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instants philosophie

De la perfection (la méfiance du corps réel)

11 Décembre 2008, 22:52pm

Publié par zward

Le sujet, limité, c'est lui qui crée l'être ; l'idée de l'être, qui le circoncit absolument à ce qui le tient ; le mot lui-même.
Dès lors impossible de se détendre ; enfin disons que ce fût encore pire que toutes les organisations qui précédèrent. Ce fût le début du carcan d'acier. Cela même que l'on adore et que l'on insupporte. Cela même qui nous contraint pour notre bien. Il fallut s'astreindre et se concentrer. Tout, toute expression, et donc tout notre être c'est en une fois décidément resserré.
Il est impossible d'y échapper ; et bien que le fantasme et notre naturalité s'y débatte, l'enjeu, de taille, et de fonder en spontanéité ce qui ne l'est pas du tout, ce qui est morsure et drame, pénibilité et travail, et donc intensités et variations ; subtilités et substance, différences et ensembles, précision et distances, résultats et hypothèses existentielles du sujet intentionnel.
Parce qu'il n'est aucun autre moyen de comprendre ce que c'est que la réalité que de l'intentionnaliser ; et ceci est une construction mentale qui met en avant le corps et l'attention portée à. Cad l'intentionnalité. L'intentionnalité n'a rien d ‘abstrait. C'est au contraire le vécu, les objets, les organisations humaines, les relations figées qui font figure d'abstraction. Et si il faut considérer la disparition du corps, c'est pour le recréer vivant d'une autre vie ; cad d'une autre attention, d'une concentration. Toute la méfiance philosophique envers le corps n'avait pas d'autre finalité que d'inventer une vigilance extrême envers ce qui est. Et ce au détriment de l'imaginaire fabriqué. Au point que ce que nous adorons dans l'esthétique, c'est précisément qu'il faille s'efforcer d'y pénétrer dans tel entrelacs de lignes, de couleurs ou de sons. Que sinon ça n'a pas de signification et n'attient rien ; qu'il faut ce corps çi pour parvenir à cette fin.
C'est tout le reste (du vécu) qui n'a aucune signification. Qui est abstraitement extérieur et mort, figé et stéréotypé, froid et trop, si bien ordonné.
Parce que de se glisser dans son propre corps, c'est amasser la folie froide et pleine de hargne ; c'est vouloir. C'est exister la pure intentionnalité formelle, qui ne sait pas "ce que" elle veut, mais le veut absolument. C'est le plus grand désordre qu'un corps puisse supporter, et ce pour quoi, et au fond par quoi, il est fait.
Ainsi tout est parfait.

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