Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

De l'avenir présent

4 Août 2012, 08:57am

Publié par zwardoz

De l’avenir immédiat

Le libre est en nous bien éloigné de notre contrôle ; il est faux de croire que le libre serait « la liberté »n une sorte de porte ouverte qui permettrait de réaliser les différents vécus, divers et variés. Que le libre puisse libérer des finalités du monde est absolument nécessaire, mais afin que le support de ces finalités, puisse se resserrer, se concentrer en ce que l’on nomme une individualité ou une personnalité.

Ce resserrement autorisant à son tour qu’en un tel moi-même (concentré) puisse advenir un sujet.

Et ce sujet est la véritable finalité du libre.

Plus la personnalisation sera active, construite, plus cela requerra une unification de structure ; qui ne peut pas alors se ramener à un corps vivant son vécu dans un monde de moi-mêmes égocentrés, mais qui doit élever, déployer, développer une compréhension de soi, en tant que ce soi est déjà un moi, composé et rendu intelligent.

La dépréciation constante des moi en « moi-mêmes » exigus et aux finalités étroites, la formidable propagande qui n’admet comme sens du vécu que la formulation minimale d’un destin, d’une destinée individuelle comme seul horizon, relègue infiniment loin dans le non existant, le sujet.

On assiste donc à une situation générale bloquée ; il n’est aucun avenir pour les mois, puisque les sujets n’apparaissent pas. Et les sujets n’apparaissent pas parce qu’il est devenu extrêmement difficile de dépasser l’ancien universel qui provoqua les révolutions uniques (dites libérales pour simplifier), de transformer l’universel abstrait (hégélien) en universel concret. Dont on n’a aucune visibilité, qu’il faut inventer. Les anciennes formulations universelles bien que toutes vraies, n’y suffisent pas et réclament une refondation à partir de cet être-libre qui de par son unification peut se permettre d’oublier l’universalité dont il est issu, mais qui ne peut pas devenir comme seulement être-libre.

La totalité des mondes humains fut donc réduit à cette exigüité des moi-mêmes, conformant un monde de moi-mêmes isolément, monde de la totale séparation et de la plus profonde inconscience, et donc incapable de s’organiser, de se coordonner. Qui ne tient dans son organisation, organisationnellement donc, que d’une part sur les constitutions universelles passées et dorénavant dépourvues d’invention (Etat et droit de la société civile) et d’autre part sur la pure contrainte de la comptabilité, de l’argent comme seul fondement des relations entre les êtres et les choses. Soit donc deux objectivités (étatisme et techno-économie) qui n’adoptent aucune finalité, qui laissent être simplement et stupidement ce qui est tel que cela est.

L’organisationnel est ce à partir de quoi et par quoi une société humaine se maintient et s’ordonne ; soit donc pour nous les anciens mythes de contrat social et une vague définition de l’être de l’homme, qui s’engrangeait dans l’universel abstrait (qui désignait l’universalité en partage entre tous et notre idéal comme savoir). Tout cela s’est effondré dans une gabegie insensée, en refermant l’individualité de chacun sur son seul moi-même (dont toutes les mass médiatisations reflètent indéfiniment les images de soi, parfois réjouissantes, souvent d’une bêtise infâme).

Les objectivités (de techno-sciences, d’étatisme sans démocratie, de mass médiatisation sans intelligence) les objectivités donc constatent seulement que « cela qui est, est ». Rien de plus. Et n’imaginent, de prévoient, n’ordonnent aucun avenir à quoi que ce soit ; tout l’acquis (l’universel abstrait, l’Etat, les constitutions, les sciences et les technologies, la personnalisation stoppée nette dans la seule faible formulation des moi-mêmes sans sujets) commence donc de s’effondrer dans l’immédiateté ; soit donc une longue agonie.

L’impossibilité pour la démocratie (comme concept en mouvement) de se développer, son attachement aux fondations anciennes qui, après s’être imposés validement historiquement, finalement servent d’alibis aux dévoiements de pure contrainte (étatisme et techno-économie, finissent par se liguer, puisqu’ils relèvent du même universel figé), revient à ceci ; l’impossibilité d’imaginer une universalité qui ne serait plus classique et qui serait issue de la démocratisation elle-même.

Ainsi il aurait du s’installer une intelligence des sociétés, mais qui fut annulée par la dispersion sans fin des mois, de leurs vécus relatifs et de leurs petits mondes clos. Non qu’il faille en appeler à une conversion angélique, mais bien qu’il aurait du se développer une intelligence de chacun par rapport aux autres (et à l’ensemble de plus) d’une part mais aussi une intelligence de soi par rapport à son propre vécu. En lieu et place, un apitoiement généralisé, une dépression toute égale et qui ne signifie rien, sinon le retour destructeur aux immédiats vécus sans avenir.

Puisque l’universel se construisait d’une tension en devenir, mais sitôt figée par les formulations historiques, cette tension broie du noir, se retourne en puissance sur elle-même et se détruit, se détruit non seulement activement (par souffrances et morts) mais aussi parce que sa force inemployée n’ayant aucune finalité adéquate, suffisante qui puisse accomplir son intensité de tension, se rabat lamentablement sur d’infra ou immédiates finalités dans l’abrutissement de plus en plus profond. 

Commenter cet article