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instants philosophie

Du devenir de tout

20 Mai 2013, 17:54pm

Publié par zwardoz

Il n’est donc à proprement parler rien du tout. N’existe qu’une masse de déterminations, plus, de par notre être, une forme vide et sans rien. 


On remarquera que les déterminations, quelles qu’elles soient, ne font que passer ; elles sont en acte et se déroulent et s’étalent. On ne saurait qualifier exactement l’être de la détermination, ce en quoi cela consiste. Pour le moment. 

 

La première conscience possible (grecque)

Par contre les progrès philosophiques à propos de notre-être se sont avancés fort loin, et au contraire de ce qui se dit ici et là, comme désespoir abyssal, il est un acquis absolument qui s’est élaboré depuis le début de la réflexivité de notre-être ; depuis qu’il a décidé, pour ainsi dire, de passer outre d’une part le langage et les groupes humains particuliers, (inventant l’universalité qui se suppose comme universel pur).


La dernière conscience possible (chrétienne)

Et d’autre part par-delà les vécus et les consciences obnubilés par leurs objets et leurs corps (créant la dernière conscience possible indéfiniment remise qui domine, seigneur au-delà, toutes les autres ; chrétienne, donc, qui soumet chaque conscience engagée en son vécu et tout ce qu’il contient, et les soumet toutes en une seule inatteignable ; dont aucune formulation ne com-prend, n’intègre la trinité ; le trois est insoluble, il est le dernier point possible). 


Les deux explosent en tout et partout, puisque le dépassement du langage et du vécu (du corps, crucifié) manifestent la réflexivité ou le dépassement constant qui n’a d’autre fin que de se réaliser. 

Pour cela la réflexion philosophique est précisément (sa dénomination marque de fait son objet et son effet) l’exposition du réflexif pur et simple. 

Or la conscience, puisque c’est en elle que consiste notre-être, est tel un miroir ; simple surface qui reflète toutes scènes, mais ne se reflète pas lui-même ; il n’est rien dans le monde, la détermination, le donné ou le vécu qui puisse exprimer le miroir qui pourtant peut potentiellement tout exprimer, manifester. 

 

Les deux réflexivités historiques

Aussi est-ce par détours et ruses, que la réflexivité se donne à entendre, voir, comprendre, exprimer, représenter ; universalités (esthétique, éthique, politique, idéel) ou acculturation généralisée (engendrée par le christianisme, qui vise à formuler notre-être indépendamment de toute particularité et de toute immédiateté ; d’où la distance prise sur le monde et les corps et les passions, etc, et la distance infinie qu’obtient la dernière conscience possible, in-définie et hors du monde). 


La réflexivité en soi

Mais pourtant la philosophie creuse la réflexivité pure et simple (in-dicible au sens propre) ; elle parvient à isoler le Réel par lequel nous existons ; notre-être. Et ce donc selon des tours et détours, qui rendent la compréhension philosophique assez extrême. Puisque si notre-être est bien ce que la philosophie en révèle, on se situe alors à la pointe ultime ou dans le creux in-fini de ce qui est (au moins pour-nous, quant à savoir jusqu’à quel degré cela correspond à l’être-qui-est, externe, on ne le saura lorsque l’on aura franchi la dimension que notre-être ouvre dans la réalité déterminée).


Le savoir instantané de et par notre être

Puisque la question est effectivement celle que l’on sait telle quelle depuis le début, ce que toutes les consciences n’ignorent pas depuis qu’elles sont elles-mêmes ; étant donné qu’une conscience est « à soi-même », pour soi-même, elle se sait ; elle est sa propre idée, et en un sens spécifique ; elle est son Idée (marquant par là que l’Idée de conscience est autre chose qu’une idée notion, ou qu’un concept, ou qu’une idée de mots). 


Savoir vs connaissance 

Il y a lieu d’interroger ce « savoir » qui ne se connait pas ; il ne se connait pas exactement (objectivement donc) mais il se sait puisqu’il est ce savoir au sens où il est la conscience de la conscience qu’il est ; ce dont il a conscience, il l’est. 

Aussi a-t-on pu supposer que ce savoir s’étendait comme connaissance ; comme une vérité saisissable dont nous ne serions pas saisis. Mais comme elle est ce qu’elle a, elle ne peut jamais se saisir de soi ; si elle le pouvait son être dépendrait de ses contenus ; hors elle est antérieure aux contenus ; quelle que soit la scène qui se déroule dans le miroir, elle n’exprime jamais le miroir lui-même. Qui est sans visage. 

 

Le miroir sans reflet

Et donc puisqu’elle est conscience de (soi), elle ne peut pas ne pas se savoir (sans jusqu’alors se connaitre) et lorsqu’elle commence de se séparer de toute réalité donné « là » dans le monde, (elle admettait l’immédiateté du monde qu’elle enroulait dans le langage des tribus), elle imagine ou reconstitue autour de la scène exprimée dans le miroir qu’il existe un bord et plus un encadrement qui une fois connu donnerait accès à toutes les scènes du monde (d’un monde unique alors) et à toutes les perceptions, et à toutes les finalités. Cet encadrement fut bel et bien réalisé ; il fut penser la totalité du pensable sous cette formulation, dite métaphysique (jusqu’à ce que le métaphysique, qui revient au discours, se transforme en ontologie, lorsque le « sujet » transporte son intention en son identité absolue). 


L’époque métaphysique

L’époque métaphysique est celle qui considère la finalité selon l’idéal de la connaissance ; le savoir, réflexif du sujet, n’est pas encore découplé de la connaissance dite des sciences, précise et exacte, et cette métaphysique croit pouvoir penser la totalité de ce qui est, et selon une compréhension idéalisée du langage (en tant qu’il n’est plus laissé tel quel en une communauté) puisque le langage augmenté permet d’universaliser la perception ; on perçoit mieux les différences dans le donné et on en perçoit plus et le registre de l’universalisation crée ses propres étendues de mots. 

Cette époque est entièrement conservée ; elle éclaircit et invente le sur-langage et toute l’universalité disponible ; sauf qu’elle ne parvient pas à conclure son programme et bute sur ; quelle est l’origine de la compréhension elle-même (c’est en fait le sujet, la conscience qui produit cette compréhension) et quelle est l’origine du monde donné « là » que la pensée ne peut pas contenir ? 


Le dépassement ontologique de la métaphysique

Dans les deux cas (sujet et origine de ce qui est) on touche à l’ontologie ; non plus le discours le plus cohérent et total qui reflète la perfection de tout ce qui est (perfection de sa propre énonciation, qui nous « donne » toutes les réalités et leurs différences dans des séries-idées vers une Idée des idées), mais qu’est-ce que le sujet qui est (et est origine de tout discours) et qu’est-ce que la réalité des choses, des êtres, etc (de l’étendue cartésienne à la matière énergie de la physique) ?

 

La négation des empêcheurs de tourner en rond

(niant la perfection de ce-qui-est)


Contre tous les empêcheurs, il est clair qu’il faut impérativement conserver et la métaphysique et l’ontologie premièrement développée, (à partir de Descartes), puisque l’universalité ou la dernière conscience possible chrétienne sont de fait la réflexivité même (de dépassement des groupes et des langages comme de toute conscience prise dans son vécu ; lorsque la conscience refuse de se laisser faire par les corps et les mondes particuliers).

En somme rien n’est à jeter et tout doit être admis, puisque si le réel est, alors il est parfait (bien que l’on ne connaisse pas effectivement ce qu’est cette perfection là). 

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