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instants philosophie

La porte de sortie du moi psychologique

21 Mars 2009, 12:27pm

Publié par zward

Que le moi ait à devenir intellectuellement ce qu'il est de fait, (hégéliennement), d'un fait qu'il ignore et qui le travaille ; puisque sa forme légale le tire vers une réalisation concrète telle qu'elle soit maitrisée (par exemple psychanalytiquement et plus largement dite du symbolique mais qui ne peut plus recevoir cette appellation ; qui passé dans l'altérité pure du signe).

Cette maitrise n'a aucun sens coupée de l'institution ; il n'est aucune résonnance nietzschéenne de ce qui serait, de par soi, entièrement achevé dans sa « volonté » ; le fait même que l'on puisse en appeler à une idiosyncrasie de la « volonté », marque l'impossibilité concrète de sa réalisation. (Ce qui ne signifie pas l'échec de sa motivation individuelle ou hyper individuelle, ni l'inefficacité de sa vision du point de vue strictement individué au plus haut.)

Il n'est aucune possibilité de la personnalisation, si ce n'est dans l'humanisation correspondante. Mais il n'existe pas plus d'humanisation qui tiendrait de par soi ; qui serait l'application d'une empreinte sur la mollesse d'une cire vierge : le discours s'imposant comme contenu de toutes les consciences.

La réalité humaine apprend à se fonder, depuis l'inversion démocratique, dans le concret lui-même ; l'émergence du moi n'était pas prévisible comme tel. Et ça n'est pas seulement la personnalisation qui se crée, se produit et se découvre, c'est le monde du moi psychologique et par essence existentiel qui s'impose comme aboutissement historique ; c'est le monde des mois entre eux , et de ses bases, mais aussi bien de la mondanéité , de la phénoménalité, des substances et des essences effectivement réelles, qui remontent jusque dans ce qui, jusqu'alors, était investi soit par l'institutionnalisé (les hiérarchies et les castes, les clans et les cultures communes), soit ensuite par l'universalité humaniste , légitime mais abstraite et, profondément, théorique.

L'émergence de cette catégorie qui emplit toute vie, le moi, c'est le passage du théorique abstrait à la théorétique immergée dans la concrétude des réalités ; dit autrement ; toute individualité reconnue comme telle (dans ses statuts et dans son identité culturelle, voir cultivée) est déjà, est-déjà, réflexion... Le moi de fait, de par sa nature et bien qu'il ne perçoit peut-être pas comme tel, travaille son identité ; non seulement ses contenus, ses vécus, mais sa structure, sa position, son rapport au donné, au monde, aux autres. Le moi est-déjà une unité rationnelle en soi ; suivant parfaitement l'adaptabilité de l'Esprit, universel, devenu contingent, fin de l'histoire, mais réalisant dans cette contingence ses mille vérités et accessibilités. Le moi est déjà une unité pensante ; alors qu'auparavant la réflexion était confisquée par l'institué ; par l'universel non pas même abstrait (qui demande un discours cohérent comme repère et qui viendra ensuite par l'Etat), mais par l'universel imaginaire collectif, ou plus subtilement par l'universel symbolique. Forme ancienne de la prononciation.

Prononciation que l'art et la littérature, qui se sont considérablement développés, ont adapté ; adapté l'ensemble du symbolique, et ceci en et par l'advenue individuelle à la réalité, ont exprimé cette production par soi et ce dans un monde rapidement nu et étal ; ont instrumentalisé la création, et l'invention des signes, comme au-delà du symbolique. Il ne s'agit plus de partager, selon ces Sujets, (en quoi consiste le symbolique) mais d'apprendre de tout Autre Sujet, à condition qu'il soit un Sujet Autre, émergeant d'altérités.

Universel symbolique qui n'est plus, qui était tiré du monde, et dont l'essence était censée être cachée dans le monde ; révélée par une écriture, un texte, un savoir imaginaire de symboles et de correspondances, pensé collectivement par quelques uns mais en vérité on ne sait par qui. C'est cet imaginaire que l'on retrouve lové dans le moi psychique ; celui qui s'imagine être. Parce qu'il ne sait pas préciser la rigueur de ce qu'il y a à être ; l'être n'existe absolument pas comme on l'imagine, mais s'éprouve parfaitement tel qu'on le pense. Et l'art comme la littérature sont en ce sens de la pensée concrète ; de la technologie amplement sophistiquée ; des manipulations créatives de sujet à sujet.

On s'étonnera de la dégringolade des signes en signaux mass médiatiques. Mais le repli incessant du moi dans son imaginaire pseudo symbolique tourne autour du sujet absolu qu'il est au-delà de n'importe quelle incarnation insatisfaisante ; incarnation dont cependant les mass médias nous y font croire ; dont ils nous gavent ; incarnation produite industriellement.

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