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instants philosophie

Continuité de Kant (le sujet par en-dessous)

28 Mars 2011, 20:15pm

Publié par zwardoz

Continuité de Kant.

Il est une limité dressée ; on ne peut pas parler hors du monde ; le monde est tout ce qui est. Sauf que l’on en a conscience, et que cette distance suffit pour que s’introduise dans le monde un plan autre que celui du monde.

Depuis que l’on se débat avec Kant, on ne cesse de renouer avec l’interdit ; on conclut tout et n’importe quoi, et cette fois comme la rigueur métaphysique est destituée, on en conclut hors, voir sans la raison. D’intuitions en a priori, de poésie en linguisterie, d’évidences matérielles tels la pulsion ou l’instinct aux parties du monde (la Société ou les résultats relatifs des sciences).

Or cependant, il est également malgré le largage hors de la rationalité, quelques-uns continuent d’une vraie logique d’interroger par-delà le kantisme.

C’est que le kantisme s’applique à une entreprise qui veut déduire de la pensée « ce qui est ». Or suite à l’apogée hégélienne, on sait que la pensée veut revenir à elle-même comme source et cause et effectivité de tout ce qui est. C’est chose faite et cela ne satisfait pas ; on a pu caractériser cela comme « fin de l’histoire ». Et il est bien clair que c’est autre chose, une autre logique qui débute.

La nécessité interne d’en revenir à Descartes signifie qu’à ce moment précis la volonté contrebalance encore la pensée ; puisqu’aussi bien Descartes recompose autrement l’empire notionnel scolastique (qui se fondait dans un discours-seul de connaissance), et que forcément Descartes débouche sur le dispositif complet de l’être de l’homme ; le dispositif volonté-pensée-perception. Là où les clôtures qu’il lui impose, à ce dispositif, sont loin de réellement recoudre les déchirures ; les déchirures ontologiques que sa réflexivité introduit dans le discours tout-un scolastique et qu’elle continuera de provoquer longtemps encore dans les autres sortes de discours tout-un.

Qui se recomposent, à grand efforts, et ayant introduit la déchirure dans la pensée, sous la forme de la variation du possible de Leibniz ou le monolithique Un spinoziste. Mais que d’autres tenteront de reconstituer comme dogmatisme ou absence empiriste et sensualiste de Sujet. La complexité soudaine du sujet kantien déborde comme à la fois Sujet (qui est non individuel et de par sa puissance surpasse le subjectif, devient tel que Descartes l’impose comme plus-que-raison) et comme monde inconnu ; le sujet kantien est celui qui a l’intuition du nouménal.

Le nouménal des choses et noumène de sujet d’une part, les idées de l’âme, du monde et de dieu d’autre part. Il est bien apparent que dès lors c’est le nouménal des choses, si proches, et du sujet, si immanent à lui-même, qui prendront le pas sur les Idées de la raison.

L’intuition du nouménal expurge, mais amplifie le sujet de sa concentration cartésienne ; de même que l’exploration du dispositif de sujet cartésien (volonté, jugement, perception, passion, sentiment, imagination, pensée dans sa globalité non distincte, mais non pas confuse) abonde sur le monde : comme donné-là, pour les mesures et non plus les idées du discours. Le réalisme domine, au sens où « on ne sait pas ce que la réalité est », cartésiennement et kantiennement, et ce envers et contre l’idéalisme (le discours se déduirait de lui-même comme Idées et se déduirait le monde, comme tout en une unité en soi ; dieu).

De même que Descartes nous montre le monde, là, mesurable et perçu, de même Kant enveloppe le donné perçu et imaginé et agi, d’une structure nouménale d’une part  et idéelle d’autre part. Perception, imagination et l’action comme le vécu, sont plongés dans l’intuition spécifique qui nous anime, qui nous existe ; le sujet transcendantal, le nouménal des choses.

Si Descartes affirme absolument la volonté (et le jugement donc, et sa suspension et ce que cela suppose, implique, impose), Kant immerge le sujet dans la présence des choses et dans l’étrangeté à soi du sujet ; le sujet s’échappe par le dessous. Il existe, généralement parlant, un dessous du monde que les Idées de la raison ignorent : le monde comme tout unifié n’est pas, l’âme comme Une et substantielle se disperse dans les structures du sujet transcendantal, et dieu est seulement supposé par la raison.

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