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instants philosophie

L'historicité réelle

4 Septembre 2009, 20:13pm

Publié par zward

Quiconque n’est pas dupe, sait bien que la satisfaction réelle ne tient pas du tout dans ce monde, ou dans n’importe quel autre, mais dans l’accentuation de l’esprit pour lui-même.

Dans la surface de l’être, cette surface vide, on installe le discours ; le savoir cohérent explicité qui à partir des mots tire des notions, des concepts ; dans la conceptualisation, le monde, en général, est pensé, et la pensée est entièrement découverte à sa propre vue.

A partir de ces noyaux endogènes de compréhension, tout le pensable est étalé ; sur la surface de l’être. Cela forme un monde en soi, idéal, conceptualisé, d’essences idéelles.

Or le monde n’est pas réductible à ces essences idéelles ; mais la pensée se devait d’élaborer son monde en soi, le monde-type, toute la pensabilité à partir de ces éléments très visibles accessibles à la réflexion (de « il y a le sec et l’humide » à « le temps est à cheval entre le passé et l'avenir »). Ainsi le monde d’un être vivant, existant dans un monde tel que perçu, aboutit à la pensée théorique d’un monde-type. Mais aussi d’un sujet type ; l’opérateur de cette pensée cohérente, tel qu’il se veut et tel qu’il connait l’idée de soi suffisante.

Commence ensuite la découverte du monde ; non plus du monde-type, mais du monde donné, là, réel. Toute la pensée antérieure a épuisé les possibles du langage, extrait, des mots, tous les concepts, et représenté adéquatement le sujet adapté à ce projet. L’ensemble de la représentation humaine de l’humain est intégralement développée et s’impose historiquement (comme culture, puis Etat, puis individualité). Cela s’effectue adéquatement de par le resserrement du concept ; les êtres humains s’entendent parce qu’ils admettent le discours comme fondement de l’essence de l’humain (hors la violence et hors les synthèses hâtives ; naturalistes ou religieuses ou communautaristes, etc).

Comme le discours est par définition, cohérent, on ne peut s’y soustraire ; il n’est pas de vie humaine hors de la compréhension. Ou alors une vie humaine moindre, amoindrie, répétitive et non cumulative. La raison, cette invention, est la possibilité de cumuler les savoirs parce que le savoir est défini éclairci, évidences, démonstrations et constatations ; toutes activités capables, puisqu’explicitées, de s’ajouter à toutes les éclaircies, démonstrations et évidences et monstrations qui viendront.

Dans un monde humain qui se répète, traditionnel, les accumulations sont impossibles ; on ne peut que les apprendre une fois pour toutes. Le même sens est à reproduire dans toutes les situations rencontrables ; mais la répétition commandite les situations elles-mêmes, et n’en retient que le sens équivalent.

Dans la cohérence, aucune situation n’est semblable. Et demande à être pensée, comme telle qu’elle est apparue, et au moyen du discours ; dans toutes ses cohérences ; minimal en fait, et dont on peut user comme des variables diverses et raisonnées. Nos savoirs, notre culture, notre droit ou nos esthétiques, s’utilisent comme autant de variations possibles qui nous permettent de discerner telle situation dans son approche même.

Ainsi chacun dispose théoriquement d’une approche effective, efficace, des réalités telles que là. On ne retrouve plus le sens, mais la spécificité. Et chacun de prendre en charge cette spécificité qui ne peut pas raisonnablement être recueillie dans un seul texte sacré, mais est de fait dispersée en tous les sens possibles ; ainsi la cohérence n’est pas la disparition du sens, mais sa multiplication. Reste en somme à réguler cette richesse sans la dilapider et sans qu’elle s’étouffe elle-même dans un monde humain chaotique. Puisque le principe fondateur est la compréhension (de ce que l’on dit, de ce que l’on montre, de ce que l’on décrit), et que l’opérateur réel de cette compréhension est l’individualité, on ne voit pas que l’on puisse réguler la richesse autrement que d’insister sur l’organisation interne de chaque sujet.

Pour ce sujet soit possible, il lui faut exister pour-lui-même ; rien ne s’organise qui ne se sait pas, qui ne se nomme pas en chef, et de pied en cap, dans sa propre action, activité, décision, organisation. Il faut donc penser.


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