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instants philosophie

Connaissance ou savoir du Sujet ?

8 Janvier 2012, 13:46pm

Publié par zwardoz

 

La philosophie (qui est l’empire du contradictoire par essence même) ne pose aucune vérité ; elle propose que la vérité soit la structure qui règle les propositions. De cela que toutes débutent par l’interrogation, la suspension du jugement, le doute, voir le scepticisme, etc.                

Il ne convient alors certes pas que l’on puisse penser organiser la société humaine via une vérité assénée. C’est qu’alors la vérité est conçut comme un contenu plus vrai que les sujets.

A l’inverse donc l’histoire n’a retenu que le formel ; chacun est libre tant que cela ne nuit pas. Aucun contenu, (sinon des contenus qui viendraient briser tel autre sujet, et cela peut varier mais le principe est tel) ne peut prendre le pas sur ce que l’on nomme la « liberté ».

D’aucuns interprètent l’ensemble des réalisations à partir de la liberté dite alors formelle, comme un délire contingent et la fuite ou l’effondrement dans l’immédiateté (ce qui veut dire que les libertés ne trouvent aucun débouché sinon de s’approprier, le monde, ou de s’enfoncer dans la satisfaction du corps, des objets, des signes absurdes, etc, qui aplatissent au raz de terre). Les conceptions entièrement négatives du 20éme siècle sont légions ; à croire qu’à cette époque donnée, il n’est rien d’autre à comprendre que la mauvaiseté.

Outre la récrimination continuelle que cette attitude installe, elle ne permet pas de comprendre ce qui s’est passé et comment et encore moins pourquoi, durant tout ce 20ème siècle. Et puis de plus ça ne permet absolument pas du tout de remodeler les problèmes, puisque l’on y substituera une résolution imaginaire ; une moralisation idiote (douée d’un passéisme en général), un comportementalisme des petites limites, une déperdition sombre de l’universalité (des constitutions ; les constitutions embêtent tous les matamores mafieux), ou donc l’advenue soudaine d’une Vérité qui serait plus grande que les individualités.

Le principe, que chacun soit en lui-même l’universel en soi, soit donc le libre comme tel (qui n’est évidemment pas le « n’importe quoi » et comme tel n’est pas l’effondrement dans l’immédiat, bien qu’effectivement cette perte menace quiconque), définit donc ni plus ni moins l’être de l’homme comme réel.

Autrement dit, en gros et pour faire court, le sens de ce qui est, de ce qui est tel comme monde, comme réalité(s), se joue en et par chacun. Ce qui parait absurde. Mais ça n’est pas bien sur au sens où chacun déciderait du sens de l’être et que cette décision serait effectivement suivie de conséquences mondiales… mais bien plutôt au sens où pour chacun il se joue qu’il puisse advenir à être (être intégralement tout ce qu’il peut et doit être).

S’il existe une vérité supérieure à chacun, il devient inutile de creuser l’être de chacun ; or c’est pourtant ce qui nous préoccupe absolument. Et toute véridicité supérieure tend à renvoyer à rien cette épreuve, cette expérimentation plus ou moins intégrale, cette exploration ; la vérité « supérieure » renvoie tout un chacun au contingent, et à l’effondrement tout le 20ème. C’st qu’elle superpose au sujet ses contenus comme étant plus vrais et réels que le sujet lui-même. Le sujet étant ramené à une fonction d’enregistrement, plus ou moins active, mais sans vie, sans unité de par soi. C’est le « de par soi » de tout sujet qui est condamné à n’être rien selon la Vérité Supérieure.

Or la réalité du sujet ne consiste pas à lui affecter un quelconque contenu. Le sujet est dès le début, cartésien, un dispositif, un ensemble de fonctions qui produisent l’être (du sujet) mais cet être parvient ainsi immédiatement à une unité de par soi. Laquelle est dite, ici, inexistante, non au sens où elle n’existerait pas (ce qui n’aurait aucun sens), mais en ceci que sa structure est en-plus de ce dont elle est fonction(s). Les fonctions produisent une unité, qui se crée et prend le pli de se créer malgré tout et au travers et dans la complexité (grandissante puisqu’ayant une unité elle obtient une historicité, un devenir du par-soi-même).

Et c’est ce qui s’est fabriqué ; puisqu’à la suite du cartésianisme, on a réfléchi et démonter toutes les réalités et les fonctions entourant ce sujet ; qui peut être nommé « sujet de la science » si l’on veut, et qui pense les déterminations alentour. Sciences humaines, psy, ou biochimie ou sociologismes ou idéologies, etc, formulent les réalités et fonctions autour du sujet (quitte à nier qu’il puisse exister un tel sujet de par-soi). Quoi que l’on en pense, ces contingences et nécessités et descriptions sont produites sous les yeux du Sujet.

Comme il n’est aucun contenu, mais que sans lui aucun contenu ne pourrait être développé ni objectivement ni subjectivement (auparavant les contenus se régulaient par soit la Parole, des tribus, des groupes restreints fut-ce des empires, ou soit par les ordres symboliques, qui simulent un groupe via une Parole, qui augmente en universalité), il faut donc ajouter que le devenir en propre du sujet est bien plus réel que tout objectivisme et que tout subjectivisme et que l’un comme l’autre sont contenus dans le sujet ou plutôt (comme il n’est rien) dans l’horizon du sujet.

Le sujet n’est pas pensable ni selon les objectivismes (qui s’accordent par définition aux déterminations et font œuvre de sciences) ni par l’objectivité qui tend toujours à l’idéologie ou l’idéomanie consistant à réduire de l’extérieur ce sujet qui seul non pas conçoit, mais est son propre savoir.

Alors par savoir il faut comprendre non pas une connaissance extérieure de soi, mais l’être à même de soi. Pour chacun est à la fois le savoir et le non savoir de soi, mais en cela seule la psychanalyse (et en partie Sartre et un peu la phénoménologie, y compris Heideggérienne) affronte durablement le problème ; le sujet glisse hors de soi, hors de son savoir « nommé » de soi vers et dans un savoir « non su » de soi ; puisqu’il est immédiatement ce qu’il perçoit, bien qu’il n’est pas du tout cela qu’il perçoit, sinon il ne s’en distinguerait jamais. Dans cet exemple, la perception est « à elle-même » son expérience, et est en elle-même réflexion ; c’est une construction qui se paramètre et ça n’est pas que toute connaissance lui serait extérieure, et donc non vraie, c’est qu’elle intégrera toute connaissance dans le champ premier (qui quels que soient les extériorités se recomposera comme premier.

On peut désirer ceci, tout en n’y sachant rien ou peu. On peut désirer ceci, tout en en connaissant beaucoup plus ; et le champ premier redevient tel quel, cad premier. Il est dans le sujet qui est, non au cumul invraisemblable de fonctions et de réalités, ce serait le cas d’un idéalisme du sujet, détenant « toute » la vérité et tout le libre, mais à la conjonction des fonctions et des réalités, sans jamais n’être aucune, il est non pas une illimitation ; mais une limitation. C’est dans la limitation qu’il fait « attention à ». C’est à partir de cette attention à, que tout se joue (d’essentiel), cette ridiculement limitée attention à. Qui ouvre ou ferme, finalement, au final, au bout de chaque compte, le possible.  

 

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