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instants philosophie

L'intellect et l'espèce

26 Janvier 2011, 23:05pm

Publié par zwardoz

Comment peut-on juger de la réalité et donc du devenir humain comme si il subissait un non sens quelconque ou une dégradation ou une faiblesse morale ou on ne sait quel châtiment externe ou interne.

Il est probable que notre être est commun à toute forme d’intelligence (comme on dit), fut-elle extraterrestre (si unetelle intelligence généralisée existe), et que par ailleurs, il se peut, éventuellement que notre biologie propre supporte plus ou moins, admet en sa physiologie plus ou moins de cette dose d’intelligence générale ; qu’autrement dit, pour une telle intellection, on est plus ou moins doué.

Une telle faiblesse est concevable. Mais il n’y est aucune faiblesse morale ou aucun « non sens » dégénératif, ou on ne sait quelle décadence.

La forme intellective, elle, est, en nous, sans doute complète ; on n’est pas « à demi intelligent », en tant qu’espèce. L’intelligence, qui a priori se comprend soi comme intelligence, on peut poser qu’elle se sait effectivement telle qu’elle est (ou du moins est supposable que se cachant elle récupère quelque peu la forme générale de l’intelligence).

Le passage de l’intellect dans la réalité, vécue, par ex, ou relationnelle (surtout), ou symbolique (ce qui est une autre manière du relationnel, au fond), est de toute évidence une difficulté, pour notre espèce, très résolument insurmontable.

De deux choses l’une cependant. Soit l’intellection jusqu’ici mise en place ne s’avance pas suffisamment dans la compréhension, et donc ne parvient pas à soulever la réalité (humaine) ; de sorte que celle-ci par inertie s’affaisse constamment sous son propre poids. Soit notre espèce est radicalement imperméable à toute raison, toute réflexion, toute conscience générale de son propre intérêt. Ce qui n’est pas à exclure et qui revient à ; physiologiquement, métaboliquement, notre réalité biologique ne supporte pas l’intellection.

Par intellection, il faut imaginer l’ensemble des règles élaborées qui permettrait la résolution des problèmes, au moins raisonnable sinon raisonnée ou encore inspirée. Et au vu des impossibilités manifestes de notre espèce, ce ne sont plus des problèmes mais des problématiques énormissimes. Au sens où l’on ne peut pas s’attaquer à une résolution sans soulever un tel conglomérat de présupposés, de réalités figées humaines, que n’importe quelle résolution devient inopérante.

A l’inverse de cela on peut parier pour une obédience hégélienne ; sans doute il existe des conglomérats (d’intérêts par ex, d’intérêts qui immédiatement se donnent pour si essentiels, et qui le sont relativement, mais au regard desquels intérêts, il y aurait bien plus grand profit à neutraliser ces faibles intéressements en vue d’une résolution normée), mais ces conglomérats contiennent peu ou prou, des résolutions « mécaniques » ou internes qui viendront en leur temps et selon une orientation marxiste ou selon les lois du marché ou ce que l’on voudra dans le même goût.

Ainsi l’intellect (soit ; la résolution raisonnable des problèmes) interviendrait en dernière minute, pour ainsi dire.

Cela suppose une autre perspective ; que l’intellect jusqu’ici, s’il fut bien actif, et a promu diverses technologies (du droit aux sciences, en passant par des systèmes esthétiques perfectionnés, par ex), ce ne fut jamais jusqu’à remodeler la « nature humaine » ; cad que ça n’a rien touché d’un cheveu de notre être. Nous subissons toujours les mêmes instinctifs, et les mêmes affects et les mêmes rivalités (qui créent nos valeurs au lieu que ce soient les valeurs qui créent nos vécus). L’intellect serait seulement un atermoiement superficiel ou pratique voir pragmatique. Ça n’est pas faux.

L’essence même de la rivalité ou de la fausse reconnaissance, demeurerait inchangée ; rivalité qui crée donc de fausses valeurs, des valeurs du tout-venant, assises dans un système de domination quelconque ; au fond les dominations sont toujours quelconques, basses, vulgaires, sinon ignobles. Ce qui veut dire qu’elles ne proposent littéralement rien ; sinon l’état de choses.

En sorte que la raisonnabilité des solutionnements se distinguent de ce que, cette fois, les valeurs inclues sont celles qui rendent possible les possibles. Une injustice c’est le cloisonnement de l’un par l’autre ; mais en ce cas l’un comme l’autre demeurent dans l’im-possible. Ce qui était possible entre les deux, d’une résolution régulée, n’est plus possible, du fait même de l’injustice. Bref, en gros, on n’en sort pas grandi, au sens effectif et bien réel.

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