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instants philosophie

Etre un corps

19 Février 2012, 13:46pm

Publié par zwardoz

La perte

La perte pour chacun est considéraaable, chacun adresse à chacun une parole sans vérification du tout, et non seulement peut-être entièrement fausse, mais de plus peut-être incommunicable ; peut-être que l’autre n’entend pas du tout la même chose. Le sens des énoncés se perd dans l’indifférencié, ce qui est absolument perturbant pour tout langage (qui doit savoir ce qu’il dit et se référer à lui-même pour faire cercle qui s’explique).  

L’universel, cadre vide, est pourtant bien présent dans les vécus, mais aussi dans le statut de chacun ; chacun est un de par la loi, et chacun est sa liberté. Ça devrait faire-sens ; mais ce ne sont que des cadres, vides, dont tut contenu est absent. Or chacun est à lui-même un contenu (global et énorme ou détaillé et éperdu). Un contenu à non pas gérer, administré, (peut-être à penser par contre …) mais à animer. Administration qui, côté active et personnelle, pousse à découper, à séparer instantanément toute réalité, fut-elle vécue.

L’animation personnelle

L’intention qui porte chacun (intention qui, quoi qu’elle en imagine, et quelle que soit la révolte envers le cadre vide universel, est assurée, de cet l’universel vide, d’un statut) est animiste ; elle veut former une intention vivante dans un langage enroulé qui parle à, en, par l’autre. Chacun ne peut pas ne pas imaginer, projeter, qu’il soit entendu, et que cela ait « des effets ». Ce qui veut dire « de la réalité ». Lorsque l’on rit, on se réjouit d’entendre-ensemble la même transmission.

L’universel permet que le même soit entendu de part et d’autre, mais formellement seulement ; il n’est pas de contenus animé dans l’universel. Aussi pour chacun son statut (de citoyen, de sujet, de personne morale ou de culture classique universelle) ne parvient pas à exprimer son être vécu. Pour cette raison il y eut une gigantesque culture généralisée, médiatique, qui fait front et s’oppose à la culture classique, littéraire, de l’écrit, du texte, du langage tel qu’objectivé, qui annule quasiment la culture d’inspiration, d’élan universel.

Le corps

Elle trempe dans le corps ; le corps qui support le sens. Qui fait appel à la parole, au langage, au symbolique, mais qui ramène à soi.

Le ramené à soi du corps, c’est qu’il est impossible de clore le langage (il n’existe plus de parole qui retransmet assurément le sens qui s’embarque n’importe où et n’importe comment, qui tente par fois de se fixe amoureusement ici et là, faisant de l’autre la clôture du sens presque délirant qui attend de l’autre que « ça se dise »). Il est impossible de dénicher une unité pesant suffisamment qui ramène les significations à un point absolu ; reste la seule permanence qui soit pour chacun ; qu’il ait un corps.

Avoir un corps, non, être un corps

Mais il est difficile voir impossible de saisir ce que « avoir un corps » signifie ; il faut pour cela monter jusqu’au niveau cartésien (il est un sujet, qui a un corps, dont de plus il ne connait pas l’unité des deux, pas vraiment). On dira donc ; que l’on est un corps. Mais le problème est que tout se précipité « là » ; dedans. Que le corps prend donc une unité d’inertie qui réunit arbitrairement sur lui tout ce qui vient, tout ce qui advient, réceptacle énorme de tout ; une forme de synthèse passive qui non dite, indicible, signifie néanmoins tout. Ou plus exactement sert d’unité sans forme, ni contenu précis, une enveloppe. Le corps est comme un signifiant global sans signifié particulier ; mais comme il est cependant su, il s’exprime ici et là par quelques signifiants qui le représente ; or c’est son inertie qu’il représente, ça ne sera pas des signes explicites, (sinon cela bloquerait le flux des signes, et rassemblerait constamment en quelques points ou un seul, ce qui pour communiquer doit se transmettre diversement et adéquatement et actuellement à chaque situation).

Nous voici donc avec un corps qui forme l’unité inerte indistincte de tout ce qui arrive et qui dans la brisure instantanée de tout, dans le cadre vide de l’universel, rassemble sur soi (et non pas en soi, puisque ce serait doté le corps d’un contenu, d’un signifié réducteur, qui dur reste serait éclaté par toutes les significations qu’une personnalité doit supporter), un corps-formel qui rassemble sur soi, en externe, et qui pour tenir, pour tenir le coup, doit vouloir, désirer dans cet externe abstrait ou indifférent, doit désirer intérieurement.

Corps animé

Cette intériorité se débat farouchement dans l’externe aberrant qui s’impose hors et annule son désir ; il faut sans cesse recomposer une vie dans l’externe effarant de la structure dite ontologique. L’intériorité en question veut pourtant retrouver dans le monde et essentiellement parmi les autres, cette identité fluide qui se transmettait dans le groupe (et qui existe en tout langage qui fait cercle de ses éléments qui s’impliquent les uns les autres, sinon toute parole devient incompréhensible) ; cette unité sans fond, le corps, qui rassemble identiquement mais sans se parler, se dire, s’exprimer distinctement, formalité presque abstraite mais pesante, là, matière et énergie, cherche à exprimer son énigme, son incompréhension (d’être un corps et non pas de l’avoir ce qui ne se peut que d’un Sujet ancien, qui se sait) cherche à rassembler à nouveau mais cette fois distinctement, précisément, ce qui est seulement « là » inerte et attirant mais sans expression du tout.

On cherche dans le miroir, non pas les images, mais le miroir lui-même, qui ne peut se voir. 

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