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instants philosophie

Descartes l'absolu

17 Avril 2008, 19:37pm

Publié par zward

Descartes l’absolu.

Parce que tout ce qui suivit, fût commentaires … mais les commentaires sont essentiels : puisque ça n’est pas un texte qui est inauguré, inventé, c’est un être qui est mis à jour.

De même que l’on n’a jamais une vue totale d’un objet, quand bien même on tournerait mille ans en tous sens, de même de cet être sujet on n’en prend pas, jamais exactement la mesure, puisqu’il est tel un objet posé, en soi. Ce que reconnut Kant. Le sujet est en soi, caché à notre possibilité.

Or Descartes ne l’entend pas exactement de cette oreille. Il ne dit pas non plus que le sujet a son être dans la pensée ; je pense donc je suis ; ne signifie pas que je suis « de la pensée » mais que par la pensée (comme expression vers moi-même), je suis certain que je suis un être, cad que je suis et que donc l’être est , sans que l’on sache quoi que ce soit de cet être. Un être qui détient la pensée (comme l’imagination, la sensibilité, etc), et qui ne se définit plus alors, au mieux, que comme …volonté. Mais c’est une appréhension médiane que cette volonté ; c’est « ce qui dépend de moi » qui résume toute volonté dans son effet connu le plus général et le plus influent. (Que l’on retrouve aussi bien dans la morale envers ce que je puis).

La volonté est ce qui échappe à la pensée ; la volonté est ce qui se réjouit de soi. De sorte que la volonté ne dissimule rien ; sinon de n’y voir pas clair en ce qu’elle veut. A quoi toutes les autres facultés doivent concourir. Et ce qui chapeaute l’ensemble des opérations, on serait bien en peine de le définir hormis qu’il est question d’un accord de soi avec soi dans la compréhension de ce que l'on propose (donc d'une méthode de discernement et ayant refoulé toute autre représentation, refus que l'on mesure à peine en sa totale uni dimension). Le soi étant entendu comme l’opération globale que nous sommes, et opération qui porte sa mesure en ceci : qu’elle est passée au travers du doute cartésien et des méthodes de certitude. Cad que le soi, c’est la décision, le fil invisible qui décide, le plus fragile et le plus subtilement accessible ou inaccessible ; que vais-je accepter ou repousser ?

Il ne s’agit donc pas d’une « entité » fermée, d’une définition définitive, d’une substance qui serait chose figée, (le « sujet »), mais acte purement vivant et effectif, dont l’effectivité, l’efficacité est proprement l’objet singulier de la méthode. Pas une pierre sur laquelle le reste se bâtit ; mais ce en quoi et par quoi toute construction est portée continuellement, dans sa propre continuité.

Au lieu qu’autrefois il était dit que le discours tenait tout seul, il est affirmé ici que ça n’existe que par ma volonté, cad mon intention. Et cette intention ne loge pas tant précisément dans un « sujet » que dans la mise en œuvre complexe, et active en ces facultés, d’une intentionnalité qui a besoin de se définir comme projet.

En somme l’essence de ce qui proposé constitue la liberté. Notre être est la liberté. Ce qui est bien plus que de dire que nous sommes libres. Ce qui est enfoncer le libre dans l’être, qui comporte donc une part libre, évidée, mais décisionnelle. A l’extrême pointe du dire, mais donc décisionnelle. Et qui ne décide pas momentanément ; qui décide comme projet de soi. En tant que, par le doute, je n’admets rien.

Pour tout cela, Descartes est incontestablement lié à ce qu’il dit ; son exposé est entier ; il ne faut pas manquer une partie de ce programme qui définit le sujet dans son acte (qui est complexe, non seulement multiple, de parties diverses, mais complexe de parties d’une seule construction argumentée, cad articulée à elle-même, à sa volonté décidée). L’articulation est « ce qui met en place un dispositif ».

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