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instants philosophie

De l'amour qui fricote (par en-dessous)

6 Février 2012, 20:45pm

Publié par zwardoz

La question de la conscience place et déplace l’ensemble des problèmes. Et en ceci que l’on peut alors décider en quoi il faut appuyer et finalement vers quelle réalité.


On remonte ainsi très loin en ce que la philosophie de faire-attention à ce qui est dit, énoncé, discouru, permet, autorise, force, pousse à une plus grande attention à « ce qui se passe ».


Ce qui arrive, c’est l’être. Le fait qu’il y a quelque chose et que l’on veut savoir quoi. On ne veut pas imaginer ce qui se passe ; on veut égrener, mot à mot, signe à signe, perception à perception, tout cela bien réellement, et décomposer jusqu’aux molécules, éléments, unités, sous-entendus.


Ça signifie que ce qui est énoncé, mot à mot, est transparent pour celui qui parle et celui qui entend.


C’est un principe qui s’étend. Il s’étend à tout ; on passe d’un régime de synthèse (on prend ce qui vient comme éléments, sans les interroger, et on les tisse ensemble en une fois énorme qui vaut de ce que « ça parle » et donc surtout ça s’échange ; le groupe fait office de triage, on retient ce qui est compris, perçu, entendu, ce qui fait joli, ce qui est significatif, dans l’activité du groupe, entre soi, sur tel objet, dans tel monde particulier ; y-at-il un fleuve près d’ici ou pas ?), à un régime de décomposition.


Le corps soutient cela ; ce principe. C’est par le corps, par la perception, que les mots de distinguent et le corps vient frapper le langage en le découpant. Ce faisant il se scinde, se divise, se spécifie ; il n’est plus Un (pris dans une synthèse, mais qui alors loin de le libérer l’intègre dans une vastitude, qui l’échange lui, le corps, ou le marque, ou etc). Mais il est un en tant que découpeur.


La raison n’inaugure pas du tout une synthèse mais un découpage, et de plus en plus intégral et de plus en plus insupportable. Mais l’on est fait-pour cela, le découpage, contre nous-mêmes on est fait pour cela. Les soi-disant synthèses philosophiques se préludent de continuelles ruptures électives (elles ne se produisent pas n’importe où ni comment ; elles brisent là où via les coupures peut apparaitre le donné, là, le vécu, là, le monde, là. Le réel.


Puisqu’aussi bien les synthèses dites passives (qui prennent tout comme ça vient, comme une personnalité malembouchée, ou bien, si cela se trouve, et en forment une unité immédiatement vraie, considérée telle plutôt), nous emportent de par leur effort dans un maillage compact d’imaginé, d’imagé, de parlé, d’échangé déjà, de sens qui s’enroule. Elles recouvrent le monde, le donné, le vécu, en ne le libérant pas, mais après tout de telles synthèses sont admissibles puisque l’on ne doute pas de pleine abord de « ce qui arrive » ; si ceci ou cela arrivent peut bien penser, tout naturellement, que « c’est vrai ».


Par exemple on peut penser que tombant amoureux, c’est bel et bien immédiatement « la » personne qu’il faut. On sait que souvent c’est absurde. Ça arrive, oui, mais de temps en temps, et selon certaines conditions, et état d’esprit et encore faut-il pour y douter, ne pas se remettre en cause, ne pas remettre ne cause le flash ou l’émoi … Mais, problème, on y est déjà … dedans. Dedans la synthèse.


Plus loin, c’est encore plus intéressant. Nous ne tombons pas amoureux n’importe comment. Pas nous. Pas nous parce que nous sommes beaucoup plus précis.


Les groupes ne nous submergent pas ; on juge à partir de soi, tout ce qui vient. On traite beaucoup plus d’informations à la seconde que quiconque, et des informations de tout genre y compris assez abstraites. Ainsi on consomme beaucoup plus de tas de choses et d’objets et de personnes. C’est comme ça.

Alors ce qui nous arrive, de tomber amoureux, se glisse dans la perception que l’on a, une énorme charge évidemment, centré sur la régulation ou l’irrégulation de notre vécu (ou les deux donc), mais aussi quantité d’informations qui se glissent de partout et c’est incontrôlable.


Alors on peut dire, certes c’est une synthèse hâtive, (que le découpage extérieur, de la raison, de l’attention au hachoir réduirait), mais en même temps, selon notre temps réflexe abominablement rapide et débroussailleur à tout crin, la dite synthèse, augmentée de notre précision, devine.


Elle devine quoi ? C’est tout le devenir de notre être ; elle devine le réel comme tel.


On sait bien que l’on ne désire pas une image idéale seulement ; on subodore par en-dessous (cette image) de sérieuses difficultés, un tourment ou une série d’incompréhensibilités, une connivence duelle (on s’en disputera énormément), une masse de retours et de concaténations, des engrenages, alors même que tout roule, par en-dessous ça s’engrenages.

 


C’est que l’on n’est plus de témoigner de la Vérité, mais d’affronter la réalité. On découpe. 

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