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instants philosophie

L'être-libre impensable impensé

15 Août 2012, 08:06am

Publié par zwardoz

De l’image de soi à l’idée de soi

Il est ici et là des tentatives d’éthiques ; l’éthique se déploie aux confins de l’image de soi, visant à substituer au moins en partie à l’image, une Idée ; une Idée de soi. Par quoi chacun peut advenir à la vérité et ne plus appartenir à cet être-mort en quoi consiste le moi-même et son image.

Dans l’image le moi-même passe outre qu’il puisse penser. Or pourtant l’origine du moi-même est ontologiquement l’être-libre, lequel pense forcément ; il est pour-lui-même une « idée » ; il se réfère-à-soi. Mais le jeu qu’il risque d’entretenir se situe dans la représentation ; il lui suffit de « se représenter » quelque peu d’une manière ou l’autre et non de se penser. L’être-libre est en chacun la raison (ce que l’on nomme tel en croyant connaitre déjà ce qu’elle est et se fiant en cela sur la raison universelle ancienne) mais la raison en tant que concrètement réalisée ; clouée sur le monde (et non plus survolant le monde) et incrustée (en un corps).

 

La haine de la pensée ; l’apogée de l’image

La détestation de la pensée vient de ce que les moi-mêmes évitent de penser. Ce fut durant quelques temps la propension des idéologies ; ça pensait. Mais ça pensait en se fondant sur la raison universelle ou sur l’homme-générique, l’homme comme besoins. Ça ne suffisait pas et ne rendait pas compte du tout de l’être-libre. De sorte que le principe libéral est lui, arcbouté sur l’individualité, opérant partout.

Puisque le fondement ontologique demeure l’être-libre, son effet dans le monde, el donné, le vécu, est le moi-même et celui-ci se radicalise immédiatement ; dans l’immédiateté, comme synthèse et donc comme mensonge, illusion, fantasme qui comble le vide.

 

Le libre-même, impensé

Autrement dit, l’être-libre est la liberté-de ceci ou cela mais n’est absolument interrogé en tant que tel.

Et pour la raison que l’interroger reviendrait à penser le libre-même et que nous ne disposons que des anciennes notions qui revenaient toutes à l’universel (lequel est déjà-réalisé et si il forme le cadre général du monde humain, c’est abstraitement). Tout le concret est confronté dans le donné du monde vécu ; il faut que revienne Sartre sur le libre pur, enfin, pour que cette structure soit à peu près approchée en idée (en cette idée qu’elle peut obtenir de son être en propre). Et donc tardivement.

 

La Réalisation intégrale (de tout)

Les quelques-uns si déraisonnables

Mais il fut ici et là quelques uns qui s’acharnèrent à saisir leur être-même, sur le vif, sur le vif de leur vécu instantané, sur la profonde rupture que tout libre installe comme fondement immanquable dans le monde, totalement étranger à tout ce qui s’y trouve. Les trois plus déraisonnables Rimbaud et le solde définitif du passé immémorial et de l’avenir éternel (saison et illuminations), Artaud et l’horreur constante, Nietzsche et l’affirmation d’un seul et unique plan immanent. D’autres dont toutes les mémoires referment le passé et dont les évidences imposent l’explosion de tous les mondes (ou leur subsumation dans l’actualité pure).

Les moi-mêmes et la Vie

Alors même que par ailleurs les moi-mêmes récupèrent, pareillement mais appliqué autrement, par leur goût de la réalité, qu’ils possèdent une Vie. Tout le siècle fut assoiffé par la Réalisation, par le Rendre-réel. Ça ne se vit plus en Parole, (mythique), plus symboliquement (en esprit), mais en concrète réalité vécue et réalisée. Collective ou individuelle (marxiste ou libérale), la Réalisation.

Le libre et la soif du réel

Or la réalisation vient d’un opérateur ; le libre pur qui pousse, structurellement, à être. Aussi le libre pur ne se pense pas ; il développe son potentiel, il est l’intensité, et si il manque de pensée, de penser, c’est que de pensée du libre-pur, il n’en existe pas ; puisqu’il est libre absolument.

L’ancien universel lui est inapplicable et il est lui-même absolument convaincu de sa certitude ; toute volition est vraie de fait puisque lui le libre est à lui-même sa propre certitude qu’il applique à toute intention. Il est ainsi le concret fondamental de la raison jadis universelle et devenue abstraite. Alors même que dépourvu de toute la raison, il se perd dans sa certitude et reste sans chemin possible.

Réalisation et destruction

Autant les moi-mêmes et leur vécu s’engagent dans une propension à Vivre, autant les quelques-uns mènent une destruction et une autodestruction déraisonnable (pour la raison ancienne et pour la Vie, communément admise) de tout ce qui est ; et non seulement des niveaux d’acculturation mais pour les plus sauvages jusqu’au corps-même, celui qui est-là. C’est que le libre restructure instantanément ce qu’il dé-couvre, ce qu’il explore, et interrompt toute représentation.

La détérioration dépressive de la Vie ou l’autodestruction par le libre jusqu’à lui-même (manifestant non pas uniquement de la « folie », psychologique et relative aux moi-mêmes, mais de la folie structurelle surpuissante) suivent pas à pas toutes ces réalisations et ces explorations.

Dans tous les cas, quelques uns déraisonnables ou réalisation des Vies, l’être libre succombe ; à son manque d’Idée de soi. N’étant pas pensé, le libre annihile puisque rien dans le monde, le donné, le vécu ou les vies ne le satisfait.

Sans passé, sans avenir aucun

Et comme il est l’être-libre, aucune des « sagesses » antérieures et aucune des connaissances objectives ou para-objectives du siècle, ne peuvent lui offrir que lui, le libre, ne soit pas à lui-même sa propre référence, ce qui veut dire sa propre "pensée"… Le libre est donc en lui-même son Idée.

Laquelle pourtant demeure sans pensée aucune qui le comprenne. 

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