Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

L'intentionnel, comme être séparé

5 Janvier 2011, 00:32am

Publié par zwardoz

Le rêve est la première levée de la représentation ; en ceci que le donné vécu se représente à nouveau dans la scène perceptive nocturne.

Le conscient est une émergence à partir de la masse représentée.

Le conscient n’existe pas en lui-même, mais d’être tenu dans une intention. C’est qu’il y ait une intentionnalité (visant un objet au moins, quelques-uns au plus) qu’il puisse exister une dimension de représentation consciente. N’est conscient que ce qui tombe dans le faisceau intentionnel ; lequel est limité (et en acte) et délègue toutes les connivences autour de son objet de visée aux autres fonctions.

Ces excroissances (perception, représentation, sensations, mais aussi mots, signes, gestes, comportements, voix, etc), ces autres fonctions sont tout autant « ce qui crée l’intention », que ce par quoi elle empiète à disposition. L’intention peut également être possédée que possédante ; elle est poreuse et perméable, comme malléable et protéiforme.

En ce sens, elle est formelle ; étant émergente au sein du conscient lui-même émergeant de la re-présentation mémorisée, elle est épiphénomène qui, parce qu’il établit non pas constamment, mais localement et limitativement de la liaison entre différents registres (perception et signe par ex) ou divers domaines (émotions et comportements), dispose d’une ampleur suffisante ; le mélange autorise la quantité de choix et donc essentiellement de combinaisons possibles. C’est de son minimalisme que l’intentionnalité tire son possible ; de s’inscrire à la croisée des diagonales.

Il n’est pas question d’une forteresse cartésienne : Descartes crée le sujet en durcissant l’intentionnalité ; fondée en quelques traits resserrés et profondément à juste titre destructeurs ; formalisant un procédé de maitrise de l’intention par elle-même ; il ne s’agit plus uniquement de contrôler le discours dans sa cohérence, mais de remonter du discours vers son instrumentalisation ; l’intention, la volonté que l’on en a, formellement noté comme étant notre être lui-même, est ce qui se maitrise de par soi. Le discours de la méthode est un apprentissage de l’invention du sujet par lui-même. Par quoi en fait l’intentionnalité, qui paraissait dépendre ou se soumettre à des contenus privilégiés (l’ancien discours des idées ou de la conceptualisation strictement métaphysique), se découvre comme ayant à varier son être intentionnel lui-même ; ce retour sur soi la forme même (sans contenus).

Mais pas plus il ne faut abolir l’intention dans ses contenus, ni dans ses causes ; l’intention se distingue des fonctions (perceptions, sensations, comportements, signes, image de soi ou identités, etc) comme des choses du monde ; elle peut varier de l’un domaine vers l’autre registre, indifféremment.

Il est bien certain pour que s’élabore une variabilité interne à l’intentionnalité qu’est nécessaire la mise au jour du dispositif pour lui-même ; il lui faut se donner à soi son être, d’une manière ou d’une autre. La donation de soi est à la fois dans la logique même intentionnelle et définitivement difficile ; c’est que l’intentionnalité n’étant pas un contenu en particulier, doit pourtant se figurer son être, et tout dépend alors de comment et en quelle illustration de soi, il y parviendra (il existe une grande variabilité d’acquisition de soi, de ce soi formel dans l’étendue de ses possibilités ; et concomitamment des noueux, des impraticables, des échecs, des impossibilités ; notons bien qu’il ne s’agit pas spécialement de l’acquisition psychologique de soi, mais de l’acquisition du déploiement de la structure intentionnelle –même).

Or comme l’intentionnalité est dans le rythme de l’éphémère, il lui est extrêmement difficile de se fixer une illustration de soi ; c’est un montage complexe et comme l’intentionnel se sait intuitivement telle qu’elle est, elle se sait aussi, négativement, telle qu’elle (ne) s’apparait (pas). L’insatisfaction native n’est pourtant pas son manque, mais donc son excès.

Commenter cet article