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instants philosophie

Descartes, l'être réel et la suite

12 Août 2011, 19:20pm

Publié par zwardoz

 

Pour sortir des demi débats, on peut donc avancer que si dans le langage il fut inventé la rationalité, celle-ci en tant que discours cohérent permutant un maximum d’éléments connus et identifiés et conformant un monde ordonné, il y eut ensuite la mise en avant de l’être en qui ce discours se produit ; le sujet. Soit des grecs aux philosophies chrétiennes, puis à partir de Descartes.

Dans le même mouvement, et puisque le développement du discours cohérent de par soi (du moins recherchant cette perfection) s’achevait, l’identité du dit monde (découvert comme totalité une dont devait rendre compte le discours, grec et chrétien) s’avère susceptible d’être mesuré ; les nombres avancent plus loin que les mots, les idées, dans leur capacité à discerner, dans l’immédiateté, les variations.

On sort donc d’un monde ordonné par le discours en idées, à un monde révélé par les mesures en des variations. Ça n’est plus le même monde, mais l’idée générale d’un « monde », ordonné, demeure inscrite ; il est tel le paradigme de la rationalité ; non pas tant ce à quoi l’on doit aboutir, que ce à quoi l’on aurait du aboutir et plus encore et fondamentalement ce par quoi la rationalité se sait, prend connaissance de son être possible en tant qu’interne. Son « lieu » interne qui n’appartient pas au monde.

Mais en plus du monde extérieur des variations mesurables, il se décrit donc qu’un sujet est « ce qui utilise » la rationalité, (celle des nombres ou celle des idées), sujet qui existe, et qui existe de par soi ; le renouvellement cartésien du pensable atteint bien au-delà du discours et commence de décrire « ce qui précède » la rationalisation. Et donc non plus la raison comme corpus total, mais la rationalisation comme processus d’un « être » nommé « sujet » à propos d’un monde, « là », et à propos de lui-même en son être-là.

Il ne s’agit plus du tout de penser selon une déductibilité des idées, mais de partir d’évidences « là » ; le « qui pense » et l’étendue ne sont pas « déduits », ils tombent dans l’évidence d’une description qui se constate.

Il apparait qu’ensuite il y eut des déclinaisons de ce « sujet » ; conceptualisme ou vitalisme, existentialisme ou idée de soi stirnérienne, mais aucune de celles qui suivront ne parviendra à réunir tout l’être de l’homme tel qu’en Descartes il surgit. Parce que Descartes ne choisit pas d’une part (il laisse advenir toutes les composantes, tous les dynamismes de notre être-même) et d’autre part, il garde la tête froide ; il ne dévie pas. Il ne dévie pas en élisant telle ou telle partie de notre réalité ou du monde comme explicative de l’ensemble. En deux mots, l’être cartésien est d’une part la description non d’une idée mais d’un « réel », et d’autre part est un dispositif, de plusieurs entrelacs distingués sans doute, mais non annulés.

De plus outre les déclinaisons de l’être de l’homme, toutes insuffisantes, il devait être tenté de l’entourer de causes mondaines ; on obtenait alors l’éclatement objectiviste de notre réalité dépouillée ici et là par les sciences, les sciences humaines, les psychologies, les sur-intuitions bergsoniennes ou les dépassements nietzschéens, ou les intra causalités psychanalytiques (ici il est une remarque urgente ; le respect intégral de l’être de l’homme impose à la description objectiviste une prouesse lacanienne sans doute radicalement justifiée et presqu’aussi inventive).

Les causes mondaines de notre être sont toutes justes et tendent vers l’exactitude, mais la justesse n’inclut pas l’intégrité ; aucun discours (puisque les discours prennent idéalement la formulation du discours total et un, cohérent, à chaque fois) ne parvient au niveau de l’expectoration cartésienne de notre être réel.

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