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instants philosophie

Kant l'insensé

21 Février 2008, 22:43pm

Publié par zward

Ce qui reste c’est donc le point de vue kantien. Sauf qu’il n’est plus de sujet transcendantal, mais que néanmoins il demeure un sujet formel (à quelle conditions ? et où et comment le situer ? la formalité du sujet qu’est-ce ?).

Et c’est bien sûr qu’il s’angoisse le sujet, tout seul, sans rien, et qu’il va à la pêche à l’être (Heidegger). Il n’a plus rien, et ces structures transcendantales, puisqu’elles le constituent, ne lui sont rien … car sans l’être il ne peut pas se définir.

En cela il est bien pire enragé que le doux sujet kantien … On ne la lui fait pas… Il sait bien que sa parole à lui ne vaut pas tripette, que cette parole n’a de sens que si elle a une réalité ; que de dire, « ailleurs et lointainement, ça s’arrangera … »,  il s’en fout …

Comment dire ? … il veut du concret, il veut le concret.

Aussi, après Kant, ça va recommencer, la soif du même réel. On l’aura : on aura sa peau, de toute manière, c’est lui ou nous. Le non sens et l’irréconciliation, ceci est notre lutte, notre guerre, notre haine, notre soif. C’est-ce cela qui va se répandre sur la planète ; comme Kant retient l’être, là où il est supposé être, un jour, c’est la foire d’empoigne sur la surface ; où voulez vous que ça aille, l’être, si on nous raconte que ça forme seulement le sens, tout dépourvu de contenu.

Et ça dit bien ce à quoi ça conduit (Kant) ; à reporter l’être bien au-delà de cela qui est-là.

Mais on ne peut pas y échapper ; ça est-là.

On le dit, on le sait depuis le début. Si l’on reporte au-delà, ce qui est si manifestement présent, on s’aliène.

Aussi heureusement que Kant est tout concentré sur son sujet , sur sa structure , sur tout ce qui peut en être pensé, il en établit la cartographie exacte, impeccable, mais alors… c’est donc que tout sujet, tel qu’il est à penser, n’est pas le propre, réellement entier, de l’objet philosophique. C’est que si, pensant le sujet, sans l’être, il en reste encore, de l’être,  c’est enfin que  l’essentiel n’est pas abordé …

Mais il est, néanmoins, délimité. Délimité par la circularité du sujet décrit. Et c’est par en-dessous, en deçà, que ça dit, Kant, ce que c’est que l’être. Ça le dit quand même, malgré tout, parce qu’on ne peut pas faire autrement, en tant que philosophie.

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