Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

De l'essence sur essentielle de la démocratie

21 Décembre 2010, 21:05pm

Publié par zwardoz

Nous ne disposons plus d’un accès à la vérité telle qu’elle fût prédestinée durant les 25 derniers siècles, qui eurent à imposer au cours de l’historicité humaine la volition universelle ; la volonté régulée par le discours vrai.

Le discours vrai donne à la volonté les objets intentionnels qui ordonnent le vécu, le donné, le monde, l’histoire humaine ou personnelle. Mais la volonté s’est retirée des objets eux-mêmes, pour ne saisir plus aucune finalité suffisante. Aussi se replie-t-elle sur ce qu’elle trouve ; l’immédiateté et le vécu.

Mais la volonté, autre nom de l’intentionnalité comme spécifique structure qui nous habite, travaille et bien qu’elle existe artificiellement et presque tel un épiphénomène, c’est elle qui tisse par en-dessous et par au-dessus ce qui vaut et ce qui ne vaut pas, l’augmentation de notre être et ce qui se vautre.

En partie délivrée de l’universel, qu’elle eut à charge de rendre historiquement concret. Sous la forme de l’État, de la raison, de la moralité commune et laïque, de la politique sociétale, de la culture élitiste (à juste titre, ayant à élever hors de l’immédiat), de la personnalisation cohérente. Et sous les valeurs de liberté et d’égalité comme de vérité et de réalité ; envers et contre les mauvaises conditions d’exercice d’une liberté blafarde, ou l’illusion de l’intention irréelle par laquelle on ne peut rien fonder de durable, mais uniquement fantasmer son être sans qu’il perdure, ni n’accroche au devenir même de l’historicité ; ainsi, les sociétés s’évasent par le bas et se perdent, perdent leurs efforts dans des finalités qui tenant pour acquis des statuts universels, étant dans l’impossibilité de créer des significations universelles nouvelles ; prétendument absorbées par les universalités déjà instituées.

Les droits de l’homme n’étant pas même effectivement achevés réellement, tels qu’énoncés, leur inamovibilité annule pourtant, c’est le comble, les possibles modifications sociétales rendues nécessaires par une configuration qui n’est plus dix-neuvièmiste, et droits et devoirs qui réclament une autre sorte de développement. De sorte que la légitimité, bien justifiée, des droits s’inverse pour boucler une ordonnance sociétale sans que cette légitimité puisse être arguée elle-même (en son essence, en son esprit, en son universel réel) ne puisse être arguée afin d’augmenter l’humanisation.

Au contraire ; la légitimité (des droits, des devoirs, des institutions, des constitutions elles, l’esprit figé, de la lettre seule) ferme paradoxalement et boucle un circuit, une circulation, un système d échanges quasi intégralement replié sur lui-même. Le fondement de ce circuit clos consistant en cet encadrement légitimiste, fondé essentiellement sur une « naturalité » de l’être humain ; la liberté est de fait livrée « tel quel », prétendument, sans que soit pensée et donc préorganisée une réelle politique du libre-même. Le libre, livré « clefs en main », n’a rigoureusement pas de sens, sinon de surface ; comme variable d’ajustement ; au sens où l’on abonde l’humanisation mais tant que cette humanisation, toute relative donc, profite et est réclamée par un système techno-économique, mais non pas soit délivrée une éducation parfaite et intègre.

On fait bien en ce cas de prévaloir les limites constituionelles comme ayant valeur de possible ; si je suis libre de tout, excepté de nuire à autrui, ça ne signifie pas seulement la négation, mais la possiblité (de réaliser tout ce qui ne nuit pas à autrui ; tandis que tous les systèmes auparavant juguler ce possible (Lefort).

Mais la constitutionnalité (nos droits et devoirs, les formes du pouvoir, de la décisionnalité, de la projection, etc) de barrière et limite, légitimes, s’inverse un arrangement … lequel, puisque la constitutionnalité n’a apparemment pas de suite selon son logos, sa logique propre, mais uniquement posée-là, sans réflexion, lequel arrangement donc vient se combler d’une espèce d’ « essence humaine » donnée, supposée en elle-même réellement cohérente et justifiée d’être naturelle ou personnaliste ou idéaliste ou franchement matérielle. En ce cas, le marxisme ou le libéralisme imposent la même non-artificialité, la non-composition, l’imperméabilité, la clôture, la fixité d’une telle « essence humaine » ; mais aussi l’identité médiatique qui traverse toute la planète et donne pour vrai et réel un « état de notre être », comme d’un « état de chose ».  

S’il n’était un jeu subtil et relevant d’un logos bien plus vaste et conséquent ; la démocratie comme logique au-dessus des constitutionnalités elles-mêmes, des institutions et des pratiques collectives ou individuelles ou groupales. Logique qui force à composer ce qui sinon se refermerait plus encore et agoniserait tout possible.

                                                                                     

Commenter cet article