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instants philosophie

La crise, vue de haut

12 Mai 2012, 09:19am

Publié par zwardoz

De la crise

Il est probable que non seulement il s’est imposé une financiarisation de l’économie, mais surtout qu’il est une absence radicale de débouchés envisageable pour l’énorme richesse financière qui s’est agglomérée et qui fondamentalement a accaparé la richesse produite (au lieu de commencer de tout redistribuer suffisamment de façon à monter le niveau général des besoins).

Absence de débouchés puisque l’ensemble d’un monde, d’un monde spécifique, est produit, réalisé, acquis.

Sans ces débouchés, le monde acquis risque immanquablement, de se dissoudre. Puisque les débouchés possibles se sont ceux-là même qui sont en mesure de remplacer les systèmes de productions en place mais …à moindre coût écologiques et humains.

Donc non seulement la richesse potentielle (celle des investissements possibles, rendus possibles par cette richesse accumulée par les nombres, l’argent) est agglutinée (là où elle ne sert à rien et où elle se retourne contre son effectivité réalisable autrement), mais de plus les systèmes de productions (les instruments de production et la nature même des objets produits ; de quels objets avons-nous besoin ?) forment des monopoles qui figent toute l’historicité.

A l’inverse il est clair que pour subvenir aux besoins qui permettraient de dépasser la fixation en tels et tels monopoles, on aurait absolument besoin de toute l’innovation d’un libéralisme qui serait intelligent et inventif ; pour la raison que les inventions nécessaires (qui remplaceraient les inventions passées et figées dans des productions monopolistiques) sont en si grand nombre qu’une quantité indéfinie d’entreprises innovantes y seraient appelées.

En retour plutôt que d’agglutiner la richesse sous forme de « dividendes », cette richesse aurait dû revenir à tout-un-chacun suffisamment pour d’une part élever le niveau des besoins (cad modifier la nature même des besoins et passer de satisfactions plus ou moins faciles et primaires à des besoins plus subtils et abstraits), et d’autre part pour que se développe un investissement populaire.

Après tout pourquoi les circuits d’investissements appartiennent à quelques –uns ? Pourquoi n’existe-t-il pas des circuits (organisés et sélectifs) d’investissements appuyant ici et là, sur des entreprises durables, humanistes, distributives, et en un mot mutualisant l’intelligence. Intelligence d’un investissement par lequel des groupes constitués de tout un chacun sélectionneraient en connaissance de cause les points d’appui d’inventivité de nouveaux systèmes de produits et de productions. Substituant à l’investissement sauvage, irégulée, égocentré, un investissement républicain, cad publique et au vu de tous, aux finalités exprimées, et non pas obscures et non démocratiques (ce en quoi consistent les « marchés » ; la puissance des marchés vient de leur dissimulation anti démocratique).

Croire se passer du libéralisme et imaginer une sorte d’angélisme qui régulerait tous les problèmes, est une absurdité irréaliste et non viable ; aucune société n’a pu se passer de son économie sous-jacente ou exposée (comme la nôtre). C’est donc par et via l’économisme qu’il faut accélérer la création d’une sociétalité qui ne laisse plus à quelque monopoles toute la plus value produite (dont elle ne sait que faire et qu’elle dilapide ou qu’elle investit à tors), mais aussi leur laisser le monopole de l’investissement ; qui « se » décide on ne sait comment par qui ou pour quoi, quelle sorte d’industrie, de services, et surtout d’inventions (économiques, technologiques, politiques, sociétales, etc).

Ceci étant fondé sur ce principe ; si tout-un-chacun devrait être en mesure d’investir via une mutualisation boursière, cela implique que tout un chacun serait capable d’épargner une quantité certaine de richesse individuelle et donc une augmentation complémentaire du salariat. Ajouté à ceci ; qu’il y ait une régulation des marchés qui passeraient en partie d’une privatisation excessive et exclusives (anti démocratique), à une exposition mutualiste et républicaine, qui serait d’autant plus « sous contrôle » que les acteurs n’en seraient plus seulement quelques privatifs mais des ensembles requérant la participation d’un maximum d’agents non exclusifs.

Il s’agit donc non d’un retour à une sainteté inimaginable, d’une simplification des complexités de toute société évoluée, mais d’un surcroit, d’une augmentation durable, écologique et humaniste mais donc essentiellement d’un démocratisme s’étendant bien plus loin que celui seulement politique et qui demanderait à un maximum d’acteurs une compréhension des tenants et aboutissants de ses actes.

D’une manière générale, toute la richesse accumulée n’a servit qu’à des finalités souvent nécessaires, mais tout autant absurdes voir frivoles et en réalité sans grande fantaisie (de pure distractions qui remplissent pauvrement les vies), alors que cette richesse passant outre l’accumulation par quelques uns non démocratiques, aurait du non seulement être répartie mais être répartie en redistribuant les investissements, cad les avenirs possibles, que la privatisation anti démocratique a annulés, annihilés, effacés de l’histoire. Les ressources gaspillées, les écosystèmes, des sociétés humaines entières, des vies humaines, innombrables en quantité, ont disparu. Et cette même privatisation de la richesse supprime tout autant les avenirs possibles.

La seule privatisation nous semble le seul contrôle possible sur l’ensemble de nos activités. La vérité est que le devenir potentiel de cette privatisation ne peut être qu’une accélération  de cette privatisation ; qu’au lieu de concerner quelques uns, elle concerne un bien plus grand nombre d’acteurs de telle sorte que ce grand nombre permette de basculer d’un système concentrationnaire à une pluralité financière démocratique ; et que ces acteurs-maximisés parviennent à une connaissance, une conscience accrue des effets et conséquences, des possibilités et de redistributions.

Autrement dit qu’il puisse exister une plus grande démocratie économique que celle limitée voir stupide et livrées aux appétits sans intérêt et extrêmement limitée dans la finalisation idiote et immédiate des investissements, qui nous assujettis, et réduit à quelques uns le contrôle essentiel des moyens. 

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