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instants philosophie

De l'absence (bien ferme) de désespoir

22 Septembre 2012, 19:57pm

Publié par zwardoz

Il serait absurde de postuler la déliaison de tout dans l’histoire humaine. De ce désordre on s’en convainc d’autant plus facilement que nous partons de l’évidence de notre être libre, et que s’il existait une direction à tout cela, celle-ci nous astreindrait.

Mais l’orientation générale serait donc qu’il existerait une programmation de notre être-libre lui-même ; de sorte que c’est de par son contrôle sur lui-même que le devenir, le véritable, advient.

 

La zone ontologique

Cet être-libre (ce qui seulement une manière de le nommer, ici et maintenant), se tient antérieurement à la « raison », l’esprit, ou la pensée ou antérieur au langage ou même antérieur au corps ; puisque l’on ne se situe pas en cela selon le monde, mais dans la construction ontologique ; ontologiquement, l’être-libre précède , alors même qu’il n’apparait historiquement qu’ensuite (au sens où enfin à un moment ou l’autre de l’histoire, il se dit à lui-même qu’il « est-libre »).

Dans la zone ontologique ce sont les possibilités que l’on mesure. La possibilité « être de conscience » est plus grande que la possibilité « corps » qui ne s’assure que de tel ou tel corps.

 

L’activité de conscience

Au travers de l’historicité humaine, ce qui se développe, bien que réel depuis le début, c’est l’activité de conscience ; comme elle ne peut exister sans se savoir,  et ce à défaut de se connaitre (notre être ne doit pas attendre de se connaitre pour se savoir, sinon il n’aurait jamais lieu), bien qu’existant depuis le début, il lui faut absolument pourtant  se déterminer et ce au fur et à mesure (bien qu’étant déjà présent à soi ; dés l’origine, il se sait intégralement comme absolu, sous différentes dénominations).

Déjà là, depuis que surgi (du langage et de la parole mais aussi tout autant sinon plus de la physiologie ; c’est que l’on ait une cervelle qui rassemble la perception, intérieure et extérieure), notre être de conscience navigue au travers des fonctions, des facultés, des identités, des mondes et des historicités humaines.

 

L’unité insécable absolument

Il faut bien supposer que malgré toute la diversité, il est structurellement un « être de l’homme ».

Le dégout, profond, qui nous pousse à ne pas admettre qu’il existe un tel être et que tout est livré aux nécessités ou aux contingences (ce qui revient presqu’au même), est aussi l’abandon de la certitude de la toute valence de l’universel pur et simple ; de l’universel en soi.

 

Le moi-même absurde et l’universel pur et simple

C’est que dans et pour notre esprit, il n’est plus d ‘universel mais seulement l’être-libre ; chacun hait la pensée, toute pensée, parce que toute pensée est réflexive et que tout être-libre est pareillement de la réflexivité pure , que donc les deux entrent en rivalité (je ne puis pas me penser moi-même si je suis pensé universellement, croit-on) et surtout reconnaitre que l’universel puisse exister, et validement, cela reviendrait à accepter que mon être-libre est de fait, réflexif et que toutes ses finalités qu’il se donne, s’effacent devant la gloire et la certitude de la destination originelle de cet être-libre réflexif ; la vérité et la liberté réelle. Au lieu de quoi on lui préfère la vague et indécise et absurde et confondante fantaisie que l’on nomme, chacun, « moi-même ».

 

La validité d’être un moi-même

Ceci étant il est absolument raisonnable de s’engager dans l’être de ce moi-même ; c’est dans le moi que le sujet, l’être-libre vraiment réel, existe, nulle part ailleurs ; ce qui abolit toute humanisation qui n’aboutirait pas au moi, pur jus, le moi individualiste et négateur de tout puisque seul habilité à formuler que libre il est, sans frein, sans limite (sinon les divers impératifs physiologiques et fonctionnalités requises, évidemment). Sans un tel « moi-même » aussi égocentrique soit-il, il n’est rien du tout. Sinon des mondes humains divers et variés, assujettis à leurs propres nécessités de transmission (de la parole, du langage, des échanges régulés strictement, etc ; des mondes fermés et clos).

 

Abandonnés

Or donc nous sommes laissés là, abandonnés sur la grève poussés au cul par l’océan innommable du libre et de l’universel pur.

Si l’universel constituait la première libération retentissante de l’être de l’homme, (en applaudissant qu’il puisse exister un partage intégral du vrai, du beau, du bien), le libre en est l’aboutissement (pour le moment historique qui nous occupe en tout cas) et la réalisation ici-même, dans le concret, ce qui est tombe bien puisque chacun est effectivement le plus concret qui soit ; un corps et une cervelle.  Ce que l’on ignorait auparavant ; on entourait cela de tas d’imaginations et de signes ou symboles, qui se transmettait des uns aux autres et rassurait tout le monde.

 

Plus question.

Or malgré tout étant livrés « là » sur le sable abandonnés, nous sommes face à face à ce puissant être-libre, absolument écarquillé et sans âme, froid comme l’acier brulant ; qui découpe, qui découpe tout. On l’entoure de fantaisies… ce qui se substitue aux imaginations et autres symbolismes, et on pleure de ne plus être en mesure de partager des uns et des autres dans une Parole réconciliatrice, la lourdeur, le poids, l’abomination de ce corps et de sa cervelle, de ce vécu et de tout ce qui vient que chacun connait si bien (puisque nous sommes tous astreints au même être-là que nous claque l’être-libre sans âme, bien en face).

 

La fantaisie du soi-même et notre-être

La fantaisie est parfois bien délirante, certes, mais elle opère comme tampon sinon nous serions confrontés à cette évidence ; notre identité, cad tout ce que nous vivons, est elle-mesurée à bien plus grand, vaste, énorme, dévastateur et impressionnant que toutes ces petitesses ; l’être-libre c’est cela qui est antérieur à la raison, à l’universel, à la vérité, le beau (ou l’œuvre), et au bien.

Bref nous sommes de fait tous absolument nietzschéens ; qu’on le veuille ou non. Nous existons antérieurement à tout (à tout ce que nous connaissons).

Ou donc ; plutôt que de nous y croire en une fantaisie d’identité (que nous nourrit la totalité de la dite société humaine qui nous est contemporaine et dont on ne peut nous détacher, elle est nôtre), il vaudrait mieux reconnaitre que cet être-libre ne nous conduit pas en un moi-même (absurde voir disjoncté), en tous cas pas seulement, mais que cet être-libre est à lui-même une Idée.

C’est-à-dire l’universel même. 

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