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instants philosophie

Le moment historique

14 Mars 2009, 17:15pm

Publié par zward

En résumant, il est donc d'une part un développement unanime de l'universalité ; en tant qu'universel, réalisé et installé comme Etat et culture. Mais sur ces bases s'est élaboré une personnalisation qui a dépassé son rayon d'action prévisible et a instauré le règne des mois. Comme anticipé par le contre hégélianisme de haut vol, tel Stirner ou Nietzsche, et tel qu'exprimé au travers des existentialismes (Heidegger, Camus, Sartre, etc). Mais aussi semblablement investigué par le psychologique ; de Freud à Lacan en passant par les thérapies diverses.

Par ailleurs le moi a pensé (puisqu'il est si l'on suit l'hégélianisme, qui définit l'universel abstrait ; État, Droit, culture, Discours du savoir ; puisqu'il est le moi, l'universel enfin concret), le moi a pensé se libérer ; inventé son propre régime de réalité. Son égocentrisme, il l'a payé d'oublier son être structurel, mais à fin de produire son être concret ; au travers de ses libérations, au cours du 20ème siècle, il fonde ce qu'il en est de l'être humain. (Valant pour tous les siècles précédents et comme de fait pour toute la planète, aménagements inclus.)

Ad ; aucune humanité ne peut se développer si les unités qui la composent, ne sont pas elles-mêmes des personnalisations ; antérieurement au moi du 20 ème, il était insoupçonnable que l'humanisation se produire en et comme ceci ; la personnalisation était le fait de l'élite, ou des sujets culturellement augmentés. Elle se produisait contre toutes les institutions, puisqu'elle visait ce qui arriva ; l'instauration d'un État de droit, garant du statut fondateur de l'humanisation suffisante.

Ceci se manifesta de la coupure radicale entre notre culture du 20 ème, et tout ce qui la précédait ; il semble que les mois éprouvent une difficulté étonnante à absorber la représentation humaine antérieure à l'instauration de leur règne ; se coupant conséquemment de leurs causes, leurs origines, et de tous les Sujets, agents de cette représentation tendue vers la réalisation démocratique individualiste.Et inventant leur monde ; des luttes salariées aux féminismes en passant par les années soixante.)

Tout en cet individualisme est amplement justifié ; il est cependant en lui-même profondément désorganisé ; privé de tout fondement de compréhension interne, il ne tient que par son statut ; sa garantie étatique primitive ; il est, existe, se vit, et se lance dans ses vécus à partir de cette logique là (le droit est une telle logique en soi, qui s'impose parce qu'elle ne peut pas bâtir un système si elle se contredit). Cette division s'en ressent jusque dans son vécu le plus concret, mais cela n'est pas penser imposer on en sait quelle définition humaniste de l'être de l'homme. Ce qui manque à l'humanisation personnalisée (dont la personnalité est le fondement adéquat, mais limité historiquement), ça n'est certes pas de penser vouloir imposer une universalité telle qu'elle fût prévue et pensée ; cette universalité avait pour fonction de s'imposer-réaliser comme Etat. Elle est inapplicable et impensable une fois l'Etat déroulé.

De même, tout ce qui entoure le moi réalisé, de la philosophie aux sciences humaines, exprime ce statut et ses productions dans toutes ces amplitudes ; ainsi des nouveaux droits augmentés, sociaux par ex ; revenir sur cette socialité est une aberration dix neuvièmiste ; elle ne signifie rien qu'une instrumentalisation idéologique et non pas la sainte décision de rétablir une « vérité ».

Quittons donc ce passéisme. Par contre puisque les mois sont en état d'indépendance, au moins théorique, et puisqu'aucune législation ne peut plus s'imposer abstraitement, cad pour nous arbitrairement, il s'en déduit que ce sont les arrangements entre les personnes qui se doivent de résoudre les problématiques complexes ; et comment résoudre la dite complexité que nous sommes devenus sinon d'en passer par une auto régulation ?

Lequel arrangement ne peut exister sans médiation ; les institutions entre-individuelles sont encore peu développées. Les organisations non étatiques en sont un exemple.

Remarquons que les personnalités en question ne sont pas dépourvues ; elles disposent dorénavant d'un siècle, voir deux, d'expériences en tous genres ; elles sont épaisses de leur propre historicité ; cette histoire humaine de la personnalisation est effectivement réelle et non plus une option théorique d'universalité non expérimentale, purement, jusqu'à l'Etat, théorétique ; cette historicité est à fondement métaphysique.

La philosophie.

En quoi donc il est si évident que le métaphysique, cad la définition de l'être de l'homme comme savoir, qui sut, dés le début, qu'il initiait une révolution complète et totale de l'humanisation en soi ; et ce à rebours des peuples et des civilisations et des cultures qui centraient leur unité dans la réalisation imaginaire de l'être.

La question de l'être est centrale en ceci qu'elle pousse à formuler là où cela (le vécu, la réalité, la vérité, la liberté, l'esprit ou l'universalisme) se rendent réels effectivement, cad pour de vrai, en tant que résultats constatables et constatés, par des dispositifs partagés ; tout cela implique l'indépendance diverse et qui n'est pas encore au bout de son déroulement ; à charge finale de développer en complexité le monde humain afin de le rendre capable de la réalité. Laquelle réalité n'est absolument pas encline à nous en céder ; elle réside en elle-même, cette réalité, et nous en sommes distanciés ; c'est uniquement en considérant le monde humain comme traitement et adaptabilité intelligente au donné et donc à la mise en exécution du plus grand potentiel possible, que cette réalité pourra, par l'humanisation, devenir notre réalité. Ce qui signifie donc que cette humanisation se doit de se réguler avec et par la richesse, selon le concept étendu, et non pas fictif, ou hiérarchique, de sa distribution et de son dynamisme.

C'est par et via les libertés que les sujets humains seront capables de mener le complexe et la formulation ; si il n'est aucune formulation possible à destination des sujets, il n'est aucune porte de sortie à quoi que ce soit. Les organisations tentaculaires négligent profondément cette logique ; et tendent à multiplier le mépris confondant pour les subordonnés ; réinstallant une élite aberrante et peu partageuse ; qui contient le déploiement humain selon des flux concentrés limitatifs et sans avenirs. L'organisation passe par ceux qui sont les plus aptes à organiser ; et comme le centre de décision des sociétés n'est plus l'élitisme des castes, mais la décision individuelle parce qu'individuée, toute pyramidale sociétisation est vouée à l'obscurantisme. C'est du reste la consommation individuée qui est le moteur de l'économie.

Tout ceci repose sur la définition abstraite du sujet humain ; qui ne semble que le résultat de son statut, au lieu qu'il faut entendre ce statut comme prémices de ce qui peut être. Mais ce qui peut être ne le peut, sauf d'être produit des sujets eux-mêmes ; à moins de redescendre dans la complexité.



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