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instants philosophie

La démocratie et l'invention(s) du réel

15 Février 2012, 19:25pm

Publié par zwardoz

La richesse a été abusivement accumulée par quelques-uns : sous prétexte que ce qui est produit relève d’une appropriation, d’une privatisation et annulant qu’il puisse exister une « société », qu’il y ait une base collective absolue qui tienne de par soi, sans autre justification que de faire-société, et ceci au profit d’un morcellement typiquement faussement rationnel ; chacun n’existe que de par soi, et la justice est ou serait la rétribution de ce mérite, et non pas la justice serait la distribution de la richesse commune (ce qui tombe pourtant sous le sens).

Or ceci est ou non inscrit dans les Constitutions ; lesquelles seront plus ou moins hypocrites. D’amendements en amendements, elles se tordent maladroitement pour en revenir à cette autre rationalité qui considère que toute société n’est d’abord une et indivisible, et non pas atomisée et livrée à la « liberté ».

Autrement dit il est une mécompréhension de la liberté, qui cependant est en son point de vue sensément posée. Il est en effet souhaitable que chacun puisse non pas seulement s’assumer, mais s’inventer. Puisqu’insistant sur la « responsabilité » on se déplace soudainement sous contraintes, alors que proposer « invention » réclame à tout le moins que chacun en obtienne par droit les moyens. Si ces moyens ne sont pas effectifs, tout contrat social s’annule de fait ; il restera dépourvu de raison, puisque de raison(s), de conditions, de possibilités.

Il apparait également que si l’invention n’est pas possible par chacun, (et que seulement l’assumation, ou l’intégration ou etc), alors l’invention sera captée par quelques-uns ; littéralement quelques uns inventeront. Ce qui signifie qu’ils décideront pour tous. Dans leurs inventions mêmes (scientifiques, technologiques, entreprises économiques, ou culturelles productions, etc) ils résorberont le monde, le donné, le vécu.

L’invention par chacun est tout autre chose ; elle promeut l’universalité partagée et propagée. Elle constitue la réalité, la réalisation même du démocratisme. Pour et par le peuple. Il est clair qu’alors l’invention possède en elle-même quantités d’autres enjeux que ceux imposées par les quelques uns qui monopolisent l’invention.

Et à 50% qu’elles sont-elles ces inventions des quelques uns ? Des gadgets, des surplus, mais plus largement  inefficacités et plus ou moins néfastes, qui engagent des conséquences inchiffrables, qui échappent à toute comptabilité (qui écrasent les plus simples nécessités ou dont l’échéancier revient au collectif) et l’abandon de la vraie société qui d’abord et en elle-même amènerait à assumer, cette fois, au moins les nécessités vitales, et plus ajouterait aux inventions privatives les inventions démocratiques.

La réalité est que l’ensemble des moyens qui parviendraient à combler les inventions démocratiques, (et évidemment les nécessités vitales), sont bel et bien présentes ; tout existe. Tous les moyens existent.

Mais la perversion intérieure de l’invention réoriente constamment la richesse de tous, au profit de cette captation en partie, mais en partie seulement, déplorable. Mais déplorable elle ne l’est pas, la situation, en état de faits, l’état actuel des possibilités, elle l’est en ceci que puisque la captation de la richesse est entre quelques uns, cette forme même conditionne, implique, engendre un à-venir déplorable ; et réellement impossible. C’est une logique qui a pris l’investissement et l’a localisé ici et là absurdement. Et quant aux finalités d’investissements, elles échappent intégralement à tout débat, toute contradiction, toute exposition, laissant l’avenir à discrétion, rendu de ce fait radicalement aveugle.

Il ne s’agit pas d’annuler la privatisation mais de lui imposer que cet avenir soit démocratiquement pensable. Et de plein pied que soit réalisée, pensable, une comptabilité bien réelle et non pas tronquée.  

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