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instants philosophie

Avant et après l'universel

6 Juillet 2011, 10:20am

Publié par zwardoz

Ainsi donc la première orientation du langage se fixe comme Parole. Tous partagent la même parole qui distribue le monde ; ce que l’on nomme est, ou le monde, inversement, définit de lui-même ce qu’il y a à dire (c’est indiscernable), et surtout le partage entre tous (ce qui ne signifie que ce soit un partage « égal ») est à lui-même la transmission (absolument nécessaire pour assurer la garantie du groupe, en interne et en externe). Tout ce beau petit monde est extrêmement perturbé par les événements et les incertitudes ; il régule tout ce qui advient (quitte à inventer ici et là, pourvu qu’une logique soit intégrée) et c’est énormément de travail.

Mais il advient une auto régulation ; ça n’est pas seulement la science qui se cadre sur le donné ; c’est la théorie qui se préserve soi en créant sa cohérence (puisque de toute manière on ne comprendrait rien si ça n’était pas ordonné). On invente donc une égalité de tout énoncé avec lui-même. Ensuite cela passera dans les nombres, les mesures (sinon il est impossible de caractériser le donné, la détermination par des mots ; seuls des millimètres permettent de repérer, de topographier, de calibrer tandis que les mots sont à usage du vivant et de ces grandes « molécules » si visibles, les choses, les êtres, les qualités, etc)

Or malgré tout, comme les nombres ne couvrent pas et ne règlent pas tout le donné, il demeure immanquable de continuer de les penser ; et donc outre les connaissances (précises et objectives), il se stabilise des notions. Tout cela fut mis en œuvre philosophiquement ; entre autres, mais essentiellement.

Ces notions sont élaborées comme savoir (et non comme connaissances) ; il est clair que ce ne sont pas malgré tout des « notions subjectives ». Le subjectif est né à partir d’un certain état développé de ces notions ; soit donc l’universalité. Auparavant, avant l’installation durable de l’universel (comme Etat, droit, culture adéquate, morale, et donc personnalisation), l’universel constituait l’être même des grandes subjectivités ; elles étaient porteuses du monde humain à venir, qui est venu, qui est le nôtre. Montaigne est un notable, Shakespeare nous entretient des rois, et comme Molière se noue la subjectivité grandissante dans la sorte de proto universalité latente, qui viendra.

Subjectivité qui sera larguée ensuite, lorsque l’universel s’imposera comme Etat.

Rimbaud est dans la post-universalité ; se découvre le monde comme champs inexploré, parallèlement au langage non régulé par quoi que ce soit. La subjectivité se cherche une ou des lois, tout comme auparavant l’universalité constituait l’intériorité potentielle des subjectivités ; sauf que Rimbaud n’en découvre pas, Nietzsche pas plus, et encore moins Artaud. Eros ou Thanatos, ça ne compose pas une loi. La description, d’un donné, monde ou langage quotidien, ça ne porte pas plus loin que le donné ; l’universel, lui, est inventif non dans le donné, mais dans la structure.

 

Or cependant l’universel s’est installé ; comme politique, science et personnalisation ; monde, donné et vécu. Le subjectif est donc, chacun pour soi, rabattu dans une sorte de no man’s land, célinien par ex ; il n’y a plus personne, puisque chacun est isolé par le notionnel.

Or la communication pèse sur les épaules de chacun d’une part, (outre et en plus du no man’s land) et d’autre part l’ordre, sociétal, est encore constamment soumis aux pouvoirs, qui monopolisent ; et c’est la parole, l’ancienne parole, cette fois toute puissante, (puisqu’elle n’est plus régulée au-devant de tous, et qu’elle double la « chose publique » de toute manière), Parole qui enfonce le clou. toutes les brides de communication

La pesée sur chacun de la communication nous intime l’ordre constant de nous conformer à cette unification individuée. Il n’est pas lieu de récriminer sur la conformation de notre être par la société, etc ; mais l’inverse. Nous n’avons pas envie seulement d’être limités individuellement. Autrement dit, le mouvement imprimé n'est pas ce que nous en attendions. En tant que subjectivité nous ne demandions pas d’être « encore plus nous-mêmes », mais d’être universellement.

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