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instants philosophie

L'identité amoureuse du non moi

24 Juin 2010, 20:12pm

Publié par zwardoz

Il s’est déroulé ce qui devait advenir ; il n’était pas possible que l’humain demeure dans une facilité de langage ; à croire que d’être seulement exprimé, tel quel, tel que perçu, et surtout tel qu’échangé et transmis, le monde serait déjà immédiatement vrai et vraiment connu.

Cette immédiateté totale totalement exprimée et qui se love dans la parole et tout langage et est constamment transmise de l’un à l’autre, hante toute conscience de soi (on se fie à son identité) et tout relationnel (la parole vers l’autre est toujours supposée complète, puisqu’elle doit être comprise de part et d’autre, il est dans la nature même du langage d’atteindre une complétude qui explicite tous les signes par eux-mêmes et tous ces signes dans le monde intégralement parlé et échangé).

C’est en somme l’héritage qui est-déjà complètement inclus dans l’essence du langage et qui donc se reproduit automatiquement de par soi ; entrainant notre intentionnalité dans le circuit de l’identité fondamentale ; mais comme cette identité est issue du monde, et emploie des éléments du monde ou des éléments devenus signes, cette identité est un pur posé-là.

Ce qui veut dire que l’on s’en remet ; on s’en remet à déposer notre identité dans un « là » ; le « moi-même ». Mais parfois le déposé-là s’expatrie ; il se pose en une autre identité que soi ; le sentiment amoureux est l’invention formidable qui nous soulage du poids de notre être (dont l’identité seulement déposée nous étouffe). Ainsi l’Autre est-il le décentrement intégral qui nous extirpe de notre être d’une part de notre identité (qui se déconsiste alors) et d’autre part de notre attention ; la focalisation est soudainement « en » l’Autre. Le trouble est complet et dépasse absolument nos capacités ; ça n’est pas seulement notre identité psychologique qui est atteinte ; c’est notre être intentionnel.

En quoi on voit que la psychologie s’essoufflerait à décrire l’existentialité de l’attirance ou de la séparation. Mais aussi en ceci on s’aperçoit que notre être n’est pas limité à une « psychologie personnalisable », mais est une structure qui est à soi-même, intentionnellement, sa propre fondation enracinée en bien autre chose que la personnalisation ; dans tous les cas, c’est d’un dépassement ontologqiue dont il est question. Amoureusement, éthiquement ou théoriquement, il existe des focalisations de notre être qui creusent notre exister et non pas notre « personnalité ».

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