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instants philosophie

Du langage au corps (via l'universel politique intégré)

1 Mars 2012, 18:44pm

Publié par zwardoz

La grande rupture fut ainsi le renouvellement de tout par l’universel extrait du langage même.

Par l’universel le langage cesse de conduire l’intention, et cette intention commence de vouloir maitriser, contrôler son devenir.

Si habituellement on situe l’apparition de la volonté, nommément, en et par Descartes, il faut remonter jusqu’aux grecs pour découvrir que dans la main mise sur le langage, via le Discours charpenté, haché, découpé, réordonné, ce qui se joue déjà c’est la concentration de notre être en quelques points, qui brisent le déroulé du langage, qui annule le groupe (développement du politique), qui coupe l’individu (éthique et morale), qui singularise l’œuvre (esthétique d’un point de vue strict), qui extériorise qu’il y ait un « monde » (et un seul en dessous de tous les mondes humains).

Nous y sommes encore. Quoi que ayant cessé de se penser selon un Discours, on en soit depuis Descartes (à l’expression parfaite, mais non exclusive ; il expose ce qui se joue par ailleurs diversement) à originer le discours en un sujet.

Mais il faut attendre le 20éme pour que ce sujet s’extrait lui-même froidement de son être ; et ce via Sartre et Lacan. Nietzsche inaugurant que plus rien ne relie le sujet à quoi que ce soit sinon le pur et simple surgissement de l’être, de ce qui est, comme étant « là », intégralement tout ce qu’il peut être (le recherchant).

Auparavant on accommode ; et ce faisant on invente toutes les formulations que le discours (grec puis scolastique ou chrétien) n’était pas en mesure de fournir (qui était attaché et développait l’idée dans le langage, la notion dans la théologie). Une pensée active qui se tient dans le moyen terme entre le discours universel fixe, (mais non pas figé puisqu’il a inventé scolastiquement tout ce qui pouvait l’être) et le sujet (qui viendra par Sartre et Lacan) ; entre le discours (formellement idéal au cœur du langage pensé adéquatement) et le sujet (qui est-là comme structure vide  sartrienne ou structure pleine lacanienne, ou évidée, ça dépend comme il est pris), se déploie le grand aménagement qui cristallise l’universel (du discours) comme universalité partagée entre tous les sujets humanistes. Kant ou Hegel, Marx ou les sciences humaines, les socialismes utopiques ou les pensées libérales, etc.

La matière même qui devait emplir l’universel lui échappe puisque l’universel (de l’Etat, du droit, de la morale, du sens de sa réalisation universelle lui-même, de la culture dite ensuite classique, dont la mécompréhension de la dimension cartésienne infiniment ouverte, de la pensabilité en général qui autorise diverses pensées hétérogènes, et non plus un seul discours de par soi, etc) l’universel se révèle un cadre vide, sans rien intérieurement et l’intériorité se fait attendre que les révoltes, désespoirs, explorations, etc tentent de meubler.

Il se remplit donc de ce qu’il trouve, là, de l’historicité hégélienne, de la perception pensable de Kant, de la marche du monde marxiste, des sciences, et des écrits, des Œuvres ; des œuvres en tant qu’elles succèdent, dans la révélation de la vérité, au langage, à la Parole (des groupes et communautés restreintes), du Texte (des religions d’ordre symbolique), et donc de l’œuvre en tant qu’Ecrit. L’écrit succède au Texte, divin, en ce qu’il est censé réalisé en chacun et par chacun son humanisme ; cet humanisme qui se devait d’être la substance même de l’universel réalisé (en Etat et droit humains) et constituer pour chacun le cœur de son être vivant.

Tel ne fut pas le cas. Parce que ce qui est s’est substitué à l’écrit, à l’œuvre, fut pour tous et chacun son image ; l’image et son corps. Chacun fut bien emprunté d’être un corps ; un corps dans un monde. Et cela suffît à briser tout net que le cœur de chacun soit l’œuvre ou l’écrit. Et le corps devint le texte lui-même.

On retrouve par là qu’il y eut une psychanalyse et un inconscient. Pour chacun. Une sorte d’écriture.

On dira ; pourquoi ne pas écrire (ou peindre ou composer, etc) plutôt que d’écrire « cela » comme « corps » ? 

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