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instants philosophie

L'esprit et son unique manifestation

12 Janvier 2011, 21:49pm

Publié par zwardoz

L’esprit est plus que ce qui est, signifie que partout où que l’on soit, l’esprit n’y est pas ; il forme le repli hors de tout le donné.

On remarquera qu’au fur et à mesure des développements, le cercle de la philosophie s’est restreint ; astronomie, physique, chimie, ou sociologie, psychologie, mais aussi droit et Etat, laïcité et culture (de plus en plus individuée), etc. tous les domaines quittent la philosophie, et vivent leurs vies. Le cercle se restreint, mais ce qui reste, ce qui habite encore le cercle, est de plus en plus vrai, de plus en plus réel.

On ne mélange plus le sujet, sartrien par ex, et la pensée, cartésienne, de même qu’on ne constitue plus l’univers comme étant attiré par le moteur immobile d’Aristote. La découpe est universellement accélérée et ce à quoi l’on aboutit s’inverse même en définissant un (non-)sujet lacanien ; à la fois un sujet mais un sujet qu’on en soupçonnait pas. Un déplacement double, triple, quadruple (copernicienne ou révolutionnaire, psychanalytique ou culturelle, etc).

Envers et contre il faut penser que tout cela est la même « chose ». Ce qui veut dire que cessant de prendre le monde comme un donné Un, en une seule pensée (magique puis religieuse puis métaphysique), il y eut une réflexion ; au lieu de considérer le donné comme Un ayant à être vécu ou imaginé ou pensé tout d’une seule fois, il apparut que ce donné Un devait être scindé ; il ne s’agissait plus de penser-imaginer-se représenter le donné en une intuition immédiate, mais de comprendre ce que l’on se représentait ; de mener toute attention en une cohérence. La raison.

Mais le fait est que « raison » bien que manifestement immanquable et unique moyen de découper toute intuition et toute immédiateté en segments compréhensibles cad articulables entre eux, cela, « raison », peut s’entendre de façon étendue ; ça n’est plus la construction d’un déroulement articulé de segments mais c’est tout autant la réflexivité même en tant qu’elle s’applique à elle-même.

Il ne s’agit pas même « seulement » de définir les conditions de possibilité de la connaissance (kantiennement), mais de reconstituer selon une articulation l’être de l’homme et au travers de préciser les contours de ce-qui-est, tel qu’il soit apte à supporter, admettre, assumer l’être de l’homme.

L’attention portée sur l’être de l’homme est donc aussi, en plus, une compréhension de ce qui est ; même si il reste que longuement et longtemps la seule formulation rationnelle fut autorisée à mesurer ce qu’il en est de ce-qui-est. Mais face à l’étendue et à la précision de l’attention, le discours éclate constamment par en-dessous ; il dessine un dispositif, une structure, jusqu’à presque aboutir à se servir, à utiliser le discours rationnel aux fins de cette description ; chose pensante et chose étendue, définition de l’être de l’homme comme volonté cartésienne ou nietzschéenne, structure kantienne, ou repérage dialectique hégélien, en réalité depuis le début il est une forme agissante qui via la performance, la difficulté, le retors que provoque la réflexivité sur la dialectique du discours, du savoir, la nature de la connaissance, l’être du connu, tente de maitriser la substance même qui nous constitue ; tente de réguler mais au travers de percer, mettre à jour la densité ici intellective mais plus loin intentionnelle de notre être.

On ne peut pas penser n’importe quoi n’importe comment. Et sans aucun doute il est uen astreinte supérieure (qui consiste à articuler les énoncés entre eux de manière à ce qu’ils s’éclairent les uns les autres, bref une cohérence), mais aussi doit transparaitre la nature de ce qui s’y dispose. De ce qui s’y désire être, de ce qui s’y dépose, ici ou bien là, ou encore ailleurs. Les équilibres et déséquilibres sont alors dits ; ontologiques.

Il en va en effet de notre être qu’il se porte ou se déporte comme çi ou comme ça ; et ce sur quoi il s’installe, se déploie, se repère importe de ce fait puisque le paysage qui s’y dessine, formule l’intrication de notre être sur le ce-qui-est.

On serait tenté d’exprimer cette topologie en termes spatiaux ou selon uen ou des temporalités ; mais en réalité, il est plus question, même alors, d’une advenue plane atemporelle, neutre, qui accroche plus ou moins le ce-qui-est en tant qu’il est « ce qui se passe ». Que par conséquent il est très difficile de préciser puisque cela en strict point de vue ne devrait pas emprunter au monde, ses repérages … c’est « ce en quoi il est des repérages », étant de cela hors proportion.

C’est donc cet indescriptible qui hante les textes les plus éclairés, les plus articulés, les plus universels. De s’enfoncer dans le singulier radicalement existant. Cad la capacité d’amener l’attention jusqu’au frémissement de « ce qui se passe ».

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