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instants philosophie

L'effondrement de l'universel

14 Septembre 2011, 19:08pm

Publié par zwardoz

On ne sait plus trop ce que l’on est dans la mesure où nous sommes exilés dans un quant-à-soi qui parait si naturel, qu’il a perdu tout lien avec sa fondation.

On en vient à juger de la réalité en simple terme de « vécu ». Chacun ne connait littéralement que son vécu en propre et bien qu’il soit légitime (particulièrement en démocratie) de régler l’ensemble sur ce que l’on anime soi, et uniquement soi.

En effet, toute société complexe suppose ou doit supposer qu’il existe un monde des « mois », sans cela rien n’est jouable, du tout, et ce sont les objectivismes, d’Etat et d’administration du donné humain, ou des sciences et technologies, ou des empires économiques que de s’en prendre au monde des mois, de le déchiqueter ; le libéralisme ultra, cad la dérive naturelle d’un libéralisme qui ne se sait pas, qui ne sait qu’il est une philosophie complète, qui s’ignore et ne perçoit que l’intéressement limité, ce pseudo libéralisme ne laisse pas même exister un monde des mois, puisque chacun doit y mériter d’exister (selon d’absconses critères tous abstraits, cad idéologiques, et relatifs à des pouvoirs, monopoles et intérêts et non selon des règles).

Mais toute personnalité bien qu’étant une personnalisation, se pense et se conçoit en une si parfaite autonomie, qu’en définitive, le mouvement si bien lancé se plie et se soumet. Si la complexité a atteint la société humaine, toute personnalisation tend à se laisser être telle quelle en l’état, ne profitant que de son mouvement et littéralement sans avenir.

L’universel (l’Etat, le droit, la science, l’humanisme, l’acculturation, etc) s’est conquis, imposé, mais laissant chacun aux bons soins de lui-même ; de sorte que tout s’effondre constamment dans les petites finalités naturalistes, océan sur lequel surnagent plus ou moins les structures universelles (sans lesquelles de toute manière aucun monde complexe n’est possible ; les atteintes à l’universalité, sécuritaires ou socio-économiques, laissent reculer l’état du monde dans l’infra).

Entendons qu’il est parfaitement nécessaire que l’on dispose de son propre monde (c’est une unité de compréhension indispensable à toute humanisation), mais qu’il revient tout autant à chacun de dépasser cette limitation, qui de simplement contingente, s’enfonce plus encore, jusqu’à produire un attachement d’ontologie négative, noire, absurde ; notre être se coagule comme ritournelle rampante. C’est que l’effort d’être universellement n’a rien à voir avec l’effort (très certain et valide pourtant à l’origine, fondement du vrai libéralisme) d’être « soi-même » (qui dégénère, mais démocratiquement personne ne peut s’ériger en juge de telle ou telle dégénérescence).

Sans doute aucun, l’universel réalisé (Etat ou acculturation ou devenir sociétal, y compris dans la conscience qu’on pourrait obtenir de l’économie comme technologie consciente, ce qu’elle n’est pas du tout), l’universel traine, et au bout du compte enfle et s’alourdit, une besace, un poids : au lieu de permettre actions et réactions intelligentes. L’universel abstrait devrait cependant s’utiliser à promouvoir l’action et la réaction possible de tout-un-chacun ; puisque les enthousiasmes individuels (bien jolis, mais moralines ou illuminations individuelles n’aboutissent pas si elles ne s’institutionnalisent pas ; c’est donc une question ; qu’est-ce qui doit s’institutionnaliser ? Quel rôle l’institutionnalité joue-t-elle dans le démocratique ? et lesquelles).

Intelligence bloquée, pauvreté d’inspiration, lourdeurs indigestes : complexité qui, ne parvenant pas à se régler, se déporte en quantité de bassesses. Elle étouffe et ne perçoit aucun autre horizon, sinon celui d’un-tel-monde devenu particulier à l’excès, sorti de l’orbite universelle, alors même qu’il fut né, autorisé à être de la volonté universelle elle-même (en tant qu’elle s’extrayait des mondes particuliers traditionnels, autoritaires, religieux, symboliques). 

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