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instants philosophie

La conscience est le corps, le corps est la conscience

15 Juin 2013, 14:48pm

Publié par zwardoz

La conscience frise l’inconscience ; étant formelle elle obtempère de deux écarts énormes. 

Etant formelle elle prend la place de l’autre. Et étant formelle elle est emplie de tout ce qui vient. 


Sans doute le conscient, ce qui manifestement exprimé (et exprimé par, pour et selon l’autre, puisqu’il faut avant tout être compris, indépendamment de ce que l’on veut ou voudrait dire) est-il ce qui organise ; le système de références dans la communication mais aussi le langage lui-même dans sa syntaxe mentale et enfin le fait même de parler ordonne ce qui est dit. 

Mais la conscience est ce qui virevolte, papillonne, absorbe tout et n’importe quoi ; ce qui est retenu et ordonné revient sans doute au langage sus nommé, cependant la conscience ne cesse de se nourrir d’affections, de perceptions, de signes, de vécus, de désirs et des choses même comme des objets ; elle ne se limite pas au conscient même si celui-ci est « ce qui est organisé en-soi ». 


L'insatisfaite

Il est bien clair alors que la conscience qui varie intensément constamment, de ce qui arrive, ne peut pas se contenter de la formulation consciente si restreinte ; comme elle navigue en tous sens, et en tous les sens physiologiquement parlant également, elle doit acquérir une fluidité, une facilité, et donc doit signifier elle-même et par elle-même ; ce qui veut dire en comparaison de l’ordonnance du conscient (parlé avec et par les autres), qu’elle doit signifier tout et n’importe quoi. Elle doit élaborer sa propre fluidité, son propre devenir, de fait hors du conscient, hors de l’exprimable entre soi. 

Chacun est donc immergé dans l’océan du donné. Chaque conscience entre en vibrations diverses et variées et évidemment le corps est cet instrument vibratoire. Le corps puisque ce qui assume intégralement la totalité des informations, ce qui existe sans qu’il soit parlé, hors du morcellement, qui est en somme le substrat qui permet qu’il y ait retour-sur et donc qui rend possible qu’il y ait conscience, est un corps. 


La question qui se pose, pour toute conscience, est : quel est l’intérêt réel du corps et donc de quel corps s’agit-il ? 

Le paroxysme existentiel est la crise ontologique complète qui réintègre étrangement notre être ici et le corps (ou la chose externe « là ») se formule comme extase ontologique. 

Mais il est également d’autres expositions intégrales ; c’est ce corps là qui est exposé en son unité réelle première lorsqu’il se lance esthétiquement : un objet esthétique met en jeu la toute présence du corps en son utilisation maximale, cad intense. 


Le corps du moi

Il apparait que la poussée interne (et donc structurelle) du corps ne le rend pas semblable au corps du moi (et donc déterminé) ; dans un moi-même le corps est lié. Il est lié en ceci que chacun se connait comme moi ; cette identité. 

En un moi le corps n’est pas dégagé : il est pris dans le filet de la dénomination. Il ne débute pas de zéro, mais est-déjà une identité : c’est que, vide, la conscience ne peut pas inventer les réponses aux questions non posées et qu’elle sera donc les réponses des questions posées  … mais comme elle ne se fie pas seulement aux énoncés explicites, conscients, elle papillonne multiplement alentour ; ce ne sont pas les questions nommément posées qu’elle retient, mais le par-en-dessous des énoncés ; tout énoncé est colporté par des myriades de demi, pseudo, imaginaires intentionnalités, celles qui ébauchent des réalités, des signes, des aperçus indistincts. Or l’indistinct permet ceci ; qu’il laisse courir les signes, qu’ils sont ou deviennent indécidables, non figés, qu’ils retournent vers l’intention à demi réalisés, irréalisés. 


L'intensité

Ce qui se joue c’est la qualité et la quantité de présence du corps intègre dans la perception ; la finalité idéale étant de canaliser suffisamment de la plus haute distinction et des plus larges indistinctions ; soit donc l’intensité perçue, vécue, ressentie, amenée au corps-même. 

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