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instants philosophie

L'architecture du libre, pur et formel

5 Septembre 2012, 14:23pm

Publié par zwardoz

Forme absolue et contenus quelconques

C’est donc en tant que purement formelle que notre être vraiment réel existe ; en tant qu’attention, qu’intentionnalité, conscience et donc structure (autorisant des stratégies, au-delà mais comte tenu de la détermination, des signes, des corps, des objets, etc) et enfin forme, forme pure et simple. 

En rien elle ne perd sa simplicité (qui est la condition adéquate de son exercice ; nous sommes toujours « nous-mêmes », quels que soient les contenus).

Jamais elle n’est séparément de la détermination ; il n’existe à proprement parler que de la détermination, de la matérialité si l’on veut (corps, perceptions, désirs, mots, signes, significations qui vont-vers (un quelque chose de bien réel). Mais étant pur retour-sur (quoi que ce soit qui lui tombe sous les yeux, ma main, ou en la cervelle) absolument détachée de la détermination, en même temps notre forme ne l’est pas ; elle y est scotché, collé, parfois coagulée. 

Les contenus collants 

Rien ne s’oppose à ce que les contenus in-forment la forme ; elle est là en partie pour cela, pour s’in-former de tout ce qui vient. Elle peut tout à fait croire que tel contenu est « elle-même » ; elle s’écoule absolument dans tel ou tel contenu, elle croit même que ce contenu-là est « une conscience » et même que ce contenu est plus conscience qu’elle-même. Elle place son retour « dans » le contenu, dans l’objet de désir, en tel signe qui lui renvoie précisément …son retour. Elle est immédiatement autre et dans l’autre ou dans ce qui est pas elle, puisque formelle et sans contenu, elle prend la forme qui vient, arrive, s’impose. 

Elle s’y croit être

Dans le même temps étant retour-sur, purement formelle, qu’elle devienne tel ceci ou tel contenu, ne l’empêche pas d’être. Purement formelle, elle ne retient pas d’être ce contenu là, même si elle y « croit » ; elle est structurellement autre que toute intentionnalité prise, engagée, sinon le retour ne reviendrait jamais et resterait englué en tel contenu, et ne percevrait plus rien excepté ce contenu là, et limiterait jusqu’à disparaitre cette conscience. 

N’est pas une fonction

On traite habituellement la conscience comme un moyen, une fonction ; même centralement considérée, elle reste faire valoir de contenus dont on espère, attend, croit qu’ils puissent recéler des vérités ou de la vérité (un Sens de la vie, de ce qui est, etc). il peut apparaitre à l’inverse que l’activité de conscience est non seulement centrale mais est, pure fonction, notre être même. Il n’y a rien d’autre que la conscience-de. 

Elle est la jouissance-même.

L’œuvre

Elle est la jouissance-même. L’être se réjouissant absolument de ce qu’il est et de ce qui est. Puisque n’existe pour-nous que ce qui est en conscience le plus radicalement investi, le plus largement en instance de variations de profusions. Une œuvre est une telle jouissance ; les signes sont aisés, on peut les manipuler, et s’y mouvoir comme en l’océan ; la variation intentionnelle est intégrale et d’autant plus complète que cette œuvre-là non seulement joue d’elle-même, se joue de la conscience qui s’y emploie ou qui la perçoit, mais aussi joue, glisse au sein du monde, du donné ou/et du vécu. Elle s’y emploie intégralement ou le plus intégralement possible (puisqu’il n’est pas, jamais de totalité, de totalisation ; une œuvre est pluriellement distribuée, et son unité n’est pas de finalité, de terminus, mais de propension, d’avancée qui ne sait pas où, est de début constant, par ce retour constant elle se décuple continuellement puisque le Un du début de l’œuvre ne se clôt pas mais palpite). 

L’inatteignable forme écumante

Il est clair que si notre être est purement formel, il ne s’attient jamais, mais cela est naturellement, essentiellement et structurellement normal, logique et parfait en son sens propre. Il ne peut pas, ne sera jamais réalisé en quoi que ce soit ; forme pure et simple notre être est, tel et sans être jamais autre ou autrement. 

Les réalisations approchantes

Or il est visible également qu’il peut approcher de son être lorsqu’il parvient à se manifester dans le monde, le donné, le vécu. Politiquement, idéellement (dans la connaissance d’une part et le savoir d’autre part), éthiquement et esthétiquement. Et il se manifeste aussi en cette formulation (qui dérive immédiatement de la forme même, de cette structure) cette formulation qu’est la personnalisation. 

La personnalisation (comme procédé d’existence intégrale)

Personnellement, dans sa propre identité y compris dans ses variations (virtuelles, qui auraient pu être momentanément ou éternellement, et potentielles, qui peuvent être constamment ou éventuellement, selon les événements), chacun est une « formulation » ; une résolution Une (de tout son vécu, donné et monde). de l’unité de laquelle on sait très peu ; ça recule dans la conscience de soi, comme s’enchâssent les horizons de soi les uns dans les autres, jusqu’à un pseudo horizon ultime qui n’existe pas, mais qui se maintient quelque part d’une certaine manière que l’on ne connait pas (mais que par ailleurs on « sait » ; le savoir se subodore, se subsume constamment, se replie et se déplie, d’intensité ou de densité, etc, là où la connaissance expose objectivement ou presque quelques connus, oubliés ou non, des remémorations, des potentialités éventuelles). 

 

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