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instants philosophie

La conscience et le rêve de la cervelle

16 Décembre 2012, 15:35pm

Publié par zwardoz

Du traumatisme, le décentrement

Il est donc un traumatisme toujours brulant qui est venu rompre notre spontanéité, cet immobilisme fantasmé de l’un-tout affectivement épanché sur lui-même qui considérait que tout le monde existant tournait autour de son rêve. 

En quoi s’impose qu’il y ait un tiers venant interrompre toute relation, tout affection, tout regard, tout geste, tout contact. 

Il est donc, le sujet, plongé dans l’altérité, la plus profonde et insondable. Il manque de tout puisqu’il n’est rien dans le monde qui puisse recouvrir son gouffre. De ce qu’il ait découvert qu’un autre, un tiers, l’observait, et que le monde tombait hors de son envie, il a compris qu’il était devenu pour lui-même étranger. Que l’étrangeté du monde, qu’il y ait un « monde », lui revient de pleine face ; il n’a plus de visage. Il fuit qu’il n’en ait plus de visage. Il sait, il se sait condamné à emprunter des visages ou des morceaux de face, composés petit à petit et de pur faire-valoir ; visages absurdes. 

Auparavant il n’avait conscience de rien, mais ayant conscience il est sans-rien du tout qui soit. 

 

La conscience comme excroissance limitée

Tandis que pour sa part, la cervelle continue de rêver. Elle ne peut que rêver, ce qui veut dire reproduire la réalité perçue, mots y compris, et tout ce qui s’engrange dans le même mouvement ; la reproduire dans les circonvolutions physiologiquement. Pour la cervelle il n’existe que le rêve et l’étendue insaisissable de sa rêverie. 

Comme l’être de conscience est chétif et tient à peu de chose ; d’une liaison dans la réalité, dans le monde concret et extérieur, d’une liaison avec un petit bout de machin quelconque qu’il monte en épingle et en lequel il croit, qu’il croit retrouver peut-être et qui figure sa relation à lui-même imaginée, par ce petit bout, intacte ; comme il est instable et hiératique, l’être de conscience est plus ou moins absorbé dans et par le rêve de la cervelle. 

La conscience est un écart de rêve, détaché et tendu vers le monde ; elle ne tient à rien. Sauf qu’elle a basculé de l’autre côté et cet autre côté fut dénommé pour la première fois comme étant l’Etre. Ce qu’il faut entendre comme « ce qui est », sans préjugé que ce qui est, soit dieu ou la pensée ou l’universalité. 

 

L’étendue du monde comme monstruosité

Et la première monstruosité qui en fut lancée, fut cartésienne ; en désignant que le monde est « étendue » et que cette étendue ne peut pas être pensée par des idées (qui était encore une idéalité mélangée de rêve), mais seulement définie par des nombres, une mathématisation, ce qui ne dit littéralement rien du tout, et échappe à toute ressaisie par la cervelle ; le un n’entre pas dans le champ irréel de la cervelle. 

Le moi, puisque c’est lui qui va supporter la liaison avec une partie du monde qui attire vers l’extérieur la petite part vers le petit bout de monde qui tient le coup, le moi est en son ensemble une séparation d’avec la cervelle irréelle, mais à condition qu’il, au bout du compte, contienne encore une ancre irréelle qu’il suppose exister dans le monde qui lui permettrait de renouer l’irréel monstrueux et total et totalement un (mais comme tout, et non pas un comme un, singulier) avec et dans l’objet-petit bout de monde. 

 

Il apparait donc que la masse rêveuse de la cervelle, s’attire hors d’elle-même par un petit-bout de monde, et que donc d’un certain point de vue il n’est qu’une rêverie qui supporte plus ou moins le décentrement. 

La conscience est donc faiblement articulée dans l’extériorité et c’est de cette faiblesse qu’elle prétend être l’essentiel de ce qui est ou au moins de ce qu’il y a à être. 

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