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instants philosophie

L'esthétique comme essence du sujet

16 Avril 2011, 23:44pm

Publié par zwardoz

On ne peut pas contrôler l’intentionnalité ; elle est essentiellement fuyante. Mais il faut prendre garde à la nature de cette fuite.

On ne peut pas contrôler consciemment l’intentionnalité ; et ceci est dû à son essence même ; il est de son être de ne pas dépendre. Or malgré tout, ça ne signifie pas qu’il n’y ait aucune prédisposition à décider antérieurement. C’est que l’antériorité de l’intentionnalité ne peut pas se décider nommément puisque l’intentionnalité dans son repli le plus incessant, est de se tenir de la totalité ou d’une ressemblance de totalité ; or l’intentionnalité est ponctuelle dans sa performance et finalisée en cet objet, toujours précisément celui-là. Elle peut difficilement obtenir une totalité et encore moins la totalité unique qui gouverne tout.

La totalité en question est et n’est pas la totalité de l’intentionnalité (telle qu’elle s’accorde à elle-même, à tel moment de notre vécu et tel que nous sommes ) ; elle est aussi la totalité virtuelle de ce qu’elle peut ; autrement dit, on n’est pas seulement ce que l’on est ou ce que l’on a été, mais aussi ce que l’on a projeté, ce que l’on projette possiblement ici et maintenant, comme autrefois et parfois ; le virtuel englobe tout ce que l’on a pu prévoir, imaginer, et pour l’intentionnalité, en partie, ce que l’on a voulu être, existe encore ; l’intentionnel en tient pas seulement à ce qui fut vécu ou réalisé, mais tout autant à ce qui aurait pu l’être. L’intentionnel est en lui-même dans le repli dit idéel de lui-même.

Et non pas le repli idéel de soi en tant qu’un moi, un-tel, tel qu’il est là, nommé ; mais plus loin est le repli idéel de ce qui est contenu en notre être, ici individuel, qui autorisait non pas cette individualité seulement, mais cet individu en tant que singulier. L’individualité du moi, l’intentionnel en lui-même, puis le singulièrement un : que définit le repli intentionnel comme idéel, contenant toutes les intentionnalités individuelles ou plus qu’individuelles ; ce qui ne signifie pas universelles ; ce qui signifie notre être tel qu’en lui-même.

La quintessence de notre être, pris singulièrement, est au sens très large esthétique ; n’est vécu que ce qui est, en plus, exprimé ; (pour cette raison autant la formalisation sociétale nous force à adopter notre individualité psychologique et nous y limite, elle enfonce le clou du moi, autant elle nous abreuve d’expressions extérieures, en purs consommateurs d’images du moi, de contenus déversés, de points de vue limitatifs ; la formulation du héros par exemple).

Le repli idéel de l’intentionnalité de chacun, ne peut en aucune manière être atteint extérieurement ; l’intéressé y accède lui-même difficilement ; Proust ou Rimbaud ou Orson Welles y travaillent et c’est en cela que le subjectivisme absolu, autrement dit la singularité intentionnelle, nous est des uns aux autres, essentiel.

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