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instants philosophie

Fonction de la démocratie

12 Décembre 2010, 22:24pm

Publié par zwardoz

La structure démocratique n’est pas seulement négative ; elle imprime en l’être de chacun que la vérité est composable. Qu’elle existe au terme de la composition ; mais cela revient, remonte vers la structure démocratique de chacun ; que la vérité soit composable au terme, n’empêche pas que les réels qui permettent cette composition soient eux-mêmes vrais. Autrement dit la structure démocratique est « plus vraie » que les contenus qui en seront issus.

On peut rechercher toutes sortes de vérités, composées, il s’en développera des quantités ; sauf à inquiéter la structure elle-même ; la démocratie ne peut pas, ne devrait pas se contredire en ce qu’elle est. Mais si elle est une structure, il ne devrait pas s’y trouver problème de déployer la dite structure elle-même ; de l’interroger en son essence dont on s’apercevra qu’elle est un être.

Or que la démocratie soit une structure est toujours immédiatement caché et étouffé dans la multiplicité des finalités ; et chacun luttant pour sa chapelle ; prenant sa finalité pour la finalité du « tout ». Le Tout, démocratiquement, n’existe pas (Lefort); ce sera toujours une illusion ; qui veut s’imposer comme finalité de cette structure ; or une structure n’a pas de finalité, bannit toute espèce de finalité.

Et contrairement à ce que l’on y entend communément, ce refus de finalité n’est pas un vide. Dont le tourment s’acharnerait dans l’espace psychique de chacun, par exemple, ou diluerait le relationnel en une vacuité sans volonté. La non finalité (qui absente chacun de tout rôle et dont l’absence creuse au fur et à mesure de l’histoire de plus en plus profond ; de la caste contre l’égalitarisme (Tocqueville), à la différenciation sexuée ; du rôle relationnel à l’atomisme total) doit être comprise comme s’inversant ; il ne s’agit pas plus d’un Etat providence que de la libre entreprise, mais des deux … à la fois. De même que le repli sur soi, sur son alentour, sa communauté, est tout autant le creusement, l’épreuve assumée de son développement ; il est un monde des mois, un monde-de-chacun, qui constitue et se veut base et fondement de tout ordre humain digne de ce nom.

Autrement dit marxisme, communisme et libéralisme font partie du même monde dont le concept le plus complet et le plus ouvert est celui de démocratie. Rôle et classe, atomisme et relationnel multiple s’entrainent l’un et l’autre. Il est absurde et probablement catastrophique de penser vouloir tailler dans le Vif. D’imposer le libéralisme contre l’Etat, ou l’Etat contre la liberté d’entreprendre.

La fonction de la structure démocratique est de pousser à l’intellectualité ; et envers et contre cette intellectualisation logique, s’enfonce l’immédiateté par quoi se constitue d’une part l’idéomanie libérale (qui se base sur une naturalité de l’être humain) et d’autre part la psyché de tout-un-chacun comme « moi-même » (où l’on se considère comme allant de soi ; alors qu’il est bien clair que toute conscience de soi est problématique).

Ce contre quoi, encore, s’engage le procès imaginaire de toute la médiation ; les flux d’informations s’installent comme prolongement imaginaire et rarement comme réflexivité. La fondation imaginaire de mon identité est reprise et réactualisée continuellement par le rêve éveillé qui m’enveloppe médiatiquement à chaque instant ; toute la temporalité est occupée par son autre. Extension organique extérieure de l’immédiateté intérieure qui clôt toute intellection, qui nous plonge le nez dans la facilité mentale intégrale. Il faut choisir ; la psychanalyse ou le politique.

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