une répétition, une tautologie.

 Parce que unité, on en est une, de fait… seulement est-ce qu’on l’exprime ?

Il est bien certain que d’exprimer l’unité que l’on est change cette unité même.

Ainsi il est une unité de fait et une unité pour soi même : une unité que l’on n’exprime pas nécessairement, et une unité qui se dit : « je suis une unité ».

Il est aussi certain que l’on peut se dire « je suis une unité » à part soi, et que c’est très différent si l’ensemble humain dans lequel on vit, nous prédit un tel statut ; que soit reconnu en somme que chacun est une telle unité ayant une indépendance et une capacité, des facultés et des possibilités, dont cette unité est seule juge et actrice.

Tous les ensembles humains ne l’autorisent pas.

Que cette unité puisse être reconnue dans un ensemble humain, qui veille toujours d’abord à l’unité de sa propre et seule ordonnance, signifie qu’un dialogue a été instauré entre ces unités individuelles et cette unité qu’est l’auto corps socialisé, qui lui se dit effectivement.

Tout le but de la culture telle que nous l’entendons depuis 25 ou 30 siècles est de fonder/organiser un tel dialogue. Qui n’est pas seulement de « discussion », de parole mais de mise en ordre des actes, des activités, des règles, des finalités, bref de tout ce qui est vécu, produit, ordonné,

La tautologie est donc la mise en représentation, visible par et pour tous, cad chacun, de ce qu’il en est de l’unité individuelle.

Ainsi mise en lumière, chacun peut se figurer son propre visage de cette unité, visage tel que disposé pour tous, grosso modo, et doué de plus ou moins de variations, d’expressions, de statuts, de réalisation comme idéal de soi. Qu’il puisse exister une telle culture de représentation de soi, cad de « soi(s) » est la création de ces siècles-là.

Pour que l’individualité puisse s’imposer sur la représentation et finalement qu’elle soit à son entière disposition, il faut affirmer que toute la vérité, toute la liberté, toute la réalité ne naît que par et pour cette individualité. Ce qui fût fait : le cogito.

Et qui précédait le cogito, cette logique interne de tout discours, par quoi le discours sait tout ce qui peut l’être (à partir de soi seul), et selon lequel nommément il est dit : que l’explicite est ce qui est à disposition de chaque sujet.

Alors il se peut que ça ne soit pas tout : que, bien qu’il soit au cœur prédisposé d’une ordonnance socialisante spécifique, l’individualité soit encore le jouet de nécessités. Comment en serait-il autrement ? Quelle stratégie ne mettrait pas, une mise en ordre socialisante, afin de se préserver ?

Elle n’hésiterait pas. Elle est poussée à s’auto communiquer à soi, que le mécanisme gigantesque fonctionne et se cause.

Mais le fait est que la structure de cette architecture est fondée, au moins en partie, sur la connaissance qu’a l’individualité de son règne (fût-il limité et de plus en plus contraint par un système socialisant).

Et c’est de vouloir transformer ce savoir (de soi) en spontanéité égocentrée et égocentrée en un sens extrêmement spécifique, qui anéantit le cogito, cad le Sujet.

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