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instants philosophie

Discursivité et réflexivité

15 Juillet 2011, 09:24am

Publié par zwardoz

L’adéquation n’est donc pas donnée, acquise, immédiatement là. On n’est pas soi-même ; on sait bien depuis Sartre que le moi n’existe pas autrement que dans son flux, son intention ; et qu’elle est démontable, qu’elle tient à ses objets, et que ces objets existent dans un monde commun. Non seulement le moi oublie tout sauf l’unité qu’il promeut (qu’il énonce vaguement ou dont la précision est toute fragile), mais aussi il se fonde sur des objets qui absorbent toute son énergie, et de plus ces objets sont pris eux-mêmes dans un ou des mondes humains. Et sont donc produits.

De ceci, Debord ; le monde du moi, qui se veut un, est quasi entièrement produit industriellement, et donc tout participe du Spectaculaire, ça n’est pas seulement la représentation, imagée, du vécu, c’est tout le vécu qui est produit. Il est possible de remonter bien au-delà du vécu ; c’est la nature qui est produite, c’est la biologie, ou c’est le psychisme qui est produit. Bientôt c’est l’eau et l’air respiré qui seront appropriés, non seulement par propriété privée, mais tout autant par objectivisme technologique et enfin par main mise étatique. Et tout cela, benoitement. Il est des instances, objectives, dont la fonction est de produire tout ce qui apparait dans le monde humain. Un arraisonnement de tout le vivant, le mental, l’imaginaire et qui fondamentalement obnubile cela même qui constitue notre être ; qui veut attacher, annuler ou dévorer l’intentionnalité même.

C’est tout uniment que l’ensemble se déploie, s’impose, partout, sans aucune opposition. Parce que toute opposition se situe en-deçà du niveau d’attaque de l’immense volonté d’objectivation.

Or ceci qui est bel et bien Volonté, n’est pas volonté vers la volonté ; elle ne se double pas. Si elle se doublait, elle se penserait. Or la volonté d’objectivisation (capitalisme, technologie et étatisme) ne se réfléchit pas ; ils réfléchissent leurs objets énormes. Ça oui, c’est une immense réflexion sur et par et pour l’objet, dont l’étalon est, à la fondation, le concept, l’idée. L’idée comme finalité « naturelle », spontanée de notre intention. Il n’est, pour la pensée réfléchie de l’objet voulu, que l’idée-objet qui la remplisse. Mais cet objet voulu ne satisfait pas la réflexivité et c’est cartésiennement et kantiennement et hégéliennement, et tous par la suite, qui maintiennent le cap d’un sujet, formel, que l’on veut au-delà.

L’utilisation discursive de soi n’est pas l’utilité réflexive et philosophique.

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