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instants philosophie

L’être-libre comme devenir(s) du 20éme siècle

1 Décembre 2012, 09:23am

Publié par zwardoz

L’être-libre comme devenir(s) du 20éme siècle

Il est évident du 20éme qu’il a quitté définitivement la mesure de l’être-libre par la raison ; l’être-libre est cependant et doit être présenté comme « la raison en marche », la raison concrète dont l’ancien mode constituait la raison abstraite (qui se définissait comme étant l’universel, universel ayant pour horizon le partage du vrai, du beau et du bien et aboutissant pour chacun au bonheur).

Il apparait alors que la raison a changé dans sa structure : elle s’est déplacée en chacun puisque la réalité veut que chacun soit en mesure de juger, de décider, de choisir et évidemment par-dessus tout d’inventer ou encore de créer.

 

Anti communisme

Ce qui n’est pas une utopie, puisque c’est cela qui se déroule depuis 2 siècles. Depuis deux siècles, il est une quantité de plus en plus conséquente de personnes, individuellement, qui prennent les choses en main. Il est clair que dans le même temps, les vies individuelles se déploient comme jamais ; et que ce monde des mois, des moi-mêmes, est l’idéal réalisé. On n’imagine absolument pas du tout une humanisation sans l’ampleur de l’individualisme qui seul rend chacun à chacun ; à moins de croire en une universalité froide et morte (le communisme de jadis, qui pensait, littéralement pensait universellement selon l’ancienne raison, que l’humain est l’homme générique, indistinct, aux besoins définissables).

Anti libéral

Mais cela ne signifie pas non plus qu’il faille engendrer un hyper individualisme décérébré ; le cadre général de chacun est encore et toujours le partage entre tous et pour chacun de cet horizon dit universel. Qu’ainsi il est impératif de remplir l’idéal absolument général qu’est la démocratie (dont on ignore encore ce en quoi elle consiste au fond) selon d’une part le libéralisme oui, mais aussi un « communisme » si évident qu’il n’est nulle part absent, que partout il est un Etat qui régule et redistribue et éduque, etc. l’être-libre, ce en quoi se justifie n’importe quelle sorte d’égoïsme absurde, ne peut pas se séparer de l’universel ; il en est issu et c’est en l’universalité que l’être-libre recommence à être.

 

Les choix du moi-même

Puisque sinon il ne reste à l’être-libre que de se satisfaire d’immédiatetés, de facilités, d’absence d’avenirs (il demeure limité à son seul avenir individualisé). Ce qui ne signifie pas « rien » ; l’individualité doit absolument former un monde de moi-mêmes, élaborer son vécu en propre. Puisqu’il est, lui, à proximité du donné le plus proche, il est ce corps, cette psychologie, ce relationnel, cette consommation ou pas, cette professionnalité et donc cette technologie, et ceci en plus de son choix ou sa compréhension politique, ou son engagement éthique (pour quelque cause que ce soit et y compris sa propre éthique de vie, sa logique de vécu, logiques  déployées et en grande quantité), son imagination esthétique et mass médiatique (au sens radicalement proche ; d’images oui mais aussi de perceptions, de signes mais aussi de corps et de gestes, de récits en tous sens mais aussi de lectures et d’écritures indéfiniment vairés, etc).

 

L’utopie déjà réalisée

Que chacun ait à se composer et à s’inventer, n’est pas une utopie, c’est déjà là, déjà réalisé en partie, déjà historiquement déployé. C’est ici et maintenant que chacun invente son vécu, avec ou sans difficultés, douleurs ou absurdités manifestes.

Prendre de haut, selon des hauteurs de pleureuses qui regrettent une élévation humaniste tout à fait générale et ancienne ; qui prétend plaquer ici et maintenant une vision de la Kultur, cad de l’acculturation, qui ne concernait que quelques uns du 19éme, du 18éme, kultur qui ne peut pas s’appliquer lorsque l’éducation est dite démocratisée. C’est un autre monde qui s’est imposé. Délimité par le 19éme et le 21éme.

 

La rupture de l’historicité

Ceci revient donc à proposer que au sortir de la raison universelle, celle de l’horizon de partage intégral de l’essence de l’homme (comme homme général ou générique), il y eut l’être-libre pour mettre à bas toute superstructure écrasante dans l’ouverture des gouffres abyssaux de l’invention, découvertes et exploitation d’un monde…

Ou donc que l’organisation essentielle d’un tel monde se réalise par et dans l’être-libre ; la vie hyper individuelle ou la privatisation strictement individualiste de tout ce qui existe en un tel monde. L’organisation essentielle, l’organisationnel, tient dans la main de chacun d’une part et de quelques uns d’autre part ; privative.

Mais ceci sans s’apercevoir que cette privatisation n’existe elle-même que dans le support, sa portabilité par et dans son encadrement générale ; l’universel et le partage.

 

Le libre comme universellement libre

Malgré cet oubli de l’universel commun (oubli historique et fantastiquement majeur), il est une logique en ceci que si le jugement (que l’universel opère sur l’horizon humain) est déposé entre tous démocratiquement donc, il est aussi installé en chacun, individuellement ; autrement dit bien loin de n’être que des corps qui parlent, les mois, le moi-mêmes, tous ces vécus, bien loin de n’être que des « images » (de soi-même), sont des Idées.

Chacun est une Idée, au sens où l’on ne voit pas bien ce qu’un être-libre peut provoquer en lui-même d’essentiel, sinon de se penser. Une liberté qui ne se penserait pas (de telle ou telle manière, et chacun élabore la sienne propre) est inimaginable.

Et pareillement qu’en la raison, cette Idée n’est pas vraiment copiée des « idées » d’autrefois ; elle est autre chose et autrement. Il est un devenir courant, qui gambade, de l’être-libre comme pensée, remodelant continuellement ce que « universel » veut dire.

 

Le libre est la Loi

Il apparait donc qu’il est impératif de saisir en quoi consistait l’universel de jadis, et comment il est déjà débordé par lui-même en se transmuant en libre pur et simple. Si le libre n’est pas pur et simple, il n’existe pas : le libre est à lui-même sa loi, certes, mais il EST une Loi, pour de bon.

Ce qui signifie qu’il n’est pas n’importe quoi. Il est même à l’inverse extrêmement difficile et complexe, puisqu’il est, dit-on, l’application ici-même de la raison (celle des hauteurs qui croyait à son horizon partagé), et que donc il ne peut pas se développer en une moindre complexité ; il ne peut devenir que pluriellement et en démultipliant les distinctifs.

Si le libre se définissait sans raison, il ne se définirait pas, tout simplement. Et se définissant pas et existant pour-lui-même (ce qui est la moindre des nécessités pour un tel être), il est donc son Idée.

 

La révolution continuée des révoltes à tout crin

Qu’il soit son Idée entredéveloppe indéfiniment que la raison loin de s’appliquer généralement sur chacun, est en fait et dans les faits innombrables qui se sont réclamés à corps et à cris durant deux siècles (des prolétaires unissons-nous aux dernières libérations et droits à venir encore, de toutes les révoltes et exaspérations, des maladies psychiques aux drames vécus, etc), que la raison telle qu’appliquée réellement provoque le distinctif et le significatif d’un monde, d’un donné, de vécus et ce au plus proche de ce qui est vraiment (achevant la mort des idéologies abstraites au profit de luttes pas à pas, petit à petit ; de luttes concrètes).

 

Le distinctif comme logique interne

D’aucuns remarqueront que ces révoltes et luttes concrètes se délimitent dans un même espace dit, donc, privatif ; la société libérale est conservée telle quelle et même s’est démesurément amplifiée. Mais on ajoutera aussi que rien n’est encore achevé : le démocratique et un processus et même un ou des procédés ; ça n’est pas un « état » clos et fermé, et l’histoire continue mille fois plus rapidement que jamais.

Et tout vient à paraitre démocratiquement, et de plus en plus précisément, puisque de plus en plus précisément le distinctif (le « ce qui vaut » et le « ce qui ne vaut pas ou moindre ») se démultiplie (ce qui est de fait son essence, son être réel en propre). 

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