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instants philosophie

La faiblesse (essentielle) de notre être

8 Décembre 2012, 09:38am

Publié par zwardoz

La faiblesse

Notre être est d’une faiblesse effarante. Comme il est seulement formel, il ne tient que par un fil et souvent d’aucun fil qui soit.

Or pourtant le nietzschéen ou le cartésien reviennent qui réaffirme que l’on peut tout, toujours, constamment. Qu’il existe une source inépuisable de renouvellement, qui existe en et par soi, spontanément créatrice de son être propre et absolument radical, ce qui signifie qu’il est possible de revenir à la racine même de l’être (que l’on est) et de recommencer à zéro toute réalité, cad toute réalisation.

Evidemment c’est un idéel déconnecté de toute réalité, donné, monde, vécu. Mais si le libre est, alors l’être-libre dispose toujours immanquablement de son potentiel. Excepté que ce potentiel, on le sait, ne contient rien ; il est complètement vide et donc sans effet tant qu’il n’accroche pas d’une manière ou d’une autre la réalité, tant qu’il ne se détermine pas.

 

La non intériorité

Chacun est donc complètement dépourvu de tout recours quant à ses possibilités réalistes, mais pourtant chacun est absolument réel et un et dispose de cette réserve interne, non pas intérieure (ce en quoi consisterait l’intériorité d’un moi personnel) interne à la forme de soi, à la forme du moi qu’il est et cette forme est nommée « sujet ».

Ce sujet dont le moi ne peut rien tirer ; forme qui ne se soumet pas à la détermination, non parce qu’elle contient quelque chose, qu’elle dispose d’une identité, qu’elle peut se dire elle-même, mais parce qu’elle ne colle pas au déterminé étant issue en arc de cercle, en arc réflexe de la détermination.

 

Le non conscient

Le caractère formel du sujet se sait plus ou moins. Ça n’est pas dire qu’il se connait ; il ne se connait pas objectivement et n’est pas la conscience consciente, jamais intégralement et mais quelques fois à demi. La conscience excède et dans tous les sens (selon toutes les fonctionnalités, de perception, de relation, de signe, etc, mais également vers l’horizon intentionnel inaccessible, étant ce que donne accès à tout le reste).

 

La transcendance interne à l’immanence

On ne peut pas dire que la conscience soit immédiate (si l’on réserve immédiateté pour le donné, la détermination), mais on peut dire qu’elle est immanente ; il n’est qu’un seul plan, unique (et ce en tout cas dans cet univers réel, et sans s’engager en quelque affirmation ou négation de sur-nature éventuelle ; cela relève du chacun ; on peut déduire mais idéellement ce que l’on y entend, mais l’idéel strict repose sur ses propres pas et ne peut supposer au-delà). Mais comme cette immanence est formelle, on peut tout aussi bien dire qu’elle est transcendante ; la forme tient lieu de transcendance.

Transcendance faiblarde donc ; non seulement elle n’est que formelle et donc à la limite et sur le bord des fonctionnalités, des causalités, de tous les dispositifs qui la conditionnent ; conditionnent mais puisque la forme en émerge, elle est en-plus et joue son propre jeu. Mais de plus la forme ne nous revient pas forcément lorsqu’on l’appelle : elle n’est pas fondamentalement à disposition.

Ça n’est pas la « volonté »

Elle ne relève pas de la volonté qui est seconde et effet d’un réflexe plus indifférencié encore ; le primaire est antérieur et ne peut jamais être saisi face à face, puisque l’on Est cette activité. Or cependant il nous vient, au 20éme, de parvenir à approcher cette forme ; peu à peu et ayant élagué les niveaux et les imaginations, les suppositions et les remplissages divers que l’on pouvait soumettre à cet être vide.

Si le simple facteur d’attention non pas dépend de ses contenus mais permet qu’il y existe des contenus, alors aucun contenu ne remontera jusqu’à ce qui le produit, le cause à être.

 

La distance ontologique (notre être ne se connait pas)

De même si notre être est formel, toute théorie, pensée qui prétendrait le « dire » est impossible ; mais par une surabondance spécifique de description, il est possible de le faire voir, de le montrer, à chacun et par cette description d’en formuler une équation.

Et parce que même l’équation descriptive n’en donne pas la connaissance, c’est uniquement dans son activité que cette forme sera saisie. Elle sera saisie comme éthique ou esthétique ou politique ou encore comme idéelle et dans l’idéel comme réflexive (cad prenant la mesure de sa distance sur elle-même, distance qui la donne à voir, sans la com-prendre ; elle sera toujours en-plus de n’importe quelle compréhension). Mais également elle ne se connait pas mais peut se savoir outre l’éthique, esthétique, etc, en tant que personnalisation.

 

La non personnalisation

Or si elle est aussi en tant que personnalisation, la forme oblige à objectiver cela même à quoi on tient le plus et sur laquelle on ne devrait pas se garantir d’une distance telle ; notre personnalité.

La distance (que la conscience inaugure avec toute chose) tôt ou tard se distinguera de cette personnalité que l’on est et qui pourtant constitue dans notre monde humanisé (mais ayant la personnalisation comme poursuite concrète de l’humanisation abstraite) la base, le fondement, la source supposée « naturelle » ou identitaire ou spontanée de tout ce que nous sommes ou pouvons être. 

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