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instants philosophie

La conscience sur le bord du monde

1 Mai 2013, 13:45pm

Publié par zwardoz

Si notre être est un mécanisme issu de la cervelle, qui surgit dans la cervelle, qu’il soit ou non produit ou producteur du langage est une occurrence seconde ; en tant qu’elle surgit elle est autre que tout, y compris du langage ; son émergence est en-plus et vise déjà autre chose via le langage, le groupe humain, les mondes humains ou les mois et les personnalisations.

Qu’elle soit mécanisme, ne signifie pas qu’elle ne soit pas « nous » mais bien qu’elle est plus que nous-même. Alors même que notre moi freine des quatre fers afin de s’y opposer, et refuse de passer au broyeur sans détour de cette structure. De même les mondes humains qui succomberont de toute manière à la conscience absorbatrice. C’est l’activité de conscience, sans rien, qui travaille et œuvre au donné, sur le monde et dans le vécu.

 

La conscience comme conclusive sur le bord du monde

Elle est dite conclusive en ceci ; qu’elle n’est pas constamment hyper active, qu’elle absorbe tout donné, puisqu’elle est formelle, sans contenu, rien en elle ne s’oppose à s’imprégner de toute perception, idée, affects, signes, langages, humanisations, etc ; mais absorbant ce qui arrive, dans le monde, sur le donné ou en un vécu, elle revient néanmoins sans effort et en-plus de tous les ensembles, de la physiologie aux idées les plus abstraites. Elle réapparait sur le donné toujours actuel et tend à en tirer les conclusions.

Ce qui peut l’enferrer en de fausses, erronées ou abusives conclusions ; elle peut déduire ceci ou cela d’un donné « là », sans tenir compte des a priori ou des inconscients ; elle absorbe et ne remonte pas sauf réflexivité sur le donné acquis. Mais d’une manière générale, comme elle re-vient incessamment sur éventuellement le même donné ou le même résultat dont elle ressent ou perçoit ou juge ou appréhende qu’il ne correspond pas.

 

Réflexivité instantanée

Elle met en route alors la réflexivité sur le donné acquis inadéquat ; et la remise en jeu de tout donné, évitant des synthèses immédiates, (qui croient spontanément ce qui arrive ou se présent), et commençant de remodeler l’ensemble de tout ce qui arrive ; et c’est l’idée, le principe, la logique même de re-présenter l’ensemble de tout ce qui arrive, en tant que nommément cette re-présentation est celle dite de l’être.

La raison ou cette réflexivité (si l’on étend la logique de la raison) est celle du dépassement de tout donné, qui n’est plus accepté tel quel, et dont on refuse de fournir une résolution facile (qui accepte tout et n’importe quoi et qui en obtient une résolution non réelle, irréelle, une humanisation).

 

Conscience réflexe et dépassante

Or si ça n’est pas seulement de ce discours cohérent de la dite « raison » qu’il s’agit mais de notre-être, bien réel, alors la réflexivité est intégrée dans la structure même ; c’est de par soi que la conscience passe de la croyance en tel donné, visiblement inadéquat, et non pas seulement jugé consciemment inadéquat, à une remodélisation de ce donné ; ce qui se joue donc non pas d’une science infuse (qui n’existe pas, la conscience étant purement forme), mais d’essais et erreurs et d’un perfectionnement du réflexe lui-même d’exister.

Dont les concrétisations sont par exemple les universalités grecques ou par ailleurs la dernière conscience possible christique ; celle qui remet indéfiniment les états de conscience.


Le retour au zéro de l’instant

Une conscience peut donc toujours théoriquement reprendre à zéro l’ensemble de tous les problèmes qui lui adviennent ; mais elle seulement formelle, elle ne dispose d’aucune magie, ni n’est pas plus la volonté inébranlable ; elle peut peu. C’est cette petitesse qui lui permet de s’insinuer ici et là, par laquelle elle subit hasards et rencontres, matérialités et nécessités, mais par laquelle cette petitesse grignote les réalités. Elle s’avance instantanément contre les nécessités, les blocs de réalité, les inadéquations ; puisqu’elle e-vient telle quelle, imberbe, vierge, sans rien, vide et activité pure.

La non-volonté assurée

Il n’est pas question de prôner une volonté qui s’opposerait par surpuissance à tout enchainement, ceci est second. Mais de bien montrer que en-deçà de tout volontarisme ou idéalisme du même acabit, « ça travaille » et grignote et reprend et se fourvoie pour revenir instantanément et de montrer comme notre-être n’appartenant à rien, ni à personne, œuvre, œuvre déjà quelque part et autrement qu’on y songe ; bref étant formelle, elle peut activer une réflexivité, mais elle est d’abord et déjà elle-même formellement réflexive. Elle débute sans cesse d’un donné « là », en lequel toute réalité, réalisation, production humaine ou personnelle, tombe. Et c’est sur ce « là » qu’elle est déjà à l’œuvre.


Le savoir n’est décidément pas la connaissance

Mais il faut évidemment ajouter que de savoir ce mouvement caché, inétendu, non explicitement défini, dans les limbes et les vacuités de conscience déployée en myriades de possibles perçus, imaginés, signifiés, il est d’autant plus rendu à sa possibilité qu’il se « sait ». On est d’autant plus potentiellement libre, qu’on se sait libre explicitement, même si de l’ignorer ça ne nous en prive pas. Le libre est le toujours-possiblement soi ; puisqu’il n’est rien qui se retienne comme un contenu, mais est « ce qui parcourt » les contenus, navigue ive entre les choses, la perception ou les physiologies. La réflexivité n’est donc pas une modification de la structure mais le retour de la structure à nouveau qui grade et dégrade les donnés perçus selon son appréhension de l’adéquation ou inadéquation.


L’adéquation au calcul invisible

Or on ne peut pas caricaturer cette adéquation ; elle n’obéit pas à un ordre du monde, mais se calcule elle-même en sa totalité (que l’on nomme son horizon, intentionnel étendu) . Elle peut tout à fait contrevenir à ce qui s’entend par réalité ou réalisme ; elle ne se plie pas au monde, au moi ou au groupe. Elle mène un tout autre devenir, léger et inattendu ; dont on ne peut pas rendre compte. Par exemple on peut se décrire psychologiquement cliniquement ou universitairement, mais aucune description (lors même serait-elle juste pour telle part ou telle autre, on n’exclue pas sa fiabilité mais remarque sa limitativité) ne rend clairement l’étendue de l’horizon soulevé par cette conscience passée au microscope.


Le dernier horizon de la dernière conscience possible

Non pas que chaque conscience seule a à connaitre cet horizon natif, mais elle est seule à agir en et à ce dernier niveau ultime (il n’est pas d’autre horizon dernier que celui étendu indéfiniment sur le monde « là », non décrit, non descriptible). Ce qui ne nous le rend pas inaccessible, puisque de fait elle est en l’action, l’activité même.

Il faut insister sur ceci ; toute conscience est en plein et elle seule plantée sur le sol natif ; celui qui ne se décrit que de discours mais eux-mêmes abstraits « de » cette surface indéfinie,

C’est uniquement lorsque la conscience est considérée comme un bloc (de quoi que ce soit) que l’on ne perçoit pas ces petites intrusions, effractions, intermittences qui réussissent non de s’imposer lourdement, mais de subvertir et déniveler et trafiquer les flux, ici et là. 

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