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instants philosophie

L'âme de la mouche

11 Juillet 2010, 18:46pm

Publié par zwardoz

De sorte qu’en chacun, il n’est aucun vain combat. Chacun est l’émergence de « ce qui se joue ».

Pourquoi ?

Parce que le sujet, laissé-là dans le monde, sur le sable, sur le bord du monde, vécu ou perçu, est la pointe émergée (enfin) de ce qu’anciennement on nommait l’universel, sauf que cette fois d’être abstrait, cet universel est devenu ce qu’il est. Aussi est-ce nanti des pouvoirs de sujet que Chacun doit se débrouiller.

Les chacuns ne sont pas aptes de par eux-mêmes, tels que « là », à se saisir de l’universel qui les anime ; tout chacun va chercher à déterminer son désir, en attendant de le réaliser comme vécu. C’est le vécu comme réalisation idoine de soi qui devrait livrer la solution de mon être. Or on constate facilement que bien peu de vécus donnent la vérité ; ils sont plutôt abandonnés à la contingence, à « ce qui arrive » ou à de grandes nécessités qui leur en imposent. Sans doute aboutira-t-on plus ou moins à concrétiser « qui l’on est » de cette personnalité reçue ; reçue de toutes les diverses influences possibles et imaginables dans un tel monde. Le vécu formulera de plus en plus exactement le résultat de l’équation personnelle que l’on est. Et l’on nous convainc qu’il n’est de vivre que sa propre destinée.

Que l’on compare ce vécu seul réaliste, à l’idée d’âme anciennement entretenue ; ce qui se jugeait s’étendait au-delà de ce qui est ou non réalisé de soi. Il existait un soi-même porté sans doute devant le tribunal du Jugement, mais qui dialoguait avec sa supposée essence ; on disposait d’un regard extérieur sur soi et l’on existait ce regard même ; jusqu’à une certaine limite nous étions livrés au monde, mais au-delà nous retentissions d’un devenir qui n’était pas un destin.

Il ne s’agissait pas tant de se penser hors de cette vie (ce qui nous coordonnait à des suppositions dont l’efficace ici même n’était pas très assuré), mais d’obtenir une plongée dérivée et d’une objectivité qui supprimait notre subjectivité, notre personnalité, notre dépendance, toutes ces dépendances qui nous attachent au monde.

Dans cet interstice l’âme parvenait à une fonction de Sujet. Pourquoi ?

Parce qu’existait un dia-logue ; une double entrée qui nous délivrait de la dépendance au monde. Depuis que cette âme est supprimée, notre face se claque à même le monde, comme d’une vitre de la mouche.

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