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instants philosophie

assumation philosophique

12 Mars 2007, 22:06pm

Publié par zward

A partir du moment où un sujet commence de compiler pour lui-même son vécu, et les mots qui le traversent, et tout ce qu’il a reçu, perçu, il élabore son être.

Autrement dit c’est l’être de l’individualité (sa personnalité, son humanité) qui est remaniée : l’individualité a un devenir ontologique.

Mais ceci uniquement de son seul point de vue : qui lui est essentiel : il lui est essentiel de s’apercevoir que son être est susceptible de modification.

Ces modifications il les éprouve sans doute aucun, mais le jeu est de s’en rendre compte : ce qui n’est pas du tout évident. On est tenté de croire que ces changements, on les connaît dans la mesure même où ils sont vécus : c’est en partie vrai, mais peut-être pas en nombre exact ni en qualité spécifique : on tend à le croire parce que toute nouvelle unité de soi conquise, ou rapiécée, pour se maintenir, pour s’assurer de soi, aime à croire en sa spontanéité, en son innéité, en son essence à soi : voila, ceci c’est tel que je suis. Pour se maintenir l’unité doit économiser sur le doute, et affirmer absolument ce qui est peut-être seulement relatif, construit, oublié, séparé, divisé.

Annuler le doute, c’est conforter une unité de l’être (que je suis), déjà formée, préformée, unilatérale. Cad qui ne peut pas s’installer hors de son être. (Puisque son être occupe tout l’espace et tout le temps et toutes les distances : il occupe tout, puisqu’il n’est pas relativisé. Si il était relativisé, cet être-ci, maintenant, serait possiblement considérable comme Autre que celui qu’il fût ; cad relatif au temps, relatif lorsque avec telle autre personne, je ne suis plus le même qu’avec telle autre ; lorsque plongé dans telles conditions, je deviens un autre ; etc.)

Qu’il y est une relativité du sujet, cela pousserait chacun à ne pas demeurer dans une incertitude : qui suis-je réellement ? Mais à résoudre l’incertitude, par une production consciente, cette fois, volontaire, intentionnelle, de signes qui définiront à neuf mon identité. Qui me la définiront pour moi-même (pour les autres, pour les situations à venir, etc), mais cette fois en toute clarté ou visiblement et notoirement construite ; et non plus dont l’unité serait immédiate et spontanée et indiscutable.

Ainsi cela provoque fondamentalement un accès de complexité, un excès. Qui n’était pas là à l’origine, spontanément, cette complexité assumée, est absente.

Il est bien évident que le moi dans toute sa spontanéité, assume parfaitement son unité (créatrice ou rapiécée), mais que donc l’assumation volontaire, c’est autre chose : c’est une autre technique d’être.

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